Article de revue

Sur la route de Saint-Jacques

Traces mémorielles et intrigues identitaires

Pages 134 à 150

Citer cet article


  • Caroux, J.
  • et Rajotte, P.
(2010). Sur la route de Saint-Jacques Traces mémorielles et intrigues identitaires. Esprit, Février(2), 134-150. https://doi.org/10.3917/espri.1002.0134.

  • Caroux, Jacques.
  • et al.
« Sur la route de Saint-Jacques : Traces mémorielles et intrigues identitaires ». Esprit, 2010/2 Février, 2010. p.134-150. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2010-2-page-134?lang=fr.

  • CAROUX, Jacques
  • et RAJOTTE, Pierre,
2010. Sur la route de Saint-Jacques Traces mémorielles et intrigues identitaires. Esprit, 2010/2 Février, p.134-150. DOI : 10.3917/espri.1002.0134. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2010-2-page-134?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1002.0134


Notes

  • [*]
    Respectivement ethnologue, chargé de recherche au Cnrs (Isst-CA, université du Mirail, Toulouse) et professeur de littérature à l’université de Sherbrooke (Canada).
  • [1]
    Les analyses de la première et de la seconde poussée pèlerine ont été esquissées dans Jacques Caroux, « Le récit de pèlerinage. De la survivance à la thérapie du moi », dans J. Caroux et P.Rajotte (sous la dir. de), le Voyage et ses récits au xxe siècle, Québec, Nota bene, 2006, p. 19-50. Nos travaux portent sur des poussées pèlerines qui ont une dimension plurinationale. Pour les pèlerinages locaux au Québec, voir notamment : Pierre Boglioni et Benoît Lacroix (sous la dir. de), les Pèlerinages au Québec, Québec, Les Presses de l’université Laval, coll. « Travaux du laboratoire d’histoire religieuse de l’université Laval », 1981, 160 p.
  • [2]
    Nous n’avons pas pris en compte tous les récits que nous livre « la toile ». Un site, « Du Québec à Compostelle. Association québécoise des pèlerins et amis du chemin de Saint-Jacques », nous donne accès à la plupart des témoignages.
  • [3]
    Raymond Lemieux, l’Intelligence et le risque de croire, Montréal, Fides, 1999, p. 67.
  • [4]
    Paul Ricœur, Du texte à l’action. Essais d’herméneutique II, Paris, Le Seuil, coll. « Points essais », 1986, 452 p. Cette assise interrogative a été l’un des axes principaux que nous avons suivi pour mener « à bien » l’analyse de contenu du corpus des récits de pèlerinage québécois à Compostelle.
  • [5]
    Voir Pierre Rajotte, “The Self and the Other: Writings of Quebec Travellers in the Middle East at the End of the 19th Century”, Canadian Literature, automne 2002, no 174, p. 98-115.
  • [6]
    Marcel Detienne, « L’art de fonder l’autochtonie », dans Vingtième siècle. Revue d’histoire, janvier-mars 2001, no 69, p. 105-110.
  • [7]
    Jean-Marc Labrèche, les Pas… sages d’un pèlerin. Saint-Jacques-de-Compostelle, Boucherville (Québec), Mortagne, 2003, p. 38.
  • [8]
    Serge Cantin, « Le chemin du Puy. Journal d’un coquillard », Nous voilà rendus au sol. Essai sur le désenchantement du monde, Montréal, Bellarmin, 2003, p. 78.
  • [9]
    J.-M. Labrèche, les Pas… sages d’un pèlerin…, op. cit., p. 102.
  • [10]
    Louis Valcke, Un pèlerin à vélo : récit hybride d’un voyage à Saint-Jacques-de-Compostelle, Montréal, Triptyque, 1997, p. 145.
  • [11]
    Taras Grescoe, « Un pèlerin à reculons », dans Un voyage parmi les touristes, trad. de l’anglais par Hélène Rioux, Montréal, Vlb éd., 2005, p. 18.
  • [12]
    T. Grescoe, « Un pèlerin à reculons », art. cité, p. 23.
  • [13]
    Serge Malouin et Françoise de Léséleuc, Marcher en couple sur le chemin de Compostelle, Rock Forest, Formatexte, 2003, p. 80.
  • [14]
    S. Malouin et F. de Léséleuc, Marcher en couple sur le chemin de Compostelle, op. cit.
  • [15]
    J.-M. Labrèche, les Pas… sages d’un pèlerin…, op. cit., p. 168.
  • [16]
    Laurent Bilodeau, le Chemin des coquelicots. Récit d’un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, Loretteville, Le Dauphin Blanc, 2005, p. 124.
  • [17]
    Hugues Dionne, Au bout de l’humain. Essai autobiographique sur le chemin de Compostelle, Montréal, Médiaspaul, 2005, p. 77.
  • [18]
    Ibid., p. 85.
  • [19]
    Ibid., p. 116.
  • [20]
    Ibid., p. 105.
  • [21]
    Ibid., p. 8.
  • [22]
    Ibid., p. 32.
  • [23]
    Ibid., p. 32.
  • [24]
    Danièle Hervieu-Léger, la Religion pour mémoire, Paris, Cerf, 1993.
  • [25]
    Claude Bernier, la Via de la Plata, de Séville à Compostelle, Lac-Beauport, Arion, 2005, p. 217.
  • [26]
    C. Bernier, la Via de la Plata, de Séville à Compostelle, op. cit., p. 212-213.
  • [27]
    H. Dionne, Au bout de l’humain…, op. cit., p. 158.
  • [28]
    Ibid., p. 230.
  • [29]
    D. Hervieu-Léger, le Pèlerin et le converti. La religion en mouvement, Paris, Flammarion, 1999.
  • [30]
    Gilles Lipovetsky, l’Ère du vide. Essais sur l’individualisme contemporain, Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 1993 [1983], p. 21-22.
  • [31]
    Raymond Lemieux et Jean-Paul Montminy, le Catholicisme québécois, Québec, Presses de l’université Laval, 2000, p. 103.
  • [32]
    H. Dionne, Au bout de l’humain…, op. cit., p. 293.
  • [33]
    S. Cantin, « Le chemin du Puy. Journal d’un coquillard », art. cité, p. 126.
  • [34]
    D. Hervieu-Léger, la Religion pour mémoire, op. cit., p. 138.
  • [35]
    J.-M. Labrèche, les Pas… sages d’un pèlerin…, op. cit., p. 66-67.
  • [36]
    « Pourquoi suit-on les anciennes lois et anciennes opinions ? Est-ce qu’elles sont plus saines ? non, mais elles sont uniques, et nous ôtent la racine de la diversité » (Blaise Pascal, Pensées et opuscules, pensée 301, édité par Léon Brunschvicg, Paris, Librairie Hachette, [1912], p. 471).
  • [37]
    L. Bilodeau, le Chemin des coquelicots…, op. cit., p. 52.
  • [38]
    J.-M. Labrèche, les Pas… sages d’un pèlerin…, op. cit., p. 88.
  • [39]
    S. Cantin, « Le chemin du Puy. Journal d’un coquillard », art. cité, p. 126-127.
  • [40]
    L. Valcke, Un pèlerin à vélo…, op. cit., p. 168.
  • [41]
    T. Grescoe, « Un pèlerin à reculons », art. cité, p. 29.
  • [42]
    S. Malouin et F. de Léséleuc, Marcher en couple sur le chemin de Compostelle, op. cit., p. 11.
  • [43]
    Simone Bettinger, l’Escargot du Chemin, Montréal, Carte Blanche, 2007, p. 149.
  • [44]
    T. Grescoe, « Un pèlerin à reculons », art. cité, p. 38.
  • [45]
    Ibid., p. 40.
  • [46]
    L. Valcke, Un pèlerin à vélo…, op. cit., p. 113.
  • [47]
    L. Valcke, Un pèlerin à vélo…, op. cit., p. 115.
  • [48]
    Nicole Gélinas et Luc Béraud, Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Camino Blues, Canton de Magog, Les Éditions de Mine, 2004, p. 253.
  • [49]
    Gérard Bouchard, Raison et contradiction. Le mythe au secours de la pensée, Québec, Nota bene, 2003, p. 113.
  • [50]
    Brigitte Hudon et Pierre Bergevin, Compostelle, c’est aussi cela… Voie de terre, voix de vie, Saint-Agapis, Les Éditions Un pas à la fois, 2004, p. 86.
  • [51]
    N. Gélinas et L. Béraud, Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle…, op. cit., p. 149.
  • [52]
    H. Dionne, Au bout de l’humain…, op. cit., p. 54.
  • [53]
    Denis Jeffrey, « Ritualité et postmodernité. Pour une éthique de la différence », Montréal, thèse de doctorat, Uqam, 1993, f. 127.
  • [54]
    Louis-Vincent Thomas, Rites de mort. Pour la paix des vivants, Paris, Fayard, 1985, p. 14.
  • [55]
    Daniel Tanguay, « Au chevet de l’Église catholique québécoise. Réflexions d’un “miniboomer” », Argument. Politique, société et histoire, printemps-été 2006, vol. 8, no 2, p. 32.
  • [56]
    J.-M. Labrèche, les Pas… sages d’un pèlerin…, op. cit., p. 38.
  • [57]
    Madeleine Renaud, Marcher sur le chemin de Compostelle, Sherbrooke, Ggc éd., coll. « Mes mots », 2002, p. 35.
  • [58]
    H. Dionne, Au bout de l’humain…, op. cit., p. 284.
  • [59]
    J. Caroux, « Hors de l’Église point de salut », dans J. Caroux et P.Rajotte (sous la dir. de), le Voyage et ses récits au xxe siècle, op. cit., p. 22-40. Il s’agit de pèlerinages à Jérusalem, à Rome, à Lourdes… Compostelle ne fait pas partie des lieux sacrés privilégiés de la première poussée pèlerine.
  • [60]
    Voir Frédéric Laugrand, « Le récit missionnaire entre parole confisquée et parole donnée », dans P.Rajotte (sous la dir. de), le Voyage et ses récits au xxe siècle, op. cit., p. 51-103.
  • [61]
    « Au commencement donc il y eut l’horreur. Extrême, celle qui détruit les possibilités même de tout. Conséquence grecque : le fléau, loimos […] Le loimos, comme symptôme, possède son étiologie et le pronostic n’est pas nécessairement mortel. On se trouve en cas de loimos impliqué dans un processus de pollution, de quoi l’on peut se tirer par une pratique purificatoire adéquate. La souillure, miasma, ne connaît qu’une seule sorte de traitement du point de vue du groupe qui en supporte le poids : l’expulsion immédiate du pollueur… », J.-Louis Durand, « Formules Attiques du fonder », dans Marcel Detienne (sous la dir. de), Tracés de fondation, Louvain-Paris, Bibliothèque de l’École des hautes études, 1990, p. 276.
  • [62]
    Cette stratégie « romaine », dont les pèlerinages ne sont qu’une des parties visibles de l’iceberg, échouera en France avec l’instauration puis la vitalité triomphante de la IIIe République alors qu’elle aura un impact opposé sur l’avenir de la société québécoise.
  • [63]
    François-Xavier-Adolphe Dulac, Aux pays de Jésus. Quatre mois de voyage outre-mer : Jérusalem, Rome, Oberammergau, Le Caire, Paris, Londres, etc., Québec, Imprimerie « Le Soleil » ltée, 1922, p. 78.
  • [64]
    Marie-Antoinette Grégoire-Coupal, Voyage au cœur du monde, Notre-Dame du Cap, Les Éditions Désilets, 1969, p. 203.
  • [65]
    Ibid., p. 69.
  • [66]
    J.-M. Labrèche, les Pas… sages d’un pèlerin…, op. cit., p. 82.
  • [67]
    Michel de Certeau, la Fable mystique, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1987, p. 31.
  • [68]
    Des contradictions internes aux textes que les auteurs ne tentent pas de résoudre.
  • [69]
    Louis Marin, la Voix excommuniée. Essais de mémoire, Paris, Galilée, 1981, p. 51. Une voix s’interrompt-elle ou bien marquant son absence à l’instar d’un tombeau vide, devient-elle éminemment structurante ? Louis Marin précise, page 65, que le sujet d’écriture « trace par une interruption et une absence, la syncope constituante du sujet : celle du présent et celle de la mort, de son présent et de sa mort présente dans l’écriture de soi, le désir de s’écrire ».
  • [70]
    M. Renaud, Marcher sur le chemin de Compostelle, op. cit., p. 111.
  • [71]
    Voir L. Marin, « Du corps au texte. Proposition métaphysique sur l’origine du récit », Esprit, avril 1973, p. 913-928, article repris De la représentation, Paris, Hautes Études/Gallimard/Le Seuil, 1994, p. 123-156. Marin reprend en fait l’excellent ouvrage de Xavier Léon-Dufour, Résurrection de Jésus et message pascal, Paris, Le Seuil, 1972. Voir également Ludger Schenke, le Tombeau vide et l’annonce de la résurrection, Paris, Cerf, 1970, 116 p.
  • [72]
    Deux ouvrages forment une bonne introduction à l’œuvre de Nabert : Paul Naulin, l’Itinéraire de la conscience. Étude de la philosophie de Jean Nabert, Paris, Montaigne, 1963 ; Philippe Capelle (sous la dir. de), Jean Nabert et la question du divin, Paris, Cerf, 2003.
  • [73]
    Claude Bernier, Mes 2 000 kilomètres sur les sentiers de Saint-Jacques-de-Compostelle, Lac-Beauport, Arion, 2002, p. 48.
  • [74]
    Attribuées communément à Paul Ricœur, ces notions-guides, comme le rappelle cet auteur, ont d’abord été utilisées par Reinhart Koselleck qui reconnaissait, en les opérationnalisant dans ses analyses historiques novatrices, sa dette vis-à-vis de saint Augustin. Reinhart Koselleck, le Futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, Paris, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 1990, 334 p.
  • [75]
    M. de Certeau, la Fable mystique, op. cit., p. 41.
  • [76]
    Voir sur cette « notion-guide », François Hartog, Régimes d’historicité. Présentisme et expérience du temps, Paris, Le Seuil, 2003.
  • [77]
    D. Hervieu-Léger, la Religion pour mémoire, op. cit., p. 243.
  • [78]
    H. Dionne, Au bout de l’humain…, op. cit., p. 183.
  • [79]
    J.-M. Labrèche, les Pas… sages d’un pèlerin…, op. cit., p. 83.
Français

Si les pèlerinages connaissent un large regain d’intérêt, cela ne signifie pas pour autant un retour à une pratique religieuse encadrée par l’institution. Car le pèlerin part sur la route comme à l’aventure, à la recherche d’une expérience d’abord personnelle. Le sentiment de renouer avec les générations du passé est indissociable d’une quête de soi qui se méfie de toute affiliation étroite à la croyance et aux pratiques instituées.


Date de mise en ligne : 01/08/2012

https://doi.org/10.3917/espri.1002.0134

Cet article est en accès conditionnel

Acheter ce numéro

12,99 €

212 pages, format électronique (HTML et PDF, par article)

Acheter cet article

3,00 €

17 pages format électronique (HTML et PDF)
Membre d'une institution cliente ?