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Compte rendu

Geneviève Cloutier, Jean-Pierre Collin et Claire Poitras (sous la dir. de), Dix ans d’études urbaines au Québec. Bilan et perspectives d’avenir, Québec, Presses de l’Université de Laval, coll. « Études Urbaines », 2011, 147 p.

Pages 165d à 185d

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  • Dubois, J.
(2012). Geneviève Cloutier, Jean-Pierre Collin et Claire Poitras (sous la dir. de), Dix ans d’études urbaines au Québec. Bilan et perspectives d’avenir, Québec, Presses de l’Université de Laval, coll. « Études Urbaines », 2011, 147 p. Espaces et sociétés, 150(2), 165d-185d. https://doi.org/10.3917/esp.150.0165d.

  • Dubois, Jérôme.
« Geneviève Cloutier, Jean-Pierre Collin et Claire Poitras (sous la dir. de), Dix ans d’études urbaines au Québec. Bilan et perspectives d’avenir, Québec, Presses de l’Université de Laval, coll. “Études Urbaines”, 2011, 147 p. ». Espaces et sociétés, 2012/2 n° 150, 2012. p.165d-185d. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2012-2-page-165d?lang=fr.

  • DUBOIS, Jérôme,
2012. Geneviève Cloutier, Jean-Pierre Collin et Claire Poitras (sous la dir. de), Dix ans d’études urbaines au Québec. Bilan et perspectives d’avenir, Québec, Presses de l’Université de Laval, coll. « Études Urbaines », 2011, 147 p. Espaces et sociétés, 2012/2 n° 150, p.165d-185d. DOI : 10.3917/esp.150.0165d. URL : https://shs.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2012-2-page-165d?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/esp.150.0165d


1 Ce petit ouvrage de moins de 150 pages a pour ambition de dresser le bilan des recherches urbaines au Québec entre 2000 et 2010. Pour ses auteurs, il est à la fois justifié par le caractère relativement récent de ces recherches et par leurs spécificités. L’ouvrage donne à voir des enjeux urbains contemporains analysés dans une perspective interdisciplinaire et critique vis-à-vis de l’action publique. La spécificité de ces analyses est clairement revendiquée dans la quatrième de couverture : les études urbaines québécoises adopteraient une position intermédiaire entre les Amériques et la vieille Europe, « entre les politiques publiques et les pratiques tant sociales que professionnelles, entre les disciplines tant des sciences sociales et de l’aménagement ».

2 Les recherches ici présentées prennent essentiellement place dans le réseau Villes Régions Monde (vrm) créé en 2000 regroupant une soixantaine de chercheurs québécois de plusieurs départements d’université (administration publique, architecture, économie, études urbaines, géographie, urbanisme ou science politique essentiellement) en relation avec un certain nombre de collègues étrangers. Ce sont les résultats des travaux de ce réseau qui sont ici analysés, notamment dans leurs développements méthodologiques. La fin de l’ouvrage est agrémentée de 50 pages de bibliographie sur ces thèmes.

3 Les 4 chapitres renvoient à quatre entrées thématiques suffisamment larges pour englober l’ensemble des recherches empiriques, au risque de quelques chevauchements. Le premier, écrit par J.-P. Collin et P. Hamel, s’intitule Gouverner les villes dans un contexte mondialisé ; le second écrit par A. Germain, R. Morin et A.-M. Séguin Habiter la ville : diversité des populations et des pratiques ; le troisième, de G. Cloutier et J.-P. Collin, a pour ambition de Repenser les dynamiques économiques et les mobilités. Le dernier, enfin, de S. Breux et C. Poitras, vise à Saisir la ville matérielle et idéelle.

4 Le premier chapitre montre les effets de la mondialisation sur la société québécoise : compétition accrue entre entreprises et agglomérations, nouveaux modes de régulation politique, mais aussi réforme des collectivités locales et recherche de nouvelles formes de participation citoyenne. Le second chapitre analyse la diversité des populations et des pratiques dans les villes. L’ensemble des études ici rassemblées tente de répondre aux questions de qui habite et qui façonne la ville. Ce chapitre dresse le portrait de villes canadiennes constituées d’une population hétéroclite aux pratiques urbaines et aux modes d’habiter par là même très différents. Le troisième chapitre aborde les transformations sociales et économiques des territoires dans un contexte économique ouvert. Au Québec, comme ailleurs, il s’agit ici de comprendre les enjeux de la mobilité sur la localisation des activités. L’accent est mis sur le comportement des entreprises et des institutions publiques qui cherchent chacune à tirer profit des réorganisations spatiales. L’analyse des phénomènes de concentration des activités dans et autour des grands centres urbains, notamment dans ses aspects méthodologiques mais pas seulement, prend ici une place importante. Le dernier chapitre, enfin, avec une approche plus sensible et patrimoniale faisant la part belle à l’architecture, s’intéresse plutôt aux usages et aux représentations du bâti dans la ville ou au développement récent des enjeux environnementaux dans les recherches urbaines.

5 Ce petit ouvrage donne un aperçu riche et complet de la diversité des études urbaines au Québec. Il convient de souligner l’ambition de ses nombreux auteurs et de synthétiser de multiples approches a priori peu reliées entre elles. Il donne à voir la diversité et la vitalité des travaux québécois et leur insertion dans les problématiques les plus actuelles de la recherche. S’agissant de recherches publiées en français, les auteurs s’attachent néanmoins à les relier à l’ensemble de la littérature internationale sur le sujet. Force pourtant est de constater que la littérature anglo-saxonne reste curieusement absente des développements. Plus fondamentalement, on regrettera l’aspect purement monographique et descriptif des 4 chapitres. C’était sans doute le prix à payer pour faire une recension un peu sérieuse de l’ensemble des travaux publiés par diverses communautés de chercheurs. Cette addition d’études et d’ouvrages, monumental travail en lui-même, ne laisse pas le temps aux auteurs de développer des aspects méthodologiques ou théoriques novateurs. De ce point de vue, le lecteur reste un peu sur sa faim. Les conclusions partielles de fin de chapitre, brèves et descriptives, peinent finalement à mettre en évidence les spécificités et les apports d’une recherche urbaine francophone d’outre-Atlantique.

6 Jérôme Dubois


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Date de mise en ligne : 05/09/2012

https://doi.org/10.3917/esp.150.0165d