S'abonner
Compte rendu

Mario Gauthier, Michel Gariépy et Marie-Odile Trépanier (sous la dir. de), Renouveler l’aménagement et l’urbanisme. Planification territoriale, débat public et développement durable, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2008, 329 p.

Pages 187e à 204e

Citer cet article


  • Larochelle, P.
(2011). Mario Gauthier, Michel Gariépy et Marie-Odile Trépanier (sous la dir. de), Renouveler l’aménagement et l’urbanisme. Planification territoriale, débat public et développement durable, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2008, 329 p. Espaces et sociétés, 147(4), 187e-204e. https://doi.org/10.3917/esp.147.0187e.

  • Larochelle, Pierre.
« Mario Gauthier, Michel Gariépy et Marie-Odile Trépanier (sous la dir. de), Renouveler l’aménagement et l’urbanisme. Planification territoriale, débat public et développement durable, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2008, 329 p. ». Espaces et sociétés, 2011/4 n° 147, 2011. p.187e-204e. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2011-4-page-187e?lang=fr.

  • LAROCHELLE, Pierre,
2011. Mario Gauthier, Michel Gariépy et Marie-Odile Trépanier (sous la dir. de), Renouveler l’aménagement et l’urbanisme. Planification territoriale, débat public et développement durable, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2008, 329 p. Espaces et sociétés, 2011/4 n° 147, p.187e-204e. DOI : 10.3917/esp.147.0187e. URL : https://shs.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2011-4-page-187e?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/esp.147.0187e


1 Cet ouvrage porte sur le renouvellement des pratiques d’aménagement du territoire et d’urbanisme en relation avec le nouvel impératif du débat public et l’affirmation des concepts de développement durable et de ville durable. Une quinzaine de chercheurs, urbanistes et sociologues, ont collaboré à l’ouvrage qui fait suite aux interrogations abordées dans deux colloques internationaux : Planification urbaine et aménagement du territoire à l’heure du développement durable : enjeux et défis pour les grandes villes Québécoises. (Université du Québec à Chicoutimi, 2005) et La planification territoriale et l’institutionnalisation du débat public au Canada et en France : renouveau des pratiques, des modèles et des instruments (Université McGill, 2006).

2 Le livre est organisé en trois parties. La première, « Planification territoriale et métropolitaine », amorce la réflexion sur le lien entre d’une part, le renouveau de la planification et d’autre part le débat public et la concertation des acteurs. La deuxième, «Villes et débats publics », propose une évaluation critique des rapports entre les processus de planification territoriale et les dispositifs de débat public qui les accompagnent. Elle questionne la portée du débat public en matière d’aménagement du territoire et d’urbanisme. La troisième partie porte sur « Les projets urbains », le projet permettant de questionner le processus de planification, de constater les effets du débat public.

3 Les auteurs montrent qu’il existe, en France et au Québec, une même tendance à la démocratisation de la planification territoriale et urbaine. On assiste, d’un côté comme de l’autre, à une multiplication des procédures en matière de débat public. On observe également le développement de nouveaux dispositifs participatifs d’information, de coordination et de concertation entre les acteurs. Le débat public porte non seulement sur la validation et l’acceptabilité sociale des projets et l’évitement des conflits, mais il contribue à alimenter les diagnostics territoriaux et les stratégies de mise en œuvre des actions publiques. L’émergence de nouvelles approches prônant le développement durable constitue un autre trait commun qui caractérise les pratiques d’aménagement en France et au Québec.

4 Malgré le fait que la métropole constitue le cadre privilégié pour la mise en œuvre des grandes orientations du développement territorial, de la planification stratégique et des politiques urbaines, il semble que c’est dans la planification à l’échelle des agglomérations métropolitaines que le nouvel impératif délibératif accuse un retard et rencontre encore des problèmes et ce, tant en France qu’au Québec. Dans le cas de l’aire métropolitaine de Montréal, le contexte des réformes des structures municipales et métropolitaines a notamment donné lieu à des problèmes de partage des compétences entre la ville centrale et les arrondissements en matière d’urbanisme et de consultation publique.

5 Le livre fait état d’une panoplie d’instruments visant à développer une culture de participation à Montréal. Il ne fait toutefois pas mention d’exercices d’urbanisme démocratique réalisés ailleurs au Québec par des universitaires pour les pouvoirs publics locaux, avec des procédures empruntées au « nouvel urbanisme ». Il s’agit d’élaboration de plans intégrés d’aménagement fondés sur des consensus atteints par les divers acteurs intéressés à l’aménagement de certains secteurs urbains, invités à se joindre à des équipes de professeurs de design urbain, de fonctionnaires et d’étudiants gradués dans des sessions intensives de travail.

6 Les auteurs affirment que la signification de la notion de projet urbain reconnue par l’usage est différente des deux côtés de l’Atlantique. Ils constatent aussi que le projet urbain et le projet d’infrastructure répondent à des processus de planification différents dans lesquels le débat public intervient également de façon différenciée en raison de la logique fonctionnelle et sectorielle qui régit la planification du projet d’infrastructure. Une analyse comparative de projets de requalification de deux quartiers populaires, la Goutte d’Or à Paris et le secteur South End à Boston révèle l’existence de deux modèles participatifs différents et de deux cultures différentes de la production de la ville. À Paris, le projet urbain constitue un instrument de mobilisation et de coordination et les opérations d’urbanisme restent sous le contrôle municipal. Aux États-Unis, où il y existe une tradition de production locale, elles mettent à contribution le mouvement communautaire.

7 L’ouvrage contribue à la réflexion sur le renouvellement des pratiques planificatrices par une évaluation critique des rapports entre les processus de planification territoriale et les dispositifs de débat public. Les auteurs estiment que le débat public est devenu incontournable et indispensable non seulement pour assurer l’acceptabilité sociale des projets et pour éviter les conflits, mais pour alimenter les diagnostics et les stratégies de mise en œuvre des actions modifiant les conditions de vie des citoyens. Dans un processus de planification interactive, le rôle des planificateurs serait d’informer les acteurs des enjeux et de structurer les débats dans l’objectif d’atteindre un accord.

8 Avec la multiplication des institutions et des dispositifs voués à la participation, le débat public aurait des effets sur la planification territoriale en permettant l’établissement d’une vision commune et en constituant un facteur de cohérence de l’action collective. Le débat public apparaîtrait également comme un instrument prometteur permettant de définir concrètement la signification et la portée du concept de développement durable dont les applications dans le domaine de l’aménagement se heurtent souvent à des logiques sectorielles.

9 En France comme au Québec, les documents de planification, projets d’agglomérations, plans de déplacements urbains, apparaissent généralement comme des instruments privilégiés de mise en œuvre des principes du développement durable. Ils concourent à l’atteinte des grands objectifs environnementaux associés aux idéaux du développement durable : la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la préservation de la qualité de l’environnement, de la qualité de vie et de la santé publique. L’influence récente des principes du développement durable sur l’élaboration de plans d’aménagement, de projets urbains et sur la définition de principes qui sous-tendent des politiques urbaines semble témoigner de sa capacité à agir comme vecteur de renouvellement de la planification territoriale. On suggère de développer une approche interdisciplinaire visant à construire le projet de ville durable comme un objet de recherche. Le développement pourrait apporter une nouvelle raison d’être à la planification et devenir un projet social auquel adhèrent de plus en plus massivement les citoyens.

10 Pierre Larochelle

11 Architecte, université de Laval, Québec


Logo Souscrire pour ouvrir

Cet article est accessible en accès ouvert dans le cadre de notre modèle Souscrire Pour Ouvrir.

Date de mise en ligne : 03/01/2012

https://doi.org/10.3917/esp.147.0187e