Compte rendu

L’Asie orientale revisitée

Pelletier P. (dir.) (2004). Identités territoriales en Asie orientale. Paris : Les Indes savantes, 388 p.

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Citer cet article


  • Berque, A.
(2009). Pelletier P. (dir.) (2004). Identités territoriales en Asie orientale. Paris : Les Indes savantes, 388 p. L’Espace géographique, . 38(1), V-V. https://doi.org/10.3917/eg.381.0083e.

  • Berque, Augustin.
« Pelletier P. (dir.) (2004). Identités territoriales en Asie orientale. Paris : Les Indes savantes, 388 p. ». L’Espace géographique, 2009/1 Vol. 38, 2009. p.V-V. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-espace-geographique-2009-1-page-V?lang=fr.

  • BERQUE, Augustin,
2009. Pelletier P. (dir.) (2004). Identités territoriales en Asie orientale. Paris : Les Indes savantes, 388 p. L’Espace géographique, 2009/1 Vol. 38, p.V-V. DOI : 10.3917/eg.381.0083e. URL : https://shs.cairn.info/revue-espace-geographique-2009-1-page-V?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/eg.381.0083e


1 L’ouvrage fait partie d’un ensemble de deux volumes dû à un groupe de travail issu de la mouvance de la Géographie universelle dirigée par Roger Brunet, et constitué sous le sigle NORAO (Nouvelles organisations régionales en Asie orientale). Le second volume (sous la direction de Christian Taillard) s’intitule Intégrations régionales en Asie orientale. Le groupe NORAO compte une quarantaine d’auteurs d’appartenances diverses : géographie, histoire, politologie, économie, sociologie. C’est dire la variété des approches, qui dans ce premier volume d’une vingtaine de textes aborde des thèmes aussi différents que « Qu’est-ce que l’Asie pour la Russie ? » (Anne de Tinguy), « L’héritage lusotope en Asie orientale » (Louis Marrou) ou « L’impact du communisme dans la configuration de l’Asie » (Hugues Tertrais). C’est dire aussi la difficulté qu’il y avait à coordonner un pareil ensemble. L’équipe l’a dominé grâce à un travail de synthèse à deux étages, d’abord au niveau de chacune des quatre parties (avec des textes introductifs de Michel Bruneau, Jean-Louis Margolin, Guy Faure et Karoline Postel-Vinay), ensuite à celui du volume avec l’introduction co-rédigée par le collectif et la conclusion due à Philippe Pelletier.

2 La qualité première de cet ouvrage est d’offrir une enrichissante réflexion, multipliant les points de vue et les rétrospections, sur ce qui a constitué cette entité a priori évidente, « l’Asie orientale ». On notera dans ce sens que les deux premiers chapitres sont une analyse historique des mots fort nombreux qui désignent ou ont désigné cette entité, laquelle n’est bien entendue « orientale » que par rapport à l’Europe. Un grand effort est fait pour dégager les logiques d’où, en fin de compte, une certaine unité se dégage de cet ensemble toujours fortement marqué par la diversité, au-delà des confusions qu’entraînent le vocabulaire et la volonté même de définir des ensembles. L’introduction insiste, par exemple, sur le double sens des mots « région » et « régionalisation », l’un issu de la tradition géographique française, l’autre de l’usage politico-économique de l’anglais contemporain, et qui ne traitent ni des mêmes échelles, ni des mêmes objets. Dans sa conclusion, Philippe Pelletier montre la fragilité des diverses représentations que l’histoire intellectuelle s’est données de cette partie du monde, en soulignant, par exemple, les contradictions internes au découpage des « civilisations » retenues par Samuel Huntington. Entre l’introduction et la conclusion, la palette est riche à en défier la synthèse ; mais cela n’empêche pas Ph. Pelletier de juger qu’en définitive nous avons là trois « géopôles » : le Japon, la Chine et l’Asie du Sud-Est : « Trois espaces, de taille diverse, de nature différente en termes de pays ou d’État-nation, mais rapprochés par une logique au moins zonale. Trois en un, finalement ». — Augustin Berque, EHESS Paris


Date de mise en ligne : 19/03/2009

https://doi.org/10.3917/eg.381.0083e