Les interactions spatiales
Pumain Denise, Saint-Julien Thérèse (2001). Les Interactions spatiales. Paris : Armand Colin. Coll. « Cursus », 192 p., avec la collaboration de E. Dumas et H. Mathian.
- Par Yves Guermond
Page VIII
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1 Voici enfin le second tome tant attendu de L’Analyse spatiale. Le premier, Localisations dans l’espace, avait été publié en 1997 (voir L’Espace géographique n° 4-1998). Ce second volume, Les Interactions spatiales, poursuit avec la même concision et la même clarté la présentation méthodique des notions essentielles de l’étude scientifique de l’espace géographique. L’explication des relations entre les lieux est au cœur de la démarche géographique, comme le rappelait Peter Haggett en commençant son livre sur l’analyse spatiale par « la notion de mouvement ». Les auteurs commencent ici par les flux, en présentant d’abord le modèle gravitaire et ses principales applications : flux préférentiels, effets de barrière, détermination des limites entre deux aires de marché, puis les lissages avec une fonction gaussienne. Le second chapitre traite de la « spécialisation » (en prenant garde de ne pas employer le terme de « ségrégation », pourtant plus clair, mais où certains géographes ont prétendu voir une connotation idéologique). Les principales techniques de mesure sont rappelées (l’indice de Isard, le ?2, l’analyse des correspondances), ainsi que le modèle de Thünen et le point de Weber, qui aurait peut-être trouvé aussi bien sa place, toutefois, dans le premier volume sur les localisations. Le chapitre 3 traite des hiérarchies : la loi de Pareto, le modèle de potentiel (avec une intéressante application à l’Europe de 1500 à 1990, extraite d’un article de Cybergéo) et, bien sûr, le modèle de Christaller. Une carte des hiérarchies urbaines en Europe est proposée, avec des principes de réalisation peut-être un peu complexes pour un manuel. Le quatrième et dernier chapitre étudie les phénomènes de diffusion : courbes d’évolution, comparaison de profils. L’analyse structure-résidus est présentée de façon détaillée, utilement illustrée par une carte de la composante résiduelle de l’évolution de l’emploi en France, extraite de l’Atlas de France RECLUS. Le chapitre se poursuit par l’étude des processus spatio-temporels et une présentation des modèles de simulation inspirés de Hägerstrand.
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Le livre se termine sur l’image de la contraction espace-temps
autour d’un pôle, qui illustre la variation au cours du temps de l’échelle des
interactions. En bref, ces deux tomes résument ce qui est indispensable à tout
étudiant de géographie. C’est l’ouvrage qui manquait en français pour donner un
panorama complet et précis des approches de l’analyse spatiale, la référence
qu’on aura toujours, maintenant, inévitablement sous la main.
Yves GUERMOND