Le vrai rôle du père, Jean Le Camus, Éd. Odile Jacob, janvier 2000.
- Par Violaine Pillet
Pages 154a à 164a
Citer cet article
- PILLET, Violaine,
- Pillet, Violaine.
- Pillet, V.
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1 Jean Le Camus est psychologue, spécialiste du développement de l’enfant, professeur à l’université de Toulouse-Le Mirail,l commence son étude en rappelant le rôle essentiel du père dans la phase de séparation mère/bébé, celui qui introduit l’enfant à la différence. Il ajoute que la méthodologie choisie est « la mise en évidence de la contribution du père liée à la présence ».
2 Dans une première partie, l’auteur fait un bref tour d’horizon de la pensée psychologique/psychanalytique du xxe siècle pointant que traditionnellement, le père représente l’autorité. Pourtant, les temps changent, et cette réflexion se situe dans le contexte social actuel avec la diversification des configurations familiales, et l’ébauche d’un nouveau modèle de la famille.
3 La question posée est celle des effets de la présence du père. Il s’agit ici du registre d’influence, du moment d’intervention, et des mécanismes d’action relatifs au père. Nous entrons là dans les études et travaux européens et nord-américains sur les interactions comportementales. Concrètement, nous voyons se déployer un père agent de socialisation, qui dans les interactions avec son jeune enfant, encourage à l’exploration ; ouvre aussi aux jeux réglés.
4 Un père également au rôle didactique : avec des données sur le maniement du langage par exemple, et en retour, un enfant actif qui a des stratégies différentes selon qu’il s’adresse à son père ou à sa mère.
5 Sur la question de l’attachement, la théorie de la pluralité des figures d’attachement a certes remis le père en scène. Mais les études sont nombreuses, autant que les questionnements, et les résultats très divers.
6 L’auteur propose là une approche plus moderne de « la logique du couple parental » : à savoir la diversité des besoins de l’enfant, et la différence des contributions des parents. Ensuite est traitée la question du moment d’intervention avec une présentation de la phase périnatale du processus de devenir père. Dans les toutes premières interactions, le dispositif de la communication en triade montre bien que le bébé partage ses sentiments avec ses deux parents, et ce très tôt. Il y est défendu l’idée de l’entrée en paternalisation la plus précoce possible.
7 Parallèlement, l’auteur souligne l’importance de la différenciation du père. Car il s’agit bien ici du père masculin et non pas d’un père maternant.
8 Dans une troisième partie est examinée la question de l’identification du père, avec les diverses désignations, et l’aspect législatif. Enfin, Le Camus précise qu’il ne suffit pas d’être nommé père par la mère, dans une forme passive d’acceptation. Il insiste bien sur l’assentiment et l’engagement du père lui-même dans cette place et de conclure que la maternité et la paternité sont des actes.
9 L’auteur nuance en rappelant la réalité de la place des pères : une position pas toujours prise au quotidien de l’enfant.
10 Le père est ainsi co-parent et différencié de la mère ; dans un double mouvement de celui qui accepte d’être reconnu comme père et qui reconnaît l’enfant. Ici, les futurs pères sont acteurs de leur paternalisation. Le père a une position de parent homme.
11 Une dernière partie rappelle les conditions juridiques encore à créer, les aides en place, et les mesures de soutien à la fonction parentale.
12 Il s’agit de valoriser la présence du père. Aucun domaine ne lui est interdit, aucun réservé.
13 Nous aurons compris que le parent de sexe masculin est « un être incarné, vivant, actif, engagé ».
14 Cet ouvrage très bien documenté, révèle un auteur engagé, qui ouvre des pistes de réflexion. Il s’adresse tant aux parents qu’aux professionnels et aux responsables économiques, politiques, juridiques et sociaux, car le rôle du père est, du point de vue présenté ici, affaire de tous.
15 Violaine Pillet, psychologue