Le phonème français et le phonème vietnamien.
Comment faire acquérir à un locuteur de phonologie tonale la phonétique et la phonologie françaises
- Par Xuyen Vu Xuan
Pages 225 à 236
Citer cet article
- VU XUAN, Xuyen,
- Vu Xuan, Xuyen.
- Vu Xuan, X.
https://doi.org/10.3917/ela.126.0225
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- Vu Xuan, Xuyen.
- VU XUAN, Xuyen,
https://doi.org/10.3917/ela.126.0225
1. SYSTÈME PHONOLOGIQUE DU VIETNAMIEN
consonnes :
consonnes :
1Remarques :
- Toutes ces consonnes peuvent être en position initiale, sauf [p].
- Il n’y a que 6 consonnes finales : [p], [t], [k], [m], [n], [? ].
voyelles
voyelles
2Remarques :
- Les trois diphtongues sont : i? (ia, iê-), ??? ? (ua, uo -), u? (ua, uô-)
- Il y a 2 semi-voyelles /w/ et /j/
2. QUELQUES CARACTÉRISTIQUES TYPOLOGIQUES DU VIETNAMIEN
2.1. Morphème et syllabe
3En vietnamien, à la différence du français, la syllabe se comporte comme une unité de base, en ce sens qu’elle se confond dans la plupart des cas avec le morphème. La syllabe est constituée d’un certain nombre d’éléments, chacun appartenant à un paradigme autonome. La syllabe la plus complète en vietnamien est composée des éléments suivants :
-
Une consonne initiale ou le coup de glotte [= ? ] (Les six tons sont
numérotés : 1 (égal), 2 (descendant), 3 (montant), 4 (montant descendant),
5 (montant glottalisé), 6 (tombant glottalisé) :
loan [lwan1 ] : phénix, aigle femelle
oan [?wan1 ] : injustice -
Une rime, noyau de la syllabe. Elle se compose :
-
d’une prétonale qui est assurée par la semi-voyelle w (dont la graphie
se manifeste par o ou u) :
khuy [xwi?1 ] : bouton, boutonnière
to.ai [twai?6 ] : satisfait, comblé, achevé -
d’une tonale qui est assurée soit par une voyelle, soit par une diphtongue, élément central de la rime et indispensable de la syllabe.
Me. [m?6 ] : mère
Tiên [ti? n1 ] : fée - d’une finale qui peut être une consonne occlusive sourde [p, t, k], une
nasale [m, n, ? ] ou une semi-voyelle notée u? ou i? :
Cân [k??n1 ] : peser
Câu [k??u?2 ] : demander, prier, supplier
Coi [k?i?1 ] : voir, regarder
-
d’une prétonale qui est assurée par la semi-voyelle w (dont la graphie
se manifeste par o ou u) :
- Et enfin, un ton
4La syllabe (de la forme canonique) peut être représentée par le schéma :
2.2. Le système des tons
5Les tons constituent avec les tonales (voyelles et diphtongues) l’élément non seulement essentiel, mais aussi indispensable, central de la syllabe, qui est aussi (rappelons-le encore une fois), un morphème.
6La syllabe peut se passer de finales, de prétonales mais jamais de tonales, ni de tons.
7Il n’y a pas de syllabe sans ton.
8Si nous prenons la région de Hanoi comme norme, les tons sont au nombre de six. Ils sont ainsi décrits :
ma égal numéroté Ton 1 « fantôme »
ma` descendant numéroté Ton 2 « pronom relatif »
ma´ montant numéroté Ton 3 « maman », « joue »
ma’descendant montant numéroté Ton 4 « tombe »
ma˜ montant glottalisé numéroté Ton 5 « cheval »
ma tombant glottalisé numéroté Ton 6 « jeune pousse de riz »
10Les syllabes dont la terminaison est une nasale, une continue, ou semi-voyelle admettent les six tons.
11Les syllabes se terminant par une occlusive ne peuvent porter que les tons 3 et 6.
12Du point de vue linguistique, le ton est une marque phonologique différenciant des morphèmes de structure segmentale identique. Il remplit donc une fonction distinctive.
13Le ton est une unité discrète au même titre que le phonème, à la seule différence qu’elle n’est pas isolable.
3. ÉTUDE COMPARATIVE DE DEUX SYSTÈMES PHONOLO-GIQUES EN FRANÇAIS ET EN VIETNAMIEN
3.1. Systèmes vocaliques du français et du vietnamien
3.1.1. Points communs
14Dans les deux systèmes, on utilise les mêmes critères de classement : le lieu d’articulation et le degré d’ouverture.
15• Le lieu d’articulation : permet de distinguer les voyelles antérieures des voyelles postérieures sur le plan articulatoire ou les voyelles aiguës des voyelles graves sur le plan acoustique.
16Selon ce critère, on distingue en français comme en vietnamien, cinq
séries de voyelles :
17On a cinq séries de voyelles :
4. SYSTÈME CONSONANTIQUE DU FRANÇAIS ET DU VIET-NAMIEN
4.1. Points communs
18En observant les deux tableaux consonantiques, on constate qu’ils ont les mêmes critères de classement :
4.2. Points différents
5. ANALYSE DES FAUTES DE PRONONCIATION ET APPLI-CATIONS PÉDAGOGIQUES
5.1. Les fautes concernant les voyelles françaises
19Les voyelles nasales [?˜], [o˜], [?˜] : Inconnues en vietnamien, ces voyelles ont été prononcées de deux manières suivantes :
- dénasalisation des [?˜], [o˜], [?˜], en se basant sur les voyelles orales correspondantes en vietnamien [a], [o], [?]
- ajout d’un [? ] aux voyelles :
Comme dans :- tra?ng [???? ] : la lune
- anh [??? ] : tu, vous
- ? ông [do? ] : prénom
20ainsi, ils prononcent :
- divan [div??? ] pour [div?˜]
- sapin [sap??? ] pour [sap?˜]
- bonbon [bo?bo? ] pour [b?˜b?˜]
22 Cette façon d’articuler les voyelles nasales à la vietnamienne est plus fréquente que la dénasalisation. On rencontre souvent des fautes :
[b?˜? ] [b?˜] et [b?n]
[vj?˜? ] pour [vj?˜] et [vj?n]
[peiz?˜? ] [peiz?˜] et [peizan]
24La non-distinction entre (VN) et (V + CN) tient au fait que les apprenants ne font pas la différence morphologique entre : bon et bonne, vient et viennent, paysan et paysanne.
25Les syllabes anh, a? ng sont prononcées avec un rapprochement perceptible des mâchoires. La correction se fait aisément en demandant à l’apprenant de conserver un écartement des mâchoires correspondant à [?] et de prononcer anh sans les rapprocher. Le [?˜] est obtenu de façon spontanée. Il en est de même pour [?˜].
26La syllabe ông est labialisée (arrondissement et jointure des lèvres). Il suffit alors, pour obtenir un [?˜] nasal français, de demander à l’apprenant d’arrondir constamment les lèvres et de prononcer ông.
27À part ces erreurs, il y a une confusion de timbre des voyelles :
[?˜] et [?˜] : ombre/ambre, dont/dans, qu’on/quand
[?˜] et [?˜] : emporter/importer, centrer/cintrer, antérieure/intérieure
29Les labiales
30En français, seules les [i, ?, ?˜, e] sont des voyelles écartées (non-arron-dies). Toutes les autres sont plus ou moins arrondies ou non-écartées.
31En revanche, en vietnamien, parmi les seize voyelles, il y a seulement trois voyelles arrondies.
32Cette faible proportion des arrondies par rapport au français va poser
des problèmes sur le plan pédagogique :
- La voyelle [y] n’existe pas en vietnamien. Les apprenants vietnamiens prononcent cette voyelle en l’identifiant à [u].
33Ex. : [sukr] pour [sykr] « sucre » Ils n’arrivent pas à distinguer les voyelles [y] et [u] sur le plan articulatoire (antérieure/postérieure) et sur le plan acoustique (grave/aiguë). En fait, ils accordent beaucoup plus attention à la labialisation qu’à la différence de point d’articulation : [y] est antérieure, donc, aiguë, alors que [u] est postérieure, et donc, grave.
34Il est fréquent aussi qu’ils prononcent le [y] en se basant sur le [wi] existant dans leur langue maternelle : Ex : « tuy » [twi ¹ ] pour « tu » [ty] Pour corriger ces fautes de prononciation défectueuses, il est important de sensibiliser les apprenants au trait aigu de [y], de mettre l’accent sur le trait d’acuité manquant dans leur prononciation, de chercher l’entourage consonantique favorisant la perception de [y] : [t], [s], [?], [d]…
35- Les voyelles [ø] et [? ]
36Ces voyelles composées antérieures, arrondies sont des sons nouveaux à acquérir.
37Au début de l’apprentissage, les apprenants vietnamiens confondent [ø] et [o]. Cette confusion se justifie par le fait qu’ils ne sont pas sensibles au trait d’acuité (au trait aigu) de [ø], voyelle antérieure, arrondie par rapport à [o] postérieure, arrondie et grave. Pour parvenir à la réalisation de [ø], il faut renforcer le trait d’acuité de [? ], le trait de labialité.
38Comme [ø] et [? ] n’existent pas en vietnamien, ces voyelles sont identifiées à la voyelle postérieure et écartée [?] du vietnamien, comme : bleu [bl?] pour [blø] ; beurre [b?r?] pour [b?r].
39Pour améliorer la prononciation de [? ] et [ø], l’enseignant doit envisager des exercices opposant [ø]/[? ] comme : peu/peur, queue/cœur, ceux/sœur et à la suite chercher des phrases simples où elles sont mieux perçues :
[ø] : C’est pour nous deux ?
Le ciel est bleu !
[? ] : Qui a peur ?
Quel est le meilleur ?
[ø] et [? ] : Voilà les deux joueurs !
C’est vers deux heures…
5.2. Les fautes concernant les consonnes françaises
41La consonne [p] : [p] ? [b]
42[p] et [b] en français sont des consonnes occlusives, bilabiales mais elles se distinguent l’une de l’autre par le trait de voisement : [p] est sourde, [b] est sonore.
43En français, elles se trouvent dans toutes les positions : initiale, intervocalique et finale.
44Par contre, en vietnamien, il n’y a qu’une occlusive [b] apparaissant en distribution complémentaire. En fonction du contexte, elle recouvre deux allophones : [b] sonore en initiale, [p] sourde en finale. Ni l’une ni l’autre ne peuvent être en position intervocalique.
45Ainsi, on constate des fautes de prononciation dans :
- peuple [bøbl?] pour [pøpl]
- pas [b? ] pour [p? ]
46 En analysant ces erreurs : distribution inexistante dans la langue maternelle, manque de tension, l’enseignant pourrait envisager des exercices comme :
47Série 1 :
pont [p?˜] / bon [b?˜], pas [p? ] / bas [b? ], pois [pwa] / bois
[bwa], pain [p?˜] / bain [b?˜]
48Série 2 :
Cas 1 : [-V]
- Pas encore !
- Peut-être !
- Ce n’est pas possible !
- Impossible !
- C’est impossible !
- Indispensable !
- C’est indispensable !
49La consonne [? ] : [? ] ? [? ]
50On entend souvent les Vietnamiens prononcent :
[?ato] pour [?ato] gâteau
[ba? ] pour [ba? ] bague
52Il est à noter que le [? ] en français et le [? ] en vietnamien se distinguent par le mode d’articulation : [? ] est une occlusive, [? ] est une constrictive qui s’écrit avec la lettre g devant les médianes et les postérieures : a, a?, o’, â, u’, o, ô, u, uô, uo’et avec gh devant les antérieures : e, ê, i, iê.
53Comme nous le savons, une occlusive est plus tendue que la constrictive correspondante parce qu’il faut beaucoup de force pour pouvoir maintenir une fermeture complète contre la pression d’air expiré.
54Pour corriger ces erreurs de prononciation, il faut absolument renforcer le trait de tension.
55Nous avons utilisé la méthode dite « prononciation déformée » en remplaçant le [g] par une consonne voisine plus tendue, le [k] par exemple.
56Ainsi, l’enseignant peut envisager des séries d’exercices :
- série 1 : [bak] ? [ba? ], [vak] ? [va? ],
- série 2 : quai/gai, coût/goût, quand/gant
57 Les consonnes [?] et [?] : [?] ? [s], [?] ? [z]
58[?] et [?] sont fricatives, palatales mais [?] est sourde et [?] est sonore. Elles s’opposent à [s] et [z] qui sont toutes les deux dentales.
59Comme [?] et [?] n’existent pas en vietnamien, les apprenants vietnamiens les identifient soit aux [s] et [z], soit aux [?] et [?].
60Au début de l’apprentissage, ils prononcent [?] et [?] à la place de [?] et [?]. Ce qui reste acceptable car cela ne gêne pas l’interprétation.
61Ex. : [??˜pa? ] pour [??˜pa? ] champagne [??˜tij] pour [??˜tij] gentil Si [?] et [?] sont réalisés comme [s] et [z], ces fautes de prononciation sont graves et inacceptables car cela entraîne une modification sémantique. Ex. : - chaud/sot [so], les gens / les ans [lez?˜]
62Les consonne finales
63Les 6 consonnes finales (seulement les momentanées) : p, t, k, m, n, ? sont toujours implosives ( prononcées d’une manière très brève, n’ayant pas d’explosion en fin de syllabe, les muscles articulatoires restent toujours très tendus pendant la phase d’implosion). Par conséquent, les apprenants vietnamiens ont beaucoup du mal à réaliser correctement les consonnes françaises inexistantes dans leur langue maternelle.
64Les erreurs les plus connues sont :
-
La chute des consonnes finales
- [fr?˜] pour [fr?˜s] « France »
- [ta] pour [tar] « tard »
- [ru] pour [ru?] « rouge »
-
Les groupes consonantiquesLa confusion avec un son voisin :
- [canip] pour [canif] « canif »
- [sit] pour [sis] « six »
- [man] pour [mal] « mal »
- [etyt] pour [etyd] « étude »
65 Contrairement aux consonnes françaises, les consonnes finales vietnamiennes ne connaissent pas la phase d’explosion. Par leurs habitudes d’audition et de compréhension, les apprenants vietnamiens n’arrivent pas à identifier les traits distinctifs des consonnes françaises. Ils n’ont perçu que ce qui était pertinent dans leur langue maternelle. D’où la reproduction incorrecte des consonnes françaises en finale.
66Pour corriger ces fautes de prononciation, l’enseignant doit veiller à ce que les finales soient explosives. Il doit avant tout :
- prononcer nettement et clairement les finales pour que les élèves puissent bien les entendre et les répéter correctement,
- ajouter, si nécessaire, un schwa [?] à la consonne finale pour provoquer
une détente en fin de syllabe et le supprimer progressivement quand la
finale est correctement reproduite :
France : [fr?˜s?] ? [fr?˜s? ] ? [fr?˜s]
67Les groupes consonantiques
68En français, beaucoup de consonnes peuvent se combiner avec [r] ou [l] pour former des groupes primaires et secondaires. Face à ces groupes inexistants dans leur langue maternelle, les apprenants vietnamiens ajoutent des voyelles d’appui :
69[i] pour des consonnes précédées de [s] :
Ex. : [sip?] pour [sp?r] « sport »
[?] pour des groupes : bl, gr, cr, pl, pr…. :
Ex. : [p?ri] pour [pri] « prix »
[k?r?] pour [kr?] « craie »
L’enseignant procède à l’enlèvement de la voyelle ajoutée en diminuant
peu à peu son aperture : [p?ri] ? [peri] ? [piri] ? [pi ri] ? [pri]. On
passe donc de la voyelle ouverte à la voyelle la plus fermée : ? ? e ?
i ?i ? ø (phonème zéro).
70Les semi-voyelles (ou semi-consonnes)
71Les trois semi-voyelles du français [j], [w], [? ] peuvent se combiner avec toutes les voyelles. Les oppositions entre ces trois semi-voyelles rejoignent celles entre les voyelles correspondantes [i], [y], [u].
72En vietnamien, il n’y en a que deux : le [j] et le [w]. Le [? ] n’existe pas. Le [j], toujours en position finale, s’associe avec les voyelles et les diphtongues postérieures, le [w] avec les voyelles et les diphtongues antérieures.
73Fautes fréquentes :
Le [j] :
- [metie] pour [metje] « métier »
- ?[s?l??j] pour [s?l?j] « soleil »
- [bie] pour [bij?] « billet »
- ?[ilvien] pour [ilvj?n] « ils viennent »
74Le [w] :
- [lw??? ] ou [lwa˜? ] pour [lw?˜] « loin »
75Le [? ] :
- [tektw?n] pour [t?kst??l] « textuel »
- [kwi] pour [k?i? ] « cuir »
76 Les semi-voyelles ont été identifiées, perçues comme des voyelles ou diphtongues (voyelles complexes dont le timbre se modifie au cours de son émission) existantes en vietnamien.
77Plutôt que [k?i? ], les élèves prononcent [kwi], c’est-à-dire [wi] à la
place de [?i], de plus, le [? ] est tombé car il n’est jamais en position
finale dans leur langue maternelle. L’enseignant doit donc sensibiliser les
élèves à la différence entre la stabilité du timbre fondamental de la
voyelle-noyau de la syllabe du français et le changement de timbre de la
voyelle dominante de la syllabe du vietnamien. Dans [kwi], le /i/ est une
tonale donc c’est bien le /i/ qui domine la syllabe et non la prétonale [w].
Dans [k?i? ], la syllabe est composée de quatre phonèmes et c’est [?i] qui
est bien le noyau de la syllabe. L’enseignant peut faire prolonger la
voyelle [?i] dans « le cuir » :
[?i-?i-?i-? ] ? [k-?i-?i–?i-? ] ? [l?-k-?i-?i–?i-? ] ? [l?k?i? ]
78On peut aussi utiliser une autre méthode, car il ne s’agit pas seulement
de la longueur de la voyelle, mais aussi du /? / final :
[k?i?a] ? [k?i??] ? [k?i?e] ? [k?i?i] ? [k?i?i ] ? [k?i? ]
79D’autres cas :
80Par les habitudes articulatoires et auditives de leur système phonologique, les apprenants vietnamiens ont tendance à prononcer les consonnes finales françaises en se basant sur les consonnes finales vietnamiennes :
- /b/ ? /p/ : [dubl] double ? [dup³] ?úp
- /d/ ? /t/ : [mod] mode ? [mot³] môt´
- /s/ ? /t/ : [vis] vis ? [vit³] vit´
- /v/ ? /u/ : [?liv] olive ? [o¹liu?¹] ô-liu
-
le /? / est réalisé comme [z] ou n’est pas réalisé :
/? / ? /z/ : virage [vi?a?] ? [viza??], marié [ma?je] ? [mazie] ?/? / ? /ø/ : rare [?a? ] ? [?a], tiroir [ti?wa? ] ? [ti?wa], aurore [o??? ] ? [o??] - les mots français sont « tonalisés » à la vietnamienne :
les syllabes ouvertes portent le ton égal : colis [k?li] ? [ko¹li¹], cô-li le ton descendant : café [cafe] ? [ka²fe¹] cà-phê ou le ton montant : kilo [kilo] ? [ki³lo¹] ki´-lô. - les syllabes fermées se terminant par les occlusives [p], [t], [k]
portent le ton montant ou le ton tombant glottalisé :
pourboire [pu?bwa? ] ? [pu?k³bwa¹] puô?-boa, [pu?k?bwa¹] puô.c-boa ou [bu?k³bwa¹] buô?-boa, [bu?k?bwa¹] buô.c-boa.
81Nous avons constaté beaucoup de fautes de prononciation dans les groupes de consonnes comme : tr ( position finale), ks, ps, kl, sk, gr…, dans le [?] (à l’intérieur d’un mot ou d’un groupe phonétique et dans une syllabe initiale commençant une phrase, un groupe rythmique) qui sont assez difficiles pour les apprenants vietnamiens. Ces problèmes méritent une étude à part. C’est pourquoi, ils n’ont pas été abordés ici.
82Pour conclure, une correction efficace nécessite certains éléments théoriques indispensables : le recours à la prosodie, à la prononciation « déformée », à la tension, à la phonétique combinatoire et aux exercices d’oppositions fonctionnelles. Elle doit être graduelle, soutenue, même s’il est difficile d’obtenir la perfection en peu de temps. Il ne saurait y avoir de miracle.
83Il n’y a pas de remède unique, universel. Chaque sujet a ses défaut, chaque défaut, des causes. Les atouts de la réussite : Pédagogie – Création – Patience.
BIBLIOGRAPHIE
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