Article de revue

Les Rencontres de Die

Des rencontres citoyennes pour la protection et le ménagement du territoire

Pages 179 à 184

Citer cet article


  • Association Écologie au Quotidien,
(2023). Les Rencontres de Die Des rencontres citoyennes pour la protection et le ménagement du territoire. EcoRev' 55(2), 179-184. https://doi.org/10.3917/ecorev.055.0179.

  • Association Écologie au Quotidien, .
« Les Rencontres de Die : Des rencontres citoyennes pour la protection et le ménagement du territoire ». EcoRev' 2023/2 N° 55, 2023. p.179-184. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-ecorev-2023-2-page-179?lang=fr.

  • ASSOCIATION ÉCOLOGIE AU QUOTIDIEN, ,
2023. Les Rencontres de Die Des rencontres citoyennes pour la protection et le ménagement du territoire. EcoRev' 2023/2 N° 55, p.179-184. DOI : 10.3917/ecorev.055.0179. URL : https://shs.cairn.info/revue-ecorev-2023-2-page-179?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ecorev.055.0179


Notes

1 Le vivant survivra-t-il ? Comment coexister avec les animaux, même les plus menaçants ? Quelle est la juste place de l’humain ? C’est avec en tête ces questions que l’association Écologie au Quotidien, dominée par le majestueux Mont Glandasse qui abrite des vautours fauves, des rivières limpides et des bouquetins curieux, a concocté le programme des rencontres de 2024.

2 Prendre soin du vivant, prendre soin de la montagne. Être habité par la montagne !

3 Vivre en parcourant les montagnes et en partageant le quotidien des femmes et hommes du Diois, la beauté des versants balayés par la sécheresse ou les orages, en plantant des arbres de Lus-la-Croix-Haute à Loriol-sur-Drôme, de Luc-en-Diois à Livron sur Drôme, un art de prendre soin de la montagne. Vivre face à de gigantesques hêtraies et pinèdes accrochées aux versants pentus du Vercors et où, peut-être, se cachent des loups. Vivre un rapport au monde vibrant d’humilité et d’éternité. Vivre incroyablement vivant !

4 La montagne est un organisme vivant avec lequel il s’agit de coopérer. Une puissance animée et sensible. En même temps, il faut aider la montagne, la protéger, la préserver par exemple en réintroduisant des vivants éradiqués hier ou en proposant des plantations.

5 Tous les endroits sur terre sont touchés par les activités humaines, même les Parcs dits naturels (comme le Parc du Vercors), où la faune et la flore sont régentées. Le mot « vivant » renvoie davantage à ce qui échapperait à une forme de contrôle, d’ordonnancement, de subordination, à ce qui ne plie pas. En montagne, on fonctionne beaucoup à l’instinct, la nature prend toujours le dessus sur la présence humaine.

Durant les rencontres 2024

Éric Aeschimann, écrivain et journaliste au Nouvel Observateur, co-auteur de « Penser le vivant » et Claire Lejeune, doctorante en théorie politique et militante écologiste viendront nous proposer leur vision du vivant.
Des tables rondes réuniront de acteurs de différents horizons pour traiter de thématiques essentielles au territoire : celle sur le tourisme doux abordera, sans tabous, les enjeux environnementaux et sociaux liés à la transition écologique. Sublimes routes du Vercors, pollution de la rivière Drôme, grands projets de Villard-de-Lans y seront des sujets abordés.

6 La terre appartient à tout le monde, pas seulement à l’être humain. La montagne/nature révèle-t- elle notre incapacité collective à cohabiter de manière harmonieuse avec le vivant, à faire de la place à ce qui échappe à notre contrôle ? Cohabiter avec le vivant est un défi.

7 Nous sommes cette rivière Drôme… elle coule en nous ! Nous sommes en la montagne, et la montagne est en nous. Elle a sédimenté en nous. « L’Homme est la Nature prenant conscience d’elle-même », écrivait Élisée Reclus au frontispice de L'Homme et la Terre[2].

La société civile en action et en réflexion. Construire le Diois de demain

8 Écologie au Quotidien a pour but d’encourager et d’accompagner les initiatives citoyennes en faveur d’une société plus écologique et solidaire. Et résiliente. À l’heure où la question du climat mobilise, son activité suscite un sérieux engouement. L’association compte plus d’une centaine de bénévoles. Elle a suivi plus de 140 projets de toutes sortes du territoire Biovallée.

9 Les Rencontres de Die sont un acte majeur de citoyenneté pour tout le monde, pour les personnes qui organisent comme pour celles invitées, celles qui interviennent et/ou nous rendent visite. Ainsi est positionné un petit pays de montagne face à ce défi global et local de la protection de la santé, de la nature, de ses paysages, de la vie, de l’eau, de l’éducation, de ses services publics, du bien être ensemble, de la fraternité.

Durant les rencontres 2024

Sjoerd Wartena, co-fondateur de Terre de Liens ; Robert Delage, agriculteur ; Véronique Duval, journaliste ; Hélène Goubert-Ruchon, Marion Vanel, Clément Bonnet et Clément Delage, jeunes paysans et paysannes, échangeront sur la notion de terre comme bien commun, ressource vitale et limitée. Face à une politique agricole commune (PAC) orientée vers le productivisme, comment faire reconnaître les terres agricoles comme un bien commun à mettre à l'abri de la spéculation ? Comment organiser le rapport de force en faveur d’une agriculture paysanne ?
Geneviève Azam, économiste, chercheuse à l’université de Toulouse ; Timothée Parrique, chercheur en économie écologique à l’Université de Lund (Suède) ; Pierre Thiesset, journaliste à La Décroissance viendront partager leurs analyses et accompagner le territoire et ses acteurs sur le thème de la décroissance.

10 Les Rencontres de Die sont axées sur la « valorisation solidaire non prédatrice de la planète et de ses passagers. Elle pourrait produire la croissance de la conscience des décideurs, des élus, des entrepreneurs et des citoyens les plus éloignés de ces préoccupations ». Ici l’écologie n’est pas triste, ni sacrificielle, ni culpabilisante… Être ensemble ici et maintenant est un acte « rêve-olutionnaire » qui fait du bien. Au cerveau, au corps et au cœur… comme faire son jardin…

Une farouche volonté de dialogue et d’accueil de toutes et tous

11 Anticiper, s'adapter, s'entraider : se préparer à l’imprévisible devient une nécessité. Notre territoire n’est pas à l’abri d’évènements inattendus capables de le déstabiliser en profondeur. Alors qu’il y a fort à parier que les prochaines années seront marquées par des crises économiques, sociales, environnementales, sanitaires ou géopolitiques majeures, se préparer à l’imprévisible devient une nécessité. Les crises à venir constituent un défi pour la collectivité, qui s’y prépare afin d’éviter les ruptures de cohésion sociale ou démocratique, tout en restant en capacité de conduire les transformations structurelles nécessaires aux transitions, alternatives et bifurcations écologiques, économiques et sociales et démocratiques.

Durant les rencontres 2024

Juliette Rousseau, autrice du livre Lutter ensemble, pour de nouvelles complicités politiques et traductrice du livre Joie militante. Construire des luttes en prise avec leurs mondes viendra questionner les pratiques militantes à même de conjuguer puissance collective et libération face aux oppressions systémiques. À quoi ressemble la joie dans les milieux de lutte ? Qu’est-ce qui nous rend collectivement et individuellement plus capables, nous donne de la puissance et pourquoi, parfois, les milieux radicaux produisent tout l’inverse, nous vidant de tout désir ?
Camille Etienne, militante écologiste ; Nicolas Haeringer, directeur associé des Partenariats de l’ONG 350.org ; Vincent Verzat, Youtubeur de la chaîne « Partager, c'est Sympa », envisageront des manières de dépasser notre impuissance collective face au réchauffement climatique.

Des initiatives exemplaires

12 En France les initiatives foisonnent, qu’il faut continuer à accompagner, à développer dans le faire ensemble : plantation d’arbres, agriculture régénératrice, nouveaux modèles alimentaires, développement de l’hydrologie, etc.

13 Croissance verte… ou catastrophes écologiques planétaires en série ? Entre ces deux extrêmes, ces initiatives sont des solutions au quotidien porteuses d’« économie circulaire », favorisant les Énergies Renouvelables, le bâti bioclimatique, la « chimie durable végétale », le tri-recyclage citoyen (y compris pour les personnes de passage, en vacances), la mobilité douce (sentiers dans la ville), le compostage, les alternatives éducatives, etc.

14 Des initiatives qui continueront d’être mises en lumière durant les prochaines Rencontres de Die. Et les suivantes !


Date de mise en ligne : 29/12/2023

https://doi.org/10.3917/ecorev.055.0179