Article de revue

La terre est le médiateur de l’amour entre les gens

Pages 99 à 107

Citer cet article


  • Rencontre avec Barbié, O.,
  • Propos recueillis par Paqué, T.,
  • avec l’aide de Almar, D.
(2017). La terre est le médiateur de l’amour entre les gens. EcoRev' 44(1), 99-107. https://doi.org/10.3917/ecorev.044.0099.

  • Rencontre avec Barbié, Olivier.,
  • et al.
« La terre est le médiateur de l’amour entre les gens ». EcoRev' 2017/1 N° 44, 2017. p.99-107. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-ecorev-2017-1-page-99?lang=fr.

  • Rencontre avec BARBIÉ, Olivier,
  • Propos recueillis par PAQUÉ, Théo,
  • avec l’aide de ALMAR, Damien,
2017. La terre est le médiateur de l’amour entre les gens. EcoRev' 2017/1 N° 44, p.99-107. DOI : 10.3917/ecorev.044.0099. URL : https://shs.cairn.info/revue-ecorev-2017-1-page-99?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ecorev.044.0099


Notes

  • [1]
    Voir l’EAD et l’ITAN sur : ecole-agriculture-durable.eu
  • [2]
    L’agriculture exige d’importants coûts fixes comme l’achat des terrains, du cheptel, des bâtiments, des machines, etc. Augmenter le volume de la production permet de réduire la part des coûts fixes dans le prix de revient du produit final et donc de baisser les prix de vente.
  • [3]
    Ce faisant, il s’est mis en conformité avec le premier commandement chrétien : « Heureux les pauvres pour l’esprit car le royaume des Cieux est à eux » (Béatitudes, Matthieu 5.3).
  • [4]
    Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, créée en 1946.
  • [5]
    En France, tous les deux jours, un paysan se suicide.
  • [6]
    Sources INSEE.

La Révolution française, source du déclin ?

1Après la révolution de 1789, les ouvriers agricoles ont eu l’opportunité de devenir artisans et/ou d’acheter leurs terres. Avant ils ne pouvaient pas : ils étaient ouvriers journaliers chez les seigneurs du coin et les filles étaient domestiques au château. À partir de 1790 et 1800, ils ont commencé à acheter des terres, mais ils n’ont pas compris que s’ils le pouvaient c’est qu’il y avait un problème ! Si les pauvres deviennent propriétaires, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche ! Les seigneurs et les riches ont bradé les terres parce qu’ils ne voulaient plus investir dans les produits agricoles mais dans de nouvelles choses, comme les trains. La spéculation sur les trains et la machinerie fut énorme au XIXe siècle. Les riches ont investi dans l’industrie bien plus que sur les terres, qui perdaient de l’importance à leurs yeux. Les paysans ont cru voir une éclaircie, mais ce fut un mauvais investissement. Dans ma famille, ils ont acheté des terres entre 1830 et 1850. Auparavant ils avaient parfois d’autres métiers, comme dans l’artisanat. Plutôt que de se tourner vers l’industrie, ils ont immédiatement acheté des terres. Ils ont tenu un peu plus d’un siècle mais à la fin ils se sont retrouvés misérables. Ils ne se sont aperçus de rien, pour cause : ils ne savaient ni lire ni écrire. C’est ça qui est difficile : comprendre ce qui se passe au moment où ça se passe, et si possible pas des générations après...

Un plan de destruction total de la paysannerie

2Dans les années 1960 il y a eu un plan organisé de destruction totale de la paysannerie qui a été décidé par Edgar Pisani, Commissaire de l’Union européenne à l’agriculture. Le plan Pisani avait plusieurs objectifs, notamment assurer l’autarcie alimentaire de l’Europe : on manquait de lait et de blé jusque dans les années 1965. Pisani a alors décidé de baisser les prix agricoles pour que les consommateurs puissent acheter des produits industriels avec les économies réalisées sur la nourriture, et ainsi relancer l’industrie européenne. L’agriculture a pâti de la libération du pouvoir d’achat. En même temps, de manière contradictoire, il a souhaité un maintien du nombre d’exploitation. Pour se faire, les petites exploitations ont été massivement subventionnées... pour accompagner leur propre mort en fait. Pour qu’il n’y ait pas de révolte sociale sans doute. Et pour baisser les prix agricoles, ils ont augmenté la taille des exploitations, et donc forcément en ont réduit le nombre [2]... Le plan Pisani a bien fonctionné. Cette politique a bien fonctionné sur un plan : la production d’une alimentation abondante, à bas coût. En revanche, il a détruit la paysannerie, ce qui est le comble pour le fils de paysan que je suis... Et puis, Pisani a oublié un détail, la qualité : une bouffe immonde, toxique et mortelle inonde le marché. Rien ne tue plus en France que l’alimentation aujourd’hui...

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« Je ne reconnais plus personne en Massey Ferguson.»
Jean-Marie Bigard, 1988.

4Quand mon grand-père a acheté son tracteur grâce au plan Marshall, il était fier comme Artaban. Il a acheté une belle charrue pour labourer à 50 cm de profondeur. Son père est allé le voir et lui a dit « T’es fou, tu vas mourir ! », et il avait raison. Pourquoi ? Mon-grand père a sorti une argile dégueulasse qui n’avait jamais vu le jour. Le blé n’a même pas fait 10 % du rendement, alors qu’il était à 60 quintaux par hectare. À l’âge honorable de 65 ans, après avoir commencé à cultiver à 20 ans avec un tracteur américain, il m’a fait venir dans le champ et m’a annoncé : « Olivier, j’arrête de labourer. » C’est peu dire le temps qu’on a mis à comprendre… On n’a pas compris le piège de la mécanisation, et on est mort de ne pas avoir compris assez tôt ce qui nous arrivait.

5Malgré tout, mon père a cru qu’il fallait être écolo. Il l’a fait, et il a voulu être gandhien : il a renoncé au travail salarié, il a choisi la pauvreté matérielle [3]. Il en a fini à l’hôpital psychiatrique, pour schizophrénie sociale, un concept nouveau dans les années 1960. Et qui est-ce que mon père a rencontré à l’hôpital psychiatrique ? Tous les ouvriers agricoles que l’on avait mis dehors avec les tracteurs… C’était l’envers du décor. Côté pile, on modernise avec le tracteur ; côté face, qu’est-ce qu’on fait des paysans ?

6Cette destruction, on ne l’a pas saisie parce que d’une part on ne lisait pas en anglais ce qu’écrivait l’Union européenne, et d’autre part, quand ils nous le disaient, on ne comprenait pas ce qu’ils voulaient dire. Les fonctionnaires de l’UE n’étaient pas bêtes : ils n’allaient pas nous dire qu’ils allaient nous détruire, ils disaient seulement : « On va augmenter la production. » Les paysans étaient contents puisque leur objectif était de « nourrir le monde ». Ils n’analysaient pas qu’en rachetant la terre du voisin ils détruisaient la paysannerie. C’est pour ça que je ne critique jamais les gars de la FNSEA [4] : ce sont mes frères, on a grandi ensemble, ils sont sincères, ils ont fait tout ce qu’ils ont pu pour aider les gens. L’enfer est pavé de bonnes intentions. Je n’aime pas les écolos qui vont à la campagne et critiquent le paysan du coin qui pollue avec sa pompe à sulfate. Ils ne voient pas que le gars en face, il est sincère, qu’il fait ce qu’il peut.

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« On en viendra bientôt à bout
Vider les villes
L’abeille ouvrière on lui file
Un aller pour les choux. »
Emmanuel Tugny, Ralbum, 2008.

8Aujourd’hui je rencontre beaucoup de jeunes qui veulent fuir la ville et leur boulot et qui veulent s’installer sur la terre. Je les provoque en leur répondant : « Qu’est-ce que ça veut dire travailler la terre ? Qu’est-ce que c’est la terre ? ». Et ça, c’est une réflexion qu’ils n’ont jamais eue. La réflexion qu’ils ont eue part de leur animosité pour la ville. Ils n’ont pensé que la ville, pas la campagne. Ces jeunes écolos que je rencontre n’ont pas une philosophie de la terre. Alors, si par hasard, j’avais quelque chose d’utile à dire aux gens, ce serait : « Si vous voulez vivre de la terre, il faut penser la terre. » Nous, on s’appelle les paysans-philosophes – des gens qui sont issus de l’agriculture et ont acquis suffisamment d’esprit pour penser la terre. Quand je dis nous, je pense à Masunobu Fukuoka, Albert Howard ou Robert Hart. Ce sont des gens qui ont une culture de la terre, qui pense ce qu’ils font. Jean Giono est aussi très important, notamment dans Que ma joie demeure et Regains ou encore Tolstoï et Dostoïevski.

Du paysan à l’exploitant agricole

9Aujourd’hui, on suggère à un urbain paysan-en-devenir qui passe par la Chambre d’agriculture : « Vous montez une installation agricole ? Vous allez exploiter des terres et gagner vos revenus de cette exploitation ! » Un paysan n’exploite pas la terre. Qu’est-ce que ça veut dire exploiter la terre ? ! La demande de l’urbain est traduite par le fonctionnaire de l’agriculture de telle sorte que, pour s’approcher de la terre, il faut rentrer dans le cadre administratif d’exploitation de la terre. Si tu n’acceptes pas, tu ne pourras pas t’approcher de la terre.

10Or, être paysan et agriculteur, c’est le jour et la nuit ! La différence est historique. « Agriculteur » est une profession ; « paysan » est un état, une condition humaine, associée à une culture, dans une économie de subsistance. En fait, l’exploitant a un mode de vie urbain, il a pour profession d’exploiter la terre, hors toute culture, au sens ethnologique du terme. Lorsque l’on fait une étude préalable à l’installation en Chambre d’agriculture, jamais on ne parle d’histoire rurale, d’anthropologie rurale, de culture, de pensée de la terre. L’objectif est de faire un compte de résultat sur dix ans, et si le calcul montre qu’il peut y avoir un bénéfice, vous pouvez vous installer. Mais des bénéfices, il n’y en a pas ! C’est pour ça que l’exploitation agricole est subventionnée à hauteur de 40 %. L’exploitation agricole type de la Chambre d’agriculture est fondamentalement non rentable. Et si c’était rentable, il n’y aurait pas de subventions, c’est-à-dire que la plus grosse part du budget de l’Union européenne serait sans fondements.

Description de l'image par IA : Trois X noirs sur fond blanc, deux dans le coin supérieur gauche, un dans le coin inférieur droit.

La seule source de richesse, c’est la terre

11Le premier économiste en France fut François Quesnay. Il a fondé l’École physiocrate et a peu ou prou affirmé : « Comme l’a dit Aristote, la terre est la seule source de richesse. Pourquoi ? Parce que c’est la seule activité humaine où on a plus à la fin qu’au début. Je sème un grain de blé et je récupère trois grains de blé. Le solde est positif. Et avec ce blé, je peux nourrir le paysan qui a semé le blé. » C’est un profit net. L’industrie, elle, n’est pas rentable. Pour faire une chemise en coton, il me faut du coton, mais surtout il me faut tout le coton, et encore à la fin j’ai du déchet.

12Ce qui a changé, ce sont les intrants parce qu’on on a mécanisé le bazar. Cultiver du blé est relativement simple, mais de nos jours, malgré des moissonneuses-batteuses guidées par satellite avec des vérins qui permettent de faire le niveau, des herbicides sophistiqués, peu rémanents et sélectifs, des pesticides et des engrais azotés à dissolution programmée, ce n’est plus rentable…

13Tout le gain qu’on aurait pu avoir avec du blé est dilapidé par la voracité de l’industrie. La Chambre d’agriculture poursuit, pour le nouvel exploitant : « La dotation pour les jeunes agriculteurs est de l’ordre de 37 000 €. Avec ça, tu empruntes grâce à un prêt d’amélioration matérielle, bonifié car l’État paie les intérêts, pour acheter du matériel. Un beau tracteur John Deere vert, par exemple, des pesticides et des engrais. Avec tout ça, tu dois faire 110 quintaux. » Et avec ces 110 quintaux, fondamentalement, il perd de l’argent, car la tonne de blé ne vaut rien, elle vaut 160 €, alors que le tracteur coûte cher.

Paysan, une condition

14Si l’on reste dans ce schéma, où cultiver serait l’unique raison du paysan, alors on risque de nouveau d’être piégé par la productivité. Le paysan n’a pas une seule fonction. Il en a plusieurs, parce que la terre a plusieurs fonctions. C’est ça qui est dramatique dans notre évaluation, dans le réductionnisme économique. On rapporte tout au profit, un profit seulement monétaire. Le profit dans la théorie économique n’est pas forcément monétaire, c’est seulement une augmentation de la valeur. La valeur du travail agricole doit être évaluée selon plusieurs critères qui correspondent aux différentes fonctions de la terre, pas seulement produire des légumes.

15Elle a d’abord une fonction culturelle : le travail de la terre produit une communauté humaine ; c’est inestimable. Elle va produire un peuple, une ethnie. À ce peuple, elle donne aussi une identité. Comme partout, quand on arrive quelque part, on adhère à une communauté humaine. Pour le néo-rural, c’est le voisin, le chasseur, l’exploitant agricole !

16Elle a aussi une dimension spirituelle. La France étant l’un des cinq pays les plus athées au monde, elle a l’habitude de nier la dimension spirituelle des choses. Mais il se trouve qu’elle existe, et ce depuis des millénaires. L’acte de culture est un acte spirituel. Le mot culture signifie bien à la fois cultiver et rendre un culte : c’est la même chose. Cultiver, du latin, c’est tourner autour de ce qui va naître et croître. Décrire, physiquement, un cercle autour de ce qui est magique. Et semer, c’est magique, ça se fonde sur la vie et la mort.

17Par conséquent, si l’objectif est d’aller sur la terre pour cultiver des navets et les vendre à des gens, on ne gagne rien, ce n’est pas rentable. Par contre, si on va à la terre pour s’en servir comme un médiateur, comme un levier, qui va permettre de reconstruire du social, de produire une culture, et de se relier au divin, alors là, on risque d’en tirer des bénéfices.

Les écueils d’une nouvelle paysannerie

18Espérer qu’une nouvelle culture paysanne adviennent, c’est comme espérer que les Sioux chasseurs de bisons reviennent un jour : ça n’a pas de sens ! La fonction des paysans n’est pas de nourrir les urbains, ils sont sur terre pour vivre, selon les mœurs du groupe auquel ils appartiennent, et c’est tout.

19Deux scénarios s’offrent aux gens qui veulent s’installer à la campagne aujourd’hui : soit ils vont échouer massivement comme leurs prédécesseurs ouvriers des années 1960, soit quelques-uns vont créer un nouveau monde paysan totalement différent de ce que j’ai connu. Ce sera intéressant d’observer ça, notamment parce que l’État se retire des zones rurales. Des sociétés risquent donc de se constituer. On ferme les maternités, les tribunaux, les banques. Les humains présents sont obligés de créer de nouvelles solidarités pour pallier les manques. Des enfants vont naître à la maison, par exemple, ce qu’on ne fait plus depuis deux générations : toute une culture de la sage-femme va se remettre en place, un savoir-faire pratique va se développer.

20Puisque le service public se retire, que peut-il donc se passer ? Les permaculteurs vont être surpris, parce que la société qu’ils veulent voir émerger, à base de yourtes et de jardins concentriques à trois dimensions, n’adviendra pas. Ce schéma a été inventé dans les universités, en ville, mais ce n’est pas du tout ce qui va se passer à la campagne. Aujourd’hui, les gens qui s’installent à la campagne gagnent le RSA, ce ne sont pas du tout des bourgeois. Ils ne vont pas envoyer leurs enfants dans des Écoles, parce qu’elles sont à Paris, Toulouse, Bordeaux ou Lyon et qu’ils n’auront pas les moyens de payer. Ce ne seront pas des gens adaptés au village idéal de yourtes participatives. Ce sont des gens qui n’auront plus de police pour les protéger. La nouvelle paysannerie devra d’abord s’occuper de bien des choses : faire naître les gosses, les soigner, les nourrir, donner du travail aux gens, s’occuper des vieux…

21Quand l’urbain arrive à la campagne, il peut rester un urbain, ou bien devenir paysan. La différence, c’est l’acte de cultiver, de donner la vie et de la retirer. À partir de là, il y a une règle qui s’impose automatiquement, c’est qu’on ne peut pas cultiver la terre seul, c’est un travail collectif. J’ai perdu un bon quart de mes camarades d’école comme ça : ils sont passés dans l’épandeur, dans le round baller, sous la roue du tracteur, ils ont chuté en arrière, ou alors se sont suicidés [5]. En exploitant tu gagnes peu, tu bosses beaucoup, pour en moyenne 1 000 € par mois. Les indépendants sont les plus endettés. Dernier frein majeur ? 90 % des Français habitent dans des agglomérations de plus de 10 000 habitants, 60 % d’entre-eux habitent dans seulement cinq villes [6], et 3 % de la population active travaille dans l’agriculture. La population active représente 27 millions de personnes au total, donc 3 %, c’est 800 000 personnes, presque rien.

Vivre de et pour la terre

22Quand on arrive à la campagne, il ne faut pas prononcer la phrase « je veux m’installer en agriculture », sinon on court après la misère. Il faut suggérer qu’on veut créer une structure autour de la terre, une activité collective, dont le financement ne découle pas de la production. L’Union européenne parle depuis 2010 de découplage des aides…

23La richesse est produite, non pas par le travail, mais la relation avec l’autre : faire de la vente directe, transformer les produits, former les gens, les accueillir (touristique, un petit peu), faire du « social », etc. La terre régénère, sauve. La machine à détruire, c’est la ville, ou plutôt l’absence de lien à la terre. Il faut sauver tout le monde, les vieux, les enfants, les malades, les délinquants. L’accueil à la ferme, collectif, est apte à sauver tout le monde. Après, il y a la formation : apprendre à faire des confitures, des champagnes de sureau, de la tisane… De la médecine aussi car tout soigne. Ce tout est toujours un médiateur de la puissance psychique du médecin. Il faut le partager. Objectivement, c’est la relation à l’autre qui crée la richesse.

24Quand je dis que la terre est le médiateur de l’amour entre les gens et que ça rapporte, c’est un constat pragmatique, parce que je regarde le compte bancaire des gens.


Date de mise en ligne : 01/12/2017

https://doi.org/10.3917/ecorev.044.0099