La deuxième génération dynastique dans les Grandes Chroniques de France : l’exemple de Jean II le Bon
Pages 375 à 394
Citer cet article
- RAYNAUD, Christiane,
- Raynaud, Christiane.
- Raynaud, C.
https://doi.org/10.3917/rdn.1446.0375
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Notes
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[1]
Dans les Grandes chroniques de France, Clovis converti donne tout son éclat à la dynastie fondée par Childéric Ier.
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[2]
Adalbéron de Reims après le sacre d’Hugues Capet, le 3 juillet 987 renouvelle l’onction pour son fils le 25 décembre 987. Jusqu’en 1179 à chaque génération, il y a association Philippe Auguste fait de son aîné son héritier par testament en 1190 (rex designatus). Roi dès la mort de son père le 14 juillet 1223, Louis VIII est sacré à Reims le 6 août.
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[3]
De son mariage avec Jeanne de Bourgogne, naissent Jean le 26 avril 1319 et Philippe comte de Valois le 1er juillet 1336. Sur l’émancipation de Jean, voir R. Cazelles, Société politique noblesse et couronne sous Jean le Bon et Charles V, Genève-Paris, 1982 [Mémoires et documents publiés par la Société de l’École des Chartes XXVIII], p. 126-130.
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[4]
Marié à Bonne de Luxembourg le 28 juillet 1332, Jean a quatre fils : Charles (futur Charles V) en 1338, Louis (duc d’Anjou) en 1339, Jean (duc de Berry) en 1340 et Philippe (duc de Bourgne) en 1342. Le choix des prénoms souligne entre autres la continuité Capétiens-Valois.
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[5]
Dès janvier 1327, puis en juin 1344 à Villeneuve-lès-Avignon, R. Cazelles, Société politique…, op. cit. (n. 3), p. 41-42.
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[6]
Le comte de l’Isle et le maréchal de Moreuil le forment aux armes. Ibid., p. 42 et n. 33.
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[7]
Après le traité de Romans (30 mars 1349), Jean ne porte pas le titre de Dauphin, le premier à le faire est Charles V.
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[8]
Jean se qualifie dans ses actes d’ainsné fiz. Le 31 janvier 1350, il se dit aisné fils et héritier du Roy de France, Ibid., Société politique…, op. cit. (n. 3), p. 130.
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[9]
Il fait réaliser avant 1350 un riche exemplaire, qui s’arrête en 1270 (Londres, B.L., Royal 16 G VI).
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[10]
A. D. Hedeman, The Royal image. Illustrations of the Grandes chroniques de France 1274-1422, Berkeley, Los Angeles, Oxford, 1991.
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[11]
Deux sont commencés avant 1350, 5 sont réalisés entre 1350 et 1380, 40 entre 1380 et 1422, un c. 1380, aucun après 1425.
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[12]
Paris, Bibl. de l’Institut ms. 324 ; BnF, ms. fr. 23140 ; Société des autographes des Mss français, Ex-Bute manuscript. Voir A. D. Hedeman, The Royal image… op. cit. (n. 10), p. 259.
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[13]
Castres, BM, fol. 375 ; Paris, BnF, ms. fr. 2 613-14, fol. 407v.
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[14]
Paris, BnF, n.a. fr. 3372 ; BnF ms. fr. 6466-6467, fol. 156.
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[15]
Paris, BnF, ms. fr. 2608. L. Rioust et O. Karaskova, « Les Grandes chroniques de France. Un manuscrit royal du temps de Charles VI », Art de l’enluminure, n° 52, mars-avril 2015, p. 7 ; Londres, BL, Cotton Vitellus E II.
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[16]
Mariée en 1317, elle est mère de Charles II de Navarre (1332-1387). Philippe VI ne porte pas le titre de roi de France et de Navarre. J. Viard, « Le titre de roi de France et de Navarre au xive siècle », BEC, 1900, 61, p. 447-449.
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[17]
J. Sumption, Trial by Battle. The Hundred Years War I, Londres, 1990, p. 103.
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[18]
La discussion entre barons et clercs (1) se fait en présence de la reine Jeanne d’Évreux ou de Blanche de France (2) et figure aussi sur la même image que le couronnement de Philippe VI (1) ou Philippe VI trônant (1). Le couronnement de Philippe VI est encore représenté seul (2) ou avec Jeanne de Bourgogne (2).
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[19]
J. Viard, « La guerre de Flandre (1328) », BEC, 1922, 83, p. 362-382 ; I. Guyot-Bachy, La Flandre et les Flamands au miroir des historiens du royaume (xe-xve siècle), Villeneuve-d’Ascq, 2017, p. 180-195.
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[20]
Amiens, 6 juin 1329. P. Chaplais, « Le duché-pairie de Guyenne : l’hommage et les services féodaux de 1303 à 1337 », Annales du Midi, Année 1958, 70-42, p. 135-180 et J. Sumption, Trial by Battle…, op. cit. (n. 17), p. 109-111, 117-122.
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[21]
L’Écluse, 24 juin 1340 (Paris, BnF, ms. fr. 2813, fol. 368 et Grenoble, B. Hoche, 407, fol. 348) ; prise d’une ville normande par les Anglais et Crécy 26 août 1346 Londres, BL, Cotton Nero E II, fol. 137 et Crécy fol. 152v et aussi Londres B.L. Sloane, 2433 C, fol. 69v.
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[22]
Londres, BL, Royal 20 CVII, Jean duc de Bretagne sur son lit de mort fol. 89v ; exécution d’Olivier III de Clisson 93v ; entrée des Anglais à Lannion 97v ; et siège de La Roche Derrien 104 comme dans le fr. 2813. Londres, BL, Cotton Nero E II, fol. 154v, Charles de Blois combat les Anglais.
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[23]
New York, P. M. L., ms. 536, fol. 299v ; Les Grandes Chroniques de France [GCF par la suite], éd. J. Viard, Paris, SHF, 1937, t. IX, p. 75-76. Il est en fait couronné non par le pape Jean XXII à qui l’oppose un long conflit mais par un représentant du peuple romain Sciarra Colonna, un noble laïc, sénateur de Rome.
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[24]
Grenoble, B. Hoche, ms. 407 Rés., fol. 358v ; Londres, BL, Royal 20 CVII, fol. 88v, GCF t. 9, p. 211.
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[25]
GCF, t. IX, p. 77. Le cycle est court (A. D. Hedeman, The Royal image…, op. cit. (n. 10), p. 43, 145). Philippe d’Évreux, en rouge, a la couronne la plus haute. Un genou à terre, une main sur la cuisse il affirme son autorité, l’autre est tendue vers Philippe VI qui fait de même.
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[26]
Jeanne, trop jeune et isolée, est écartée du trône en 1318 et en 1322. Héritière de la Navarre en février 1328, son époux, par les liens du mariage, est roi de Navarre de jure uxoris. Si le couple est reconnu par les nobles, le statut du mari fait difficulté, ce qui ne l’empêche pas de s’imposer et d’être reconnu roi par le pape Jean XXII. Les époux sont couronnés en 1329. Navarre, vassal de Philippe VI, entre au conseil en 1328. Il est à Cassel et se porte à la rescousse de Cambrai contre Édouard III.
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[27]
GCF, t. IX, p. 236.
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[28]
Guillemet Bertrand et Godefroi d’Harcourt sont semons au Parlement de Paris par lettres du 30 mars 1341, le second ne vient pas et entreprend en 1343 une guerre privée contre les Tancarville. Q. Auvray, « Relire et comprendre Godefroy d’Harcourt, un noble normand au début de la guerre de Cent ans », La guerre en Normandie (xie-xve siècle), éd. A. Curry et V. Gazeau, Caen, 2018, p. 83-96.
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[29]
Il est réalisé pour Louis d’Anjou, dans les années 1380. Le programme iconographique s’attache aux affaires de l’Église : fol. 68v GCF, t. IX, p. 75-76 ; fol. 73v, GCF, t. IX, p. 111-112 ; 74v, GCF, t. IX, p. 117-118 ; 76v, GCF, t. IX, p. 130. Puis illustre l’assassinat d’André de Hongrie, fol. 95v, GCF, t. IX, p. 256 et la sévérité de la justice à l’endroit des faussaires, fol. 75, GCF, t. IX, p. 125-126, 94 et des traitres fol. 93v, 98v, 102 et 102v.
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[30]
GCF, t. IX, p. 148-151 et R. Cazelles, Société politique, noblesse et couronne sous Jean le Bon et Charles V, Genève, Librairie Droz, Mémoires et documents publiés par la société de l’École des Chartes, XXVIII, 1982, p. 41 et n. 22, 23.
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[31]
Ms. Royal 20 CVII, fol. 78v, le lit surmonté d’un dais azur herminé d’or est couvert d’une courtepointe bleue. Le prince coiffé d’un bonnet a les yeux ouverts. Les sourcils froncés et les commissures des lèvres tombantes disent son état. La composition est identique au fol. 68 montrant Charles IV sur son lit de mort. Jean est entouré de médecins qui, par ailleurs, l’accompagnèrent toute sa vie. En 1335 et 1336 son physicien est Gilles de Demenilles (R. Cazelles, Société politique…, op. cit. (n. 30), p. 41, n. 28).
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[32]
Ms. Royal 20 CVII, fol. 92v : il est sans doute aux côtés de son père quand les barons normands se présentent.
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[33]
GCF, t. IX, p. 248-249.
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[34]
Ce coffret précieux pourrait contenir des lettres de Philippe VI le chargeant de traiter de la paix et un sceau.
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[35]
Eudes IV de Bourgogne, tourné vers lui, se détache du groupe en arrière-plan.
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[36]
GCF, t. IX, p. 280.
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[37]
La ville représentée par une enceinte hexagonale à six tours occupe la moitié de l’image.
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[38]
Il lui est fait le reproche d’avoir trop longtemps immobilisé l’armée royale dans le sud-ouest devant Aiguillon, dont il entame le siège en mars-avril 1346. En août il l’abandonne pour remonter vers le nord, il est en Limousin lors de la défaite de Crécy le 26 août. Il tombe en disgrâce avec le duc Eudes de Bourgogne. Après la chute de Calais le 3 août 1347 il revient en grâce par étapes, participe au gouvernement et place ses alliés au conseil, à la chambre des comptes, aux postes clés de l’administration.
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[39]
31 manuscrits ne comportent qu’une image, six en ont de 4 à 8 soit 36 miniatures et deux 113, à savoir les GCF de Charles V, BnF, ms. fr. 2813 (21) et le Londres, BL, Royal 20 CVII (92).
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[40]
Il l’a épousée le 9 février 1350. Il était veuf de Bonne de Luxembourg, fille du roi de Bohême Jean l’Aveugle, sœur de l’empereur Charles IV depuis le 11 septembre 1349. Veuve de Philippe de Bourgogne, Jeanne a assuré la régence pour son jeune fils Philippe de Rouvres.
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[41]
Une joute se déroule en arrière-plan. Londres Guildhall, ms. 244, fol. 410v.
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[42]
BnF, ms. fr. 2608, fol. 449v. L. Rioust et O. Karaskova, Les Grandes chroniques de France…, op. cit. (n. 15), p. 14, le manuscrit, daté des années 1390, a été réalisé pour Richard II ou un membre de son entourage, par un maître bohémien.
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[43]
Charles V est dans la même position, avec Jeanne de Bourbon fol. 495v.
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[44]
Y compris avec Philippe V, tête baissée et sans sceptre, car il a évincé Jeanne la fille de Louis X. Le manuscrit est pro-anglais. Le caractère abusif du coup de force est ainsi dénoncé. L. Rioust et O. Karaskova, Les Grandes chroniques de France…, op. cit. (n. 15), p. 12.
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[45]
A. D. Hedeman, The Royal image, op. cit. (n. 10), p. 153 et 169.
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[46]
Adoubements : BnF, ms. fr. 2813, fol. 394, avec la création de l’ordre de l’étoile ; Paris, Mazarine 2028, fol. 389v ; New York, PML, ms. 536, fol. 326v ; Paris, BnF, fr. 73, fol. 386 ; Bruxelles, KBR, ms. 2 fol. 405v. Jean II assiste à la veillée de prière des futurs chevaliers. Des exemplaires, sans montrer le roi, s’inscrivent dans ce contexte avec joute, duel et défi : Berlin, Deutsche Staatsbibliothek, Phill. 1917, fol. 441v ; Londres, BL, Royal 20 CVII, fol. 108 et 111.
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[47]
La vaine tentative du cardinal de Périgord et d’un autre cardinal de négocier la paix, juste avant la bataille de Poitiers et pour l’éviter, est illustrée dans le Bruxelles, KBR, ms. 2, fol. 410v, ca.1400-1410.
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[48]
Cazelles, Société politique…, op. cit. (n. 30), p. 60.
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[49]
Prague, Bn, kynzvarte Ms. 23 A 12, vol. 2, fol. 201.
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[50]
Bruxelles, KBR, ms. 1, fol. 365v.
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[51]
Chronique des règnes de Jean II et de Charles V, éd. R. Delachenal, Paris, 1910, t. 1, p. 28-30. F. Autrand, Charles V, Paris, 1994, p. 16, 55-56, 82-83.
-
[52]
Gautier VI de Brienne est le dernier représentant de la branche aînée. Raoul II de Brienne appartient à la branche puînée d’Eu. La branche puînée des Conflans est composée de Jean II et d’Eustache III et d’Hugues VI pour la branche cadette des Conflans. À la demande du roi assistent à la décollation : Pierre de Bourbon, Jean Ier d’Armagnac, Charles de La Cerda, Jean de Boulogne, Guillaume Flote et plusieurs autres chevaliers. Le corps est enterré aux Augustins de Paris pour l’honneur des amis du connétable.
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[53]
Chronique des règnes de Jean II et de Charles V, t. I, p. 30, n. 1. Froissart ne suit pas Jean le Bel sur ce point.
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[54]
Elle est nourrie en Haute Normandie, par la nombreuse clientèle du connétable, puis par le parti navarrais.
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[55]
Sur ce sujet, voir G. Lecuppre, « Images de la compétition royale à la fin du Moyen Âge », Images, pouvoirs et normes. Exégèse visuelle de la fin du Moyen Âge (xiiie-xve siècle), éd. F. Collard, F. Lachaud et L. Scordia, Paris, 2017, p. 137-139.
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[56]
Londres, BL, ms. 20 Royal CVII : 266 images pour 216 folios.
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[57]
Son père Alphonse de la Cerda est cousin issu de germain de Philippe VI. Chronique des règnes de Jean II et de Charles V…, op. cit. (n. 53), t. I, p. 30-31 et 33, n. 2. Il reçoit le comté d’Angoulême aux dépens de Charles de Navarre écarté du conseil et cherche à démanteler son réseau.
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[58]
Ibid., t. I, 37-38, le 8 janvier 1354. L’aîné endosse la responsabilité du crime.
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[59]
Charles II de Navarre négocie avec Édouard III et se dit prêt à lui céder la couronne de France et à conclure un pacte de partage du royaume en 1354. Louis d’Anjou entretient à son égard une inimitié durable.
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[60]
Une couronne à quatre lys caractérise Jean II contre trois pour Navarre. Les manteaux héraldiques opposent également un azur semé de lys d’or et doublé de fourrure pour le roi, qui porte une tunique pourpre, à de l’or semé de croisettes de gueules sur chemise grise pour Navarre.
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[61]
Dans les deux camps est mis en valeur un personnage en bleu avec collier d’or, pour souligner l’importance de sa fonction un personnage considérable, non identifié par le texte.
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[62]
Ce n’est pas le cardinal de Boulogne, ni le connétable Jacques Ier de Bourbon, Chronique des règnes de Jean II et de Charles V…, op. cit. (n. 53), t. I, p. 44, mais sans doute, l’autre négociateur du traité de Mantes (22 février 1354) Robert de Lorris, chambellan de Jean II.
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[63]
Londres, B.L., Royal 20 CVII, fol. 110 A, Chronique des règnes de Jean II et de Charles V…, op. cit. (n. 53), t. I, p. 47 et 110 B, Ibid., t. 1, p. 49.
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[64]
Ibid., t. 1, p. 46.
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[65]
Ibid., t. 1, p. 38, leur réconciliation intervient parce qu’ils ont révélé au roi le rôle de Robert de Lorris, informé du projet contre Charles d’Espagne. Sur ces luttes entre familles normandes, on consultera F. Neveux, La Normandie pendant la guerre de Cent Ans (xive-xve siècle), Rennes, 2008, p. 46, 49, 56, 61 et Id., La Normandie royale, Rennes, 2005. p. 497.
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[66]
Chronique des règnes de Jean II et de Charles V, op. cit. (n. 53), t. I, p. 45.
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[67]
Le dauphin n’a pas alors d’héritier mâle, mais il a trois frères et un oncle Philippe d’Orléans (1336-1375). Par les conseils de Robert Le Coq, un fervent Navarrais, le Dauphin est convaincu que le roi son père cherche à l’éloigner du pouvoir ; il est sur le point de rencontrer son oncle l’empereur Charles IV pour en obtenir soutien et protection. Mis au courant, Jean II le Bon, intervient et confie la Normandie à son fils pour le rassurer sur ses sentiments.
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[68]
Chronique des règnes de Jean II et de Charles V…, op. cit. (n. 53), t. I, p. 50 et F. Neveux, La Normandie…, op. cit. (n. 65), 2008, p. 55-57. À cette date, le fouage rentre mal. Les sommes servent moins à recruter des hommes d’armes qu’à verser des pensions aux nobles normands dont Jean et Louis d’Harcourt. Une rébellion est ainsi évitée.
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[69]
Le maréchal d’Audrehem propose une bataille corps à corps ou povoir contre povoir au roi, qui la refuse.
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[70]
Nobles, clergé et bonnes villes acceptent les aides après avoir obtenu d’en délibérer en décembre 1355.
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[71]
Chronique des règnes de Jean II et de Charles V…, op. cit. (n. 53), t. 1, p. 55-61.
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[72]
L’empereur Charles IV, sous influence anglaise, inquiet de la progression française avait émancipé Philippe de Rouvre suscitant une forte tension avec Jean II. Charles, craignant de perdre le Dauphiné et monté contre son père par Robert le Coq, se rapproche de Navarre, obtient son aide pour se rendre auprès de l’empereur et lui prêter hommage. Le départ sans autorisation du roi est une rébellion. Il y renonce au dernier moment quand Robert de Lorris chambellan de Jean II dévoile le projet au roi, qui offre à son fils la Normandie (voir la note 67).
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[73]
Fol. 112, la révolte des Arrageois qui refusent les aides le 5 mars 1356 est présentée comme une rébellion des menus contre les gros, Chronique des règnes de Jean II et de Charles V…, op. cit. (n. 53), t. I, p. 62. Fol. 113, les meneurs sont arrêtés.
-
[74]
Trois ont participé à l’assassinat de Charles d’Espagne, l’exécution est moins une manifestation de la colère durable du roi que la volonté de lutter contre la conspiration.
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[75]
Le bourreau est déprécié par sa tunique grise à l’ourlet denté, sa ceinture noire et ses cheveux frisés.
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[76]
Dont le Londres, B.L., Sloane, ms. 2433, fol. 82, réalisé par un artiste néerlandais à Paris, c. 1410-1420.
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[77]
Navarre figuré aurait été couronné.
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[78]
Chronique des règnes de Jean II et de Charles V…, op. cit. (n. 53), t. I, p. 67 et F. Neveux, La Normandie…, op. cit. (n. 65), p. 65-66. Le BL Sloane, ms. 2433, fol. 82, montre aussi le siège.
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[79]
Chronique des règnes de Jean II et de Charles V…, op. cit. (n. 53), t. I, p. 331. Le texte indique qu’au-dessus du roi est portée une paile d’or à IIII lances. BnF, fr. 2813 fol. 436v. Le vert du dais et le gris pommelé du cheval sont ambigus. Le vert clair et vif apprécié à l’époque de la chevalerie et de la courtoisie est associé à la fin du Moyen Âge à ce qui est changeant, la fortune, le hasard, le destin (M. Pastoureau, Les couleurs au Moyen Âge. Dictionnaire encyclopédique, Paris, 2022, p. 291).
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[80]
Le régent et son équipe qui ont conduit depuis quatre ans le gouvernement n’entendent pas y renoncer d’autant qu’ils ne sont pas sur la même ligne politique. Sur le sujet, voir G. Lecuppre, E. Santinelli-Foltz, « Vieillesse et pouvoir dans l’Occident médiéval : au cœur d’une réflexion pluridisciplinaire d’actualité », Médiévales, n° 82, 2022, p. 7-30, en particulier p. 13, 18-19, 24.
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[81]
L’âge des protagonistes plaide en ce sens. Né le 29 avril 1319, Jean II a 41 ans. Au moment de l’achèvement du manuscrit Charles V (né le 21 janvier 1338) a sensiblement le même âge et sa santé est altérée, il décède plus jeune que son père le 16 septembre 1380. Les concessions sont entérinées par le traité de Paix de Brétigny du 8 mai 1360.
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[82]
Pour la signature du traité de Brétigny, six cavaliers sont envoyés par Édouard III et le prince de Galles.
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[83]
G. Lecuppre, E. Santinelli-Foltz, Vieillesse et pouvoir…, op. cit. (n. 80), p. 27.
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[84]
La circonstance explique sans doute ce choix : avec les événements récents, le jugement porté sur le roi a changé. Chronique des règnes de Jean II et de Charles V…, op. cit. (n. 53), t. I, p. 342-344. Le roi est décédé le 8 avril 1364, à 44 ans.
Le discours visuel des Grandes Chroniques de France, histoire des lignées successives des rois de France, rend compte des changements dynastiques comme l’accession de Philippe de Valois et de leurs enjeux. Des trente-deux ans de règne du fondateur, les représentations retiennent surtout l’avènement, les guerres de Flandre et celles d’Angleterre. Le regnaturus Jean de Normandie, futur Jean II, apparaît peu et sous un jour positif, non sans mal. Son couronnement consacre l’arrivée réussie d’une seconde génération qui fait la dynastie et incarne l’espoir d’une consolidation lignagère. Pour un règne plutôt court et réduit par le désastre de Poitiers, le nombre d’images fait plus que doubler. L’accumulation des périls, des infortunes et des erreurs y trouve une place très inégale. Elle domine dans les exemplaires exceptionnels de deux de ses quatre fils, Charles V et Louis d’Anjou, en prenant des tonalités différentes. Ce bilan, à l’intention de Charles VI, est nécessaire pour légitimer leur projet politique et leur action au gouvernement. La dynastie établie se prépare à durer.
Mots-clés
- Grandes Chroniques de France
- images
- construction dynastique
- Jean II
Mots-clés éditeurs : construction dynastique, Grandes Chroniques de France, images, Jean II
The second generation of the Valois dynasty in the Grandes Chroniques de France : the example of John II the Good.
The visual discourse of the Grandes Chroniques de France, a history of the successive lines of the kings of France, gives an account of dynastic changes, including the accession of Philip of Valois and its challenges. For the thirty-two years of Philip’s reign as the first Valois king, the representations focus on his accession and his wars in Flanders and with England. The regnaturus John, duke of Normandy, the future John II, appears infrequently but always in a positive light. His coronation put the seal on the successful establishment of a second generation which cemented the Valois dynasty and embodied the hope of the consolidation of the lineage into the future. John had a fairly short reign, affected too by the disaster of the battle of Poitiers, yet the number of images in the Grandes Chroniques were twice as many as for Philip. The accumulation of dangers, misfortunes and errors occupies an unequal place in terms of images. Such themes dominate the special copies linked to two of John’s four sons, Charles V and Louis of Anjou, but with different emphases. This balance, to the favour of Charles V, was necessary to legitimize their own political project and their actions in government. The dynasty was now established and poised to last into the future.
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