La guerre froide sur le littoral du Pas-de-Calais : l'interdiction des représentations de « Drame à Toulon » à Calais en décembre 1951
- Par Philippe Roger
Pages 187 à 197
Citer cet article
- ROGER, Philippe,
- Roger, Philippe.
- Roger, P.
https://doi.org/10.3917/rdn.394.0185
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- Roger, P.
- Roger, Philippe.
- ROGER, Philippe,
https://doi.org/10.3917/rdn.394.0185
Notes
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Philippe Roger, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 67, rue Victor-Hugo, 62300 Lens.
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[1]
Au sujet de Georges Phalempin, voir P. Roger, « Un préfet de guerre froide, Georges Phalempin et la fédération communiste du Pas-de-Calais de 1947 à 1956 », Histoire et Archéologie du Pas-de-Calais, t. XXIV, 2006, p. 117-150.
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[2]
Il s’agit de Jean Febvay, élu maire de Boulogne-sur-Mer en 1947.
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[3]
C’est Gaston Berthe, élu maire de Calais en 1947 et décédé en 1952.
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[4]
Marcel Merlin est maire de Saint-Omer de 1947 à 1953.
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[5]
Le ministre de l’Intérieur est alors Charles Brune.
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[6]
Cette usine est fondée à Calais en 1898 par les frères Brampton, des industriels britanniques qui cherchent à éviter les droits de douane. Si les constructions mécaniques sont la spécialité de cet établissement, il a pu à l’occasion fabriquer également du matériel militaire. L’usine subit pendant le second conflit mondial un sabotage qui entraîne de lourdes représailles. En 2006, elle a été rebaptisée Schaeffler Chain Drive System.
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[7]
Renseignements généraux.
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[8]
Jean Bardol est né en 1923. Instituteur, résistant, il est secrétaire fédéral à partir de 1950. Élu conseiller général du canton de Samer en 1951.
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[9]
André Mancey est né en 1913. Mineur, militant communiste à partir des années 1930, il est mobilisé en 1939-1940 puis participe à la Résistance. Il dirige la section communiste de Calonne-Ricouart à partir de la Libération. Il est élu maire de Calonne-Ricouart en 1947, conseiller général du canton d’Houdain et député du Pas-de-Calais en 1951.
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[10]
Le 23 février 1950, Raymonde Diem, jeune militante communiste d’Indre-et-Loire, se couche sur les rails en gare de Saint-Pierre-des-Corps devant un train chargé de matériel militaire. Elle est condamnée à un an de prison ferme.
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[11]
L’usine Cail de Denain, créée au milieu des années 1840, a fonctionné jusqu’au milieu des années 1980. Spécialisée dans les constructions mécaniques et bénéficiant de la proximité d’aciéries très importantes, elle emploie 3 000 salariés à la fin des années 1940.
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[12]
C’est ainsi que, par exemple, dans le Pas-de-Calais, lors d’une délibération datée du 7 août 1951, le conseil municipal de Pont-à-Vendin « réclame la libération de Henri Martin, condamné par un tribunal criminel pour avoir distribué des tracts réclamant la fin de la guerre au Viet-Nam. La fin de cette guerre injuste étant l’inspiration du Peuple de France et l’intérêt même de la Nation ». AD Pas-de-Calais, 1W7139.
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[13]
L’agit-prop est la diffusion des idées marxistes-léninistes et l’explication de la ligne communiste. Le théâtre d’agit-prop peut prendre la forme de petites saynètes consacrées à des thèmes d’actualité, accompagnées de slogans faciles à comprendre. Il n’est pas, au moment des représentations de « Drame à Toulon », une nouveauté. Dans les années 1930, la Fédération du théâtre ouvrier de France (FTOF) se considérait déjà comme une troupe au service de la révolution.
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[14]
Au sujet de « Ridgway la Peste », voir P. Roger, Rêves et cauchemars américains, les États-Unis au miroir de l’opinion publique française (1945-1953), Villeneuve-d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 1996, p. 253-256. On peut noter que la campagne contre Ridgway a des prolongements sur le littoral du Pas-de-Calais, en particulier des manifestations qui sont interdites à Calais et à Boulogne-sur-Mer. Les rapports des Renseignements généraux consacrés à ces événements sont également conservés sous la cote 1W5355.
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[15]
La troupe « les Pavés de Paris » est liée à l’Union de la Jeunesse Républicaine de France qui est l’organisation de jeunesse du parti communiste de 1945 à 1956. L’UJRF se mobilise naturellement en faveur d’Henri Martin. La lutte contre la guerre d’Indochine constitue en fait, au début des années 1950, une de ses principales activités. Cf. G. Quashie-Vauclin, L’Union de la Jeunesse Républicaine de France 1945-1946. Entre organisation de masse de jeunesse et mouvement d’avant-garde communiste, Paris, L’Harmattan, 2009, p. 156-159.
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[16]
P. Roger, « Les enjeux départementaux des questions de politique nationale et internationale, l’exemple des débats du conseil général du Pas-de-Calais », article disponible sur le site Halshs, archives ouvertes, du CNRS.
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[17]
À la fin de l’année 1949, le parti communiste a procédé à un redécoupage des fédérations de la France septentrionale et les arrondissements de Dunkerque, Boulogne-sur-Mer, Saint-Omer et Montreuil-sur-Mer sont alors regroupés pour constituer la fédération Nord-Maritime (ou fédération du Nord maritime). Cette fédération est dissoute en 1956.
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[18]
Renseignements généraux du Pas-de-Calais, le 11 janvier 1952, rapport n° 98/7N, objet : appel de la fédération du Nord-Maritime du Pas-de-Calais en faveur des représentations de « Drame à Toulon », AD Pas-de-Calais, 1W5355.
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[19]
Exposé sommaire de la situation dans le département du Pas-de-Calais au cours du mois de décembre 1951, 5 janvier 1952, AD Pas-de-Calais, 1W8147.
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[20]
Rapport mensuel du sous-préfet de l’arrondissement de Béthune à Monsieur le préfet du Pas-de-Calais, le 1er septembre 1952, AD Pas-de-Calais, 1W818.
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[21]
Renseignements généraux de Béthune, le 3 août 1953, rapport n° 2373/5, objet : libération d’Henri Martin, AD Pas-de-Calais, 1W10523.
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[22]
Exposé sommaire de la situation dans le département du Pas-de-Calais au cours du mois d’octobre 1953, 5 novembre 1953, AD Pas-de-Calais, 1W8147.
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[23]
Renseignements généraux de Boulogne-sur-Mer, poste de Montreuil-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer, le 9 novembre 1953, rapport n° 1187, objet : opinion publique en regard des événements d’Indochine, AD Pas-de-Calais, 1W1638.
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[24]
Sur les répercussions de la chute de Diên Biên Phu dans le département, on peut consulter P. Roger, « Une conséquence de l’affaire Lecœur dans le Pas-de-Calais : la curieuse élection partielle de mai 1954 », Histoire et Archéologie du Pas-de-Calais, t. XXVI, année 2008, p. 95-111.
Résumé
Les archives du Pas-de-Calais conservent un ensemble de documents relatifs à l’interdiction des représentations de « Drame à Toulon » dans ce département à la fin de l’année 1951. Y figurent en particulier des photographies (dont l’original a été alors détruit par la police) d’acteurs interprétant dans les rues de Calais l’une des scènes de cette pièce interdite. Ces documents sont révélateurs du climat de guerre froide qui règne au début des années 1950. Le parti communiste s’efforce de susciter un vaste mouvement de sympathie autour d’Henri Martin et utilise pour cela des moyens très variés. L’affrontement entre le préfet et les communistes tourne alors plutôt, sur le littoral comme à l’intérieur du département, en faveur du premier fonctionnaire du département. Ce revers communiste n’empêche cependant pas la population du Pas-de-Calais, consciente du coût humain de la guerre, d’être de plus en plus hostile au conflit indochinois.
Mots-clés
- guerre froide
- guerre d’Indochine
- parti communiste
- Pas-de-Calais
- préfet
Mots-clés éditeurs : guerre d'Indochine, guerre froide, parti communiste, Pas-de-Calais, préfet
The Cold War in the Pas-de-Calais’s Coastal Region : Banned Performances of the ‘Drama in Toulon’ in Calais in December 1951
The Cold War in the Pas-de-Calais’s Coastal Region : Banned Performances of the ‘Drama in Toulon’ in Calais in December 1951
The Pas-de-Calais archives keep a series of documents relative to the banning of the performances of the ‘Drama in Toulon’ in this department at the end of 1951. They include in particular some photographs (whose originals were then destroyed by the police) of actors performing in the streets of Calais one of the scenes of the banned play. These documents are very suggestive of the climate of cold war that prevails in the early 1950s. The Communist Party seeks to raise a wide-ranging movement of sympathy around Henri Martin and resorts for this purpose to highly diverse means. At the time the confrontation between the Préfet and the Communists turns rather in favor of the department’s highest-ranking official. This communist setback does not, however, stop the population of the Pas-de-Calais, aware of the human cost of the war, from being more and more opposed to the conflict in Indochina.
De koude oorlog aan de kust van Pas-de-Calais : Het opvoeringverbod van « Drame à Toulon » in Calais, december 1951
De koude oorlog aan de kust van Pas-de-Calais : Het opvoeringverbod van « Drame à Toulon » in Calais, december 1951
In het archief van Pas-de-Calais bewaart men een aantal documenten over het opvoeringsverbod van « Drame à Toulon » in het departement, einde 1951. Men vindt er foto’s (waarvan het origineel door de politie vernietigd werd) van acteurs die een tafereel uit dit verboden stuk in de straten van Calais opvoerden. Deze documenten reveleren de sfeer van de koude oorlog in het begin van de jaren 1950. De communistische partij poogde een brede beweging van sympathie voor Henri Martin tot stand te brengen en gebruikte daar allerlei methodes voor. De botsing tussen de prefect en de communisten draait, zowel aan de kust als in het binnenland, uit in het voordeel van de eerste. Deze communistische tegenslag belet de bevolking die bewust is van de menselijke tol van de oorlog, niet zich steeds vijandiger op te stellen in verband met het conflict in Indochina.