P. MENGAL, F. VIDAL, S. NICOLAS, A. MARCHAL, F. ISEL et T. RIBOT, Les origines de la psychologie européenne (XVIe-XIXe siècles), Revue d’histoire des sciences humaines 2, Presses Universitaires du Septentrion, 2000, 196 p.
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Citer cet article
- HASQUENOPH, Sophie,
- Hasquenoph, Sophie.
- Hasquenoph, S.
https://doi.org/10.3917/rdn.342.0865k
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1 À l’heure où le recours à la psychologie en ses différentes formes est devenu un lieu commun de notre société, le dossier de la Revue d’histoire des sciences humaines (édition Septentrion), consacré aux origines de la psychologie européenne (XVIe-XIXe siècles) est tout à fait le bienvenu. En quelque deux cents pages, il présente une étude dense et approfondie des origines historiques de cette discipline, de son évolution depuis l’époque de la Réforme protestante mais aussi des divergences de perception et d’approche selon les écoles de pensée, les individus et les espaces géographiques européens.
2 Un des points les plus intéressants est sans nul doute la place première de l’Allemagne dans cet historique. Car la psychologie a pour berceau et terrain de développement les pays réformés de la fin du XVIe siècle, en l’occurrence l’Allemagne et les Pays-Bas. Définie comme une science de l’âme, elle est associée à l’anatomie pour former l’anthropologie, étude de l’homme en son corps et en son âme. Cette vision du dualisme de l’homme, imprégnée de référence paulinienne, trouve au XVIe siècle tout son sens et son acuité, lorsque l’émergence des protestantismes européens remet en question les rapports entre l’Église et l’État. Ainsi comme l’écrit brillamment P. Mengal, « la psychologie est fille de l’humanisme renaissant et de la Réforme ». Née aux temps modernes, elle ne cesse depuis lors de provoquer débats et passions pour peu à peu trouver sa place, tant dans la société que dans le cercle universitaire et savant. L’Allemagne éclairée du XVIIIe siècle, avec le luthérien C. Wolf († 1754), le philosophe Kant, le psychologue F.A. Camus et d’autres encore, favorise cette « reconnaissance professionnelle » d’une discipline académique et bientôt autonome. Les recherches physiologiques du XIXe siècle, en particulier sur le cerveau humain, donnent un nouvel élan au développement de la psychologie en Allemagne mais aussi en France, autour du scientifique Th. Ribot († 1916). La lecture de ce dossier sur les origines de la psychologie est donc des plus stimulantes car si le rôle de l’Allemagne focalise notre attention, l’Angleterre et la France ne sont aucunement négligées dans cette étude éclairante.
3 Sophie Hasquenoph