Compte rendu

• Salmon Christian, Storytelling. La Machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, La Découverte, Paris, 2007,18 €.

Pages 575d à 599d

Citer cet article


(2008). • Salmon Christian, Storytelling. La Machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, La Découverte, Paris, 2007,18 €. Revue du MAUSS, 32(2), 575d-599d. https://doi.org/10.3917/rdm.032.0575d.

« • Salmon Christian, Storytelling. La Machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, La Découverte, Paris, 2007,18 €. ». Revue du MAUSS, 2008/2 n° 32, 2008. p.575d-599d. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-du-mauss-2008-2-page-575d?lang=fr.

2008. • Salmon Christian, Storytelling. La Machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, La Découverte, Paris, 2007,18 €. Revue du MAUSS, 2008/2 n° 32, p.575d-599d. DOI : 10.3917/rdm.032.0575d. URL : https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2008-2-page-575d?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rdm.032.0575d


Description de l'image par IA : Couverture de livre avec titre et auteur en texte noir sur fond blanc.

1 On se rappelle qu’une des caractéristiques majeures des régimes totalitaires était, selon H. Arendt, leur propension à créer un univers de fiction. Ils partagent encore ce trait avec le capitalisme néo-libéral. On ne méditera jamais assez cette déclaration d’un conseiller de George W.

2 Bush (probablement Karl Rove) à la journaliste Karen Hughes (parfait pendant à la célèbre déclaration de Patrick Le Lay sur le temps de cerveau disponible) : « Vous appartenez à la communauté-réalité (the reality-based community) […] vous croyez que les solutions émergent de votre judicieuse analyse de la réalité observée […]. Ce n’est plus de cette manière que le monde marche réellement. Nous sommes un empire maintenant, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité […] nous créons d’autres réalités nouvelles, que vous pouvez étudier également […]. Nous sommes les acteurs de l’histoire […]. Et vous, vous tous, il ne vous reste qu’à étudier ce que nous faisons » (cité p. 171-172). Ch. Salmon montre admirablement comment l’outil premier qui sert à créer cette nouvelle réalité, c’est l’art de raconter des histoires, que ce soit dans le domaine du marketing, bien sûr, mis aussi en matière de gestion des organisations ou d’organisation des campagnes politiques. Si on se rappelle les campagnes croisées de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, on comprendra vite que le ressort principal de ces récits est l’émotion. Ainsi voit-on se former un capitalisme narratif compassionnel, parfait doublon du capitalisme des Chicago Boys, sans (états d’)âme et sans cœur. Livre passionnant, très clair et informé. On aimerait juste un peu plus d’exemples concrets des récits effectivement mis en œuvre dans les différents champs, et notamment au sein des entreprises, de plus en plus vues comme des nœuds de récits conflictuels entrecroisés (plus que comme les nœuds des contrats chers au néo-institutionnalisme).


Date de mise en ligne : 20/11/2008

https://doi.org/10.3917/rdm.032.0575d