Compte rendu

Bernard LAHIRE, La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi, La Découverte, 2004, 778 p., 29 €.

Pages 451zo à 473zo

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(2004). Bernard LAHIRE, La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi, La Découverte, 2004, 778 p., 29 €. Revue du MAUSS, no 24(2), 451zo-473zo. https://doi.org/10.3917/rdm.024.0451zo.

« Bernard LAHIRE, La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi, La Découverte, 2004, 778 p., 29 €. ». Revue du MAUSS, 2004/2 no 24, 2004. p.451zo-473zo. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-du-mauss-2004-2-page-451zo?lang=fr.

2004. Bernard LAHIRE, La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi, La Découverte, 2004, 778 p., 29 €. Revue du MAUSS, 2004/2 no 24, p.451zo-473zo. DOI : 10.3917/rdm.024.0451zo. URL : https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2004-2-page-451zo?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rdm.024.0451zo


1  – Ne peut-on aimer à la fois les Variations Goldberg de Bach et la pétanque, le Lagavulin et le pastis ? ou bien – comme Sartre – Wittgenstein et Zevaco (le second plus que le premier, ce qui est bien compréhensible)? Eh bien, si. Et seul le préjugé d’unité et d’homogénéité de nos goûts, censément hiérarchisables selon une échelle unique de la légitimité, nous empêche le plus souvent de le croire a priori. Bernard Lahire poursuit ici son travail de déconstruction-dépassement du concept d’habitus(amorcé par ses livres précédents, L’homme pluriel ou Portraits sociologiques). Sans renier les acquis de la critique des inégalités culturelles, il s’agit désormais, dans le cadre d’une sociologie de l’individu, au-delà et dans le sillage d’une théorie de la consommation ostentatoire ou de la distinction, d’élaborer « une théorie des variations inter-individuelles et intra-individuelles [qui] [… ] analyse le jeu et les effets de la distinction culturelle à l’échelle des écarts inter-individuels et des écarts de soi à soi, au lieu de cantonner l’analyse à l’échelle des rapports entre groupes ou classes de la société » (p. 739). Projet parfaitement légitime et pertinent, abondamment illustré ici (un peu trop; ne faudrait-il pas faire plus court ?). Mais au-delà de la mise en évidence de la systématicité des « dissonances culturelles », sauf aux deux extrêmes de l’échelle de la légitimité, est-il vraiment possible de poursuivre un tel programme sans élaborer du même mouvement une psychologie ou une anthropologie générale (scientifique ou philosophique)? Et ce volet de la discussion est encore très embryonnaire. Quel rapport, par exemple, entre le désir de se distinguer et le désir de reconnaissance (thème du dernier numéro du MAUSS, le n° 23, De la reconnaissance. Don, identité et estime de soi)?


Date de mise en ligne : 01/10/2005

https://doi.org/10.3917/rdm.024.0451zo