• Joëlle ZACKS, Art et Démocratie. Peuples de l’art, 2003, PUF, coll. Intervention philosophique; John DEWEY, Le Public et ses problèmes, 2003, Farrago (eds), et De la reconstruction en philosophie, 2003, Farrago (eds)–
Pages 427b à 445b
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/rdm.022.0428b
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1 Et s’il n’y avait pas de meilleurs citoyens que les artistes ? Et s’il n’y avait pas d’activité plus emblématique d’une conduite démocratique que les pratiques artistiques ?
2 À travers ces deux questions s’énonce le projet de cet ouvrage original et stimulant.
3 Proposer un éclairage réciproque entre les pratiques artistiques et les valeurs constitutives de ce que l’auteure nomme l’« intuition démocratique » : la reconnaissance publique, l’éducation à la liberté, la reconnaissance de la pluralité, l’engagement personnel. Cela ne signifie pas, bien sûr, que les œuvres d’art seraient par nature politiques au sens où elles auraient vocation à véhiculer des slogans politiques ou à participer à la régulation de la société. De même, l’auteure prend bien soin d’écarter la fiction douteuse de l’« artiste roi », sur le modèle du philosophe roi. Comme la démocratie protège et assure au bénéfice de tous le développement de l’individualité de chacun, la valeur politique et démocratique de l’art est pour l’auteure bien davantage à rechercher dans la capacité des œuvres à placer le public (mais aussi les artistes eux-mêmes) dans une situation qui permet de percevoir en quoi la réalité sociale peut constituer un obstacle au processus d’individuation, bref d’humanisation. Dans la mesure où cet ouvrage prolonge ses travaux sur le pragmatisme et plus particulièrement sur l’œuvre de Dewey, signalons la publication – il n’est jamais trop tard – de deux textes majeurs de Dewey. Le Public et ses problèmes, richement introduit et traduit par JoëlleZacks, ne constitue pas seulement l’œuvre maîtresse de la théorie politique pragmatiste. C’est tout bonnement un classique insolite – d’où l’intérêt que lui porte aujourd’hui notamment BrunoLatour – de la pensée politique du XXe siècle. Le second ouvrage, De la reconstruction en philosophie, permettra quant à lui au lecteur de se familiariser avec l’ensemble de la philosophie de Dewey, qu’il présente – ce qui n’est pas si fréquent – avec un souci résolument didactique.