PAPILLOUD Christian, Le Don de relation, Georg Simmel – Marcel Mauss, L’Harmattan, coll. Logiques sociales, 2002,192 p., 17 €.
Pages 335t à 357t
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/rdm.020.0335t
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https://doi.org/10.3917/rdm.020.0335t
1 On a défendu dans cette revue l’idée d’une grande proximité épistémologique de Mauss et de Simmel. Elle ne va pas de soi a priori. Dans l’article qu’il publie dans le présent numéro, C. Papilloud montre bien le côté partiellement artificiel et en définitive inabouti des relations entre Durkheim et Simmel. Le neveu de Durkheim, Mauss, ne fera guère allusion à Simmel. Mais pas beaucoup plus à Tarde, avec qui il a en définitive, une fois l’oncle disparu, aussi pas mal de points communs. Somme toute, en matière d’histoire des idées, il semble plus sage de s’occuper de ce que les auteurs pensent et disent effectivement plutôt que de ce qu’ils prétendent dire et penser. Les déclarations officielles d’affinité ou d’hostilité théoriques sont trop commandées par les considérations tactiques du moment pour pouvoir être prises au sérieux. Sur les proximités de Mauss et Simmel, quant au fond, C. Papilloud, un des meilleurs connaisseurs français de Simmel, apporte des éléments importants, même si pour notre part, nous restons sceptiques sur certains choix. Par exemple, le concept maussien qui fait pendant au concept de Wechselwirkung (efficace réciproque, généralement traduit par « interaction ») n’est pas directement celui de don, mais bien plutôt celui de symbolisme ou encore celui de fait social total. Nous publierons prochainement un autre article de C. Papilloud qui montre toute la richesse et la portée de ce concept de Wechselwirkung.