Compte rendu

La Communication scientifique et le numérique / Guylaine Beaudry . Paris : Hermès : Lavoisier, 2011. – 327 p. – (Traitement de l’information, ISSN 1961-1498). – ISBN 978-2-7462-3133-7 : 79 €

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  • Schöpfel, J.
(2012). La Communication scientifique et le numérique / Guylaine Beaudry . Paris : Hermès : Lavoisier, 2011. – 327 p. – (Traitement de l’information, ISSN 1961-1498). – ISBN 978-2-7462-3133-7 : 79 € Documentaliste-Sciences de l'Information, . 49(2), II-II. https://doi.org/10.3917/docsi.492.0072b.

  • Schöpfel, Joachim.
« La Communication scientifique et le numérique / Guylaine Beaudry . Paris : Hermès : Lavoisier, 2011. – 327 p. – (Traitement de l’information, ISSN 1961-1498). – ISBN 978-2-7462-3133-7 : 79 € ». Documentaliste-Sciences de l'Information, 2012/2 Vol. 49, 2012. p.II-II. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2012-2-page-II?lang=fr.

  • SCHÖPFEL, Joachim,
2012. La Communication scientifique et le numérique / Guylaine Beaudry . Paris : Hermès : Lavoisier, 2011. – 327 p. – (Traitement de l’information, ISSN 1961-1498). – ISBN 978-2-7462-3133-7 : 79 € Documentaliste-Sciences de l'Information, 2012/2 Vol. 49, p.II-II. DOI : 10.3917/docsi.492.0072b. URL : https://shs.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2012-2-page-II?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/docsi.492.0072b


1 Cet ouvrage original et intéressant est le fruit de la thèse de doctorat de Guylaine Beaudry, intitulée « La communication scientifique et la révolution numérique (1969-2009) : analyse d’une période de mutation dans une perspective historique ». Ce titre décrit bien l’approche et la particularité de ce travail. Il s’agit d’une analyse historique comparative de l’acte de publication du système de communication scientifique. Cette perspective historique couvre une période longue, depuis l’apparition des universités au XIIIe siècle jusqu’à nos jours. Au centre de l’étude, deux types de publication, le livre et la revue.

2 L’objectif du livre est de mieux faire comprendre la mutation numérique, sans verser ni dans l’apologie de l’industrie de l’information, ni dans une attitude d’anxiété et d’abandon. Pour citer l’introduction : « L’étude de la révolution numérique doit prendre place dans le contexte d’une réflexion scientifique dépassent l’euphorie ou l’anxiété que suscite l’apparition d’une nouvelle technologie. Cette démarche prend son élan dans une appréciation lucide du débat, dans le cadre d’une histoire générale des médias ». Et un peu plus loin : « Notre contribution à l’histoire du livre consiste à y faire entrer le numérique ».

3 Le premier chapitre plaide pour ce « regard historique sur la révolution numérique ». Il définit les concepts-clés (« le système de communication scientifique est le dispositif de médiation entre tous les acteurs présents et futurs de la recherche »), explique la méthodologie (« éclairage historique par la comparaison ») et la grille de lecture entre évaluation, production et diffusion de l’information scientifique sous forme de livre et de revue.

4 Par la suite, l’ouvrage réalise une grande fresque historique des livres et revues scientifiques dont le dernier chapitre s’écrit sous nos yeux.

5 Deux chapitres tracent l’histoire du livre savant depuis le livre universitaire du XIIIe siècle au livre imprimé du XVIe siècle. L’analyse embrasse l’objet livre dans sa totalité, depuis la mise en page, les genres, langues et illustrations via les modes de production à l’économie et au marché.

6 Le chapitre suivant applique la même grille d’analyse à la revue savante du XVIIe siècle, en particulier au Journal des Sçavans et aux Philosophical Transactions. La conclusion en est une sorte de tournant dans l’ouvrage. « L’étude des fonctions et du circuit de communication des publications savantes au temps des premières universités, au moment de l’avènement de la typographie en caractères mobiles ainsi qu’à la période de l’élaboration des conditions de création et de viabilité du périodique scientifique permet d’apprécier une vue d’ensemble du système de communication scientifique moderne »

7 Cette « vue d’ensemble du système de communication scientifique moderne » correspond à la deuxième moitié du livre.

8 Après la lecture synchronique des chapitres précédents, le 5e chapitre (L’acte de publier) adopte une approche diachronique, en retenant « les thèmes récurrents d’une période à une autre ». La comparaison porte surtout sur l’acte de publier, sur la publicité du document scientifique et sur les circuits de communication.

9 Le 6e chapitre (La production et l’évaluation) étudie le discours scientifique d’abord sous l’aspect de sa production. C’est surtout dans ce contexte-là que l’ouvrage parle de la communication directe et des formats normalisés (SGML, XML). Le chapitre met ensuite l’accent sur l’évaluation (« points de contrôle ») comme une fonction essentielle du système de communication scientifique, et sur les nouveaux modèles pour évaluer publications et/ou chercheurs.

10 Le dernier chapitre présente les mutations sociales, économiques et organisationnelles de l’édition contemporaine des livres et revues scientifiques. C’est ici que le lecteur trouvera des éléments d’analyse sur la diffusion directe, sur l’agrégation sur le web interactif, sur Google Books et la numérisation massive ou sur les nouveaux modèles économiques des revues.

11 Peu d’ouvrages aident à comprendre la transformation de la communication scientifique. Celui-ci en fait partie. C’est l’approche historique et comparative qui permet d’intégrer technologie, économie et fonction, et qui rend le lecteur plus intelligent. Écrit avec un rare mélange d’expérience professionnelle, de compétence technique et de capacité d’analyse, ce livre demande concentration, patience et curiosité. Mais il restera dans les annales comme l’un des ouvrages de référence de la publication scientifique de notre époque fascinante.

12 Un mot sur l’auteur : Guylaine Beaudry est directrice d’une bibliothèque universitaire de Montréal mais son nom est surtout lié au développement des revues numériques au Canada, au consortium Érudit dont elle a été la fondatrice, au projet Synergie (infrastructure de recherche pour les SHS) et au centre d’édition numérique de l’université de Montréal. C’est cette expérience riche et féconde qui rend la lecture de son livre particulièrement intéressante. À consommer lentement mais sans modération aucune.

13 Joachim Schöpfel

14 joachim.schopfel@univ-lille3.fr


Date de mise en ligne : 06/07/2012

https://doi.org/10.3917/docsi.492.0072b