Mener l’enquête. Guide des études de publics en bibliothèque / sous la dir. de Christophe Evans . Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2011. – 159 p. - ISBN 978 2 910227 89 0 : 22 €
- Par Joachim Schöpfel
Page IV
Citer cet article
- SCHÖPFEL, Joachim,
- Schöpfel, Joachim.
- Schöpfel, J.
https://doi.org/10.3917/docsi.491.0072d
Citer cet article
- Schöpfel, J.
- Schöpfel, Joachim.
- SCHÖPFEL, Joachim,
https://doi.org/10.3917/docsi.491.0072d
1 Vous préparez une enquête ? Vous vous posez un tas de questions : comment constituer un échantillon ? Avec qui mener l’enquête ? Où trouver des exemples, des modèles, des résultats d’enquêtes ? Comment évaluer une enquête ? À quoi servent les focus groups ? Comment poser les questions, comment les formuler, et dans quel ordre ? Voici des éléments de réponse :
2 Échantillon : comment constituer le groupe de personnes à interroger ? Combien de personnes ? Qui ? Comment ? Par tirage aléatoire ? En appliquant des quotas, ce qui implique une bonne connaissance préalable du public ? Ou par recommandations de tiers ou par réseau ? Même si en général le tirage aléatoire paraît le moyen le plus sûr, dans certains cas (pratiques particulières, usage expert, fréquentation occasionnelle), le recours aux recommandations peut être incontournable. Appliquer des quotas (lieu de résidence, âge, profession etc., par exemple à partir des données Insee) peut devenir vite très complexe.
3 Avec qui ? : avec les collègues de la bibliothèque ou du service de documentation ? Avec un prestataire, en sous-traitance ? Ou avec des étudiants ou élèves stagiaires ? La solution d’un prestataire peut-être coûteuse et disproportionnée. Si vous n’avez pas le temps pour le faire avec vos ressources propres, à quels établissement s’adresser pour trouver un stagiaire compétent ? Dans tous les cas, prévoyez dès le départ un comité de pilotage et une communication autour du projet.
4 D’autres enquêtes : l’Enssib a mis en ligne une collection d’environ 200 études et enquêtes, parmi lesquelles plus de cinquante menées dans les bibliothèques publiques et universitaires. Elles peuvent servir d’exemple et de modèle mais aussi de référence pour comparer les résultats.
5 Évaluation : si possible, mener l’enquête comme un projet, avec une phase finale d’évaluation, pour tirer les leçons, préparer la suite mais aussi pour la communication. Cette évaluation portera notamment sur le protocole d’enquête (questionnaire), sur l’organisation matérielle, le cas échéant sur les relations avec le prestataire, et sur l’exploitation et la valorisation des résultats. À prévoir également, la documentation et l’archivage de tous les documents.
6 Focus groups : Il s’agit d’une technique qualitative issue du marketing, afin de connaître les attentes, opinions et réactions des usagers d’un service, utile dans la phase exploratoire d’une enquête, mais aussi pour préparer et accompagner un changement. Il est d’usage que le focus group soit constitué d’une dizaine de personnes qui ne se connaissent pas; il se réunit pour une séance de deux à trois heures et suit un certain rituel. Souvent, il vaut mieux prévoir deux ou trois groupes, pour obtenir un panel représentatif et large d’information.
7 Pour la formulation et l’ordre des questions, je vous renvoie sur la boîte à outils n° 22 des Presses de l’Enssib. Les réponses ci-dessus sont tirées de ce livre et ne reflètent qu’une petite partie de ses contributions. Vous travaillez dans une bibliothèque publique, une bibliothèque scientifique ou un SCD ? Ce livre s’adresse à vous et vous sera utile chaque fois que vous voudrez mener une enquête de satisfaction, de besoin ou d’usage. Trois études de cas (une bibliothèque départementale, une médiathèque et une BU), un mémento (déroulement standard d’une enquête) ainsi qu’un glossaire y ajoutent de la valeur.
8 Il est certain que le format particulier de la collection « Boîte à outils » impose des choix et priorités ; certains sujets sont juste abordés sans aller beaucoup plus loin, comme l’enquête en ligne, les logiciels d’exploitation statistique ou LibQual. Le livre aide néanmoins à comprendre et indique où trouver l’information. Et il n’a pas la prétention non plus de se substituer aux manuels d’enquêtes et sondages en sciences sociales avec des centaines de pages qui gardent leur intérêt.
9 Pour ma part, je l’utilise aussi bien pour les études que pour l’enseignement méthodologique. Un seul regret malgré tout : après plusieurs lectures diagonales et sélectives, la reliure commence à lâcher. Le charme des livres traditionnels… Récemment encore, quand on cherchait un ouvrage sur les enquêtes dans les bibliothèques, on avait l’embarras de choix entre des publications des années 90 et des ouvrages (trop) généralistes. Clairement, il y avait une lacune. Cette lacune est désormais comblée.
10 Joachim Schöpfel