IFLA 2006 : Congrès mondial des bibliothèques et de l'information
Apprendre à maîtriser l'information
Pages 320 à 323
Citer cet article
- LAMOUROUX, Mireille,
- Lamouroux, Mireille.
- Lamouroux, M.
https://doi.org/10.3917/docsi.435.0320
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- Lamouroux, M.
- Lamouroux, Mireille.
- LAMOUROUX, Mireille,
https://doi.org/10.3917/docsi.435.0320
Notes
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[1]
www. nclis. gov/ libinter/ infolitconf&meet/ post-infolitconf&meet/ PragueDeclaration-Francaise. pdf
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[3]
hhttp:// travesia. mcu. es/ S_ALFIN/ ficheros/ Declaracion_Toledo.pdf
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[5]
www. ala. org/ ala/ aasl
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Richard Sayers. Principles of Awareness-Raising for Information Literacy, a case study. Bangkok, Unesco, 2006. 124 p. En ligne : http:// portal. unesco. org/ ci/ fr/ ev. php-URL_ID= 23310&URL_DO= DO_TOPIC&URL_SECTION= 201. html
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[9]
Peggi L. Maki. Assessing for Learning: Building a Sustainable Commitment Across the Institution. Sterling, VA, Stylus Publishing, 2004.
1LA MAITRISE DE L’INFORMATION, OU INFORMATION LITERACY, S’EST IMPOSÉE AUX associations de professionnels de l’information comme un concept clé, jusqu’à devenir pour elles une priorité à l’instigation de diverses directives internationales soutenues et diffusées par l’IFLA. Parmi celles-ci, on peut citer :
- la Déclaration de Prague, Vers une société compétente dans l’usage de l’information (23 septembre 2003) [1], qui affirme : « La compétence dans l’usage de l’information comprend la reconnaissance de ses besoins d’information et les capacités d’identifier, de trouver, d’évaluer et d’organiser l’information - ainsi que de la créer, de l’utiliser et de la communiquer efficacement en vue de traiter des questions et des problèmes qui se posent ; elle est préalable à une pleine participation à la société de l’information et fait partie du droit humain primordial d’apprendre tout au long de la vie » ;
- la Proclamation d’Alexandrie sur la maîtrise de l’information et l’apprentissage tout au long de la vie (9 novembre 2005) [2], où l’on peut lire : « La maîtrise de l’information [...] permet aux gens, dans tous les chemins de la vie, de chercher, d’évaluer, d’utiliser et de créer l’information pour des objectifs personnels, sociaux, professionnels et éducationnels » ;
- la Déclaration de Tolède sur la maîtrise de l’information (3 février 2006) [3], qui renchérit : « ... la maîtrise de l’information est un outil essentiel pour l’acquisition de compétences en information, au développement, à la participation et à la communication des citoyens... »
Les principales interventions
Doris Tan, and Rajendra Munoo, Learning and Development National Library Board, Singapore. www.ifla.org/IV/ifla72/papers/082-Tan_Munoo-en.pdf
> Digital literacy - a civic skill in the information society. Anu Hakari, and Raili Sihvonen, Tampere City Library. www.ifla.org/IV/ifla72/papers/130-Hakari_Sihvonen-en.pdf
> Partnering for student learning: the university library information commons.
Bob Fernekes, Zach S. Henderson Library, Georgia Southern University Statesboro. www.ifla.org/IV/ifla72/papers/072-Fernekes-en.pdf
> A Study on the development of evaluation model for undergraduate students’ information literacy.
Jung-Yeoun Lee, Department of Library and Information Science, Kyonggi University, Seoul. www.ifla.org/IV/ifla72/papers/125-Lee-en.pdf
> Enabling library and information skills: foundations for entering students.
Roman Tantiongco and Lorraine Evison, University of New South Wales Library, Sydney. www.ifla.org/IV/ifla72/papers/125-Tantiongco_Evison-en.pdf
Développer les capacités informatives des usagers
2Les critères de la maîtrise de l’information s’appliquent à n’importe quel groupe d’usagers, ils incluent tous types de besoins en information, y compris l’aide demandée par le système éducatif. Cette maîtrise suppose que l’on connaît les ressources disponibles, que l’on sait chercher l’information, évaluer les résultats, intégrer l’information, l’utiliser dans le respect d’une éthique, la communiquer et gérer les résultats.
3Pour développer les capacités informatives des usagers, les professionnels et tous ceux qui contribuent avec eux à leur formation doivent distinguer des niveaux de maîtrise de l’information et établir des programmes, conformément à l’article 9 de la Déclaration de Tolède « … Les premiers pas d’un agenda national de promotion de la maîtrise de l’information devraient être : l’élaboration d’un modèle et d’un cadre propre pour les compétences fondamentales incluses par la maîtrise de l’information, […] l’élaboration d’une proposition de programmes de formation à la maîtrise de l’information adaptables à des contextes bibliothéconomiques, disciplinaires, d’apprentissage et vitaux différents selon les segments du public visé… »
4Les programmes de maîtrise de l’information arrivent aujourd’hui à maturité : en témoignent le nombre et la qualité des interventions proposées sur ce sujet lors de ce dernier congrès de l’IFLA. Provenant de différentes sections, les contributions ont permis de présenter une variété de points de vue, d’analyses et de préconisations. Deux sessions ont été particulièrement riches : celles qu’avaient organisées la section Activités régionales et la section Bibliothèques académiques et de recherche. Au-delà d’un état des lieux dans quelques pays en développement, les communications de la première section présentent l’intérêt d’apporter des pistes de réflexion pour l’ensemble de la communauté concernée.
5L’Unesco soutient toutes ces initiatives et son aide s’est particulièrement renforcée. On rappellera que l’une des trois grandes priorités du programme Information pour tous (PIPT), lancé en 2000, est la formation à la maîtrise de l’information. Un guide publié par le bureau de l’Unesco à Bangkok expose les principes de sensibilisation pour promouvoir cette formation [6].
L’apprentissage informationnel des nouveaux étudiants
6Ce thème choisi par la section Maîtrise de l’information a remporté un vif succès, l’appel à communications n’ayant pas suscité moins de vingt-cinq propositions. Jesus Lau, président de cette section « Infolit », a présenté l’ensemble des actions en cours dont deux méritent d’être rappelées : en premier lieu la publication prévue fin 2006 par l’IFLA de l’ouvrage International Information Literacy Experiences ; en second lieu la création d’un annuaire international de ressources sur la maîtrise de l’information destiné à répertorier des outils, cours, ressources, articles sur ce sujet [7].
7Cinq exemples choisis dans l’ensemble des communications présentées permettent d’illustrer trois aspects constitutifs de toute action, y compris celles conduites au niveau de la maîtrise de l’information : la définition de politiques ou programmes (Bibliothèque nationale de Singapour et bibliothèque de Tampere en Finlande) ; la collaboration des professionnels de l’information avec d’autres acteurs concernés (les « Library information commons » de la bibliothèque de l’Université de Géorgie aux États-Unis) ; la réflexion sur l’évaluation et la réalisation d’outils (élaboration d’une norme en Corée du Sud et tutoriel ELISE en Australie).
Politiques et programmes
8• La Bibliothèque nationale de Singapour propose depuis huit ans au grand public, aux étudiants et aux entreprises des programmes de maîtrise de l’information ; Ces programmes, qui vont de la formation classique de l’usager de la bibliothèque aux formations sur mesure développées à la demande, ont été travaillés en partenariat avec le secteur privé pour créer des didacticiels et une infrastructure de e-learning complémentaire à un enseignement traditionnel, pour ouvrir des centres de formation et constituer des équipes de formateurs. Les programmes de différents types sont classés soit « d’utilité publique » lorsqu’ils touchent le grand public (ils sont dans ce cas-là gratuits), soit « à valeur ajoutée » lorsqu’ils s’adressent aux scolaires et aux entreprises (ces derniers sont payants).
9Inclus dans le projet « Bibliothèques 2010 », les programmes actuels ont pour objectif de renforcer les compétences des professionnels dans quatre domaines clés : la maîtrise des ressources, de la recherche, de la critique et de la publication. Ils s’adressent à tous les bibliothécaires et au personnel motivé pour devenir formateur, et se centrent sur les nouvelles compétences à acquérir ainsi que sur la pédagogie. Un programme spécial monté en 2005 et prévu sur deux ans applique la méthode « Apprendre, s’immerger, pratiquer » pour constituer une équipe de formateurs certifiés en maîtrise de l’information. D’une façon générale, ces programmes visent à faire réfléchir les intervenants sur leurs expériences, à repenser les programmes de maîtrise de l’information à partir des bilans afin de les rendre plus pertinents et mieux adaptés, et à développer des actions plus spécifiques, par exemple en direction des écoles.
10C’est précisément dans le secteur de l’enseignement que se concentrent les perspectives futures. Un processus lancé au milieu des années 1990 par le ministère de l’Éducation avec le Project work fournit des lignes directrices très intéressantes. Il introduit un changement radical en terme d’apprentissage avec le travail en groupe et l’apprentissage autonome, mais le ministère n’a pas élaboré de programme pour les médiathèques scolaires et ce qui se fait actuellement n’est pas contrôlé. Dès l’année 2000, la Bibliothèque nationale a proposé un cours en ligne pour les écoles, Gérer le Project Work, participant ainsi au succès des cours sur des sujets comme « la rigueur intellectuelle » ou, plus banalement, « la recherche efficace d’information sur Internet ».
11Il est prévu à court terme d’élargir l’offre de contenu en ligne sur des sujets comme « l’éthique de l’information » ou « l’utilisation de bibliothèques numériques », mais aussi de s’appuyer sur le système national de validation des acquis pour promouvoir le système de compétences professionnelles.
12• La bibliothèque de Tampere en Finlande [8], poursuivant l’objectif national exemplaire de développement de la culture numérique pour tous, a mis en place un modèle opérationnel particulier, « Les coins Internet », à l’attention d’une population désavantagée, les immigrants, les retraités et les sans-emploi.
13Le programme actuel du Gouvernement (2003-2007), qui prévoit que toutes les tranches d’âge posséderont les compétences requises pour vivre dans la société de l’information, s’appuie sur les bibliothèques pour transmettre ces habiletés de base. Leur rôle et leurs responsabilités ont été inscrits dans la loi sur les bibliothèques de 1998. Ordinateurs et connexions au réseau disponibles gratuitement assurent un très bon accès physique général.
14C’est en 2000 qu’a été inauguré le programme spécial intitulé CyberTampere. Après l’équipement d’un premier bus Internet pouvant accueillir un groupe de douze personnes dans un auditorium pratique, on a établi des « coins » Internet à l’intérieur de bibliothèques succursales situées dans divers quartiers de la ville. Chaque coin est équipé d’une vingtaine d’ordinateurs, d’une grande variété de programmes et de logiciels, et fonctionne avec une équipe de quatre personnes, trois formateurs Internet et un spécialiste de l’information coordonnateur spécialement chargé d’enseigner la recherche d’information. On sollicite largement les participants auxquels on demande un retour qui permet d’améliorer et d’ajuster les cours aux besoins.
15Ce dispositif, qui fait partie d’un réseau de formateurs locaux en techniques de l’information comprenant entre autres les centres d’éducation des adultes et diverses associations, fonctionne sur un mode coopératif. Les participants élaborent une planification des cours en commun, une diffusion conjointe des séances à venir par voie publicitaire, et ils organisent en outre des soirées thématiques gratuites ouvertes à tous sur des thèmes divers (la littérature sur Internet, les appels gratuits sur le web, la recherche généalogique), mais aussi l’initiation aux opérations bancaires à distance… – tout ce qui d’une façon ou d’une autre peut améliorer l’assimilation de la culture numérique.
La collaboration
16Les Library Information Commons, qui regroupent les services des bibliothèques et les services techniques dans les Universités, sont un exemple réussi de collaboration dans le domaine de l’apprentissage des étudiants. Mis en place à l’Institut de technologie de l’Université de Géorgie aux États-Unis, ce dispositif illustre le rôle émergent joué par une telle organisation dans la redéfinition des tâches de chaque acteur. Il a comme principe de base de centrer les services et les ressources sur l’étudiant, de les intégrer afin d’en permettre une utilisation plus facile, de créer ainsi un environnement d’apprentissage favorisant l’acquisition de compétences informationnelles par ces étudiants, et enfin de fournir de nouvelles possibilités d’évaluer de manière plus significative leurs connaissances dans ce domaine.
17À l’Institut de technologie de Géorgie, les Library and Information Comons ont créé un laboratoire de production informatique (la Library West Commons), doté d’équipements ultra-modernes, ayant comme missions principales de gérer une bibliothèque de plus de cent cinquante logiciels, d’organiser à la demande des sessions de formation à des outils et aux logiciels, et d’organiser des rendez-vous avec les professionnels. Le centre de ressources propose toute une série de services d’aide. Certains ne sont pas nouveaux, comme l’aide à la recherche, la rédaction de mémoires ou les guides d’utilisations. D’autres, plus spécifiques, comme les programmes de tutorat individuel en soirée ou les conseils aux nouveaux, facilitent le passage des étudiants du premier cycle universitaire (First Year Experience) et leur permettent de s’adapter au sein d’un environnement collaboratif et d’accompagnement [9].
L’évaluation
18• À l’Université Kyonggi de Séoul, un cadre conceptuel d’évaluation des étudiants a été élaboré par une équipe d’enseignants du Département des bibliothèques et des sciences de l’information, sur le modèle CIPP communément appliqué pour l’évaluation dans l’éducation.
19Sept domaines considérés comme les champs principaux de la maîtrise de l’information ont été prédéterminés, à savoir les sources, l’identification du besoin, la recherche, l’analyse, l’organisation, les technologies de l’information, son utilisation éthique. L’ensemble des étudiants se sont auto-évalués dans ces sept domaines de façon équivalente. L’analyse des résultats est intéressante à plus d’un titre puisqu’elle bat en brèche quelques a priori. Certains étudiants, en médecine ou en sciences, ou ceux qui passent beaucoup de temps sur Internet, considèrent que leurs compétences en recherche, analyse de besoins et connaissance des sources d’informations sont d’excellent niveau. D’autres se sous-estiment, par exemple lorsqu’ils analysent leurs capacités d’analyse de l’information. On constate que les étudiants n’établissent pas de liens entre les différents champs, alors que ceux-ci sont étroitement liés. Leur conception des domaines est relativement vague et inadaptée, ce qui les rend incapables de classifier correctement les champs.
20Parmi les recommandations établies par les auteurs, citons la distinction de deux niveaux d’évaluation, débutant et avancé, et la précision pour chacun d’eux et dans chacun des sept domaines des items à considérer.
21• Le tutoriel ELISE conçu à l’Université de la Nouvelle Galle du Sud en Australie est un autre exemple d’évaluation des compétences informationnelles des étudiants. Réalisé fin 2005 pour les étudiants du premier cycle, il ne permet pas encore de disposer d’un recueil de données suffisant pour en établir un bilan. Néanmoins des possibilités d’amélioration, en intégrant, par exemple, des services prisés par les jeunes générations pour développer leur expérience de média en ligne – le blog a été intégré à la conception – ou encore l’élaboration de contenus plus personnalisés du tutoriel sont d’ores et déjà à l’étude.
Le rôle des professionnels
22Ce rôle est déterminant à plusieurs titres. Les associations doivent continuer à rappeler aux autorités compétentes leur obligation de fournir les moyens économiques nécessaires à la poursuite de programmes de formation à la maîtrise de l’information, initiale et continue, à tous les nivaux. Et les professionnels de l’information doivent contribuer à créer la « cyber-infrastructure » qui permettra leur réalisation, en participant à la création de bases de données qui favorisent le développement de communautés virtuelles bénéficiant d’accès à distance.
23NB. Les principales sessions rapportées dans ce compte rendu ont été organisées par la section Activités régionales et par la section Bibliothèques académiques et de recherche de l’Ifla. On peut en trouver le programme détaillé à l’adresse www. ifla. org/ IV/ ifla72/ Programme2006. html.
24Les interventions plus précisément commentées ici sont mentionnées page 321