Compte rendu

Les nouvelles technologies à l’épreuve des bibliothèques : usages d’Internet et des cédéroms, Emmanuel Pedler, Olivier Zerbib ; préface de Roger Establet, Paris : Bibliothèque publique d’information - Centre Pompidou, 2001. – 215 p. – (Études et recherche, ISSN 0993-8958). – ISBN 2-84246-056-1 : 20 €

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  • Guyot, B.
(2002). Les nouvelles technologies à l’épreuve des bibliothèques : usages d’Internet et des cédéroms, Emmanuel Pedler, Olivier Zerbib ; préface de Roger Establet, Paris : Bibliothèque publique d’information - Centre Pompidou, 2001. – 215 p. – (Études et recherche, ISSN 0993-8958). – ISBN 2-84246-056-1 : 20 € Documentaliste-Sciences de l'Information, . 39(4), VI-VI. https://doi.org/10.3917/docsi.394.0234f.

  • Guyot, Brigitte.
« Les nouvelles technologies à l’épreuve des bibliothèques : usages d’Internet et des cédéroms, Emmanuel Pedler, Olivier Zerbib ; préface de Roger Establet, Paris : Bibliothèque publique d’information - Centre Pompidou, 2001. – 215 p. – (Études et recherche, ISSN 0993-8958). – ISBN 2-84246-056-1 : 20 € ». Documentaliste-Sciences de l'Information, 2002/4 Vol. 39, 2002. p.VI-VI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2002-4-page-VI?lang=fr.

  • GUYOT, Brigitte,
2002. Les nouvelles technologies à l’épreuve des bibliothèques : usages d’Internet et des cédéroms, Emmanuel Pedler, Olivier Zerbib ; préface de Roger Establet, Paris : Bibliothèque publique d’information - Centre Pompidou, 2001. – 215 p. – (Études et recherche, ISSN 0993-8958). – ISBN 2-84246-056-1 : 20 € Documentaliste-Sciences de l'Information, 2002/4 Vol. 39, p.VI-VI. DOI : 10.3917/docsi.394.0234f. URL : https://shs.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2002-4-page-VI?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/docsi.394.0234f


Comment use-t-on des cédéroms et d’Internet en bibliothèque ?

1 CETTE ETUDE SOCIOLOGIQUE vise à mesurer les représentations et les pratiques d’usagers d’une bibliothèque en matière de cédéroms et de consultation d’Internet. L’enquête, menée entre 1998 et 1999, complète les études régulières sur « les pratiques culturelles des Français » en cherchant à préciser tout autant l’idée que se font les gens du multimédia que ce qu’ils en font réellement. Cinq sites ont été enquêtés : quatre bibliothèques municipales (Miramas, Cavaillon et deux sites grenoblois) et la Bibliothèque nationale de France (BNF), qui toutes proposent des cédéroms en prêt et en consultation ainsi que des accès à Internet (mais non à la messagerie). La méthode suivie est triple : 2.343 questionnaires ont été dépouillés, complétés de 40 entretiens et de 96 observations d’utilisation d’un poste d’interrogation suivies d’entretiens semi-directifs.

2 La première partie, avant de rendre compte des résultats quantitatifs portant sur le contexte culturel comme la lecture, les sorties ou la télévision, s’interroge sur la percée du multimédia dans la société française et sur les caractéristiques comparées d’Internet (ouvert, engageant à la découverte et au « braconnage ») et d’un cédérom (clos, dans lequel on ne trouve que ce qu’il y a). Elle vise à établir des corrélations, à vérifier et à déconstruire un certain nombre d’évidences, en termes de génération, de sexe, de pratiques culturelles, pour dégager certains facteurs, comme la mobilité ou le niveau d’études, qui tendraient à renforcer l’usage de ces outils.

3 La seconde partie rend compte des observations effectuées à côté de l’usager mis en situation de découverte du cédérom « Michel-Ange », pour étudier très finement pendant quinze minutes son cheminement et ses remarques. Une grille détaillant les différents niveaux d’information a été établie à cet effet. Certains, par exemple, ont une démarche très systématique, explorant tous les niveaux, d’autres « surfent », vont et viennent dans la hiérarchie. Quant aux remarques, elles concernent le repérage, le sentiment de « s’y retrouver » ou d’« être perdu », et plus généralement le rapport à l’informatique.

4 La troisième partie dresse des portraits d’usagers à partir d’entretiens menés indifféremment auprès de ceux qui utilisent cédéroms ou Internet ou auprès de non-utilisateurs. Cela offre une grande diversité de regards et d’a priori, allant de positions enchantées à des positions critiques vis-à-vis de l’informatique.

5 Les conclusion des auteurs de cette étude sont mitigées. Ils déplorent des « résultats un peu décevants – au regard des attentes enchantées propres à l’air du temps » (p. 186). Les outils numériques, encore en phase d’incubation, sont soumis à des épreuves pratiques qui révèlent une situation mouvante, émergente et fragmentaire, nuançant les positions. L’offre multimédia en bibliothèque ne suscite pas l’intérêt qu’on aurait pu attendre de la part des lecteurs. La BNF occupe évidemment une place à part dans la mesure où elle affiche clairement une fonction d’étude. Le fait que les comportements diffèrent selon que la personne utilise ou non l’informatique dans son travail n’est pas aussi déterminant qu’on aurait pu le croire. Enfin les auteurs constatent la rareté d’études concrètes qui pourraient contrebalancer la position des médias qui annoncent que la révolution numérique est en marche.

6 En dehors des résultats de cette enquête, plusieurs points ont retenu notre attention ; d’une part les typologies établies en matière de cédéroms (pratiques, documentaires, culturels), de sites Internet, et d’usages (documentaires, bibliographiques) ; d’autre part les questions méthodologiques. En effet, en bons sociologues, les auteurs sont attentifs aux biais engagés par chaque méthode utilisée. Quant au protocole d’observation, il est très précisément décrit, notamment avec la grille descriptive d’un cédérom permettant d’y reporter le cheminement de l’utilisateur (p. 139).

7 Par delà sa richesse, cette étude aborde un certain nombre de questions utiles dans un contexte professionnel fondé sur l’efficacité. Dans cette logique d’économie de temps et de moyens, comment les utilisateurs font-ils face à la variété croissante des outils mis à leur disposition ? Comment acquièrent-ils les compétences (manipulation, démarche intellectuelle) nécessaires pour obtenir ce qu’ils cherchent ? Comment ces outils, lorsqu’ils sont devenus incontournables, viennent-ils modifier le comportement général face à l’information ? Autant de questions que se pose tout documentaliste en exercice.

8 Brigitte Guyot

9 guyot@ kepler. cnam. fr


Date de mise en ligne : 01/02/2009

https://doi.org/10.3917/docsi.394.0234f