Compte rendu

Internet, un nouveau mode de communication ?, Dossier coord. par Patrice Flichy, Paris : Hermès Science Publications, 1999. – 303 p. Numéro de : Réseaux, ISSN 0751-7971, 1999, vol. 17, n° 97. – ISBN 2-7462-0078-3 : 27 € : 177,11 FRF

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  • Guyot, B.
(2001). Internet, un nouveau mode de communication ?, Dossier coord. par Patrice Flichy, Paris : Hermès Science Publications, 1999. – 303 p. Numéro de : Réseaux, ISSN 0751-7971, 1999, vol. 17, n° 97. – ISBN 2-7462-0078-3 : 27 € : 177,11 FRF. Documentaliste-Sciences de l'Information, . 38(3), XII-XII. https://doi.org/10.3917/docsi.383.0226l.

  • Guyot, Brigitte.
« Internet, un nouveau mode de communication ?, Dossier coord. par Patrice Flichy, Paris : Hermès Science Publications, 1999. – 303 p. Numéro de : Réseaux, ISSN 0751-7971, 1999, vol. 17, n° 97. – ISBN 2-7462-0078-3 : 27 € : 177,11 FRF ». Documentaliste-Sciences de l'Information, 2001/3 Vol. 38, 2001. p.XII-XII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2001-3-page-XII?lang=fr.

  • GUYOT, Brigitte,
2001. Internet, un nouveau mode de communication ?, Dossier coord. par Patrice Flichy, Paris : Hermès Science Publications, 1999. – 303 p. Numéro de : Réseaux, ISSN 0751-7971, 1999, vol. 17, n° 97. – ISBN 2-7462-0078-3 : 27 € : 177,11 FRF. Documentaliste-Sciences de l'Information, 2001/3 Vol. 38, p.XII-XII. DOI : 10.3917/docsi.383.0226l. URL : https://shs.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2001-3-page-XII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/docsi.383.0226l


Trois approches du phénomène Internet

1 CETTE LIVRAISON DE L’EXCELLENTE REVUE RESEAUX, dirigée par Patrice Flichy, propose notamment des approches tout à fait intéressantes sur trois aspects – économique, historique et communicationnel – qui peuvent nourrir les réflexions sur ce nouveau média qu’est Internet.

2 L’économiste Michel Gensollen, après avoir rappelé des distinctions fort utiles entre sites marchands (qui correspondent à 14 % des sites) et non-marchands (86 %), cherche à définir les lieux de « création de valeur » sur Internet. Hormis la valeur marchande liée au profit, il existe une « valeur sociale » liée, elle, à l’image qui reste pour le moment très forte. Il montre que c’est l’articulation entre les deux types de sites qui exerce un effet d’entraînement sur le plan économique. L’internaute, venu consulter des sites gratuits conçus de façon bénévole, pourrait être orienté vers des sites de transaction (encore que pour le moment ce soient les sites pornographiques qui assurent l’essentiel des revenus).

3 L’évolution, inéluctable, vers un paiement de l’information pose plusieurs questions. Selon l’auteur, les enjeux se précisent autour de deux positions : entre, d’une part, ce qu’il qualifie d’entreprises « quaternaires » (diffusant des contenus contrôlés et fortement protégés par le copyright, mettant l’internaute en position de consommateur) et, d’autre part, la position libérale (privilégiant la libre circulation des informations, encourageant la communication, mettant l’internaute en position active). On est en droit de se demander si la qualité des sites non marchands pourra résister à cette tendance possible de servir de faire-valoir pour les sites proprement commerciaux.

4 Cette question vaut également pour les sites intranet, dont certains mettent en œuvre une stratégie d’ouverture alors que d’autres adoptent à l’inverse une position de fermeture vis-à-vis d’Internet et des informations internes. Ces réflexions menées en termes de valeur renvoient à l’articulation entre l’attention portée à l’accès à l’information (point de vue de l’usager) et la poursuite d’objectifs politiques. Cela rejoint en définitive nombre de préoccupations des professionnels de l’information, et plus généralement des « knowledge workers ».

5 Patrice Flichy choisit d’aborder l’histoire d’Internet à partir de l’imaginaire de la communauté universitaire des informaticiens, qui se trouvent dans la situation, fort rare, d’être à la fois en position de concepteurs et d’utilisateurs : ils peuvent immédiatement mettre en pratique leurs principes et réflexions et développer des outils qui soient conformes à leurs souhaits. Cette démarche itérative a certainement joué dans la construction des principes d’Internet tels qu’ils se manifestent aujourd’hui encore, tels l’accès généralisé à des réservoirs d’information, une communication entre tous et un mode de navigation entre des informations éloignées. Cela sous-entend un internaute actif qui, selon l’auteur, est un point tout à fait fondamental à l’heure où le développement d’Internet comme outil commercial pourrait soumettre celui-ci à de nouvelles façons de l’utiliser.

6 Nous voyons ainsi se dérouler, de Vannevar Bush à Engelbart et Nelson, l’idée force orientée vers une machine pouvant stimuler l’intelligence humaine, en développant des collaborations sources d’innovation, et les capacités associatives de l’esprit. La bibliographie donne les principales adresses où retrouver ces textes fondateurs.

L’écriture électronique

7 Le troisième article sur lequel nous souhaiterions insister ici est celui de Philippe Hert. Intitulé « Quasi-oralité de l’écriture électronique et lien social », il prend appui sur les forums de discussion dans le milieu scientifique des chimistes. C’est le concept qui nous semble intéressant. Pour l’auteur, l’écriture électronique, forme de la participation sur Internet, relève d’un mode de communication tout à fait particulier. L’oral, en effet, construit par sa proximité les bases et le cadre d’un échange, à l’inverse de l’écriture (qui maintient de la distance). L’écriture quasi orale est définie ici comme une écriture « qui cherche à retrouver cette capacité de lien de la parole » (p. 219). L’expérience commune n’existe que par une pratique d’écriture et de lecture, et « il faut bien que les individus construisent au travers de leur écriture des indices témoignant de l’existence de cette communauté » (p. 220). Cela se fait en construisant ou en s’appuyant sur un référentiel commun qui fait défaut du fait de l’absence de liens de face-à-face, en reformulant ou reprenant par exemple des débats antérieurs. Une telle approche pourrait sembler éloignée des préoccupations immédiates des spécialistes de l’information mais, dans des modes de communication à distance qui s’amplifient, il semble intéressant de comprendre certains mécanismes qui sont en cours et qui « formatent » leurs interlocuteurs.

8 Brigitte Guyot


Date de mise en ligne : 01/02/2009

https://doi.org/10.3917/docsi.383.0226l