François Savary de Brèves, un diplomate français au début du XVIIe siècle, et son projet politique turc : entre esprit de croisade, alliance et raison d’État
- Par Özkan Bardakçı
Pages 143 à 166
Citer cet article
- BARDAKÇI, Özkan,
- Bardakçı, Özkan.
- Bardakçı, Ö.
https://doi.org/10.3917/dss.212.0143
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Notes
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[1]
Matthieu de Paris, Chronica Majora, cité par Colette Beaune, Naissance de la nation française, Paris, Gallimard, 1985, p. 208.
-
[2]
Charles du Fresne du Cange, Histoire de l’Empire de Constantinople sous les empereurs françois, Paris, Imprimerie royale, 1657, BnF, ms. fr. 9473.
-
[3]
Voir Gérald Duverdier, « Savary de Brèves et Ibrahim Müteferrika : deux drogmans à l’origine de l’imprimerie turque », Bulletins du Bibliophile, 3, 1987, p. 332-359 ; Isabelle Petitclerc, La Légation de François Savary, comte de Brèves (1520-1628), diplomate et orientaliste, thèse de doctorat sous la dir. de Pierre Chaunu, Université de Paris IV-Sorbonne, 1988 ; Jean-Louis Bracqué-Grammont et al., Représentants permanents de la France en Turquie (1536-1991) et de la Turquie en France (1797-1991), Istanbul-Paris, Édition Isis, 1991, p. 16 ; Sylvette Lazurel, « Savary de Brèves » in François Pouillon (dir.), Dictionnaire des orientalistes de langue française, Paris, IISMM-Khartala, 2008, p. 928-931. Sur le milieu parisien que fréquente Savary de Brèves, voir Loubna Khayati, « Le statut de l’islam dans la pensée libertine du premier xviie siècle », in Bernard Heyberger, Mercedes García-Arenal, Emanuele Colombo, Paola Vismara (ed.), L’Islam visto da Occidente.Cultura e religione del Seicento europeo di fronte all’Islam, Milan, Marietti, 2009, p. 109-133. Sur la vie de cour de Savary de Brèves, voir Guy Thuillier, « Une “politique” au xviie siècle : Savary de Brèves (1560-1628) », La Revue administrative, 62, no 368, 2009, p. 124-129.
-
[4]
Voir Traicté de paix fait a Chasteau-Cambresis l’an M.D.LIX. le III. d’auril : et ce qui se passa en la negociation pour ladite paix. Ensemble la remonstrance faite sur l’iniuste occupation du royaume de Nauarre par les roys d’Espagne. A quoy a esté adiousté l’instruction et ambassade du sieur de Lancosme en Turquie, pour Henry III. roy de France & de Pologne, en l’an M.D.LXXXV, Paris, J. Camusat, 1637.
-
[5]
Michel Lesure, « Les relations franco-ottomanes à l’épreuve des guerres de Religion (1560-1594) », in Hâmit Batu, Jean-Louis Bacqué-Grammont, (dir.), L’Empire ottoman, la république de Turquie et la France, Paris, Association pour le développement des études turques, 1986 p. 52-57.
-
[6]
Alastair Hamilton, « François Savary de Brèves », in David Thomas, John A. Chesworth (ed.), Western and Southern Europe (1600-1700), vol. 9: Christian-Muslim Relations: A Bibliographical History, Leyde, Brill, 2017, p. 415. Voir A. Hamilton, Francis Richard, André Du Ryer and Oriental Studies in Seventeenth-Century France, Londres, The Arcadian Library, 2004, p. 21-23 et p. 40-44. Sur l’éventuelle menace ottomane à Marseille, voir Ligue des ports de Provence contre les pirates barbaresques en 1585-15a86, Paris, Impr. nationale, 1886. Sur l’attitude des Ottomans dans cette période, voir Feridun M. Emecen, « 16. Asır Sonlarında Batı Akdeniz’de Siyaset Sahnesi : Osmanlılar-Fransılar-Ispanyollar », in F. M. Emecen, Mehmet Ipşirli, Muhammet Janefi Kutluoğlu, Paul Dumont, Yaşar Demir (ed.), Kanûnî’den günümüze Türk-Fransız münasebetleri, Istanbul, Mostar, 2012, p. 75-93. Sur la situation de Marseille, voir Fabrice Micallef, « Le pragmatisme des faibles. Marseille, les Turcs et les Médicis au temps de la Ligue (1589-1597) », in Albrecht Fuess, Bernard Heyberger (dir.), La Frontière méditerranéenne du xve au xviie siècle. Échanges, circulations et affrontements, Turnhout, Brepols, 2013, p. 181-195.
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[7]
Fr. Savary de Brèves, Relation des voyages de Monsieur de Brèves, tant en Grèce, Terre Saincte et Ægypte, qu’aux royaumes de Tunis et Alger, ensemble un traicté faict l’an 1604 entre le Roy Henry le Grand, et l’empereur des Turcs, et trois discours dudit sieur, le tout recueilly par le S.D.C., Paris, N. Gasse, 1628.
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[8]
Sur les capitulations de 1604, voir Mémoires sur l’ambassade de France en Turquie et sur le commerce des Français au Levant par le comte Saint-Priest, Paris, E. Leroux, 1877, p. 415-430. Sur ces questions, voir entre autres l’article de Gilles Veinstein, « Les capitulations franco-ottomanes de 1536 sont-elles encore controversables ? », in Vera Costantini, Markus Koller (ed.), Living in the Ottoman Ecumenical Community. Essays in honour of Suraiya Faroqhi, Leyde, Brill, 2008, p. 71-88 ; Géraud Poumarède, « Négocier près de la Sublime Porte. Jalons pour une nouvelle histoire des capitulations franco-turques », in Lucien Bély (dir.), L’Invention de la diplomatie. Moyen Âge-Temps modernes, Paris, Puf, 1998, p. 71-86. Sur la diplomatie ottomane, on se reportera au travail de Güneș Ișıksel, La diplomatie ottomane sous le règne de Selîm II : paramètres et périmètres de l’Empire ottoman dans le troisième quart du xvie siècle, Paris, Peeters-Leuven, 2016.
-
[9]
Sur la « Longue Guerre » de Hongrie, on renverra à : Caroline Finkel, The Administration of Warfare: The Ottoman Military Campaigns in Hungary, 1593-1606, Vienne, Verband der wissenschaftlichen Gesellschaften Österreichs, 1988 et Jan Paul Niederkorn, Die europäischen Mächte und der „Lange Türkenkrieg“ Kaiser Rudolf II, 1593-1606, Vienne, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 1993.
-
[10]
Peter N. Miller, Peiresc’s Mediterranean World, Cambridge, Harvard University Press, 2017, p. 36-37.
-
[11]
Viorel Panaite, « French Capitulations and Consular Jurisdiction in Egypt and Aleppo in the Late Sixteenth and Early Seventeenth Centuries », in Pascal W. Firges, Tobias P. Graf, Christian Roth, Gülay Tulasoğlu (ed.), Well-Connected Domains: Towards an Entangled Ottoman History, Leyde, Brill, 2014, p. 71.
-
[12]
Gerald J. Toomer, “Eastern Wisedome and Learning”: The Study of Arabic in Seventeenth-Century England, Oxford, Oxford University Press, 1996, p. 30.
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[13]
Avner Ben-Zaken, Cross-Cultural Scientific Exchanges in the Eastern Mediterranean (1560-1660), Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 2010, p. 143.
-
[14]
Voir l’article de Benoist Pierre, « Le père Joseph, l’empire ottoman et la Méditerranée orientale au début du xviie siècle », Cahiers de la Méditerranée, 71, 2005, mis en ligne le 13 mai 2006 ; ainsi qu’une biographie que B. Pierre lui consacre : Le Père Joseph. L’éminence grise de Richelieu, Paris, Perrin, 2007.
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[15]
Bertrand Haan, « La dernière paix catholique européenne : éditions et présentations du traité de Vervins (2 mai 1598) », in Frédérique Pilleboue, Claudine Vidal (dir.), La Paix de Vervins (1598), Vervins, Éditions EHESS, 1998, p. 51-60.
-
[16]
Voir Peter Bartl, « „Marciare verso Costantinopoli“ – Zur Türkenpolitik Clemens’ VIII », Saeculum, 20, 1969, p. 44-56 ; P. Bartl, « Der Türkenkrieg : ein zentrales Thema der Hauptintruktionen und der Politik Klemen’s VIII », in Georg Lütz (ed.), Das Papsttum, die Christenheit und die Staaten Europa, 1592-1605. Forschungen zu den Hauptinstruktionen Clemen’s VIII, Tübingen, Niemeyer, 1994, p. 67-76 ; J. P. Niederkorn, Die europäischen Mächte, op. cit., p. 70-102.
-
[17]
Charles Göllner, « La Milice chrétienne, un instrument de croisade au xviie siècle », Mélanges de l’École Roumaine en France, t. XII, 1936, p. 58-118. Ce projet est avorté avec la mort de Paul V en 1621 et celle de Grégoire XIII deux ans plus tard. Le Saint-Siège retarde considérablement la reconnaissance de la Milice chrétienne.
-
[18]
Louis Dedouvres, « Le père Joseph de Paris. Sa vie, ses écrits. L’apôtre de la croisade contre les Turcs (1616-1625) », Revue des Facultés Catholiques de l’Ouest, 24, 1914-1915, p. 717-748.
-
[19]
Khanbaba Bayani, Les Relations de l’Iran avec l’Europe occidentale à l’époque safavide, Paris, Adrien-Maisonneuve, 1932.
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[20]
Abel Pincon, Relation d’un voyage en Perse faict ès années 1598 et 1599 par un gentilhomme de la suite du seigneur Scierley, ambassadeur du roy d’Angleterre, dans Claude Morisot, Relations véritables et curieuses…, Paris, A. Courbé, 1651, p. 142. Sur cette ambassade sous le pontificat de Clément VIII et sur les autres qui suivent sous celui de Paul V, voir Angelo Michele Piemontese, « I due ambasciatori in Persia ricevuti da Papa Paolo V al Quirinale », Miscellanea Bibliotecae Vaticanae, XII, 2005, p. 357-425 ; Angelo Michele Piemontese, La Persia istoriata in Roma, Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, 2014.
-
[21]
Voir Claude Michaud, « Henri IV, le pape Clément VIII et les Turcs », in Daniel Tollet (dir.), Guerres et paix en Europe centrale aux époques moderne et contemporaine. Mélanges d’histoire des relations internationales offerts à J. Bérenger, Paris, PUPS, 2003, p. 451-462.
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[22]
L’étude la plus fouillée à ce jour reste celle de Sándor László Tóth, A mezőkeresztesi csata és a tizenöt éves háború, Szeged, Belvedere, 2000. Sur Murad III, voir Christine Woodhead, « Murad III and the Historians: Representations of Ottoman Imperial Authority in Late 16th Century Historiography », in Hakan T. Karateke, Maurius Reinkowski (ed.), Legitimizing the Order: The Ottoman Rhetoric of State Power, Leyde, Brill, 2005, p. 85-98, surtout les p. 97-98.
-
[23]
S. László Tóth, op. cit., p. 223-261. Les succès ottomans d’Eger et de Mezőkerezstes, ainsi que l’entrée de Mehmed III dans la capitale, font l’objet de plusieurs missives de victoires contemporaines (fetihnâme), des récits et des images. Entre autres, voir Talîkīzâde, Şehnâme-i Sultân-ı Selâtîn-i Cihân ou Eğri Fethi Ta’rîhi, TSMK, MS H. 1609 ; Ganîzâde Mehmed, Dîvân-ı Nâdirî, TSMK, MS H. 889, f. 5a-7a ; Konya Bölge Yazma Eserler Kütüphanesi, MS 3630 (on y trouve notamment une copie de la lettre de Gazanfer Ağa sur les victoires ottomanes).
-
[24]
Sur ce traité, voir S. László Tóth, A mezőkeresztesi csata, op. cit., p. 429-448 et Gustav Bayerle, « The Compromise at Zsitvatorok », Archivum Ottomanicum, 6, 1980, p. 5-53.
-
[25]
Robert Mantran (dir.), Histoire de l’Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989, p. 229 ; Bekir Kütükoğlu, Osmanlı-İran Siyâsî Münâsebetleri, 1578-1612, Istanbul, Fetih Cemiyeti, 1993, p. 269-279 ; Yves Bomati et Houchang Nahavandi, Shah Abbas : empereur de Perse (1587-1629), Paris, Perrin, 1998, p. 150-151 et Özer Küpeli, Osmanlı-Safevi Münasebetleri (1612-1639), thèse de doctorat de l’Université d’Ege, 2009, p. 47-77.
-
[26]
Alphonse Dupront, Le Mythe de croisade, Paris, Gallimard, 1997, 4 vol.
-
[27]
Ö. Bardakçı, Philippe Martin, « L’esprit de croisade », in Fabienne Henryot, Laurent Jalabert, Philippe Martin (dir.), Atlas de la vie religieuse en Lorraine à l’époque moderne, Metz, Éd. Serpenoise, 2011, p. 276-277.
-
[28]
Alphonse Dupront, Du sacré. Croisades et pèlerinages images et langages, Paris, Gallimard, 1987 ; A. Dupront, Le Mythe de croisade, op. cit., t. 1, p. 431 et G. Poumarède, Pour en finir avec la croisade, op. cit.
-
[29]
Pierre Rousset, « L’idéologie de la croisade dans les guerres de religion au xvie siècle », Schweizerische Zeitschrift für Geschichte, 31, 1981, p. 183-184 ; P. Rousset, Histoire d’une idéologie : la croisade, Lausanne, L’Âge d’homme, 1983, p. 167-188 ; G. Poumarède, Pour en finir avec la croisade, op. cit., p. 529-671.
-
[30]
Sur les relations entre la France et la Porte au xvie siècle, on renverra le lecteur aux ouvrages suivants : Ion Ursu, La Politique orientale de François Ier (1517-1547), Paris, H. Champion, 1908 ; Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, A. Colin, 1949, (réed. 1990), Lamar Jensen, « The Ottoman Turks in Sixteenth Century French Diplomacy », The Sixteenth Century Journal, 16-4, 1985, p. 451-470 ; Edith Garnier, L’Alliance impie. François Ier et Soliman le Magnifique contre Charles Quint, Paris, Le Félin, 2008 et surtout Christine Isom-Verhaaren, Allies with the Infidel: The Ottoman and French Alliance in the Sixteenth Century, Londres, I. B. Tauris, 2011. Sur la continuité des relations entre la France et la Porte, voir J. Bérenger, « Alliances de revers et des coopérations militaires au xviie siècle : la politique française en Europe orientale », in Forces et armées et systèmes d’alliances. Actes du colloque international d’histoire militaire et d’études de Défense nationale, Montpellier, 2-6 septembre 1981, s.l.n.d., p. 137- 156 ; J. Bérenger, « Les vicissitudes de l’alliance franco-turque (1520-1800) », Revue internationale d’histoire militaire, 6, 1987, p. 7-44 ; G. Poumarède, « Justifier l’injustifiable : l’alliance turque au miroir de la Chrétienté (xvie-xviie siècles) », Revue d’histoire diplomatique, 3, 1997, p. 217-246.
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[31]
Fr. Savary de Brèves, Discours abrégé des asseurez moyens d’anéantir et ruiner la monarchie des princes ottomans, s.l.n.d., p. 48.
-
[32]
Lettre de Savary de Brèves à Nicolas Brûlart de Sillery, Constantinople, le 15 octobre 1600, BnF fr. coll. Godefroy, vol. 263, f. 25.
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[33]
Idem. Le texte fait allusion au duc de Mercœur. Sur le duc de Mercœur, voir Emmanuel Buron, Bruno Méniel (dir.), Le Duc de Mercœur (1558-1602). Les armes et les lettres, Rennes, PUR, 2009. Sur son action en Hongrie, voir Robert Sauzet, Au grand siècle des âmes. Guerre sainte et paix chrétienne en France au xviie siècle, Paris, Perrin, 2007, p. 48-51.
-
[34]
Idem.
-
[35]
Sur Érasme et sa vision sur la guerre turque voir, parmi une bibliographie féconde, Maria Cytowska, « Érasme et les Turcs », Eos, 57, 1974, p. 311-312 ; Michael J. Heath, « Erasmus and War Against the Turks », in Actes du IIIe Congrès international d’études néolatines, Tours, 1976, Paris, J. Vrin, 1980, t. II, p. 991-1001 ; Jean-Claude Margolin, Érasme, précepteur de l’Europe, Paris, Julliard, 1994 ; Norman Housley, « A Necessary Evil ? Erasmus, the Crusade and War Against the Turks », in John France, William G. Zajac (ed.), The Crusades and their Sources: Essays Presented to Bernard Hamilton, Aldershot, Ashgate, 1998, p. 259-279 et Nathan Ron, « The Christian Peace of Erasmus », The European Legacy, 19-1, 2014, p. 27-42.
-
[36]
Ces mémoires sont rédigés par Sully après la mort d’Henri IV en 1610 et publiés au xixe siècle sous le titre de Mémoires des sages et royales oeconomies d’Estats de Henry-le-Grand, Paris, Foucault, 1820-1829, 9 vol. Concernant la paternité de cette entreprise anti-turque, Christian Pfister, « Les Oeonomies royales de Sully et le Grand Dessein de Henri IV », Revue historique, 54, 1894, p. 300-324 ; 55, 1894, p. 67-82, p. 291-302 ; 56, 1894, p. 39-48, p. 304-399. Sur Sully et son œuvre, on renvoie le lecteur à Bernard Barbiche, Ségolène de Dainville-Barbiche, Sully. L’homme et ses fidèles, Paris, Fayard, 1997.
-
[37]
Jean Coppin, Le Bouclier de l’Europe, ou la guerre sainte, contenant des avis politiques et chrétiens qui peuvent servir de lumière aux rois et aux souverains de la Chrestienté, pour garantir leurs Etats des incursions des Turcs et reprendre ceux qu’ils ont usurpés sur eux, avec une relation de voyages faits dans la Turquie, la Thébaïde et la Barbarie, Lyon, A. Briasson, 1686. Voir aussi l’édition partielle Jean Coppin, Voyage en Égypte, 1638-1639, 1643-1646, éd. Serge Sauneron, Le Caire, Institut française d’archéologie orientale, 1971.
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[38]
Voir G. Poumarède, Pour en finir avec la croisade, op. cit.
-
[39]
Fr. Savary de Brèves, Discours abrégé, op. cit., p. 16.
-
[40]
Ibidem, p. 11.
-
[41]
Ibidem, p. 12.
-
[42]
Ibidem, p. 14.
-
[43]
M. J. Heath, Crusading Commonplaces: La Noue, Lucinge and Rhetoric against the Turks, Genève, Droz, 1986, p. 69.
-
[44]
Sur l’armée ottomane, voir Godfrey Goodwin, The Janissaries, Londres, Saqi Books, 1997 et Rhoads Murphey, Ottoman Warfare (1500-1700), Londres, Taylors & Francis e-Library, 2001.
-
[45]
Ch. Ingrao, The Habsburg Monarchy, 1618-1815, Cambridge, Cambridge University Press, 2000, p. 66.
-
[46]
J. Bérenger, « La conjuration des Magnats hongrois (1664-1671) », in Complots et conjurations dans l’Europe moderne. Actes du colloque international organisé à Rome, 30 septembre-2 octobre 1993, Rome, Publications de l’École Française de Rome, 1996, p. 337.
-
[47]
J. Blaškovičs, « The Period of Ottoman-Turkish Reign at Nové Zámky (1663-1685) », Archív orientální, 54, 1986, p. 106.
-
[48]
V. H. Aksan, « Locating the Ottomans among Early Modern Empires », JEMH, 3-2, 1999, p. 103.
-
[49]
Idem.
-
[50]
Idem.
-
[51]
Luigi F. Marsili, L’État militaire de l’Empire ottoman, 1732, La Haye, P. Gosse et J. Neaulme, p. 20-28, cité par Virginia H. Aksan, art. cit., p. 118.
-
[52]
G. Ágoston, « Ottoman Warfare in Europe, 1453-1826 », in Jeremy Black (ed.), European Warfare, 1453-1815, Londres, Macmillan, 1999, p. 136.
-
[53]
Fr. Savary de Brèves, Discours abrégé, op. cit., p. 12.
-
[54]
Idem.
-
[55]
François de La Noue, Discours politiques et militaires, éd. Franck Edmund Sutcliffe, Genève, Droz, 1967, p. 440.
-
[56]
Sur cette question, voir G. Veinstein, « Retour sur la question de la tolérance ottomane au xviie siècle », in Bartholomé Bennassar, Robert Sauzet (dir.), Chrétiens et Musulmans à la Renaissance. Acte du 37e colloque international du CERS (1994), Paris, H. Champion, 1998, p. 415-426.
-
[57]
Fr. Savary de Brèves, Discours abrégé, op. cit., p. 8.
-
[58]
Suraiya Faroqhi, The Ottoman Empire and the World Around It, Londres, I. B. Taurus, 2006.
-
[59]
G. Veinstein, « Entre Islam et Chrétienté : le monde à part des frontaliers », in A. Fuess, B. Heyberger (dir.), op. cit., p. 31-46.
-
[60]
Ibidem, p. 35.
-
[61]
Voir Colin Heywood, « The Frontier in Ottoman History: Old Ideas and New Myths », in Daniel Power et Naomi Standen (ed.), Frontiers in Question: Eurasian Borderlands, 700-1700, Londres, MacMillan Press, 1999, pp. 228-250, repris dans Colin Heywood, Writing Ottoman History.Documents and Interpretations, Aldershot, Ashgate, Variourum, 2002.
-
[62]
Sur le concept de barbare, voir Denis Crouzet, « Sur le concept de barbarie au xvie siècle », in La Conscience européenne au xve et au xvie siècle : actes du colloque international organisé à l’École Normale Supérieure de Jeunes Filles (30 septembre-3 octobre 1980), Paris, Collection de l’École Normale Supérieure de Jeunes Filles, 1982, p. 103-126. Voir aussi G. Poumarède, Pour en finir avec la croisade, op. cit., p. 5-79.
-
[63]
Fr. Savary de Brèves, Discours abrégé, op. cit., p. 46.
-
[64]
Ibidem, p. 14.
-
[65]
Ibidem, p. 29.
-
[66]
Ibidem, p. 32.
-
[67]
F. Braudel, La Méditerranée, op. cit., p. 233.
-
[68]
Henri Pigaillem, La Bataille de Lépante, Paris, Economica, 2003, voir annexe 1 : « Répartition des navires chrétiens avant la bataille ».
-
[69]
Michel Lesure, Lépante, la crise de l’Empire ottoman, Paris, Julliard, 1972.
-
[70]
Fr. Savary de Brèves, Discours abrégé, op. cit., p. 34-35.
-
[71]
Ibidem, p. 36.
-
[72]
Ibidem, p. 46 : « L’execution de ceste proposition, est une œuvre de Dieu ; s’il n’y met sa puissante main, et n’inspire nos Princes tant de l’une que de l’autre creance, il est impossible que les hommes y trouvent un acheminement. D’autre part, il se faudroit despouiller de toute sorte de mesfiance, n’entrer point en dispute sur la difference des Religions, n’estre point sur la démarche de la precedence, les uns avec les autres, ains seulement penser à battre ce puissant enemy ».
-
[73]
Ibidem, p. 36.
-
[74]
Ibidem, p. 37-38.
-
[75]
Ibidem, p. 45.
-
[76]
Benoist Pierre, art. cit.
-
[77]
M. J. Heath, op. cit., p. 63-64.
-
[78]
Fr. Savary de Brèves, Discours abrégé, op. cit., p. 42. L’arrangement avec la « créance » des Grecs est intéressant puisqu’elle prône une forme de communication proche de ce que pratique Venise dans son empire maritime, voir Cesare Santus, « La communicatio in sacris con gli scismatici », Mélanges de l’École française de Rome - Italie et Méditerranée modernes et contemporaines [En ligne], 126-2, 2014, mis en ligne le 01 décembre 2015, consulté le 22 mai 2019.
-
[79]
Alexandre Y. Haran, Le Lys et le Globe. Messianisme dynastique et rêve impérial en France aux xvie et xviie siècles, Seyssel, Champ Vallon, 2000. Ce thème s’inscrit cependant dans une longue tradition. Voir aussi Benjamin Lellouch, Stéphane Yérasimos (dir.), Les Traditions apocalyptiques au tournant de la chute de Constantinople. Actes de la Table Ronde d’Istanbul, 13-14 avril 1996, Paris, L’Harmattan, 2000.
-
[80]
Loys Le Roy, De la vicissitude ou varieté des choses, Paris, P. L’Huilier, 1575, f. 92vo-96vo.
-
[81]
Fr. de La Noue, op. cit., p. 464.
-
[82]
Qu’il nous soit permis de reprendre la formule de G. Poumarède, « Justifier l’injustifiable », art. cit.
-
[83]
Beaucoup de travaux font seulement référence au Discours abrégé de Savary de Brèves et ont tendance à oublier ou à minorer le Discours sur l’alliance. La thèse d’I. Petitclerc et le travail de M. J. Heath sur les écrits de la croisade ignorent le second traité. Faruk Bilici, quant à lui, note que les deux Discours apparaissent dans le même volume sans voir les interactions entre les deux textes : F. Bilici, « Les projets de croisade français contre l’empire ottoman au xviie siècle », in Jacques Paviot, Daniel Baloup, Benoît Joudiou (dir.), Les Projets de Croisade : géostratégie et diplomatie européenne du xive au xviie siècle, Toulouse, Presses universitaires de Mirail, p. 315-343. En revanche, G. Duverdier voit dans ces traités « les deux visages d’une même politique », en supposant que de Brèves espérait une éventuelle croisade mais soutenait une alliance comme une opportunité temporaire : G. Duverdier, « Les circonstances favorables à l’apparition d’impression pour l’Europe savante », in Camille Abousouan (dir.), Le Livre et le Liban jusqu’à 1900, Paris, UNESCO, 1982, p. 175-189 et plus particulièrement la p. 178.
-
[84]
Fr. Savary de Brèves, Discours abrégé, op. cit., p. 14.
-
[85]
Les relations diplomatiques entretenues avec les deux puissances avaient, dès l’origine, suscité un flot d’opinions largement négatif. Voir G. Poumarède, « Justifier l’injustifiable », art. cit.
-
[86]
Fr. Savary de Brèves, Discours sur l’alliance, op. cit., p. 3.
-
[87]
Ibidem, p. 5.
-
[88]
Idem.
-
[89]
Ibidem, p. 9.
-
[90]
Ibidem, p. 6.
-
[91]
Ibidem, p. 8.
-
[92]
Ibidem, p. 11-15.
-
[93]
La protection des chrétiens d’Orient par la France est mise en avant dans la plupart des études au début du xviie siècle. Il convient de s’interroger sur la signification du terme « chrétiens en Orient » ou « chrétiens d’Orient ». Jusqu’au xviie siècle, seuls les maronites sont rattachés à l’Église catholique. S’ils sont majoritaires dans le mont Liban, c’est loin d’être le cas ailleurs (chrétiens de rites grec, jacobites, arméniens, chaldéens, indépendants de Rome). Tous ces chrétiens, maronites inclus, sont les sujets du sultan. Organisés en millet (communauté), ces ẕimmīs ont leur propre législation, dans laquelle le roi de France n’a aucun rôle. La France exerce en revanche une certaine forme de protectorat sur les chrétiens venus d’Europe. Les nations qui ne bénéficient pas des capitulations naviguent sous pavillon français mais il s’agit d’un protectorat dans le domaine commercial qui n’est pas gracieux puisque les consulats perçoivent ainsi les taxes sur les marchandises de ces navires. Les articles 4 et 5 des capitulations accordées par Ahmet Ier reconnaissent au roi de France la protection de tous les pèlerins européens qui se rendent en Terre sainte. Cette protection ne s’applique qu’aux gens d’Église dépendants de la France. Toutefois, les capitulations ne parlent nulle part d’une protection sur les chrétiens orientaux, qui n’est donc pas de jure, mais plutôt une expression reflétant une ambition paternaliste, pour ne pas dire colonialiste, à l’encontre des chrétiens levantins présentés comme persécutés et qu’il faudrait protéger et délivrer du pouvoir ottoman. On assiste à une interprétation abusive : la protection des religieux latins accordée dans les traités s’étend à celle des catholiques jusqu’à l’auto-proclamation de la protection de tous les chrétiens orientaux, extension sémantique qui révèle un désir d’expansion coloniale. Voir Bernard Heyberger, Les Chrétiens du Proche-Orient au temps de la réforme catholique, Rome, École française de Rome, 1994, p. 241-271.
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[94]
Benjamin Z. Kedar, Crusade and Mission.European Approaches toward the Muslims, Princeton, Princeton University Press, 1984, B. Heyberger, Les Chrétiens du Proche-Orient, op. cit., p. 225-240 ; Jean Richard, La Papauté et les missionnaires d’Orient au Moyen-Âge (xiiie-xve siècles), Rome, École française de Rome, 1998.
-
[95]
Sur le développement des missionnaires, voir Guillaume de Vaumas, L’Éveil missionnaire de la France (d’Henri IV à la fondation du Séminaire des Missions étrangères), Lyon, Impr. Express, 1942.
-
[96]
Giovanni Pizzorusso, « Agli antipodi di Babelle : Propaganda Fide tra immagine cosmopolita e orizzonti romani (xvii-xix secolo) », in Luigi Fiorani, Adriano Prosperi (ed.), Storia d’Italia. Annali 16, Roma, la città del papa. Vita civile e religiosa dal giubileo di Bonifacio VIII al giubileo di papa Wojtyla, Turin, Einaudi, 2000, p. 477-518.
-
[97]
Voir Gérard Tongas, Les Relations de la France avec l’Empire ottoman durant la première moitié du xviie siècle, Toulouse, F. Boisseau, 1942, p. 43-63 et B. Heyberger, Les Chrétiens du Proche-Orient, op. cit., p. 185-208.
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[98]
Voir Aurélien Girard, « Entre croisade et politique culturelle au Levant : Rome et l’union des chrétiens syriens (première moitié du xviie siècle) », in Maria Antonietta Visceglia (ed.), Papato e politica internazionale nella prima età moderna, Rome, Viella, 2013, p. 419-437 et du même auteur, « Impossible Independance or Necesssary Dependency ? Missionnaries in the Near East, the “Protection” of the Catholic States and the Roman Arbitrator », in Massimo Carlo Giannini (ed.), Papacy, Religious Orders and International Politics in the Sixteenth and Seventeenth Centuries, Rome, Viella, 2013, p. 67-94.
-
[99]
Fr. Savary de Brèves, Discours sur l’alliance, op. cit, p. 5.
-
[100]
Ibidem, p. 5.
-
[101]
Stefania Nanni, « Figure dell’Impero turco nella Roma del Seicento », in B. Heyberger, Mercedes García-Arenal, Emanuele Colombo, Paola Vismara (ed.), L’Islam visto da Occidente. Cultura e religione del Seicento europeo di fronte all’Islam, op. cit., p. 187-213.
-
[102]
Fr. Savary de Brèves, Discours sur l’alliance, op. cit., p. 3-4.
-
[103]
Nous reprenons ici la formule de Jean Delumeau, La Peur en Occident : xive-xviiie siècles, une cité assiégée, Paris, Fayard, 1985.
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[104]
Sur le discours officiel adopté par la monarchie française à l’égard de l’Espagne, voir A. Y. Haran, op. cit., p. 250-257.
-
[105]
P. N. Miller, op. cit., p. 38.
-
[106]
Fr. Savary de Brèves, Discours sur l’alliance, op. cit., p. 9.
-
[107]
P. N. Miller, op. cit., p. 38-39.
-
[108]
Fr. de La Noue, op. cit., p. 439.
-
[109]
Fr. Savary de Brèves, Discours abrégé, op. cit., p. 47.
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[110]
Sur la question du conflit entre le séculier et le religieux dans la politique étrangère du royaume de France, voir William Farr Church, Richelieu and Reason of State, Princeton, Princeton University Press, 1972. Pour une approche plus récente, voir David J. Sturdy, Richelieu and Mazarin: A Study in Statesmanship, Basingstoke, Pelgrave MacMillan, 2004.
-
[111]
Voir Clara Dana Rouillard, The Turk in French History, Thought and Literature (1520-1660), Paris, Boivin et Companie, 1940.
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[112]
BnF, ms. fonds français 18075, Mémoires politiques et diplomatiques de François Savary de Brèves, f. 2ro.
-
[113]
Ibidem, f. 25ro.
-
[114]
Ibidem, f. 26vo.
-
[115]
BnF, ms. fonds 500 Colbert 351 : Copies des « letres et despeches de Monsieur de Brèves, pendant son ambassade de Rome depuis l’année 1608 jusques en 1614 », f. 4.
-
[116]
Ibidem, f. 32.
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[117]
Ibidem, f. 39.
-
[118]
Idem.
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[119]
Ibidem, f. 68.
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[120]
Ibidem, f. 69.
-
[121]
Ibidem, f. 226-227.
-
[122]
Matías de Novoa, Historia de Felipe IV, Rey de España dans Colección de Documentos Inéditos para la historia de España, Madrid, E. Ginesta, 1886, 77 vol.
-
[123]
Gédéon Tallemant des Réaux, Historiettes : mémoires pour servir à l’histoire du xviie siècle, éd. M. Monmerqué, de Chateaugiron et Taschereau, Paris, A. Levavasseur, 1834, t. 2, p. 11.
François Savary de Brèves, ambassadeur dans la capitale ottomane puis romaine et orientaliste, rédige deux traités politiques en apparence contradictoires. Écrits après sa mission diplomatique à Rome, il promeut une croisade anti-ottomane dans le premier alors que dans le second il défend l’idée d’une alliance avec la Sublime Porte, inacceptable pour les cours européennes. Ces écrits permettent de saisir le parcours et la pensée politique de ce diplomate, à l’aune des relations internationales et des crises religieuses qui ont marqué les États au xviie siècle.
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François Savary de Brèves, a French diplomat at the start of the 17th century, and his Turkish political project: between spirit of crusade, alliance and “raison d’État”
François Savary de Brèves, French ambassador in Constantinople, then Rome and orientalist, writes, in all appearances, two contradictory political treatises. Written after his diplomatic mission in Rome, he promotes an anti-ottoman crusade in the first while he defends in the second the idea of an alliance with the Sublime Porte, which is unacceptable to European courts. These writings allow us to comprehend the career and the political thought of this diplomat, in the light of international relations and religious crises that marked states in the 17th century.
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