Compte rendu

La comtesse de Sabran et le chevalier de Boufflers . Le lit bleu. Correspondance 1777-1785. Édition établie et présentée par Sue Carrell, Éditions Tallandier, 2009, 366 p.

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  • Duranton, H.
(2010). La comtesse de Sabran et le chevalier de Boufflers . Le lit bleu. Correspondance 1777-1785. Édition établie et présentée par Sue Carrell, Éditions Tallandier, 2009, 366 p. Dix-huitième siècle, 42(1), XXIII-XXIII. https://doi.org/10.3917/dhs.042.0721a23.

  • Duranton, Henri.
« La comtesse de Sabran et le chevalier de Boufflers . Le lit bleu. Correspondance 1777-1785. Édition établie et présentée par Sue Carrell, Éditions Tallandier, 2009, 366 p. ». Dix-huitième siècle, 2010/1 n° 42, 2010. p.XXIII-XXIII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-dix-huitieme-siecle-2010-1-page-XXIII?lang=fr.

  • DURANTON, Henri,
2010. La comtesse de Sabran et le chevalier de Boufflers . Le lit bleu. Correspondance 1777-1785. Édition établie et présentée par Sue Carrell, Éditions Tallandier, 2009, 366 p. Dix-huitième siècle, 2010/1 n° 42, p.XXIII-XXIII. DOI : 10.3917/dhs.042.0721a23. URL : https://shs.cairn.info/revue-dix-huitieme-siecle-2010-1-page-XXIII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/dhs.042.0721a23


1 La responsable de cette belle édition le reconnaît dans un sympathique et touchant avant-propos ; elle a consacré la presque totalité de son activité érudite à l’établissement de cette correspondance. Elle n’a pas lieu de le regretter. S’il en existait des éditions partielles, cet ensemble de lettres qui s’étend de 1777 à la mort du chevalier en 1815 est pour la première fois proposé en son entier à l’émerveillement du lecteur. L’expression galvaudée, reprise dans la présentation, d’« une des plus belles histoires d’amour du 18e siècle » est ici à prendre au pied de la lettre, à tel point qu’on pourrait la croire sortie tout droit de l’imagination d’un des meilleurs romanciers du temps. La séduisante comtesse de Sabran, veuve et mère de deux enfants, a 28 ans quand elle rencontre le chevalier de Boufflers, qui en a 11 de plus et qui s’est fait dans les salons une brillante réputation de bel-esprit, particulièrement doué pour trousser d’aimables petits vers. Le coup de foudre est immédiat et réciproque. Mais le malheur veut qu’elle soit riche et lui pauvre, du moins selon les critères du temps. Pas question de renoncer à son statut de chevalier de Malte et à des obligations militaires qui l’astreignent à de mornes séjours en de lointaines villes de garnison. Ils s’aimeront donc, d’abord de manière platonique, puis en viendront en 1781 à l’inévitable conclusion d’un attachement passionné, dont un certain lit bleu sera le témoin privilégié. Triste contrainte, le chevalier, promu gouverneur du Sénégal, devra peu après s’exiler pendant deux mortelles années, ce qui sera occasion de s’écrire de plus belle. Viendra enfin la Révolution qui bouleversera les fortunes. Devenus tous deux pauvres, plus rien ne s’oppose à un mariage ardemment désiré et enfin conclu en 1797. Le présent volume, premier d’une série de trois, a tout le charme des liaisons d’Ancien Régime et de leur insouciance pour les contingences politiques. Ces deux êtres merveilleusement doués pour l’écriture, tout absorbés dans leur contemplation réciproque, conjuguent le verbe aimer à tous les temps sans jamais se lasser, avec à l’occasion le piment d’une jalousie de bon aloi qui transforme en drame le moindre retard de la poste. Malgré d’inévitables redites, la lecture de ces lettres est un constant bonheur qui en fait attendre la suite avec impatience.

2 Henri Duranton


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Date de mise en ligne : 30/07/2010

https://doi.org/10.3917/dhs.042.0721a23