La remise en cause des frontières : une nouvelle représentation de la réalité européenne
- Par Claude Martin
Pages 35 à 40
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- MARTIN, Claude,
- Martin, Claude.
- Martin, C.
https://doi.org/10.3917/rsg.291.0035
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https://doi.org/10.3917/rsg.291.0035
Notes
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Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein
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La remise en cause des frontières : une nouvelle représentation de la réalité européenne.
Conférence organisée par le Réseau PGV et l’Université Internationale de Casablanca, Maroc, sous la direction de Claude Martin & Tawfiq Rkibi, Éditeur : UIC – PGV, ISBN 978-9954-99-136-7
1 Les frontières de l’Union européenne définies depuis 1997 par les accords de Schengen seront-elles remises en cause par les flux migratoires, le populisme, ou la volonté séparatiste de certains états ? Près de 420 millions d’habitants, vingt-deux États membres et quatre états non-membres [1] sont concernés. La conférence internationale du Réseau PGV, réunie à Casablanca du 14 au 16 septembre 2017 s’est interrogée sur la notion de frontière et sur les effets potentiels d’une remise en cause [2]. Ses travaux conduisent à deux constats et une question que nous aborderons tour à tour dans cet article : la frontière fait l’objet de visions multiples, plusieurs acteurs sont impliqués dans le processus de construction – déconstruction des frontières et le BREXIT fait-il planer une menace sur la construction européenne ?
1. La frontière fait l’objet de visions multiples
2 La première constatation faite par la Conférence de Casablanca est que la notion de frontière est plurielle et que sa finalité donne lieu à de multiples interprétations. Elle est un concept qui protège les citoyens de l’Union, une motivation pour y adhérer, une construction sociale, politique et culturelle, un cadre de valeurs, un enjeu pour l’entreprise et les travailleurs, un défi pour la communication ou plus simplement, un moyen de pouvoir pour les États.
3 Au sens politique et juridique, la frontière apparaît comme un concept qui protège et, par extension, évoque celui de mur. Des moyens considérables sont mobilisés aujourd’hui pour construire des murs qui provoquent l’indignation des sociétés civiles en Europe et en Amérique du Nord. Dans quels contextes ces murs peuvent-ils devenir des protections ou au contraire attiser les violences et faire naître des sentiments d’insécurité ? N’oublions pas que la grande Europe dans laquelle nous vivons s’est construite grâce à la destruction du mur de Berlin. Quels sont les enjeux symboliques des murs ? Quelles conséquences auront-ils sur les sociétés et sur le devenir du projet européen ? (E. Bogalska-Martin)
4 Les frontières de l’UE cristallisent la volonté d’accession des pays tiers, mais il faut se demander si l’Europe a la capacité de prendre en charge de nouvelles vagues d’élargissement sans faire l’analyse des expériences acquises et sans identifier les défis à venir (J. Horeháj et al.). Quels types de critères faut-il renforcer ? (M.G.R. Pagliacci) Doit-on conditionner l’adhésion aux simples critères géographiques ou est-il besoin de refondre l’article 49 du traité et permettre l’entrée de pays considérés comme incontournables en matière d’équilibres régionaux ? La frontière est le résultat d’une construction sociopolitique qu’on ne peut dissocier de ses aspects culturels sans pour autant en faire l’amalgame. Avec la dégradation de la situation au Moyen-Orient est née une volonté de garantie sécuritaire européenne, mais confondre les populations musulmanes avec la menace terroriste est un risque aggravé par l’égocentrisme de la société européenne et les rhétoriques populistes basées sur la crainte de l’autre (C. Ruff Escobar et A. Carrier).
5 Les Droits de l’Homme, la dignité humaine et la liberté, la démocratie et l’égalité devant la loi sont des valeurs fondamentales de l’UE qui doivent être comprises et respectées par tout pays candidat à l’adhésion et toute personne candidate à l’immigration. L’immigration, notamment, en provenance des pays musulmans vers des pays de l’Union européenne pourrait servir, non à attiser les peurs et les conflits, mais à favoriser le dialogue et l’intégration (C. Montesi). Le franchissement d’une frontière est interprété différemment selon les acteurs en cause. Les entreprises qui produisent des innovations sont souvent suivies par d´autres et génèrent une expansion économique (J. Dubovec et al.). L’immigration qui traverse les frontières peut être une réponse à la pénurie de travailleurs hautement qualifiés et au vieillissement des populations mais elle fait craindre une diminution des niveaux d’emplois et de salaire pour les populations locales, la nécessité de créer des infrastructures (logement, santé et services sociaux, éducation), sans parler du risque sécuritaire. Elaborer une politique migratoire exige une pleine compréhension du processus de l’immigration mais aussi des difficultés rencontrées par les migrants (A. Nowakowska et M.E. Sokolowicz). La frontière est remise en cause par le succès des nouvelles technologies de l’information et de la communication qui modifient la manière de gérer le quotidien et transforment les modes de consommation. Même si les modèles du numérique et de l’économie du partage ne sont pas acceptés unanimement, ils représentent des innovations sociales qui changeront la réalité de demain et déplaceront les frontières économiques entre les pays (E. Calvo et D. Alpi). La frontière permet enfin à certains dirigeants d’affirmer leur pouvoir, comme ce fut le cas de Viktor Orbán, fortement médiatisé dans l’espace public européen, lorsqu’il s’est saisi du contexte des attaques terroristes et de l’arrivée des migrants pour exprimer son refus du multiculturalisme et pour attaquer la politique migratoire de l’UE (R. Varga).
2. Plusieurs acteurs sont impliqués dans le processus de construction – déconstruction des frontières
6 La modification d’une frontière n’est jamais le fruit du hasard. L’Union européenne, les états membres, les pays tiers et les entreprises interviennent dans ce processus.
2.1. L’Union européenne : le poids des institutions
7 Depuis sa création, l’UE n’a cessé de s’élargir, dessinant, à chaque fois, une nouvelle carte de l’Europe avec un potentiel accru en termes de surface, de population et d’économie. Il s’agit d’un processus discontinu de déconstruction et reconstruction des frontières. Dans le même temps, l’Union européenne avec ses politiques industrielle, énergétique ou commerciale exerce une pression continue sur la géographie des frontières (A. Boyer). En cause, les objectifs prioritaires qui sont de maintenir un leadership mondial dans les secteurs stratégiques (M. Ulbrych) et d’assurer la sécurité énergétique des États membres (A. Pach-Gurgul). Tout cela requiert l’ouverture des marchés, une approche plus collective et une plus grande coopération aux niveaux régional et européen (S. Tirinzi et al.). Dans le domaine du commerce international, l’UE agit de façon récurrente sur les frontières lorsqu’elle fait appliquer les principes de libre circulation ou lorsqu’elle cesse de les faire appliquer, comme c’est le cas pour les produits « à double usage », utilisables dans les domaines civils et militaires (P. Terenziani et F. Martini).
2.2. Les états membres : des situations déséquilibrées
8 Bien que les exportations et les importations intracommunautaires aient augmenté (C. Anghelache et M-G. Anghel), les déséquilibres entre états subsistent au niveau des contributions au financement des projets européens (A. Manole). Ces derniers sont inutilisés pour des raisons diverses : lenteur du calendrier d’admission, difficultés d’absorption, facteurs politiques, économiques, commerciaux, bancaires ou professionnels (C. Anghelache et M-G. Anghel). D’autres déséquilibres touchent les systèmes éducatifs. Les universités européennes travaillent dans un environnement mondialisé caractérisé par une concurrence croissante pour attirer et retenir les talents exceptionnels (Ł. Sułkowski et J. Fijałkowska) et pourtant, elles ont moins à proposer et moins de ressources financières que leurs équivalents dans les autres pays développés, en particulier aux États-Unis. Pour rivaliser avec les meilleures universités du monde et assurer un niveau d’excellence durable, elles doivent tendre vers un modèle économique moins dépendant de l’état afin d’être présentes sur la scène internationale tout en évitant la marchandisation de leur système éducatif (V. Kitova Mazalánová et al.). Enfin, la politique urbaine dépend de l’image de la ville. Son identité se construit dans un contexte local, national, régional et européen. Les changements récents dans les frontières de l’UE ont fait peser une pression supplémentaire sur des villes, notamment en Europe de l’Est, dont les images non consolidées, mal maîtrisées pourraient affecter leur statut, leur coopération et leur compétitivité (A. Zait et al.).
9 Ces déséquilibres seraient moindres si les nouveaux États membres savaient mieux travailler dans les processus de l’UE, engager une politique axée vers des financements plus importants et proposer des projets ambitieux. L’Union ne se substitue pas aux états. Elle encourage les échanges équitables où les négociations se font avec l’ensemble. Les problèmes particuliers sont difficiles à traiter, mais l’UE doit les considérer dans leurs spécificités et encourager la réciprocité des échanges.
2.3. Les pays tiers : proximité géographique ou proximité économique
10 Les pays tiers, en raison de leur proximité géographique ou économique jouent un rôle dans le renforcement ou l’effacement des frontières de l’Union. La Conférence s’est penchée sur les raisons qui poussent certains pays, éloignés géographiquement, à investir dans l’Union européenne et celles qui incitent l’Europe à développer des liens de coopération avec des régions proches mais dont les économies reposent sur des principes éloignés des valeurs européennes. Proximité économique et proximité géographique sont deux facettes très différentes du commerce international.
11 Les pays géographiquement éloignés de l’Europe et qui investissement sur ce continent sont des exemples intéressants dans la phase actuelle de mondialisation. C’est le cas de la Chine dont l’expansion internationale est dynamique et atypique et dont les investissements sur le territoire européen s’expliquent par une logique politico-économique. La montée en puissance de la Chine comporte des risques pour l’Union européenne, à l’heure où l’économie chinoise développe des produits à forte valeur ajoutée, faisant concurrence aux fabricants européens et prévoit, pour 2025, des subventions et des incitations fiscales pour les zones à forte innovation technologique (S. Bonifazi et A. Melasecche-Germini). Les investissements entre l’Europe et la Chine devraient être rééquilibrés dans le sens d’une plus grande réciprocité : protéger l’investissement européen, réduire les barrières à l’entrée et favoriser les flux d’investissements. Selon une autre logique, l’Union européenne renforce sa coopération avec des pays proches géographiquement, en raison de liens historiques, culturels, économiques et politiques. C’est le cas des pays du Maghreb. Dans cette perspective, le partenariat euro-méditerranéen rassemble les États membres de l’Union Européenne et plusieurs pays méditerranéens dans le cadre d’un programme qui vise à promouvoir la prospérité économique et la résolution des conflits en créant une zone de libre-échange (M.G.R. Pagliacci et F. Rossi). La coopération s’étend aux domaines de la justice, de la migration et de l’inclusion sociale (A. Barbulescu et G. Silasi). L’implication des pays tiers dans la problématique des frontières se manifeste aussi par les transferts d‘argent des migrants en direction de leur pays d’origine. Les états encouragent ce type de flux financiers, mais il faut savoir que ces transferts ne sont pas des substituts aux flux d´aide publique au développement, encore moins aux flux d´investissements étrangers (M. Privarova et A. Privara).
2.4. Les entreprises : éthique, exportation, nouveaux modèles commerciaux
12 Pour une entreprise, toute frontière est perçue comme obstacle ou opportunité selon le contexte réglementaire et commercial dans lequel elle s’inscrit. De nouveaux modèles organisationnels apparaissent ou sont en voie d’émergence. Ils vont dans le sens de l’internationalisation (PME), voire, de la globalisation des entreprises et de leur adaptation à de nouveaux contextes sociaux (économie sociale et solidaire), culturels (économie islamique) ou technologiques (Internet).
2.4.1. Les PME et les obstacles à l’exportation
13 Certaines études font valoir que la difficulté d’exporter est liée à la taille des PME, tandis que d’autres montrent qu’elles sont capables de réussir sur des marchés internationaux. En Slovaquie, on cherche à promouvoir l’internationalisation des PME en leur proposant des programmes de soutien (G. Kormancova). En France, l’internationalisation des PME se fait à travers les normes européennes qui encouragent les comportements collaboratifs et permettent aux PME d’obtenir une labellisation ainsi qu’un accès au marché mondial. La négociation entre les acteurs européens permet, malgré des divergences industrielles, de parvenir à une normalisation commune dans laquelle les clients sont présents et constituent le socle éthique de la réalisation des normes. Participer à la normalisation c’est apprendre, ensemble, à aborder les marchés internationaux à moindre coût, enjeu crucial pour les PME (G. Pellat et C. Peyroux).
2.4.2. L’entreprise sociale et les solidarités
14 L’entreprise sociale est une entreprise engagée qui fonde son modèle sur une économie solidaire dans laquelle les citoyens ont une attitude responsable. Elle implique un engagement fort des clients, permet de fournir des emplois à des populations exclues et rendre leurs statuts acceptables. Le développement social met en œuvre des méthodes de gestion modernes qui permettent d’utiliser le capital social comme ressource économique et assurent la participation des communautés locales dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de développement (J. Kita et al.). Le « business social » est devenu une nouvelle forme de concurrence sur certains marchés comme la santé et la diététique (F. Martini et P. Terenziani). Le « modèle capitalistique » traditionnel qui prend en compte le capital humain peut s’inspirer des solidarités qui caractérisent le modèle islamique (C. Montesi). De même, l’entreprise islamique, dans ses relations avec les banques, peut tirer profit des modèles capitalistes d’évaluation du risque et accéder à des financements (S. Haj Khlifa et X. Richet).
2.4.3. Internet et le modèle technologique
15 Le mélange des modes de vie et l’uniformité croissante des goûts des consommateurs et des comportements d’achat minimisent progressivement l’importance des limites géographiques et politiques en Europe. Internet offre de nombreuses opportunités pour le développement des entreprises. Bien que les technologies de l’information et de la communication soient très répandues, elles auraient, selon Eurostat, un effet limité sur le commerce international en raison de l’existence de barrières économiques, psychologiques et sociales (M. Grębosz et J. Otto). Des recherches conduites en Allemagne, Belgique, Finlande, France, Hongrie, Pologne, Roumanie et Slovaquie fournissent des informations utiles pour les stratégies de marketing des entreprises (G. Maciejewski et M. Malinowska). Elles montrent que les consommateurs donnent une priorité à des produits locaux connus, notamment dans le secteur agro-alimentaire. La confiance créée par la proximité et la satisfaction à utiliser le produit se substitue à l’opportunité du prix que proposent les comparaisons fournies par Internet (E. Frackiewicz). Cela dit, l’Europe n’est pas un territoire égalitaire au regard des achats sur Internet.
3. Le BREXIT fait-il planer une menace sur la construction européenne ?
16 Avec les multiples adhésions dont elle a fait l’objet, l’UE est devenue politiquement plus forte, mais aussi plus diversifiée. Cette hétérogénéité n’a jamais été remise en cause mais, avec la mondialisation, elle a entraîné un changement d’attitude des états en faveur du protectionnisme et parfois du nationalisme. Le BREXIT doit être interprété dans ce contexte. Pour la plupart des États membres de l’UE et pour la Grande-Bretagne, le BREXIT est une source de préoccupation majeure. Ses conséquences internationales et mondiales ne sont pas encore visibles mais on sait qu’elles concerneront à des degrés divers : le commerce international, l’enseignement et la recherche, l’immigration, le travail et l’organisation territoriale (J. Motta et M. Barbosa).
3.1. Relations commerciales avec les pays tiers
17 Les conséquences commerciales du BREXIT se font déjà sentir en Grande-Bretagne et expliquent sans doute la lenteur de la procédure de sortie de l’Union. Toutefois, l’hypothèse selon laquelle le BREXIT affaiblirait les relations commerciales entre la Grande-Bretagne et des pays tiers n’est pas vérifiée. En ce qui concerne l’Afrique du Sud (RSA), partenaire britannique le plus important, l’analyse des échanges entre les deux pays, de 1962 à 2015, a montré que ceux-ci étaient plus importants avant l’adhésion (P. Folfas et J. Garlinska-Bielawska).
3.2. L’intégration du Royaume-Uni dans l’espace européen de l’enseignement supérieur
18 Le Brexit ne remet pas en cause l’adhésion du Royaume-Uni au Processus de Bologne. L’inquiétude des universités britanniques est relative à leur participation aux dispositifs de financement européen. Comment le système d’enseignement supérieur et de recherche britanniques s’adaptera-t-il à une restriction budgétaire ? Il faut se demander également si l’Europe pourra se passer du potentiel britannique (T. Come et G. Rouet).
3.3. Flux migratoires, populisme, violation des valeurs fondamentales
19 Des défis extérieurs et intérieurs affectent la stabilité et l’unité de l’UE. Plusieurs États membres souffrent de manière disproportionnée de l’afflux des migrants, le populisme progresse, des gouvernements participent à des discussions sur la violation des valeurs fondamentales et des principes de l’UE. Une réforme de l’Union européenne est indispensable pour répondre aux plus grands défis auxquels l’Europe unie est actuellement confrontée (M. Slupinska).
3.4. Libre circulation des travailleurs
20 La libre circulation des travailleurs en Europe a eu des effets positifs pour l’économie, l’état et les citoyens. L’émigration polonaise en Allemagne et au Royaume-Uni a suscité des craintes mais l’analyse des flux migratoires, notamment, de la Pologne vers l’Allemagne a montré qu’elles n’étaient pas fondées. Le principe de libre circulation, très controversé, serait utilisé comme un bouc émissaire qui justifie les difficultés récentes de l’UE (M. Czerminska et A.F. Modrzewski).
3.5. Différences dans l’organisation territoriale
21 La pratique administrative des Etats membres est le résultat de leur histoire, des processus socio-politiques et économiques et de l’idéologie dominante. Au Royaume-Uni, elle s’explique par une tradition d’autonomie et par des spécificités territoriales (J. Kwasny). De ce point de vue, le BREXIT apparaît comme la conséquence naturelle d’une asymétrie. : l’exemple du gouvernement local britannique montre que le Royaume-Uni ne correspond pas à l’UE.
Conclusion
22 La sortie du Royaume-Uni aura des conséquences sur l’ensemble de la construction européenne. Elle risque de compromettre l’intégrité du Royaume-Uni (M. Belattaf et S. Belattaf). Si la crise actuelle est liée à la migration vers l’Europe, l’Union européenne doit trouver des solutions à ce problème d’origine externe et le résoudre à l’intérieur de ses frontières. Ce faisant, elle doit offrir quelque chose d’unique : une capacité à vivre dans la diversité en acceptant les différences culturelles, linguistiques et sociales (A. Ferri et V. Rinaldi). Les divergences économiques et financières dans l’UE, la compétitivité des entreprises, des institutions et des villes sont des questions importantes pour l’agenda européen.
23 Au-delà des crises, on peut déceler des phénomènes qui participent à l’élaboration d’une Europe sans frontières. Le financement participatif, véritable mécénat des temps modernes, est encouragé par la Commission européenne qui a nommé un réseau d’experts (M. Bourdon). Les villes doivent devenir compétitives et intelligentes, les compétences dites « civilisationnelles » sont plus importantes que jamais. Face aux défis contemporains, l’UE peut choisir plus d’intégration, ce qui implique un pouvoir décisionnel unique ou plus de coopération, ce qui revient à donner aux États membres plus de latitude dans leurs décisions. La première option ferait de l’Europe un acteur politique mondial. La seconde, plus exigeante au niveau des États membres, offrirait la chance d’une adaptation plus évolutive et d’un développement effectif. Réduire les tensions internes peut constituer un meilleur moyen de protéger le cœur de l’Union – son marché intérieur, assurant ainsi la paix et la prospérité (A. Mroczek). Réduire les disparités régionales des États membres fait partie de la politique de cohésion (M. Horehajova et al.). Dans le contexte du BREXIT, il est utile de connaître, non seulement, l’histoire de cette politique, mais aussi ses résultats car l’attitude de la Grande-Bretagne par rapport au financement de la politique de cohésion laisse imaginer les problèmes qui pourraient apparaître dans l’avenir.
Références
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Mots-clés éditeurs : acteurs, BREXIT, frontières, remise en cause, Union européenne
Date de mise en ligne : 25/10/2018
https://doi.org/10.3917/rsg.291.0035