Préambule – La défense française honore ses engagements aux côtés de nos partenaires africains
Pages 11 à 14
Citer cet article
- LE DRIAN, Jean-Yves,
- Le Drian, Jean-Yves.
- Le Drian, J.-Y.
https://doi.org/10.3917/rdna.792.0011
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- Le Drian, J.-Y.
- Le Drian, Jean-Yves.
- LE DRIAN, Jean-Yves,
https://doi.org/10.3917/rdna.792.0011
1 Lorsque les chefs d’État et de gouvernement se sont retrouvés au Sommet de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique, les 6 et 7 décembre 2013, ils ont eu l’occasion de réaffirmer leur attachement à la sécurité collective sur le continent africain.
2 Nous sortions alors d’une grave crise qui avait porté atteinte à la sécurité des Maliens et à l’intégrité territoriale de ce pays ami. À la demande des autorités maliennes, la France a pris des engagements forts dans le domaine de la défense afin d’appuyer le retour à la stabilité et la lutte de nos partenaires africains contre la menace terroriste dans l’ensemble de la zone saharo-sahélienne. Depuis lors, le 1er août 2014, l’opération Barkhane a pris la suite de l’opération Serval sur un théâtre d’opérations aussi vaste que l’Europe.
3 Nous étions également aux prémices d’un autre engagement militaire d’importance avec le déploiement de la Force Sangaris en République centrafricaine. Lorsque le président de la République avait annoncé, la veille de l’ouverture du Sommet de l’Élysée, l’envoi de troupes françaises, la Centrafrique était en proie au chaos et au bord de situations pré-génocidaires. Sangaris a réussi en deux années à ramener la sécurité, à empêcher l’inacceptable de survenir et a permis d’appuyer le retour de la démocratie et de la paix civile.
4 Que ce soit au Mali ou en RCA, l’engagement des troupes françaises s’est fait dans le cadre d’un mandat donné par le Conseil de sécurité des Nations unies et a permis le déploiement de missions de stabilisation de l’ONU de grande ampleur et avec des contributions en forces africaines importantes.
La nécessité de répondre collectivement au défi du terrorisme
5 La lutte contre le terrorisme et les forces centrifuges est non seulement un sujet qui nous mobilise collectivement mais c’est également un enjeu de coopération régionale. Le président Macky Sall l’avait rappelé au Forum de Dakar en 2015 : « Lutter efficacement contre le terrorisme en Afrique, c’est aussi développer des solutions régionales ».
6 Le 16 février 2014, les Présidents du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie ont décidé la création du G5 Sahel. Aujourd’hui, le G5 représente un cadre incontesté pour la mise en place d’actions régionales en matière de sécurité et de défense. Les décisions prises lors du Sommet de Ndjamena, en novembre 2015, sont à cet égard particulièrement structurantes. Elles doivent permettre l’accroissement de l’interopérabilité des forces armées et de sécurité intérieure des pays du G5, développer leur niveau de formation et renforcer les capacités de déploiement de troupes.
7 Là encore, la France est au rendez-vous, en apportant l’appui souhaité par ses partenaires grâce au soutien direct de la Force Barkhane. Avec plus de 3 000 militaires déployés, elle participe aux opérations conjointes menées dans les zones frontalières et contribue ainsi à la régionalisation de la réponse aux défis lancés par les groupes armés terroristes à l’ensemble des États de la région.
8 De même, dans la lutte contre Boko Haram, la France est résolument engagée en appui de la Force multinationale mixte (FMM) créée début 2015 dans le cadre de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT). Que ce soit par l’échange de renseignements, par l’appui apporté au sein de la cellule de coordination et de liaison basée à Ndjamena ou encore avec des formations dispensées aux forces de la FMM, la France est résolument aux côtés de ses partenaires dans la lutte contre le terrorisme.
L’action collective, un démultiplicateur d’efficacité
9 Grâce à un dispositif militaire réorganisé sur l’ensemble du continent, la France contribue à la formation ou à l’entraînement de plus de 20 000 militaires de différents pays africains chaque année. De nombreux contingents, engagés dans les missions exigeantes de l’Union africaine ou des Nations unies, peuvent ainsi bénéficier avant projection, à la demande de leur gouvernement, de l’assistance et de l’expertise française dans le domaine de la défense. Du savoir-faire au savoir être en opération, des capacités techniques (forces spéciales, lutte contre les engins explosifs improvisés, troupes parachutistes, etc.) au comportement éthique, les formations dédiées viennent en complément du dispositif performant de formation proposé par les écoles nationales à vocation régionale (ENVR).
10 L’appui au développement des capacités africaines de défense et de réponse aux crises passe également par la mobilisation des politiques et instruments de l’Union européenne, que ce soit par la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ou par la recherche de financements venant soutenir les efforts d’équipement des forces africaines.
11 Depuis avril 2013, la mission de formation et de conseil stratégique de l’UE au Mali (EUTM Mali) a permis la formation de plus de 8 000 officiers, sous-officiers et hommes de troupe, et appuyé le travail conduit par le gouvernement malien de réforme de la défense, avec l’adoption d’une loi de programmation ambitieuse. La mission de l’UE poursuit son soutien de la mise en œuvre des accords d’Alger, en appui de la Minusma, avec l’adoption d’un nouveau mandat en mai 2016 qui lui permet désormais d’envisager la formation de cadres militaires des pays du G5 Sahel.
12 De juillet 2014 à mars 2015, l’opération EUFOR RCA aura permis d’appuyer la Force Sangaris et le déploiement de la Minusca en contribuant à sécuriser des quartiers sensibles de Bangui. Relayée par une mission de conseil stratégique (EUMAM RCA), elle laisse désormais la place à – compter du 16 juillet 2016 – à une nouvelle mission de formation et de conseil stratégique de l’UE (EUTM RCA) qui vient appuyer la réforme des forces armées centrafricaines.
13 Enfin, la France est fermement engagée, toujours en soutien de ses partenaires africains et dans une logique d’intégration régionale plus poussée, dans l’appui au Processus de Yaoundé et à la mise en place de structures adéquates pour assurer une réponse soutenable et efficace dans la durée aux enjeux de l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée. Ce sujet de la sécurité maritime en Afrique sera au cœur du Sommet de l’UA à Lomé, le 15 octobre prochain.
14 Aujourd’hui, si nous pouvons envisager la fermeture de Sangaris, annoncée par le président de la République, et regarder de l’avant avec les Centrafricains, c’est bien la démonstration que les outils de défense et de coopération militaire que la France bâtit et remodèle sans relâche avec ses partenaires africains sont efficaces et utiles. Ils restent à la disposition des États et des organisations régionales. Ils visent à appuyer leurs propres efforts en faveur du développement de capacités de réponse aux crises autonomes des Africains.
Christopher Clapham
« The changing world of regional integration in Africa », in C. Clapham, G. Mills, A. Morner & E. Sidiropoulos (eds), Regional integration in Southern Africa: Comparative International Perspectives, Johannesburg, SAIIA, 2001, p. 59.