Compte rendu

Muriel DÉTRIE (Textes réunis et présentés par), France-Asie. Un Siècle d’échanges littéraires. Paris : Librairie You Feng, 2001, 405 pages

Page IX

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  • Moura, J.-M.
(2003). Muriel DÉTRIE (Textes réunis et présentés par), France-Asie. Un Siècle d’échanges littéraires. Paris : Librairie You Feng, 2001, 405 pages. Revue de littérature comparée, n o 306(2), IX-IX. https://shs.cairn.info/revue-de-litterature-comparee-2003-2-page-IX?lang=fr.

  • Moura, Jean-Marc.
« Muriel DÉTRIE (Textes réunis et présentés par), France-Asie. Un Siècle d’échanges littéraires. Paris : Librairie You Feng, 2001, 405 pages ». Revue de littérature comparée, 2003/2 n o 306, 2003. p.IX-IX. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-de-litterature-comparee-2003-2-page-IX?lang=fr.

  • MOURA, Jean-Marc,
2003. Muriel DÉTRIE (Textes réunis et présentés par), France-Asie. Un Siècle d’échanges littéraires. Paris : Librairie You Feng, 2001, 405 pages. Revue de littérature comparée, 2003/2 n o 306, p.IX-IX. URL : https://shs.cairn.info/revue-de-litterature-comparee-2003-2-page-IX?lang=fr.

1 Comme le remarque Muriel Détrie en ouverture de ce beau volume, les littératures asiatiques et les lettres françaises, loin de s’ignorer, entretiennent aujourd’hui des échanges réciproques, multiples et fructueux. C’est pourquoi cet ouvrage, né des travaux de l’Équipe de Recherche « Littérature et Extrême-Orient » (Universités de Paris III et de Paris IV), constitue un bilan provisoire mais ouvrant de nombreuses pistes de recherches à propos d’un siècle d’échanges littéraires particulièrement riche. Il ne saurait être question de rendre compte des vingt-huit contributions réparties en deux grands massifs, « Traduction, édition, critique » et « Intertextualité, réécriture, représentation », mais uniquement de souligner les aspects majeurs de cet ouvrage. La première partie aborde les problèmes désormais mieux connus des études de traduction. On sait que plus un texte appartient à une culture lointaine, et plus le traducteur aura tendance à s’inscrire dans un contexte interprétatif pré-construit et parfois figé. La question des genres, éminemment différents d’une tradition littéraire à l’autre, expose ainsi les traducteurs à des choix qui peuvent s’avérer réducteurs. C’est ce que montrent Cécile Sakaï à propos de la littérature populaire japonaise, Jeanne Sigée pour certaines œuvres dramatiques japonaises et M. Détrie avec le cas de la traduction des contes de Pu Songling en France. L’édition et la réception des lettres asiatiques dans notre pays ont été peu explorées alors que le domaine ne cesse de gagner en ampleur dans ce monde « global ». Diverses perspectives diachroniques permettent d’en rendre compte. Annie Curien s’intéresse à la littérature chinoise contemporaine en France, Georges Gottlieb esquisse une histoire des traductions françaises du roman japonais moderne, Dominique de Gasquet revient sur la réception de Mishima, tandis que Georges Voisset évoque la présentation de la littérature d’Asie du Sud-Est dans le Monde. La Corée n’est nullement oubliée grâce à Patrick Maurus et Jeong Eun-jin. En sens inverse, l’étude de la réception des lettres françaises en Asie réserve elle aussi quelques surprises. Il est à la fois amusant et salutaire pour l’orgueil national de voir comment est lue et interprétée notre littérature en Thaïlande (Frédéric Maurel), à Taïwan (Esther Lin), par la critique académique chinoise (Xu Shuang), ou de quelle façon se manifeste sa présence dans la nouvelle littérature tibétaine (Lara Maconi). La seconde partie traite d’objets plus familiers aux comparatistes : thèmes et/ou influences asiatiques sur des écrivains français (Pascal Quignard lu par Philippe Postel, Marius-Ary Leblond et les mythes hindous par Jean-Claude Marimoutou, Raymond Queneau par Yvan Daniel), relations de certains écrivains d’Asie à la littérature française (Zhang Yinde et Annie Curien abordent le roman chinois contemporain, Philippe Forest évoque Ôe Kenzaburô) et même la littérature enfantine n’est pas oubliée (Isabelle Nières-Chevrel s’intéresse aux images qu’elle donne de la Chine tandis que Sylvie Guichard-Anguis évoque la littérature enfantine japonaise qui connaît actuellement un succès certain dans notre pays).

2 L’ensemble du volume constitue donc une base de travail nécessaire tant pour les spécialistes des lettres d’Asie, qui feront leur profit des données précises fournies sur les conditions d’édition et de réception des traductions, que pour les comparatistes travaillant dans les domaines de l’imagologie, de l’exotisme et de l’histoire des relations littéraires entre l’Extrême-Orient et l’Occident (on pourra à cet égard se reporter au numéro 1-2001 de la RLC ) à une époque où les dynamiques intellectuelles et lettrées se développent à l’échelle de la planète.

3 Jean-Marc MOURA