Article de revue

Jacques Leschassier, Senlis et les libertés de l'Eglise gallicane (1607)

Pages 445 à 466

Citer cet article


  • Amalou, T.
(2009). Jacques Leschassier, Senlis et les libertés de l'Eglise gallicane (1607) Revue de l'histoire des religions, Tome 226(3), 445-466. https://doi.org/10.4000/rhr.7277.

  • Amalou, Thierry.
« Jacques Leschassier, Senlis et les libertés de l'Eglise gallicane (1607) ». Revue de l'histoire des religions, 2009/3 Tome 226, 2009. p.445-466. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-de-l-histoire-des-religions-2009-3-page-445?lang=fr.

  • AMALOU, Thierry,
2009. Jacques Leschassier, Senlis et les libertés de l'Eglise gallicane (1607) Revue de l'histoire des religions, 2009/3 Tome 226, p.445-466. DOI : 10.4000/rhr.7277. URL : https://shs.cairn.info/revue-de-l-histoire-des-religions-2009-3-page-445?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/rhr.7277


Notes

  • [1]
    Jacques-Auguste de Thou, Histoire universelle, La Haye, t. X, 1740, p. 229.
  • [2]
    Mémoires-journaux de Pierre de L'Estoile, éd. Gustave Brunet et alii (1875), rééd. Paris, 1982, t. IX, p. 19.
  • [3]
    Jacques Leschassier, De la liberté ancienne et canonique de l'Eglise gallicane aux cours souveraines de France, Paris, chez Claude Morel, 1606.
  • [4]
    Corrado Vivanti, Lotta politico e pace religiosa in Francia fra Cinque et Seicento, Turin, 1963.
  • [5]
    Marc Venard, « Le projet d'un nouveau concile dans la France d'Henri IV », Autour du concile de Trente, Saint-Etienne, 2006, p. 51. Alain Talion, Conscience nationale et sentiment religieux en France au xvie siècle. Essai sur la vision gallicane du monde, Paris, PUF, 2002, p. 137-138, montre qu'au-delà des divergences entre les différents types de gallicanisme (royal, parlementaire, ecclésiastique), existe un « socle commun ». Outre la tradition conciliaire, se dégage l'idée d'une « Église universelle... composée d'Églises particulières en communion les unes avec les autres sous la puissance spirituelle (et non temporelle) du pape ».
  • [6]
    Pierre-Philippe Leschassier, écuyer, conseiller et secrétaire du roi avait épousé Claude Miette, fille de Jean seigneur de Bois-Raoul près d'Amiens, voir François Aubert de la Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, tome 6, Paris, rééd. 1980, p. 893.
  • [7]
    Jacqueline Boucher, La cour de Henri III, Rennes, 1986, p. 139 ; Mark Greengrass, Governing Passions. Peace and Reform in the French Kingdom, 1576-1585, Oxford, 2007, p. 46. Leschassier fit partie de l'ambassade de Pibrac en Pologne.
  • [8]
    Nous ignorons malheureusement le degré de parenté entre Jacques Leschassier et Jean Leschassier, conseiller au Châtelet qui épouse Marie, fille de Pierre Pithou (Dictionnaire de la noblesse..., t. 6, p. 892).
  • [9]
    Sur le mos gallicus et l'école de droit français, voir Donald Kelley, Foundations of Modem Historical Scholarship: Language, Law, and history in the French Renaissance, New-York et Londres, 1970.
  • [10]
    Les Œuvres de M. Jacques Leschassier..., pièces liminaires : Elogium Iacobi Leschassieri IC parisensis.
  • [11]
    D. Kelley, op. cit., p. 256.
  • [12]
    Le discours serait contemporain de l'assemblée des notables de 1596, voir Roland Mousnier, La Vénalité des offices sous Henri IV et Louis XIII, Paris, 1971, p. 558.
  • [13]
    BnF, coll. Dupuy, ms 240, n° 150 : « remontrance de Leschassier au roi sur les rentes », éditée dans Les Œuvres... (p. 243) avec la remontrance du prévôt des marchands François Miron sur le même sujet.
  • [14]
    Sylvio Hermann De Franceschi, « La genèse française du catholicisme d'État et son aboutissement au début du ministériat de Richelieu. Les catholiques zélés à l'épreuve de l'affaire Santarelli et la clôture de la controverse autour du pouvoir pontifical au temporel », Annuaire bulletin de l'histoire de France (année 2001), 2003, p. 24-25.
  • [15]
    Mémoires-journaux de Pierre de L'Estoile, t. 8, p. 258 (nov. 1606).
  • [16]
    Pietro Priuli souhaitait rassembler les écrits français parlant « de l'excommunication, de l'autorité du pape et de ses entreprises », voir C. Vivanti, Guerre civile et paix religieuse dans la France d'Henri IV, Paris, 2006, p. 164-165.
  • [17]
    Philippe Denis, « Edmond Richer, protestant malgré lui ? », in De l'humanisme aux Lumières, Bayle et le protestantisme. Mélanges en l'honneur d'Elisabeth Labrousse, Paris-Oxford, 1996, p. 343-358. Dès 13 septembre 1606, Richer avait promis à Priuli d'écrire en faveur de Venise : Gaetano Cozzi, Paolo Sarpi tra Venezia e l'Europa, Turin, 1979, p. 74 n. 25.
  • [18]
    William J. Bouwsma, « Gallicanism and the Nature of Christendom », in Renaissance Studies in honor of Hans Baron, éd. A. Molho et J. Tedeschi, Dekalb (III), Northern Illinois University Press, 1971, p. 308-324.
  • [19]
    Mémoires-journaux de Pierre de L'Estoile, t. 8, p. 261-262.
  • [20]
    BnF, coll. Dupuy, ms 251 : copie de Pierre Dupuy des lettres latines de Sarpi à Leschassier du 7 septembre 1607 au 23 juillet 1613 ; voir Boris Ulianich, Lettere ai gallicani-Paolo Sarpi, Wiesbaden, 1961. Sur le protestant Jérôme II Groslot de l'Isle, voir Eugène et Emile Haag, La France protestante, Paris, 1846-1859, rééd. Genève, 1966, t. 5, p. 371.
  • [21]
    Gaetano Cozzi, Paolo Sarpi tra Venezia e l'Europa, Turin, 1979, p. 115. En effet, tous les nouveaux correspondants français de Sarpi en 1607 sont aussi des amis d'Isaac Casaubon. BnF, ms Dupuy 251 : copie de Pierre Dupuy des lettres latines de Sarpi à Leschassier du 7 septembre 1607 au 23 juillet 1613.
  • [22]
    Jacques Leschassier, De la liberté ancienne et canonique..., p. 29.
  • [23]
    Joseph Leclerc, « Qu'est-ce que les libertés de l'Église gallicane ? », Recherches de science religieuse, xxiii, 1933, p. 556, montre que Leschassier s'appuie sur le huitième canon d'Éphèse qui s'opposait aux prétentions de l'évêque d'Antioche à ordonner les évêques de Chypre. Le retranchement de ce canon à la législation canonique ultérieure relèverait d'une « conspiration romaine ». Le travail de restitutio de Leschassier consiste alors à transférer le principe de ce canon (et du code primitif auquel il se rattache) aux relations de l'Église gallicane avec le pape.
  • [24]
    Noël Valois, Inventaire des arrêts du Conseil d'État (règne de Henri IV), Paris, Imprimerie nationale, 1886,1.1, p. 69 n° 1120 : Nicolas I Barthélémy, procureur du roi au bailliage de Senlis obtient une rente de 200 écus jusqu'à remboursement de la somme avancée par lui au roi (14 juillet 1594).
  • [25]
    Nicolas Barthélémy, Apologie du banquet sanctifié de la fête des rois, Paris, 1664, épître dédicatoire.
  • [26]
    Thierry Amalou, Le lys et la mitre. Loyalisme monarchique et pouvoir épiscopal à Senlis pendant la Ligue (vers 1580-vers 1610), Paris, Éditions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 2007.
  • [27]
    C'est la déclaration de Senlis du 20 mars 1594 dans laquelle le roi exprime sa clémence et sa volonté de réunir tous ses sujets dans la paix : le texte de cette déclaration fut distribué par les troupes royales lors de l'entrée d'Henri IV à Paris le 22 mars 1594, voir à ce sujet Marthe Vallès-Bled (dir.), 1594 Le sacre d'Henri IV à Chartres, Chartres, 1994, p. 266.
  • [28]
    Thierry Amalou, Une concorde urbaine. Senlis au temps des réformes (1520-1580), Limoges, Presses universitaires de Limoges, 2007, p. 177-270.
  • [29]
    Scourion de Beaufort, « Les Loisel, une famille de lieutenants généraux du bailliage de Senlis, xvie-xviiie siècles », Mém. Soc. hist. arch, de Senlis, t. III, 1899, p. 24.
  • [30]
    Jean-Philippe Loisel devient archidiacre le 10 mai 1602 : Arch. dép. Oise, G 2022.
  • [31]
    Antoine Rose, docteur en droit canon, fils de Nicolas Rose secrétaire de la chambre du roi et neveu du précédent évêque Guillaume Rose, n'était âgé que de 26 ans lorsqu'il reçoit ses bulles de provision (12 novembre 1601). Il permute son siège avec celui de Clermont alors occupé par François de La Rochefoucauld le 1er mars 1610. Voir Joseph Bergin, The Making of the French Episcopate 1589-1661, New Haven et Londres, 1996, p. 692. Id., Cardinal de La Rochefoucauld. Leadership and Reform in the French Church, New Haven et Londres, 1987, p. 92-118.
  • [32]
    Arch. dép. Oise, BB 6, fol. 511 v° : « C'est la manière de l'entrée du nouvel evesque de Senlis et ce qu'il doibt faire en sonjoieulx advenement ». Ibid., fol. 512 v° : « C'est ce que doibt jurer ledict evesque aux gouverneurs et habitans de ladicte ville ».
  • [33]
    Arch. dép. Oise : G 2720 (dossier 9-10). Le procès entre Rose et les chanoines de la collégiale Saint-Rieul se poursuivit au moins jusqu'en 1639, bien après le départ de Rose (1610).
  • [34]
    Jean Vaultier, Histoires et discours d'une partie des choses faites et passées en ce royaume qui ont eu cours depuis le 13 mai 1588 jusqu'au 16 juin 1598, éd. A. Bernier in Monuments inédits de l'histoire de France, Paris, 1834, p. 211. Le 6 juillet 1603 la ville confirme l'inscription de la commémoration, Arch. dép. Oise, BB 6, fol. 517 r°.
  • [35]
    Correspondance du nonce en France Innocenzo del Bufalo, évêque de Camerino, éd. Bernard Barbiche, Rome-Paris, (« Acta Nuntiaturae Gallicae » 4), 1964, p. 192 n° 41 : le nonce, conscient des risques de conflits locaux que ne manquerait pas de susciter l'arrivée de ce jeune et impétueux neveu de Guillaume Rose, tenta en vain de retarder l'expédition des bulles de provision.
  • [36]
    Arch. dép. Oise, BB 6, fol. 561 r°-v° : reproduit un extrait des registres du Parlement du 6 juillet 1603.
  • [37]
    Arch. dép. Oise, G 2006 ; Marie-Antoinette Menier, « Le chapitre cathédral de Senlis de 1139 à 1516 », Soc. hist. arch, de Sentis, 1971, p. 40-42.
  • [38]
    Voir à ce sujet Philippe Loupes, Chapitres et chanoines de Guyenne au xviie siècle, Paris, 1985, p. 177-178 qui décrit le monde des prêtres habitués et des chapelains comme celui d'une plèbe cléricale, souvent négligente, victime de la médiocrité des revenus des chapellenies.
  • [39]
    Arch. dép. Oise, G 2730, 26 février 1608.
  • [40]
    Arch. dép. Oise, G 2023 : il faut un arrêt du Parlement, le 2 août 1595, pour autoriser Arnaud Sorbin évêque de Nevers à délivrer l'acte de réception à la prêtrise de Barthélémy-Jean Thureau qui n'avait pu obtenir de lettres dimissoires du chapitre cathédral de Senlis pour devenir l'un des chapelains des obits de la cathédrale.
  • [41]
    N. Valois, op. cit., t. II, 178 n° 8329 (10 juillet 1604).
  • [42]
    Le premier concile provincial tenu a Rheims, l'an 1583 par monseigneur l'illustrissime et reverendissime cardinal de Guyse, archevesque duc de Rheims... le tout corrigé par nostre saint père le Pape Grégoire XIII et mis en françois par M. H. Meurier doyen et chanoine théologal de Reims, éd. Jean de Foigny, Reims, 1586, p. 44 : « Que nul ne demande ou obtienne lettres dimissoires quand il pourra être ordonné par son evesque : afin qu'il ne semble avoir décliné l'examen et iugement de son evesque, pour plus aisément estre admis par un autre ».
  • [43]
    Jean Bernhard, Charles Lefebvre, Francis Rapp, Histoire du droit et des institutions de l'Eglise en occident, t. XIV : L'époque de la Réforme et du concile de Trente, Paris, 1990, p. 207.
  • [44]
    Le lys et la mitre..., p. 334-336.
  • [45]
    Arch. dép. Oise à Beauvais G 2013 : sentence d'excommunication du 7 février 1605.
  • [46]
    N. Valois, op. cit., t. II, p. 251 (19 juillet 1605).
  • [47]
    Leschassier ne met pas en avant les privilèges accordés par l'évêque Henri au xiie siècle et affirme que les chanoines étaient « en possession immémoriale » d'accorder des lettres dimissoires, Antoine Fontanon, Les édits et ordonnances des rois de France traittans de la police sacrée et discipline ecclésiastique, t. IV, Paris, 1611, p. 1288.
  • [48]
    Les Œuvres de M. Jacques Leschassier…, p. 335.
  • [49]
    De Thou, Histoire universelle, éd. 1740, La Haye, t. X, p. 229 ; Antoine Fontanon, op. cit., p. 1289.
  • [50]
    Les Œuvres de M. Jacques Leschassier..., p. 331.
  • [51]
    Les Œuvres de M. Jacques Leschassier..., p. 335.
  • [52]
    Les Œuvres de M. Jacques Leschassier..., p. 336 : « ainsi que le récite le livre des libellez d'icelle (Eglise gallicane) publié en 1594 par l'authorité de la cour ». De la liberté ancienne et canonique..., p. 29 : « Que ni le pape ni tout le clergé ensemble ne peuvent disposer d'aucune chose temporelle » et au plan spirituel « Que tout prélat mesme le pape est suject aux conciles ».
  • [53]
    Les Œuvres de M. Jacques Leschassier..., p. 335.
  • [54]
    De la liberté ancienne et canonique..., p. 29 : « Le parlement de Paris a tousjours constamment tenu par tradition ancienne escrite dans la mémoire des hommes sages et expérimentez que la principale liberté de l'Eglise est dans le droit des quatre premiers conciles oecuméniques ».
  • [55]
    Pierre Pithou, Les libertés de l'Église gallicane, Paris, 1594, p. 5 : à côté d'un catalogue des Libertés de l'Eglise gallicane, la définition de ces dernières se résume en deux maximes : « La premiere, que les papes ne peuvent rien commander ny ordonner, soit en general ou en particulier de ce qui concerne les choses temporelles es pays et terres de l'obéissance et souveraineté du roy très chrestien [...] La seconde, qu'encores que le pape soit recogneu pour souverain es choses spirituelles ; toutesfois en France la puissance absolue et infinie n'a point de lieu mais est retenue et bornée par les canons et règles des anciens conciles de l'Eglise receux en ce royaume ».
  • [56]
    De La Liberté ancienne et canonique..., p. 30.
  • [57]
    De Thou, Histoire universelle, 1740, La Haye, t. X, p. 229.
  • [58]
    Les Œuvres de M. Jacques Leschassier..., p. 318.
  • [59]
    Voir Olivier Poncet, Pomponne de Bellièvre (1529-1607). Un homme d'État au temps des guerres de Religion, Paris, 1998, p. 242-251 qui insiste sur la modération ou la passivité du chancelier en matière de censure, faute de personnel suffisant et spécialisé.
  • [60]
    Procédures contre un escritfait a l'occasion de l'ancienne et canonique liberté de l'Eglise gallicane, in Les Œuvres de M. Jacques Leschassier..., p. 318.
  • [61]
    « orde », dont « ordure » est dérivée, désigne une saleté repoussante.
  • [62]
    Ibid.
  • [63]
    Acte du libelle diffamatoire, in Les Œuvres de M. Jacques Leschassier..., p. 337.
  • [64]
    Sur Richer voir Edmond Préclin, « Edmond Richer (1559-1631). Sa vie, son œuvre, le richérisme », Revue d'histoire moderne, 1930, p. 257-261 et 329-334.
  • [65]
    Sur le gouvernement aristocratique conjoint des prêtres et des évêques dans l'Église selon Richer, voir Ph. Denis, « Edmond Richer, protestant malgré lui ? », art. cit., p. 352.
  • [66]
    Discours sur ledit relief d'appel comme d'abus in Les Œuvres de M. Jacques Leschassier..., p. 326.
  • [67]
    Ibid., p. 325 « Le concile de Trente veut que les chapitres des eglises cathédrales, qui sont comme dit le pape partie d'un même corps, dont l'evesque est le chef, assistent aux ordres avec luy pour conférer avec luy par l'imposition de leurs mains cette amplitude de grace, sans laquelle selon saint Thomas ceux qui prennent l'ordre de prêtrise ne pourroient rien faire de leur ordre ou fonction ».
  • [68]
    Ibid., p. 325.
  • [69]
    Alain Viala, Naissance de l'écrivain, Paris, 1985, p. 87-88.
  • [70]
    Les syndics du clergé craingnans qu'à l'occasion de l'appel comme d'abus interjeté par Jacques Leschassier..., acte du 22 décembre 1607, p. 2 : Bibliothèque Sainte-Geneviève, 8E3333 inv. 1944 FA (P. 7 bis).
  • [71]
    Sur Nicolas Hennequin, ancien ligueur, maître des requêtes et président du Grand Conseil depuis 1588, voir Camille Trani, « Les officiers du Grand Conseil », Mémoires de la fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Île-de-France, t. 42, 1991, p. 153.
  • [72]
    Les syndics du clergé..., p. 1.
  • [73]
    Joseph Lecler, « Qu'est-ce que les libertés de l'Église gallicane ? », Recherches de science religieuse, xxiv, 1934, p. 72, précise que Leschassier lui-même considérait que « le roi à l'autorité de Josias ou de Constantin » pour défendre les libertés gallicanes.
  • [74]
    Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VII, Paris, 1858, p. 206 : lettre-missive du 30 avril 1607. Avis du Roi Henri IV, au conseil d'Etat, prescrivant la nomination d'un prud'homme dans la cause d'entre l'évêque et les chanoines de Senlis, acte royal du 16 avril 1608 : BnF E-2458.
  • [75]
    Les Œuvres de M. Jacques Leschassier..., p. 378-380. Arrêt du Grand Conseil du 22 décembre 1607, statuant sur l'appel comme d'abus interjeté par Jacques Leschassier, avocat au parlement, d'un jugement rendu par l'assemblée générale du clergé entre l'evesque de Senlis, Antoine Roze, et son chapitre, le 22 août 1606 : Bnf 8-FM-3135.
  • [76]
    Joël Cornette, La monarchie entre Renaissance et Révolution (1515-1792), Paris, 2000, p. 156.
  • [77]
    Pour l'analyse de l'affaire du bréviaire d'Angers et ses répercussions dans la nation gallicane, voir Jotham Parsons, The Church in the Republic. Gallicanism and Political Ideology in Renaissance France, Washington, 2004, p. 212-217.
  • [78]
    Correspondance du nonce en France Innocenzo del Bufalo, évêque de Camerino, éd. B. Barbiche, Rome-Paris, (« Acta Nuntiaturae Gallicae » 4), 1964, p. 56.
  • [79]
    J. Parsons, op. cit., p. 215.
  • [80]
    Ph. Loupes, Chapitres et chanoines en Guyenne aux xviie et xviiie siècles, Paris, Éditions de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1985, p. 360-361.
  • [81]
    Rose permute son siège avec le cardinal François de La Rochefoucauld le Ier mars 1610, voir J. Bergin, Cardinal de La Rochefoucauld. Leadership and Reform in the French Church, New Haven et Londres, 1987.
  • [82]
    Arch. dép. Oise, BB6, fol. 532 v° - 533r°.
  • [83]
    Arch. dép. Oise, CC 98, fol. 8 v° ; CC 106 fol. 25 v° (4 juillet 1614 et 18 mai 1615) ; ibid., fol. 34 v°-35 r° (1616) ; ibid., fol. 40 r° et 54 v° (1617).
  • [84]
    Ariette Jouanna, « L'édit de Nantes et le processus de sécularisation de l'État », Paix des armes. Paix des âmes. Actes du colloque de Pau, dir. P. Mironneau et I. Pébay-Clottes, Paris, 2000, p. 481-486. Sur l'affirmation d'un État monarchique impartial échappant à l'emprise des confessions, voir Olivier Christin, La paix de religion. L'autonomisation de la raison politique au xvie siècle, Paris, 1997, p. 189-197.
  • [85]
    Bibliothèque municipale de Senlis, coll. Afforty, t. XII, p. 1588, 25 janvier 1610.
  • [86]
    J. Bergin, op. cit., p. 110-118.
  • [87]
    Charles Jaulnay, Le parfait prélat ou la vie et miracles de saint Rieule second evesque d'Arles, depuis second evesque de Paris et ensuite premier evesque, apostre et patron de la ville et diocese de Senlis. Avec une histoire des choses plus remarquables arrivées depuis plus de 1500 ans en diverses parties du monde, tant du fait ecclésiastique que séculier, sous l'episcopat de chacun evesque de Senlis, au nombre de 88, Paris chez Jean Paslé, 1648, p. 633.
  • [88]
    Ibid., p. 635.
  • [89]
    Ibid, p. 630-631.
  • [90]
    Arch. dép. Oise, annexe de Senlis BB 6, fol. 550 v° : dédicace du 27 juillet 1614. Voir aussi Bibl. mun. de Senlis, coll. Afforty, t. xi, p. 140. En 1637, un autre Nicolas de Cornoailles, official de Senlis et fils du précédent, imita la dévotion de son père : Arch. dép. Oise à Beauvais : G 2201.
  • [91]
    Un autre exemple de conflit entre des notables attachés à leurs traditions et un évêque cherchant à éradiquer les « superstitions » nous est fourni à Agen où l'évêque Pierre Sauveur osa soutenir en 1622 que le saint patron local (saint Caprais) n'avait jamais été évêque. La ville réagit vigoureusement par l'érudition en faisant publier un Bref recueil de l'histoire de Saint-Caprais, voir Gregory Hanlon, L'univers des gens de bien : culture et comportements des élites urbaines en Agenais-Condomois au xviie siècle, Bordeaux, 1999, p. 278-279.
  • [92]
    Nous rejoignons ainsi Simon Ditchfield qui montre que, contrairement à la centralisation romaine sur les dévotions locales et à la Sozialdisziplinierung que l'on prête à la Contre-Réforme, un évêque comme Charles Borromée, dans son expérience pastorale milanaise, a parfaitement tenu compte des liturgies locales et des saints du Milanais, voir Simon Ditcnfield, “San Carlo and the cult of saints”, Cultura e spiritualità borromaica tra cinque et seicento, Studia borromaica. Saggi e documenti diu storia religiosa e civile délia prima età moderna, n° 20, éd. Franco Buzzi et Maria-Luisa Frosio, Milan, 2006, p. 145-154.
  • [93]
    Robert Descimon, « Penser librement son intolérance : le président Jacques-Auguste de Thou (1553-1617) et l'épître dédicatoire des Historiae sui temporis (1604) », La Licorne, n° 61 (« La liberté de Pensée », numéro dirigé par F. Lecercle), 2002, p. 84-85.
  • [94]
    Sur l'opposition des thèses de Leschassier à l'idée d'une continuité historique des libertés gallicanes, W. J. Bouwsma, “Gallicanism and the Nature of Christendom”, art. cit., p. 824.
  • [95]
    S. Hermann De Franceschi, « La diplomatie henricienne et les ambitions françaises de suprématie temporelle sur la république chrétienne », Histoire, économie et société, 2004, n° 4, p. 551-585.
  • [96]
    Dale K. Van Kley, Les origines religieuses de la Révolution française, 1560-1791, Paris, 2002, p. 61-62.
Français

Dans le contexte politique de l'Interdit de Venise, Jacques Leschassier, avocat au Parlement et correspondant de Paolo Sarpi, prend la défense des chanoines de Senlis. Ces derniers s'opposent à leur évêque qui, en vertu de la législation tridentine, leur refuse le droit de délivrer des lettres dimissoires. La publication de travaux érudits affirmant reconstituer le code canonique de l'Église primitive accompagne la victoire de l'avocat parisien. Le déroulement du procès et ses enjeux ecclésiologiques éclairent deux aspects de sa réception : la publicité enthousiaste qu'en firent les grands gallicans parisiens ; localement, la signification des libertés gallicanes et les conséquences sociales de l'affaiblissement du pouvoir épiscopal.


English

In the political context of the Interdict of Venice, Jacques Leschassier, parliamentary lawyer and correspondent of Paolo Sarpi, defended the Canons of Senlis. They had opposed their bishop, who, in accordance with Tridentine legislation, had refused them the right to grant dimissory letters. Leschassier's victory was accompanied by the publication of scholarly works claiming to reconstitute the canon code of the primitive Church. The way the trial played out and its ecclesiological stakes help to illuminate two aspects of its reception : the enthusiastic publicity that the major Paris Gallicans made of it and, locally, the meaning of Gallican freedoms and the social consequences of the weakening of épiscopal power.


Date de mise en ligne : 01/03/2010

https://doi.org/10.4000/rhr.7277