Delacroix « orientaliste » : à propos d’une nouvelle édition des carnets du voyage au Maroc
Pages 78 à 79
Citer cet article
- JOBERT, Barthélémy,
- Jobert, Barthélémy.
- Jobert, B.
https://doi.org/10.3917/rda.222.0078
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- Jobert, B.
- Jobert, Barthélémy.
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https://doi.org/10.3917/rda.222.0078
Notes
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[1]
Michèle Hannosh éd., Delacroix au Maghreb et en Andalousie. Carnets de voyage, Paris, Citadelles & Mazenod, 2023. Un volume d’introduction, 288p., très nbr. ill. coul. et n.et bl., avec la retranscription des textes des différents carnets. Six carnets (sur les sept ayant figuré à la vente après décès de Delacroix) intégralement reproduits en fac-simile dans le format d’origine (trois carnets conservés au musée du Louvre, un conservé au Musée Condé à Chantilly, un en collection particulière et un au Musée orientaliste de Doha, Qatar).
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[2]
L’exposition Voyage de Delacroix au Maroc, 1832, et exposition rétrospective du peintre orientaliste Mr Auguste organisée au Musée de l’Orangerie en 1933 était ainsi placée sous le patronage du Maréchal Lyautey. Elle avait été précédée, en mai-juin 1930, d’une exposition au Musée du Petit Palais, Centenaire de la conquête de l’Algérie (1830-1930), ayant lieu juste avant l’exposition rétrospective consacrée à Delacroix au musée du Louvre en juin-juillet 1930, Eugène Delacroix. Peintures, aquarelles, pastels, dessins, gravures documents. Rappelons que Femmes d’Alger dans leur appartement servit de base à une présentation de costumes et d’accessoires au « Musée d’Ethnographie et d’Art indigène » d’Alger, actuel Musée national du Bardo, inauguré justement en 1930, mais il en allait en fait de même au tout nouveau musée de l’Homme au Trocadéro, Delacroix étant ici représentatif d’un mouvement plus général concernant l’ensemble de l’art orientaliste français depuis un siècle.
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[3]
On sait que Delacroix rapporta de nombreux objets collectés lors de son voyage, dont l’essentiel est aujourd’hui conservé au Musée national Eugène Delacroix à Paris. Sur cet aspect, voir en dernier lieu le catalogue de l’exposition qui s’y est tenue en 2014-2015, Dominique de Font-Réaulx dir., Objets dans la peinture, souvenirs du Maroc, Paris, Musée national Eugène Delacroix/Éditions Le Passage, 2014.
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[4]
Voir en particulier le catalogue de l’exposition, Delacroix. Le Voyage au Maroc, Paris, Flammarion/Institut du Monde arabe,1994.
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[5]
Laure Beaumont-Maillet, Barthélémy Jobert et Sophie Join-Lambert éd., Eugène Delacroix. Souvenirs d’un voyage dans le Maroc, Paris, Gallimard, 1999. On pourra s’étonner que cette édition, la première et plus complète de ce texte fondamental, ne soit pas mentionnée dans les deux publications de Michèle Hannoosh ici commentées, même si elle l’a reprise dans sa propre publication du Journal.
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[6]
Maurice Arama, Arlette Sérullaz, Maurice Sérullaz, Eugène Delacroix. Le Voyage au Maroc, Paris, Sagittaire Communication, 1992. Outre deux volumes avec divers textes introductifs ou d’analyse, ainsi que la publication et la reproduction de nombreux documents, on y trouve la reproduction en fac-simile, dans le format d’origine, des trois carnets conservés au Louvre et de celui conservé au Musée Condé à Chantilly.
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[7]
Michèle Hannoosh, Eugène Delacroix. Journey to the Maghreb and Andalusia,1832. The Travel Notebooks and Other Writings, University Park, Pennsylvania, Pennsylvania State University Press, 2019, 200 p., 13 ill. n. et bl.
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[8]
Le catalogue de l’exposition, dû pour l’essentiel à des auteurs français, à commencer par la commissaire de l’exposition, Valérie Bajou, n’offre pas de réels développements de synthèse, en s’étant tenu à une forme très éclatée au fil de ses différentes sections (Valérie Bajou dir., Horace Vernet, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon/Éditions Faton, 2023). On se reportera donc utilement, même s’ils sont loin d’épuiser le sujet, et en particulier la question d’Horace Vernet acteur de l’orientalisme, à Daniel Harkett et Katie Honstein éd., Horace Vernet and the Thresholds of Nineteenth-Century Visual Culture, Hanover, New Hampshire, Dartmouth College Press, 2017, ainsi qu’à Katie Hornstein, Picturing War in France, 1792-1856, New Haven et Londres, Yale university Press, 2017.
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[9]
Delacroix. Souvenirs d’un voyage au Maroc, Rabat, Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, 7 juillet-9 octobre 2021.
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[10]
Eugène Delacroix. Palette marocaine de 1832 à 1863. Colloque international tenu à l’Académie du Royaume du Maroc, Rabat, du 11 au 13 septembre 2019, Rabat, Académie du Royaume du Maroc/Bouillon de Culture, 312 p., 78 ill. coul. et n. et bl., textes de Faya Benzina, Daniel Bergez, Moulim El Aroussi,Pierre Brunel, Mohamed Essaouri, Dominique de Font-Réaulx, Michèle Hannoosh, Axel Hémery, Barthélémy Jobert, Mohammed Kenbib,Thierry Laugée, Christine Peltre, Peter Rautmann, Rabie Robay, Marie-Pierre Salé, Xavier Salmon, Faouzi Skali Alami, Abderrahman Tenkoul, Pierre Wat.
Une nouvelle édition en fac-simile des carnets exécutés par Delacroix lors de son voyage au Maroc en 1832 et aujourd’hui localisés permet de faire le point sur le contexte idéologique et politique dans lequel s’inscrit étroitement sa découverte de l’Espagne méridionale et de l’Afrique du Nord, l’œuvre peint et dessiné qui s’en est inspiré, considérable en nombre et tout aussi remarquable dans sa signification pour l’artiste et pour son temps, ainsi que sur leur réception, de son vivant jusqu’aux périodes les plus récentes. Delacroix, très vite après son retour, exploita cette veine nouvelle pour lui, au moins quant à son authenticité par rapport à ses précédents sujets « orientalistes » essentiellement inspirés jusque-là par la littérature contemporaine, en particulier les poèmes de Lord Byron, et par la guerre d’indépendance grecque. Il exposa très vite au Salon d’abord des aquarelles, puis régulièrement des tableaux reprenant tel ou tel épisode précis de son périple, peintures généralement de petit ou de moyen format, la seule de réellement grande envergure étant, en 1845, Le Sultan du Maroc aujourd’hui au Musée des Augustins à Toulouse. On n’a peut-être pas suffisamment souligné ce qui n’est probablement pas une coïncidence, que l’œuvre la plus importante, en dimension, exécutée par Delacroix sur un sujet « marocain » est aussi celle qui fait le plus écho aux problèmes politiques ayant motivé la mission diplomatique à laquelle il fut associé en1832, et plus particulièrement aux débuts de la colonisation de l’Algérie par la France, prélude à la mise sous tutelle de l’ensemble de la région au début du vingtième siècle…
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