Compter pour voir, voir pour compter
Les décors peints dans le château de Germolles au temps de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre (1388-1390)
- Par Daniel Russo
Pages 17 à 23
Citer cet article
- RUSSO, Daniel,
- Russo, Daniel.
- Russo, D.
https://doi.org/10.3917/rda.206.0017
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- Russo, D.
- Russo, Daniel.
- RUSSO, Daniel,
https://doi.org/10.3917/rda.206.0017
Notes
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[2]
É. Picard, « Le château de Germolles et Marguerite de Flandre », Mémoires de la Société Éduenne, 40, 1912, p. 147-218 ; P. Beck, Vie de cour en Bourgogne à la fin du Moyen Âge [le château de Germolles], Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, 2002 ; ID., É. Laborier et M. Maerten, « Chenôve, Germolles, Montbard et les autres… Approches scripturaires et archéologiques des établissements ducaux de Bourgogne », Ph. Bernardi, A. Hartmann-Virnich et D. Vingtain (dir.), Textes et archéologie monumentale. Approches de l’architecture médiévale (Actes du Colloque international d’Avignon, 30 nov.-1 et 2 déc. 2000), Montagnac, 2005, p. 93-104 ; ID., « Les résidences ducales », L’art à la cour de Bourgogne. Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean-sans-Peur (1364-1419), Catalogue de l’exposition du Musée des Beaux-Arts de Dijon, Paris, 2004, p. 137-139.
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[3]
P. Debouige, « Le château d’Argilly sous Philippe le Hardi (1364-1404) », L’art à la cour de Bourgogne, op. cit., p. 154-155 : l’exemple du château d’Argilly dans l’organisation des archives et d’après les fouilles archéologiques.
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[4]
Sur l’organisation économique et ses conséquences sur la politique ducale et sur ses mises en oeuvre, dans les textes comme dans l’espace territorialisé et administré, A. Van Nieuwenhuysen, Les finances du duc de Bourgogne Philippe le Hardi (1364-1404). Économie et politique, Bruxelles, 1984 ; J. Rauzier, Finances et gestion d’une principauté au xive siècle. Le duché de Bourgogne de Philippe le Hardi (1364-1384), Paris, 1996. É. Lecuppre-Desjardin, Le royaume inachevé des ducs de Bourgogne (xive-xve siècles), Paris, 2016.
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[5]
ADCO B 4433 f°30v, B 4434-1 f°22v°, f°23, f°23v°, f°24. Je remercie P. Beck de m’avoir signalé ces documents, puis de m’en avoir communiqué les références exactes.
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[6]
P. Camp, Les Ymagiers de Bourgogne, Dijon, Les Éditions de l’Association des Amis du Vieux-Dijon, 1992, sur l’artisanat d’art de la taille d’images et sa reconnaissance sociale dans la ville au cours du xve siècle.
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[7]
ADCO B 4433 f°30v°.
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[8]
Ibidem, B 4434-1, f° 22v°, il est dit que Jean de Baumets a sous sa responsabilité les ouvrages es ouvraiges de painture de la chapelle de mon dit seigneur à Argilly…, sous la plume du comptable du bailliage, à Dijon, pour ces années, Jean d’Auxonne (octobre 1385-octobre 1390) ayant succédé à Amiot Arnaud (juin 1374-octobre 1384) à ce poste. J. Rauzier, Finances et gestion d’une principauté au xive siècle, op. cit., p. 5-44 ; H. Mouillebouche, L’hôtel des ducs de Bourgogne à Dijon d’Eudes IV à Charles le Téméraire, Chagny, 2019, 3 vols ; vol. 1, Prolégomènes, Première Partie : Sources et Travaux, p. 19-245.
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[9]
ADCO, B 4434-1, f°22° : A Arnoul Picornet demorant à Dijon, paintre, qui dehuz lui estoient pour IX xx berbiz de painture au pris de V frans le cent mises et assises au chastel de Germolles es limandes de la chambre es berbiz dicelli chastel pour ce paie a lui par sa quittance et certiffication dudit jehan de beaumes donnée XI e jour de décembre mil CCCIIIIxx et VIII…IX francs.
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[10]
Ibidem. : A lui qui dehuz lui estoient pour les ouvraiges de painture qui s’ensuignent cest assavoir pour II c de roleaux dor fin quoy est escript y me tarde mis en limandes avec les P et marguerites de la chambre de madame la duchesse audit chastel de Germolles au pris de IIII frans le C VIII frans. Item pour IcLXIII que meaunes blans que M dor mises en une petite chambre de costé la chambre dessus dite au pris de II frans le cent III francs demi (rayé et remplacé en interligne par III gros I quart II deniers et I Ve de d). Item pour III c de P et M blanches mis avec les chardons en la chambre de ma damiselle la contesse de Nevers audit Germolles et en la garde robe au pris de II frans le cent VI frans. Et pour demi cent de chardons mis en la dite chambre et garderobe de ma dite damiselle II frans demi. Lesquelx ouvraiges il a faiz et affenys… avec ledit beaumes pour tout payé à lui (rayé XX frans)…XIX frans IX gros I quart 2 deniers et I V…
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[11]
Ibidem : (…) lesquelles marguerites, P, chardons, brebiz et roses il a faites et assises es limandes de la sale, chambre et garde robe du chastel de Germolles au plaisir de ma dite dame la duchesse… I frans demi.
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[12]
Ph. Didier, « Les contrats de travail en Bourgogne aux xive et xve siècles, d’après les archives notariales », Revue d’histoire du droit français et étranger 50, 1, Paris, 1972, p. 13-69.
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[13]
H. Dubois, « Techniques et coûts des transports terrestres dans l’espace bourguignon aux xive et xve siècles », Annales de Bourgogne 52, 1980, p. 65-82.
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[14]
Ibidem, f°23.
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[15]
Ibidem : A lui… pour un cent et XXXVIII roses blanches et vermeilles par lui faites et affenyes mises et converties es limandes des chambres de Germolles au pris de IIII frans le cent… V frans demi.
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[16]
Ibidem f°23-f°23v°.
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[17]
É. Kovacs, L’âge d’or de l’orfèvrerie parisienne au temps des princes de Valois, Dijon, 2004, chap. 3, « L’histoire de la Croix d’or », p. 83-111 ; J. Rauzier, Finances et gestion d’une principauté au xive siècle, op. cit., p. 413-423, sur les achats de ces matières précieuses pour fabriquer les grands joyaux dans les dépenses comptabilisées de l’hôtel ducal.
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[18]
L’orfèvre de Philippe le Hardi est Josset de Halle ; Jean Rauzier, Finances et gestion d’une principauté au xive siècle, op. cit., p. 416.
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[19]
ADCO B 4434-1, f°23.
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[20]
L. Hablot, Manuel d’héraldique et d’emblématique médiévale. Des signes, une société, comprendre les emblèmes du Moyen Âge (xiie-xvie siècle), Tours, 2019.
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[21]
Ph. Didier, art. cit. supra n. 12.
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[22]
ADCO, f°23 v° : Thevenin, Guiot Poissonier, Estienne le Marriot ; f°24 : Sanxenot de Brecy.
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[23]
Ibidem, f°23 v°, paragraphes 2, 3, 4.
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[24]
Ibidem, f°24, paragraphe 1.
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[25]
Ibidem, f°24, paragraphe 2 ; ainsi : A Jehan Gaingnart, vouturier, qui dehuz lui estoient par marchief fait à lui de mener de Dijon au dit Germoles plusieurs pierres de mabre à broyer coleurs ensemble plusieurs et diverses coleurs pour paindre les sales et chambre du chastel dudit Germoles pour ce payé… II frans.
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[26]
Le franc est une monnaie réelle, instituée en 1360 et devenue une monnaie de compte. Sous Jean le Bon, roi de 1350 à 1364, le franc d’or vaut une livre. Un peu plus tard, en 1400, le franc ne vaut plus que 0,9 livres. Le franc est divisé en douze gros et deux cent quarante deniers tournois. H. Mouillebouche, L’hôtel des ducs de Bourgogne à Dijon, d’Eudes IV à Charles le Téméraire, op. cit., vol. 3, Preuves et éditions des textes, Glossaire, « Franc », p. 588.
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[27]
ADCO, f°24.
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[28]
ADCO, B 11670 à B 11675 : la Chartreuse de Champmol ; C. Monget, La Chartreuse de Champmol d’après les archives de Bourgogne, 3 vols., Montreuil-sur-Mer, Imprimerie Notre-Dame des Prés, 1898-1905 ; R. Prochno, Die Kartause von Champmol. Grablege der burgundischen Herzöge 1364-1477, Berlin, Akademie Verlag, 2002 ; ADCO, G 1211 à 1212, 1383-1395, 1395-1412 : la Sainte-Chapelle ; H. Mouillebouche, L’hôtel des ducs de Bourgogne à Dijon d’Eudes IV à Charles le Téméraire, op. cit., vol. 3, Preuves et éditions des textes, « L’hôtel sous Philippe le Hardi », 1388-1390, p. 179-198.
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[29]
J.-M. Cauchies, dir., À la cour de Bourgogne. Le duc, son entourage, son train, Turnhout, 1998 ; ID., Es Plantar un Mundo Nuevo. Légiférer aux Anciens Pays-Bas (xiie-xviie siècle), Bruxelles, Académie Royale de Belgique, 2019, sur les rapports entre la souveraineté et le principe de la loi ; du point de vue de la gestion de l’espace économique, P. Beck, « L’exploitation et la gestion des ressources naturelles dans le domaine ducal bourguignon à la fin du xive siècle », Médiévales, 53, 2007, p. 93-108 ; ID., « Le vocabulaire et la rhétorique des comptabilités médiévales. Modèles, innovations, formalisation. Propos d’orientation générale », Compabilités 4, 2012 [en ligne].
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[30]
D’après le compte de l’argenterie, AN, KK 19, f°111 ; Y. Grandeau, « Les enfants de Charles VI. Essai sur la vie privée des princes et des princesses de la maison de France à la fin du Moyen Âge », Bulletin philologique et historique du comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 1967, p. 809-850, p. 815.
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[31]
Sur le cérémonial baptismal qui pénètre la conception d’ensemble, Th. Brero, Les Baptêmes princiers. Le cérémonial dans les cours de Savoie et Bourgogne (xve-xvie s.), Lausanne, 2005 (Cahiers lausannois d’histoire médiévale, 36) ; Ead., « Le mystère de la chambre verte. Les influences françaises dans le cérémonial baptismal des cours de Savoie et de Bourgogne », La Cour du Prince. Cour de France, cours d’Europe, xiie-xve siècle, M. Gaude-Ferragu, B. Laurioux et J. Paviot, Paris, 2011, (Études d’histoire médiévale, 13), p. 195-208. Sur les princes de Valois et leurs rapports aux rites de la mort et de la vie, M. Gaude-Ferragu, D’or et de cendres. La mort et les funérailles des princes dans le royaume de France au bas Moyen Âge, Lille, 2005.
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[32]
Philippe de Bourgogne est reconnu comte de Nevers et de Réthel après la renonciation de ses frères, Jean, le futur Jean sans Peur, né en 1471, et Antoine, né en 1484. Philippe de Bourgogne meurt à la bataille d’Azincourt le 25 octobre 1415, de même que son frère Antoine ; B. Schnerb, L’État bourguignon, 1363-1477, op. cit., Les projets de partage, p. 134-136.
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[33]
M. Warnke, L’artiste et la cour. Aux origines de l’artiste moderne, (Cologne, 1985), traduit de l’allemand par S. Bollack, Paris, 1999, p. 158-160.
1 Le château de Germolles, dans la Saône-et-Loire (71), arrondissement de Mellecey, est l’un des quelque cinquante domaines dont le duc de Bourgogne Philippe le Hardi et la duchesse Marguerite de Flandre disposent en ce dernier tiers du xive siècle, toujours en chantier pour des constructions et des réaménagements divers [1]. Ces domaines produisent des ressources financières non négligeables qu’il convient de maintenir en état parce que ce sont, en même temps, dans le maillage territorial des résidences princières, les signes visibles de la noblesse de la dynastie et de sa puissance dans l’espace du Duché [2]. En plus de vestiges archéologiques toujours bien présents, les séries documentaires des comptes, en particulier celles des comptes ordinaires dans le bailliage de Dijon, témoignent de la volonté constante de la part du duc et de la duchesse de mettre en valeur un certain nombre de ces sites résidentiels au sein d’un projet architectural d’ensemble et avec des décors peints appropriés aux lieux [3] : certains sites ont été distingués, dont celui de Germolles parmi quelques autres lieux privilégiés de villégiature par le couple ducal et tout aussi investis, Dijon, Rouvres-en-Plaine, Argilly [4], dont les travaux sont financés par la Chambre des comptes du duché, conçus par les « Maîtres des œuvres de monseigneur le duc » et réalisés par des ateliers d’artisans experts en ces tâches. Nous choisissons de revenir, ainsi, sur des travaux de peinture dans le château de Germolles (fig. 1), effectués pendant les années 1388-1389 et enregistrés par le comptable du bailliage de Dijon dans le compte ordinaire [5] (annexe). Nous insistons plus précisément sur la situation des travaux de peinture dans la garde-robe et dans la chambre de Marguerite de Flandre (fig. 2), puis sur le contenu de ces travaux avant d’en détailler les matières utilisées, les quantités nécessaires et les coûts chiffrés. Nous lisons, enfin, ces documents pour un meilleur aperçu du milieu artistique à Dijon et, tout autour, dans le Dijonnais, en ce dernier tiers du xive siècle.
Des artisans en peinture
2 Nous apprenons, tout d’abord, à la lecture de ces documents, les différentes tâches prévues pour les artisans et les emplacements réservés à chacune des pièces confectionnées pour les murs de la chambre de la duchesse ou pour les salles du château : tous les artisans énumérés sont peintres, et peintres reconnus [6], travaillent dans l’ostel de Jean de Baumets qui se charge, ensuite, de les acheminer jusqu’au chantier de Germolles, ce qui donne des indications claires sur la structure de la production de ces objets – à la fois supports et sujets –, la division du travail en série, l’acheminement des motifs finis sur le lieu prévu pour leurs emplacements. Ainsi, un certain Guiot Poissenier de Dijon, espicier…, de son état, doit recevoir pour les choses qu’il a délivrées audit Jehan de Beaumex pour mettre et convertir es ouvraiges de painture que madame la duchesse fait faire en son chastel de Germoles, premièrement pour L livres de vernis blanc la livre VI sous VIII deniers valent XVI livres XIII s. IIII d. t. pour XII douzaine destain vert la XIIne VII sous valent IIII livres IIII s. t. Item pour XX livres de mine la livre III sous t. LX s. t. Pour une livre ynde fin XX sous et pour VI pintes duille de noix XX sous… [7]. Guiot Poissenier a livré à Jean de Baumets (v. 1335-Dijon, 1396), l’artiste bien reconnu mais aussi entrepreneur de peinture et maître d’oeuvre chargé de superviser les grands travaux dans les résidences ducales [8], du vernis blanc, de l’étain vert pour les murs de la garde-robe (fig. 2), du noir de mine et de l’huile de noix pour préparer le support et le liant de la peinture au mur. Un peu plus avant, le comptable note qu’Arnoul Picornet, peintre à Dijon, doit être payé pour les cent-quatrevingt brebis destinées aux limandes de la chambre de la duchesse ainsi que pour les autres brebis réalisées dans les autres pièces du château [9]. De plus, le même artisan doit être payé pour toute une succession de travaux, énumérés en liste, sur le même feuillet 22v°, qu’il a fini d’exécuter, tels deux cents rouleaux d’or fin, matière dont il se sert pour écrire les initiales P et M sur les limandes et les marguerites dans la chambre de Marguerite, de même que l’initiale M tracée d’or aussi dans une petite chambre à côté de celle de la duchesse et les trois cents P et M de blanc écrits mis avec les cinquante chardons dans la chambre de la comtesse de Nevers et dans la garde-robe de la chambre de Marguerite [10]. À cet artisan, toujours, pour faire et accomplir et affenyr un paiement reste à verser pour quatre cents chardons, trois cents marguerites, cent cinquante lettres initiales P mais encore cent cinquante brebis, cent cinquante roses destinés à être disposés sur les limandes dans la salle du château, dans la chambre de la duchesse et dans la garde-robe [11]. Sur le feuillet 22v°, Arnoul Picornet, de Dijon, supervisé par Jean de Baumets, se voit attribuer un certain nombre de tâches à exécuter pour des réalisations destinées aux limandes du château et de ses chambres, toutes assemblées ensuite dans la maison-atelier de Jean de Baumets [12], puis acheminées en convois vers la résidence de Germolles [13]. Jaque le peintre de Bar sur Aube, demeurant à Dijon, s’est chargé, pour sa part, de limandes finies, puis entreposées dans la maison de Jean de Baumets, et qu’il a peintes de chardons, brebis, marguerites mais aussi de lettres P, l’ensemble devant être transporté puis réinstallé dans le château de Germolles. [14] Une variante est mentionnée par le comptable dans la peinture, réservée à cet artisan, de roses blanches et vermeilles, au nombre de cent trentehuit, destinées à prendre place sur les limandes dans les chambres du château et acheminées jusque-là. [15] Trois autres noms d’artistes sont énumérés sur le feuillet 23, tous trois pour la peinture de roses blanches et vermeilles, ceux de Girart le Fort de la Rochelle en Poitoul (trois cents), Jehan Chataul (quatre cents), Henry du Baille (quatre cents aussi), ce dernier pour IIII c de roses de painture blanches et vermeilles, ce qui montre que les motifs ainsi travaillés avec leurs figures relèvent d’un genre de peinture bien reconnu et tout à fait apprécié sur les limandes dans les salles du château. Colin Amat, cité sur la page de compte, est aussi peintre mais semble plutôt versé dans les marguerites, les brebis et les chardons sur les limandes et intervient dans sa spécialité, en somme, en travaillant de même chez Jean de Baumets, à destination ensuite du chantier de Germolles [16]. Nous remarquons que l’expression roses blanches et vermeilles de painture paraît désigner un genre bien défini de motifs peints, en série, dans l’atelier du maître entrepreneur que nous rapprochons de ces mêmes motifs, devenus des sujets sans cesse repris, utilisés dans l’orfèvrerie des grands joyaux, par exemple le Petit Cheval doré et la Croix-Calvaire de Mathias Corvin (fig. 3 et 4) [17]. Les motifs exécutés à la pièce dans la maison-atelier de Jean de Baumets s’insèrent dans tout le vocabulaire qui cite volontairement, en peinture, les matières précieuses, l’or, le vermeil, l’émail blanc, qui sont achetées par le duc puis qui servent aux orfèvres à réaliser les joyaux de l’orfèvrerie ducale destinés, le plus souvent, à être offerts, parfois échangés, plus rarement monnayés [18].
Des orfèvres, des marchands
3 Le peintre Henry du Baille est, en même temps qu’un artisan des roses blanches et vermeilles, un peintre d’escuz de painture armoyés et de plusieurs armes [19]. Il en peint cent douze destinés au chantier de Germolles. Le prix est supérieur à celui convenu pour les roses de peinture, quatre francs le cent, puisqu’Henry de Baille est payé seize francs pour les quatre cents roses, mais sept francs pour ses cent douze écus armoriés, mais pas beaucoup plus car ce sont des exercices de peinture qui valent moins par la matière, qui demeure celle de la peinture, que par la technique et par la précision du rendu du travail sur le métal précieux en peinture. C’est que l’art du métal précieux reste l’art du prince, son support le plus recherché, son moyen artistique le plus favorisé dans l’expression de soi et son registre le plus élevé dans le paraître affiché socialement. Dans l’armorial et dans l’imitation des blasons [20], c’est ce qui est visé : la présence du seigneur par l’intermédiaire de la reproduction de ses insignes que l’artisan, expert entre tous, sait aussi faire voir comme de l’artifice pour mieux souligner la nécessité de cette présence, malgré tout absente. Mais ce ne sont qu’affaires de signes agencés entre eux, ce qui explique, d’une autre façon, l’importance de ces artisans orfèvres, parfois aussi marchands, espiciers, pour le service princier [21]. Sur le feuillet 23v°, nous en voyons cités quatre dont un est dit marchand demeurant à Dijon, Thevenin, puis trois qui sont espiciers, des marchands également, par ce qu’ils ont en magasin et ce qu’ils vendent à Jean de Baumets qui s’approvisionne auprès d’eux pour les besoins du chantier ouvert à Germolles : ainsi, Guiot Poissonnier, écrit précédemment Poissenier, Estienne le Marriot, Sanxenot de Brecy, tous trois résidant à Dijon [22]. Ils vendent à Jean de Baumets les fuillez dor fin, les grosses douzaines destain doré, les quayers de papier lombart, en particulier Guiot Poissonnier, mais aussi des pigments servant à la préparation des coloris, notamment Estienne le Marriot : celui-ci vend du blanc de paille, des livres de vernis, puis de mine rouge, des fuilles destain verdes et des fuilles destain dorées et blanches, ici à l’imitation des feuilles d’émail blanc utilisées pour les orfèvreries du duc et ses grands joyaux, du vermillon, un quayer de pappier… pour pourtraire, du bresin et de locre de berry [23]. Auprès de Sanxenot de Brecy, Jean de Baumets s’en vient acheter des fuilles doubles destain verdes et un mabrey pour faire et moudre coleur à destination, toujours, des ouvraiges de painture dudit Germoles [24]. Jean de Baumets paie au prix coûtant toutes les denrées, les emmagasine dans sa maison-atelier avant de les faire convoyer jusqu’au chantier de Germolles. Le vouturier Jehan Gaingnart, par marché passé avec lui, se charge de transporter, de Dijon à Germolles, les pierres de marbre à broyer les couleurs ensemble [25]. Or, le voiturier est payé deux francs, tandis que Thevenin reçoit trentesix francs, Guiot Possonnier cent cinquante-deux livres quinze sous quatre deniers tournois, Étienne le Marriot quarante-neuf francs un gros, Sanxenot de Brecy trente francs [26].
4 Les matières ainsi acquises, les matériaux de même, sont dans la plupart des emplois qu’on en fait destinés aux limandes dans les chambres et les salles du château, donc aux décors muraux peints et faits de bandeaux avec motifs colorés. La somme totale versée par Jean de Baumets, parce que garantie par lui auprès du receveur général du bailliage de Dijon, qui lui-même s’est engagé pour le duc, s’élève à une somme de deux cent quarante-deux livres quinze sous six deniers un quart tournoi, chiffrée et citée sur la première ligne, soit onze cent quarante-six francs deux gros trois quarts, sur la deuxième ligne [27]. Comparée aux autres lignes de dépenses dans les comptes de l’Hôtel ducal ou dans les comptes particuliers et auto-gérés, dans le bailliage de Dijon mais à part, comme ceux de la Chartreuse de Champmol, de la Sainte-Chapelle, des grands travaux effectués dans la résidence dijonnaise [28], la somme reste inférieure à celles dépensées dans ces comptabilités, mais demeure conséquente et, surtout, comparable : il s’agit, dans tous les cas, de chantiers de maçonnerie où les interventions d’aménagement et les réparations l’emportent sur tout le reste. Dans les résidences du Dijonnais, et à Germolles plus précisément, il en va de même : les décors peints sur les limandes, les motifs floraux et les lettres initiales de couleurs font, en effet, partie du train de vie du duc et lui sont comme incorporés personnellement même quand il s’agit de la duchesse ou d’un autre personnage de son entourage proche.
Le milieu artistique dijonnais
5 Bien présent dans ces feuillets de comptes, le milieu artistique rayonne à partir de Dijon et, plus encore, de l’hôtel ducal, en aménagements et transformations continus. Le milieu artistique dijonnais apparaît donc comme étroitement soudé au prince, à son service et à son mode de gouvernement sur les hommes [29]. Les signes peints ne constituent pas, dans la chambre de Marguerite, une iconographie à proprement parler mais, davantage, une devise qui, par lettres initiales de coloris blanc, par feuilles et fleurs de marguerites, chardons interposés, tissent sur la trame tendue d’étain vert la présence souveraine du prince. La duchesse lui est subordonnée dans les relations qui sont nouées entre les chambres, dans l’architecture du château, mais encore à travers les décors peints. Pour les murs peints en vert, comme si on les tendait de vert, et pour laquelle nous avons vu l’achat de ces feuilles d’étain vert, le parallèle s’esquisse avec la reine de France Isabeau de Bavière qui, en 1388, pour la naissance de sa deuxième enfant, Isabelle, fait tendre cinq grandes pièces d’étoffe verte, ornées de ses armes, dans la chambre préparée ainsi pour l’accouchement [30]. La chambre verte, interprétée aussi en un sens baptismal, à l’intérieur de l’écheveau des rites de la mort et de la vie, doublée de parcours dans les couloirs et à travers les salles du palais, peut avoir été conçue et décorée comme une chambre de gésines [31]. La richesse des matières déployées dans les limandes, les devises et les motifs choisis, feraient référence à la maternité de Marguerite de Flandre et, dans la chronologie de ces années 1388-1390, à la naissance du dernier des enfants du couple, Philippe de Bourgogne, né en octobre 1389, devenu en 1404 comte de Nevers et de Réthel. La chambre en sa parure montrerait la fécondité du duc et de son épouse et se présenterait à ce moment de l’histoire de la dynastie toute préparée pour une éventuelle naissance si la duchesse venait à y accoucher dans sa résidence de Germolles [32].
6 Ceci rend compte, jusqu’à un certain point, de la dépendance de ces artisans par rapport au duc, bien encadrés par le receveur des comptes, sans cesse supervisés et payés, peintres, orfèvres, marchands épiciers, par Jean de Baumets. Se dessine le service du duc et de la duchesse, au milieu des comptes des Œuvres de l’hôtel ducal, dans les grands travaux qui y sont entrepris à Dijon et ailleurs dans le Dijonnais comme sur le site de Germolles. Dominent les artisans, peintres et orfèvres, qui demeurent à Dijon et sont en collaboration étroite, réglée, avec Jean de Baumets, « peintre et varlet du duc », qui s’était vu allouer une somme de trente francs en 1378 « pour se vêtir et être honorablement au service de Monseigneur » [33]. Guiot Poissenier, Arnoul Picornet, Jehan Chataul, Henry du Baille, Colin Amat, Jaque le Paintre, qui vient de Bar, Girart le Fort, arrivé de La Rochelle, parmi les peintres, témoignent sur place de la constitution d’un milieu local artisanal très actif, très recherché, passé sous la coupe du peintre du duc et travaillant sur ses chantiers dans les sites de ses résidences. Tous demeurent ensuite à Dijon même s’ils peuvent être venus du nord-est, ce Jaque le Paintre, ou de l’ouest, pour Girart. Les orfèvres et épiciers résident à Dijon même si Sanxenot vient de Brecy, dans le Val-de-Loire, tout en s’étant établi ensuite dans la ville. Pas très éloignés du périmètre ducal, sans doute dans le quartier de la paroisse Notre-Dame, ils exercent une activité très utile pour les grands travaux sur les sites ducaux et pour leur approvisionnement continu en matières et matériaux de tous formats et de première nécessité.
Annexe
f° 30v° : A Guiot Poissenier de Dijon, espicier…pour les choses qu’il a délivrées audit Jehan de Beaumex pour mettre et convertir es ouvraiges de painture que madame la duchesse fait faire en son chastel de Germoles. premièrement pour L livres de vernis blanc la livre VI sous VIII deniers valent XVI livres XIII s. IIII d. t. pour XII douzaines destain vert la XIIne VII sous valent IIII livres IIII s. t. Item pour XX livres de mine la livre III sous t. LX s. t. Pour une livre ynde fin XX sous et pour VI pintes duille de noix XX sous…
B 4434-1 bailliage de Dijon compte ordinaire 1389-90
F° 22v° : Jehan de Beaumets…es ouvraiges de painture de la chapelle de mon dit seigneur à Argilly…
f° 22v° : A Arnoul Picornet demorant à Dijon, paintre, qui dehuz lui estoient pour IX xx berbiz de painture au pris de V frans le cent mises et assises au chastel de Germolles es limandes de la chambre es berbiz dicelli chastel pour ce paie a lui par sa quittance et certiffication dudit jehan de beaumes donnée XI e jour de décembre mil CCCIIIIxx et VIII ……………………………………………………X francs
A lui qui dehuz lui estoient pour les ouvraiges de painture qui s’ensuignent cest assavoir pour II c de roleaux dor fin quoy est escript y me tarde mis en limandes avec les P et marguerites de la chambre de madame la duchesse audit chastel de Germolles au pris de IIII frans le C VIII frans. Item pour IcLXIII que meaunes blans que M dor mises en une petite chambre de costé la chambre dessus dite au pris de II frans le cent III francs demi (rayé et remplacé en interligne par III gros I quart II deniers et I Ve de d). Item pour III c de P et M blanches mis avec les chardons en la chambre de ma damiselle la contesse de Nevers audit Germolles et en la garde robe au pris de II frans le cent VI frans. Et pour demi cent de chardons mis en la dite chambre et garderobe de ma dite damiselle II frans demi. Lesquelx ouvraiges il a faiz et affenys… avec ledit beaumes pour tout payé à lui (rayé XX frans)……………………………………………………XIX frans IX gros I quart 2 deniers et I V e
A lui qui dehuz lui estoient pour faire et accomplir et affenyr un cent et demi de P le cent au pris de IIII frans. Item III c de marguerites le C IIII frans. Item pour IIII c de chardons le cent V frans. Item pour I c et demi de brebiz le cent V frans. Item VI xx V roses au pris de IIII frans le cent, lesquelles marguerites, P, chardons, brebiz et roses il a faites et assises es limandes de la sale, chambre et garde robe du chastel de Germolles au plaisir de ma dite dame la duchesse……………………………………………………I frans demi.
f° 23 : A Jaque le Paintre de Bar sur Aube demorant à Dijon…pour IIII c de limandes paintes à chardons et un cent et demi de limandes paintes à brebis au pris de V frans chacun cent XVII frans demi. Item pour IIII c de limandes paintes à P et pour II c et III quarterons de limandes paintes à marguerites au prix de IIII frans chacun cent XXVII frans lesquelles limandes il a faites et affenyes en lostel dudit jehan de beaumes pour mettre et convertir es sales, chambres et maisons dudit chastel de Germolles ……….……………………………………………………LIIII frans demi
A lui… pour un cent et XXXVIII roses blanches et vermeilles par lui faites et affenyes mises et converties es limandes des chambres de Germolles au pris de IIII frans le cent ……………………………………………………V frans demi
A Girart le Fort de la Roichelle en Poitoul, paintre, qui deuz lui estoient pour la façon de III c de roses blanches et vermeilles de painture le cent au pris de IIII frans lesquelles ont été mises et assises en limandes es sales des chambres du dit chastel de Germoles ……………………………………………………XVI frans
A Jehan Chataul paintre… pour la façon de IIII c roses de painture blanches et vermeilles par lui faites et mises en limandes es sales et chambres dudit chastel de Germolles au pris de IIII frans le cent ……………………………………………………XVI frans
A Henry du Baille paintre…pour IIII c de roses de painture blanches et vermeilles au pris de IIII frans le cent XVI frans et pour cent et XII escuz de painture armoyés de plusieurs armes VII frans ……………………………………………………XXIII frans
A Colin Amat paintre… pour louvraige de limandes paintes à marguerites et à chardons qu’il a faiz en lostel dudit jehan de beaumes pour mettre et convertir audit chastel de Germolles……………………………………………………XII frans
f° 23v° : A lui …qui lui est et pourra estre dehu pour louvraiges des limandes paintes à chardons et à brebiz quil fait en lostel dudit jehan de beaumes pour mettre au dit chastel pour ce payé à lui par sa quittance et certiffication dudit beaumes donnée le premier jour de févreir MCCCIIIIxx et VII……………………………………………………X frans
A Thevenin Lorfevre marchan demeurant à Dijon pour VIII pappiers contenant chascun III c fuillez dor fin prins et achetez de lui par le dit jehan de beaumes pour mettre et convertir en louvraige des dites limandes dudit Germoles……………………………………………………XXXVI frans
A Guiot Poissonnier de Dijon, espicier, qui deuz lui estoient cest assavoir pour IIII grosses douzaines destain doré, la douzaine au pris de IIII livres IIII sous tournois,l XVI livres XVI sous tournois. Item pour IIII grosses dozaines destain vert la douzaine au pris de IIII livres IIII sous tournois vaillent XVI livres XVI sous. Item pour C livres docre la livre au pris de V deniers tournois XVI sous VIII deniers. Item pour VIII quayers de papier lombart le quaer au pris de VI sous VIII deniers tournois pour ce LIII sous IIII deniers tournois. Item pour XVI livres de blanc de puille au pris de III sous IIII deniers tournois la livre LIII sous IIII deniers tournois. Item pour XII pintes duille au prix de II sous XI deniers tournois la pinte XXXV sous. Lesquelles parties ledit guiot a baillées et délivrées audit Jehan de Beaumes pour mettre et convertir es diz ouvraiges de painture dudit Germoles……………………………………………………CLII livres XV sous IIII deniers tournois
A Estienne le Marriot, espicier demorant à Dijon…pour plusieurs choses prises et achetées de lui par le dit Jehan de Beaumes depuis le XVe de mars mil CCCIIII xx et VII jusques au II e jour dottobre mil CCCIIII xx et VIII…cest assavoir pour XLIIII livres de blanc de puille au pris de II gros la livre VII frans IIII gros. Item pour XXXIX livres de vernis au pris de IIII gros la livre XIII frans. Item pour XXXIX livres de mine rouge au prix de II gros le livre VI frans demi. Item pour XXIIII douzaines de fuilles destain verdes et XII douzaines de fuilles destain dorées au pris de IIII gros la douzaine XII frans. Item pour XII douzaines de fuilles destain blanches au pris de II gros la douzaines II frans. Item pour VIII livres de vermillon au pris de VIII gros la livre V frans IIII gros. Item pour un quayer de pappier de la grant forme pour pourtraire suz IIII gros. Item pour une livre et I quart de bresin au pris de II florins (f° 24) la livre XXV gros. Et pour XX livres docre de berry au pris de VI deniers la livre VI gros. Pour tout payé……………………………………………………XLIX frans I gros
f° 24 : A Sanxenot de Brecy, espicier demorant à Dijon, … pour LXXV douzaines de fuilles doubles destain verdes au pris de IIII fros la douzaine XXV frans. Et pour I mabreypourfy à faire et moudre coleur V frans lesquelles fuilles et mabrey le dit jehan de beaumes à pris et achetés dudit sancenot pour les ouvraiges de painture dudit Germoles pour ce payé……………………………………………………XXX frans
A Jehan Gaingnart, vouturier, qui dehuz lui estoient par marchief fait à lui de mener de Dijon au dit Germoles plusieurs pierres de mabre à broyer coleurs ensemble plusieurs et diverses coleurs pour paindre les sales et chambre du chastel dudit Germoles pour ce payé……………………………………………………II frans
Somme II c XLII livres XV sous VI deniers I quart tournois et XI c XLI frans II gros III quart