Un rêve derrière un nuage. Lire le chinois dans le Paris du XIXe siècle
- Par Clément Fabre
Pages 100 à 124
Citer cet article
- FABRE, Clément,
- Fabre, Clément.
- Fabre, C.
https://doi.org/10.3917/rhmc.672.0100
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Notes
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[1]
Je tiens, dès l’ouverture de ce texte, à exprimer toute ma gratitude envers Anne Simonin, Anaïs Fléchet, Yolaine Escande et Elias Burgel, aux lectures desquels il doit tant. Un grand merci, tout particulièrement, à Yann Potin, pour ses précieux conseils (sur la question notamment des chartes médiévales), sa bienveillance et pour le temps qu’il a consacré à ce papier.
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[2]
De façon symptomatique, ces deux questions ne sont pas abordées dans Gugliemo Cavallo, Roger Chartier (éd.), Histoire de la lecture dans le monde occidental, Paris, Seuil, 2001.
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[3]
Voir notamment Raymond Schwab, La Renaissance orientale, Paris, Payot, 1950 ; Edward W. Said, L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, Paris, Seuil, 1994 [1978].
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[4]
Alain Messaoudi, « Genèse d’une frontière vécue : un retour historique sur la diglossie de l’arabe au Maghreb », in Tamara Kondratieva et alii, Territoires, frontières, identités. Concordances et discordances dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, Villeneuve d’Ascq, Revue du Nord, Hors-série Histoire, 2004, p. 59-82.
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[5]
Roger Pol-Droit, L’Oubli de l’Inde. Une amnésie philosophique, Paris, PUF, 1989.
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[6]
Voir par exemple Daniel Lançon, Les Français en Égypte. De l’Orient romantique aux modernités arabes, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2015 ; Markus Messling, Les Hiéroglyphes de Champollion. Philologie et conquête du monde, Grenoble, Ellug, 2015 [2012].
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[7]
Lyse Schwarzfuchs, Le Livre hébreu à Paris au xvie siècle. Inventaire chronologique, Paris, BNF, 2004, p. 12.
-
[8]
Sophie Kessler-Mesguich, Les Études hébraïques en France de François Tissard à Richard Simon (1508-1680), Genève, Librairie Droz, 2013, p. 24.
-
[9]
Ibidem.
-
[10]
Marie Rivière, « Lecteurs plurilingues. Lire des livres en plusieurs langues dans un contexte mondialisé », thèse, Paris, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2014, p. 376, p. 378, p. 382-383, p. 383-384 et p. 412-417.
-
[11]
Jean-Pierre Drège, « Comment devient-on lecteur dans la Chine impériale ? », in Christian Jacob (éd.), Des Alexandries II. Les métamorphoses du lecteur, Paris, BNF, 2003, p. 103-112 ; Anne Cheng, « Les métamorphoses du lecteur des Classiques dans la Chine impériale », in C. Jacob (éd.), Des Alexandries…, op. cit., p. 207-220 ; Michela Bussotti, « Notes sur l’histoire du livre et l’histoire de la lecture en Chine. Quelques exemples à propos de Huizhou », Histoire et civilisation du livre, 3, 2007, p. 65-89.
-
[12]
Timothy Brook, La Carte perdue de John Selden. Sur la route des épices en mer de Chine, Paris, Payot & Rivages, 2013, p. 121.
-
[13]
David Porter, Ideographia. The Chinese Cipher in Early Modern Europe, Stanford, Stanford University Press, 2001, p. 17 et 57.
-
[14]
Ibidem, p. 59-64.
-
[15]
Cécile Leung, Étienne Fourmont (1683-1745). Oriental and Chinese Languages in Eighteenth-Century France, Louvain, Leuven University Press, 2002.
-
[16]
Jean-Gérard Lapacherie, « Henri Michaux et les idéogrammes », Textyles, 7, 1990, p. 203-211.
-
[17]
Ieme van der Poel, « Tel Quel et la Chine : l’Orient comme mythe de l’intellectuel occidental », History of European Ideas, 16/4-6, 1993, p. 431-439.
-
[18]
D. Porter, Ideographia…, op. cit., p. 51-60.
-
[19]
C’est ainsi que Marcelin Pleynet, dans son journal publié en 1980 (Marcelin Pleynet, Le Voyage en Chine, Paris, Hachette, 1980), qualifie la lecture originale à laquelle sont livrés, dans le parc des îles du lac Xuanwu Hu, les caractères géants d’un poème attachés sur un filet transparent. Cité par I. van der Poel, « Tel Quel… », art. cit., p. 437.
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[20]
D. Porter, Ideographia…, op. cit., p. 66-67.
-
[21]
Roland Barthes, L’Empire des signes, Paris, Flammarion, 1970, p. 11.
-
[22]
Les « lectures du corps » mobilisées par les histoires et les sociologies du corps proposent une acception plus large de la lecture, sous laquelle se retrouvent subsumées toutes les quêtes d’indices corporels signifiants, sans nécessité d’un dialogue. On « lit » dans le corps un langage corporel intentionnel aussi bien qu’un habitus incorporé ou que des symptômes pathologiques dont la chair n’est que le support inerte et inconscient.
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[23]
R. Schwab, La Renaissance orientale, op. cit., p. 16. Sur cette Renaissance orientale, voir aussi Henry Laurens, « L’orientalisme français : un parcours historique », in Youssef Courbage, Manfred Kropp (éd.), Penser l’Orient. Traditions et actualité des orientalismes français et allemand, Beyrouth, Presses de l’Ifpo, 2008, p. 103-128.
-
[24]
E. Said, L’Orientalisme…, op. cit., p. 150.
-
[25]
Ibidem, p. 151.
-
[26]
Markus Friedrich, « Les feudistes. Experts des archives au xviiie siècle. Recherche des documents, généalogie et savoir-faire archivistique dans la France rurale », Bibliothèque de l’École des Chartes, 171, 2013, p. 465-515, ici p. 509-513.
-
[27]
Anonyme, Livret de l’École des Chartes, Paris, Firmin Didot frères, 1852, p. 35-36.
-
[28]
Pierre Nora, « Entre Mémoire et Histoire. La problématique des lieux », in Id. (éd.), Les Lieux de mémoire. I. La République, Paris, Gallimard, 1984, p. xvi-xlii.
-
[29]
François Hartog, Régime d’historicité. Présentisme et expérience du temps, Paris, Seuil, 2003.
-
[30]
Lorraine Piroux, « The Encyclopedist and the Peruvian Princess : The Poetics of Illegibility in French Enlightenment Book Culture », PMLA, 121-1, 2006, p. 107-123, ici p. 107-112. Même idée chez Christian Vandendorpe, « Normes de lisibilité », in Id., Du Papyrus à l’hypertexte. Essai sur les mutations du texte et de la lecture, Paris, La Découverte, 1999, p. 29-40. Cette valorisation du phonétisme se manifeste également dans l’essor des écritures abrégées, étudiée notamment par Delphine Gardey, « Une culture singulière ? Short-hand systems et abréviation de l’écriture en Angleterre à l’époque moderne », Documents pour l’histoire des techniques, 19, 2010, p. 73-84, ici p. 78.
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[31]
Arrêté de Louis XVIII donné au château des Tuileries, le 29 novembre 1814, Archives nationales, F/17/13553 : Collège de France. Affaires générales et collectives concernant les chaires, vacances et transformations. An XIII-1932. Dossier 1 : Chaires de chinois et de sanscrit, 1814-1815.
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[32]
Notons qu’au xviiie siècle, Étienne Fourmont avait déjà introduit quelques éléments de langue chinoise dans son enseignement d’arabe au Collège de France (voir C. Leung, Étienne Fourmont…, op. cit.). Des élèves allemands de Rémusat inaugurent ensuite en Allemagne l’enseignement du chinois (voir Hartmut Walravens, « Les recherches sur l’Extrême-Orient au début du xixe siècle ou Paris, Mecque des orientalistes allemands », Revue germanique internationale, 7, 2008, p. 33-48, ici p. 43-46). En Russie, dès 1837, puis au Royaume-Uni dans la deuxième moitié du siècle, ce sont d’anciens interprètes en Chine qui inaugurent les chaires de sinologie, dans une perspective d’emblée plus pratique que la sinologie parisienne (Wolfgang Franke, « European Sinology in the Nineteenth Century », Canadian Review of Comparative Literature / Revue Canadienne de Littérature Comparée, 1997, p. 887-897, ici p. 888-889). Pour une vue globale sur l’histoire de la sinologie en Europe, voir José Frèches, La Sinologie, Paris, PUF, 1975.
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[33]
Clément Fabre, « La sinologie : la langue chinoise créée par les sinologues ? Les Chinois dans le territoire sinologique français du xixe siècle », Revue d’histoire des sciences humaines, 34-1, 2019, p. 97-123.
-
[34]
De 1760 au traité de Nankin qui clôt la première guerre de l’Opium (1839-1842), les étrangers ne sont admis en Chine qu’en bordure de Canton, pendant les quelques mois de la saison commerciale, et sont cantonnés le reste du temps à l’enclave de Macao. L’ouverture du pays, initiée en 1842, n’aboutit véritablement qu’avec le traité de Pékin qui accorde en 1860 aux étrangers le droit de voyager dans tout l’intérieur du pays, et d’établir à Pékin une représentation diplomatique permanente.
-
[35]
Les ouvrages sur la Chine comme les récits de voyage du xixe siècle reprennent inlassablement les mêmes spécificités – duplicité, tromperie, cruauté, goût du contournement, etc. – dont la formulation la plus célèbre est à la fin du siècle celle d’Arthur H. Smith, Chinese Characteristics, Shanghai, North China Herald, 1890.
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[36]
Cette altérité de la Chine s’estompe quelque peu au début du xxe siècle : la révolte des Boxers (1900-1901) puis la Révolution chinoise de 1911 portent à leur paroxysme les intrusions occidentales en Chine, et l’arrivée pendant la Première Guerre mondiale de contingents de main-d’œuvre chinoise en Europe lève un peu du mystère qui jusqu’alors entourait les Célestes.
-
[37]
Voir entre autres Jean-Jacques Matignon, Superstition, crime et misère en Chine. Souvenirs de biologie sociale, Paris, Masson et Cie et Lyon, A. Storck et Cie, 1899.
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[38]
Antonella Romano, Impressions de Chine. L’Europe et l’englobement du monde (xvie-xviie siècle), Paris, Fayard, 2016, p. 124-128.
-
[39]
Matteo Ricci, lettre du 13 février 1583 à M. de Fornari, cité par A. Romano, Impressions…, op. cit., p. 127.
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[40]
M. Ricci, lettre du 20 octobre 1585 à C. Acquaviva, op. cit., p. 127.
-
[41]
Les subdivisions de la langue chinoise varient beaucoup au cours du xixe siècle mais, là où les proto-sinologues des siècles précédents distinguaient avant tout langue écrite et langue orale, les sinologues distinguent désormais principalement le chinois antique, ou kou-wen, uniquement écrit, du chinois moderne, ou kouan-hoa, lequel se parle et s’écrit – les différents dialectes chinois correspondant à différentes prononciations de cette même langue moderne. Voir, sur l’histoire et les subdivisions de la langue chinoise, Léon Vandermeersch, Études sinologiques, Paris, PUF, 1994.
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[42]
Denis Thouard, « Humboldt, Abel-Rémusat et le chinois : la recherche de la correspondance », in Jean Rousseau, D. Thouard (éd.), Lettres édifiantes et curieuses sur la langue chinoise : Humboldt/Abel Rémusat (1821-1831), Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 1999, p. 9-27, ici p. 12.
-
[43]
H. Walravens, « Les recherches… », art. cit. Cette centralité de la capitale française dans l’orientalisme européen avait été soulignée, déjà, par R. Schwab, La Renaissance orientale, op. cit., p. 71-72.
-
[44]
Qualifiée, selon les régimes, de Bibliothèque du Roi, de Bibliothèque nationale ou de Bibliothèque impériale.
-
[45]
Simone Balayé, La Bibliothèque nationale des origines à 1800, Genève, Librairie Droz, 1988, p. 124.
-
[46]
C. Fabre, Idéogrammes, caquetages et ornements. Paris et la langue chinoise (1814-1900), Mémoire, Paris, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, p. 47-49.
-
[47]
Archives nationales, F/17/4057. Notice historique sur l’école spéciale des langues orientales vivantes, Paris, Ernest Leroux, 1883, p. 49-50.
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[48]
Henry Martin, Histoire de la Bibliothèque de l’Arsenal, Paris, Librairie Plon, 1900, p. 579.
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[49]
Collectif, Sociéte Asiatique. Le livre du centenaire (1822-1922), Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1922, p. 53-54.
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[50]
Konrad Dietrich Hassler, Lettres concernant l’évolution des études asiatiques à Paris par un jeune Allemand féru d’études orientales, Paris, Ulm, 1830. Cité dans H. Walravens, « Les recherches… », art. cit., p. 3.
-
[51]
Anonyme, Le Figaro, 23 février 1862, p. 7 ; Punch, « Nos informations », Le Figaro, 30 décembre 1872, p. 3.
-
[52]
C. Fabre, « Idéogrammes… », op. cit., p. 55-56.
-
[53]
G. Lenôtre, « Courrier de l’Exposition », Le Monde Illustré, t. 65, 12 octobre 1889 [1698], p. 227. L’anecdote est également relayée par Georges Grison, « Courrier de l’Exposition », Le Figaro, 12 septembre 1889, p. 2.
-
[54]
Fernand de Rodays, « Gazette des Tribunaux », Le Figaro, 21 novembre 1872, p. 3.
-
[55]
Un article paru le 10 novembre 1836 dans Le Figaro, « Mot à mot des canards de l’Obélisque », peut-être écrit par Gérard de Nerval, ironise par exemple sur les hiéroglyphes de l’Obélisque nouvellement érigée à Paris : « des canards, des hannetons, des peignes, des clefs de montre et des tirebouchons ». D. Lançon, « L’imaginaire des hiéroglyphes chez les écrivains français au xixe siècle : égyptosophie, cratylisme et analyse de la psyche », Ve Congrès de la Société des études romantiques et dix-neuvièmistes, 26 janvier 2012, p. 4 ( https://serd.hypotheses.org/files/2017/02/Langues-Lancon.pdf).
-
[56]
C. Fabre, « La sinologie est un sport de combat. L’affaire Paul Perny et les querelles sinologiques à Paris au xixe siècle », Genèses, 110-1, p. 12-31.
-
[57]
Ibidem.
-
[58]
C. Jacob, « Maîtriser », in Id. (éd.), Des Alexandries…, op. cit., p. 125-130, ici p. 125.
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[59]
Voir Georg Lehner, Der Druck chinesischer Zeichen in Europa. Entwicklungen im 19. Jahrhundert, Wiesbaden, Harrassowitz Verlag, 2004, et C. Fabre, Idéogrammes…, op. cit., p. 77-82.
-
[60]
Jean-Pierre Abel-Rémusat, « Mémoire sur les livres chinois de la Bibliothèque du Roi », in Mélanges asiatiques, ou choix de morceaux de critique et de mémoires relatifs aux religions, aux sciences, aux coutumes, à l’histoire et à la géographie des nations orientales, t. 2, Paris, Librairie orientale de Dondey-Dupre père et fils, 1826, p. 380.
-
[61]
Nathalie Monnet, « Les livres d’Abel-Rémusat à la Bibliothèque du Roi », in Jean-Pierre Abel-Rémusat et ses successeurs, Colloque organisé au Collège de France et à l’Académie des inscriptions et belles-lettres du 11 au 13 juin 2014.
-
[62]
Vincent Denis, « La logistique des savoirs. Surabondance d’informations et technologies de papier au xviiie siècle », Genèses, 102-1, 2016, p. 107-122.
-
[63]
Lettre de l’Administrateur Général de la Bibliothèque impériale à Stanislas Julien (Paris, 11 février 1869) et Lettre de l’Administrateur Général de la Bibliothèque impériale à Stanislas Julien (Paris, 19 mars 1869). Archives de la Bibliothèque nationale de France, Archives modernes 117.
-
[64]
Ferdinand Schütz, Propagation des sciences européennes dans l’Extrême-Orient, Nancy, Gemblot & Vve Raybois, 1856-1857, p. 6.
-
[65]
Pierre Janet, De la langue chinoise et des moyens d’en faciliter l’usage, Paris, Librairie A. Franck, 1869, p. 22.
-
[66]
J.-P. Abel-Rémusat, « Sur la transcription des mots orientaux en lettres européennes », in Mélanges asiatiques…, op. cit., t. 2, p. 310.
-
[67]
J.-P. Abel-Rémusat, « Sur le Supplément au Dictionnaire chinois-latin du P. Basile, rédigé par M. Klaproth », in Mélanges asiatiques…, op. cit., t. 2, p. 217-241, ici p. 239-240.
-
[68]
Voir notamment Ernest Clerc de Landresse, « Werke des tschinesischen Weisen Kung-Fu-Dsü, u. s. w. », Nouveau Journal asiatique, 1828, p. 156.
-
[69]
Henri Cordier, « Les études chinoises (1899-1902) », T’oung Pao, 4-1, 1903, p. 23-52, ici p. 30-34.
-
[70]
Paul Perny, Dictionnaire français-latin-chinois de la langue mandarine parlée, Paris, Librairie de Firmin Didot Frères, Fils et Cie, 1869, p. 7.
-
[71]
Camille Imbault-Huart, La Poésie chinoise du xive au xixe siècle, Paris, Ernest Leroux, 1886, p. 32.
-
[72]
Marquis d’Hervey-Saint-DENYs, Poésies de l’époque des Thang (viie, viiie et ixe siècles de notre ère), Paris, Amyot, 1862, p. 108. La citation est reprise du père Cibot.
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[73]
J.-P. Abel-Rémusat, « Discours prononcé… », op. cit., p. 3.
-
[74]
R. Schwab, La Renaissance orientale, op. cit., p. 181. Pour les hiéroglyphes, par exemple, l’interprétation de Champollion se heurte jusqu’au milieu des années 1840 aux tenants des lectures ésotériques des siècles précédents. Voir D. Lançon, Les Français…, op. cit., p. 6.
-
[75]
Voir J. Rousseau, D. Thouard (éd.), Lettres édifiantes…, op. cit., p. 16-17.
-
[76]
J.-P. Abel-Rémusat, « Discours sur la littérature orientale », in Mélanges posthumes, Paris, Imprimerie royale, 1843 p. 275-276.
-
[77]
Wolf Feuerhahn, « Le Collège de France et “la liberté de transformation” des chaires. Émergence et perpétuation d’une autodéfinition », in Id., La Politique des chaires au Collège de France, Paris, Les Belles Lettres, 2017, p. 109-126.
-
[78]
C. Fabre, Idéogrammes…, op. cit., p. 309 sq.
-
[79]
L’importance de l’idiomatisme est reconnue également par les sinologues parisiens, et l’opposition entre la théorie d’une part, la pratique et l’idiomatisme d’autre part, rejoint plus généralement l’opposition entre méthode grammaticale et méthode directe ou naturelle qui parcourt au xixe siècle la didactique des langues étrangères (voir Pierre Martinez, La Didactique des langues étrangères, Paris, PUF, 2008 [1988]).
-
[80]
Françoise Waquet, L’Ordre matériel du savoir. Comment les savants travaillent, xvie-xxie siècle, Paris, CNRS Éditions, 2015.
-
[81]
Voir, entre autres, C. Imbault-Huart, Cours éclectique, graduel et pratique de langue chinoise parlée, Pékin, Typographie du Pei-t’ang ; Paris, E. Leroux, 1887, p. xx.
-
[82]
Marquis d’Hervey de Saint-Denis, Le Li-Sao, poème du iiie siècle avant notre ère traduit du chinois accompagné d’un commentaire perpétuel et publié avec le texte original, Paris, Maisonneuve et Cie, 1870, p. x.
-
[83]
Théodore Pavie, San-Koué-Tchy Ilan kouroun-i pithé, Paris, Benjamin Duprat, 1845-1851, p. 57.
-
[84]
Stanislas Julien, « Langue et littérature chinoise », in Collectif, Recueil de rapports sur les progrès des lettres et des sciences en France. Sciences historiques et philologiques. Progrès des études relatives à l’Égypte et à l’Orient, Paris, Imprimerie Impériale, 1867, p. 177-178.
-
[85]
Antoine Bazin, « Rapport sur un manuel pratique de la langue chinoise vulgaire, par M. Louis Rochet, membre de la Société asiatique. Paris, Benjamin Duprat ; 1 vol. in-8° », Journal Asiatique, IVe série, VIII, 1846, p. 356-357.
-
[86]
C. Imbault-Huart, Cours éclectique…, op. cit., p. xxi-xxii.
-
[87]
Ann Moss, Printed Common-Place Books and the Structuring of Renaissance Thought, Oxford, Clarendon Press, 1996.
-
[88]
J.-P. Abel-Rémusat, Iu-kiao-li…, op. cit.
-
[89]
S. Julien, Hoeï-Lan-ki, ou l’Histoire du Cercle de Craie, Drame en prose et en vers, Londres, Printed for the Oriental translations Fund of Great Britain and Ireland, 1832, p. 13.
-
[90]
T. Pavie, San-Koué-Tchy…, op. cit., p. 45-46.
-
[91]
On retrouve cette idée dans les travaux sinologiques contemporains sur la lecture chinoise. Jean-Pierre Drège affirme ainsi que « [l]’acte de lecture est, pour les pédagogues des Song et leurs émules, conditionné à la fois par une disposition mentale et par une gestuelle. Pour Zhu Xi (1130-1200), la voix a son rôle, comme les yeux et l’esprit » ( J.-P. Drège, « Comment devient-on lecteur… », art. cit., p. 106).
-
[92]
Même s’il est impossible de déduire la prononciation d’un caractère de son tracé et les caractères qui forment un mot de sa prononciation, le chinois n’est pas purement idéographique, dans la mesure où certains caractères sont porteurs d’éléments indiquant leur prononciation : l’existence de ces « morphophonogrammes » (L. Vandermersch, Études sinologiques…, op. cit.), dans la composition desquels entre une part de phonétique, était soulignée déjà par plusieurs auteurs au cours du xixe siècle. Des études bien plus récentes ont par ailleurs su montrer que les opérations cognitives de lecture mises en œuvre par les locuteurs chinois sont autant sémantiques/phonétiques que graphiques/visuelles (voir Viviane Alleton, L’Écriture chinoise. Le défi de la modernité, Paris, Albin Michel, 2008). Un caractère inconnu n’est certes susceptible que d’une lecture graphique, mais le caractère familier est spontanément associé à son sens et à sa prononciation, dans une lecture qui ne diffère pas en somme de celle de nos langues alphabétiques – ce qui n’empêche pas, toutefois, le lecteur d’être sensible aux effets poétiques d’échos graphiques à l’intérieur d’un texte.
-
[93]
J.-P. Abel-Rémusat, Essai sur la langue et la littérature chinoises, Paris, 1811, p. 11-12.
-
[94]
Ibidem, p. 15-16.
-
[95]
Marquis d’Hervey de Saint-Denys, Le Li-Sao, op. cit., p. xv-xvi.
-
[96]
A. Ular, « Le Livre de la Voie et de la Ligne-droite », La Revue blanche, 22, 1900, p. 338-350 et p. 421-435.
-
[97]
A. Ular, « Notes sur la littérature en Chine », La Revue Blanche, 20, 1899, p. 27.
-
[98]
Denis Thouard, lettres édifiantes…, op. cit., p. 22.
-
[99]
J.-P. Abel-Rémusat, « Lettre au rédacteur du Journal Asiatique sur l’état et les progrès de la littérature chinoise en Europe », Journal Asiatique, 1822, p. 280.
-
[100]
J.-P. Abel-Rémusat, Iu-kiao-li, op. cit.
-
[101]
C. Imbault-Huart, Cours éclectique…, op. cit., p. 4-5.
-
[102]
Fernand Farjenel, Les Européens et la langue chinoise, Paris, Aux Bureaux de la Revue, 1900, p. 4.
-
[103]
Claire Barbillon, Roland Recht, Philippe Sénéchal (éd.), Histoire de l’histoire de l’art en France au xixe siècle, actes du colloque organisé à Paris du 2 au 5 juin 2004 par le Collège de France et l’Institut national d’histoire de l’art, Paris, La Documentation française, 2008.
-
[104]
F. Farjenel, Les Européens…, op. cit., p. 6.
-
[105]
Marquis d’Hervey de Saint-Denys, Li Sao…, op. cit., p. xix-xx.
-
[106]
Marquis d’Hervey de Saint-Denys, Poésies de l’époque des Thang…, op. cit., p. 99-100.
-
[107]
Marquis d’Hervey de Saint-Denys, Li Sao…, op. cit., p. xix-xx.
-
[108]
Maurice Jametel, Souvenirs d’un collectionneur. La Chine inconnue, Paris, J. Rouam, 1886, p. 19-20.
-
[109]
Voir notamment Albert Jacquemart, Catalogue descriptif et raisonné des porcelaines, grès cérames, terres vernissées, laques de la Chine, du Japon, de l’Inde et de la Perse composant la collection de Madame Malinet, Paris, Imprimerie Renou et Maulde, 1862.
-
[110]
A. Jacquemart, Histoire de la céramique. Étude descriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et de tous les peuples, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1875.
-
[111]
Anonyme, « Mouvement des arts et de la curiosité. Ventes de porcelaines chinoises », t. 8, 1860, p. 315.
-
[112]
Nous nous concentrons ici sur des poètes français, mais on retrouve au début du xxe siècle le même type de lectures poétiques de la langue chinoise aux États-Unis. Voir notamment l’essai d’Ernest Fenollosa publié de façon posthume par Ezra Pound (éd.), The Chinese Written Character as a Medium for Poetry, Londres, Instigations, 1919.
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[113]
C’est notamment le cas d’Hervey de Saint-Denys. Voir par exemple ses Poésies de l’époque des Thang…, op. cit.
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[114]
Voir R. Schwab, La Renaissance orientale, op. cit., p. 320.
-
[115]
William Leonard Schwartz, The Imaginative Interpretation of the Far East in Modern French Literature, 1800-1925, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, 1927.
-
[116]
Ibidem.
-
[117]
Judith Gautier (Judith Walter), Le Livre de Jade, Paris, Alphonse Lemerre, 1867, p. 23.
-
[118]
Ibidem.
-
[119]
William Leonard Schwartz, The Imaginative…, op. cit., p. 33.
-
[120]
Lettre de Bouilhet citée dans W. Leonard Schwartz, The Imaginative…, op. cit., p. 34.
-
[121]
J. Gautier, Le Collier des Jours. Second Rang du Collier, Paris, Félix Fuven, 1900, p. 269.
-
[122]
D. Lançon, Les Français…, op. cit., p. 8-11.
-
[123]
Marc Gontard, La Chine de Victor Segalen. Stèles, Équipée, Paris, PUF, 2000, p. 71.
-
[124]
Pierre Singaravélou, L’École française d’Extrême-Orient ou l’institution des marges (1898- 1956). Essai d’histoire sociale et politique de la science coloniale, Paris, L’Harmattan, 1999, p. 65.
-
[125]
Marie Dollé, Victor Segalen. Le voyageur incertain, Lonrai, Éditions Aden, 2008, p. 121- 122 et p. 147 sq.
-
[126]
Paul Bady, « Segalen : l’Empire des signes », in Jean Balcou, Yves Leroy, Victor Segalen. Actes du Colloque de Brest, Brest, Le Quartz de Brest, 1994, p. 285-288, ici p. 286.
-
[127]
Victor Segalen, Stèles, Paris, Plon, 1963 [1912], p. 35.
-
[128]
Haiying Qin, Segalen et la Chine. Écriture intertextuelle et transculturelle, Paris, L’Harmattan, 2003, p. 15.
-
[129]
V. Segalen, Lettres de Chine, Paris, Plon, 1967, p. 166.
-
[130]
V. Segalen, Essai sur l’exotisme, Paris, J’ai lu, 1986, cité par Haiying Qin, Segalen…, op. cit., p. 13.
-
[131]
Lettre de Victor Segalen à Jules de Gaultier, 20 mars 1908, cité par Haiying Qin, Segalen…, op. cit., p. 13-14.
-
[132]
Voir Jean-Gérard Lapacherie, « Henri Michaux… », art. cit., p. 203 et H. Qin, Segalen…, op. cit., p. 11-12.
-
[133]
Henri Bouillier, Victor Segalen, Paris, Mercure de France, 1986, p. 252-253.
-
[134]
Claude-Pierre Perez, « La stèle de Segalen entre Orient et Occident », in Marie Dollé (éd.), op. cit., p. 79-88, ici p. 81-83.
-
[135]
« Im Orient müssen wir das höchste Romantische suchen ». Cité dans R. Schwab, La Renaissance orientale, op. cit., p. 20.
-
[136]
Alexandre Ular, « Notes sur la littérature en Chine », La Revue Blanche, 20, 1899, p. 19-20.
-
[137]
Ibidem, p. 15-18.
Depuis le xvie siècle, l’étrangeté et la difficulté de la langue chinoise fascinent les missionnaires jésuites comme les savants européens, et cette fascination trouve encore un écho au xxe siècle dans celle qu’un Roland Barthes ou un Henri Michaux vouent à l’idiome du Céleste Empire. Dans cette histoire séculaire, toutefois, le xixe siècle occupe une place à part, où les sinologues parisiens, alors même qu’ils parviennent à maîtriser la langue chinoise mieux que quiconque en Europe jusqu’alors, s’efforcent de distinguer son déchiffrement des lectures ordinaires. Reléguer la langue chinoise hors du registre commun de la lecture permet en effet à la sinologie naissante d’affirmer son monopole sur cette langue en définissant les modalités de son déchiffrement légitime. Qu’a-t-on le droit de lire dans la langue chinoise ? Avec quels outils doit-on aborder un manuscrit chinois ? Comment doit-on le lire, et quelles émotions sa lecture est-elle censée procurer ? Le déchiffrement de la langue chinoise fait ainsi l’objet d’une exceptionnelle théorisation. Ce qui n’empêche pas pour autant des acteurs non sinologues, tels les amateurs d’art et les poètes, de s’obstiner à lire différemment la langue chinoise, et à y lire autre chose – que ce soit la valeur d’un vase chinois ou le secret d’un effet poétique. Le cas de la langue chinoise dans le Paris du xixe siècle permet ainsi d’aborder deux questions largement négligées par l’histoire de la lecture : l’acte de lecture varie-t-il au gré des langues lues ? Et que lit-on dans un texte, hormis son sens ?
Mots-clés
- lecture
- Chine
- chinois
- Paris
- sinologie
- orientalisme
Mots-clés éditeurs : Chine, chinois, lecture, orientalisme, Paris, sinologie
A Dream Behind a Cloud. Reading Chinese in 19th Century Paris
Since the 16th century onwards, the strangeness and difficulty of the Chinese language have caused Jesuit missionaries and European scholars to marvel, a fascination which still resonates with Roland Barthes’ or Henri Michaux’s during the 20th century. Yet, the 19th century occupies a place of its own in this centuries-long history: even though Parisian sinologists managed to master the Chinese language better than anyone in Europe until them, they endeavoured to distinguish its deciphering from ordinary readings. Putting the Chinese language outside the common register of reading allowed the emergent sinological science to assert its monopoly on it by defining the only legitimate way to decipher it. What was the right to read in the Chinese language? What tools should be used to approach a Chinese manuscript? How should it be read, and what emotions was it supposed to convey? The deciphering of the Chinese language was thus the focus of an exceptional theorization. This did not prevent non-Sinologist actors, such as art lovers and poets, from persisting in reading the Chinese language differently, and reading something else therein – whether the value of a Chinese vase or the secret of a poetic effect. The case-study of the Chinese language in 19th century Paris thus makes it possible to address two questions that have been largely neglected by the history of reading: does the act of reading vary according to the languages read? And what does one read in a text, apart from its meaning?
Keywords
- reading
- China
- Chinese
- Paris
- sinology
- orientalism
Mots-clés éditeurs : China, Chinese, orientalism, Paris, reading, sinology