Le Havre, le contrôle sanitaire maritime et le problème méditerranéen, années 1750-1780
- Par Claire Rioult
Pages 7 à 31
Citer cet article
- RIOULT, Claire,
- Rioult, Claire.
- Rioult, C.
https://doi.org/10.3917/rhmc.664.0007
Citer cet article
- Rioult, C.
- Rioult, Claire.
- RIOULT, Claire,
https://doi.org/10.3917/rhmc.664.0007
Notes
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[1]
Jean-Noël Biraben, Les Hommes et la peste en France et dans les pays européens et méditerranéens, Paris, Mouton, 1976 ; Françoise Hildesheimer, La Terreur et la pitié. L’Ancien Régime à l’épreuve de la peste, Paris, Publisud, 1990 ; Daniel Panzac, Quarantaines et lazarets. L’Europe et la peste d’Orient, xviie-xxe siècle, Aix-en-Provence, Édisud, 1986.
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[2]
F. Hildesheimer, « La protection sanitaire des côtes françaises au xviiie siècle », Revue d’histoire moderne & contemporaine, 27-3, 1980, p. 443-467 ; Ead., Le Bureau de la santé de Marseille sous l’Ancien Régime. Le renfermement de la contagion, Marseille, Fédération historique de Provence, 1980.
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[3]
Laurent Coste, « Bordeaux et la peste dans la première moitié du xviie siècle », Annales du Midi, 224, 1998, p. 457-480 ; Claire Etienne-Steiner, « Quatre générations de lazarets au Havre », In Situ. Revue des patrimoines, 2, 2002 ( http://journals.openedition.org/insitu/1237) ; Jean-Pierre Goubert, « Environnement et épidémies : Brest au xviiie siècle », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 4, 1974, p. 733-743 ; Pascal Even, « Le mal venu de la mer : la prévention des épidémies dans les ports de l’Aunis sous l’Ancien Régime », in Mickaël Augeron, Mathias Tranchant (éd.), La Violence et la mer dans l’espace atlantique : xiie-xixe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004, p. 357-372.
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[4]
Bernard Hillemand, « La police sanitaire maritime française au xixe siècle », Histoire des Sciences médicales, 46-2, 2012, p. 95-110 ; D. Panzac, « Pratiques anciennes et maladies nouvelles : la difficile adaptation de la politique sanitaire au xixe siècle », Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, 10-1/2, 1998, p. 53-66 ; Pierre-Louis Laget, « Les lazarets et l’émergence de nouvelles maladies pestilentielles au xixe et au début du xxe siècle », In Situ. Revue des patrimoines, 2, 2002 ( https://journals. openedition.org/insitu/1225).
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[5]
La graphie habituelle au xviiie siècle est souvent « Cette », nous avons choisi d’utiliser ici l’orthographe contemporaine du port languedocien.
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[6]
Archives municipales du Havre (désormais AMH), GG551, « Copie de l’arrêt du Conseil d’État du 14 octobre 1762 portant défense de faire quarantaine ailleurs qu’à Marseille et Toulon ».
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[7]
Concernant cette intention royale répétée de conférer un monopole sanitaire total à Marseille, on peut mentionner entre autres l’édit royal du 25 juillet 1689, la déclaration royale du 26 novembre 1729 ou encore l’arrêt du Conseil d’État du 1er février 1751.
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[8]
Séville, port unique du commerce des Indes et de la Carrera de Indias à la fin du xviie siècle, perd ainsi plus de la moitié de sa population et entame à cette date une période de déclin marqué. Raphaël Carrasco, L’Espagne au temps des validos (1585-1645), Toulouse, Presses de l’Université du Mirail, 2009, p. 31.
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[9]
Dorothy Porter, Health, Civilization and the State. A History of Public Health from Ancient to Modern Times, Londres, Routledge, 1999, p. 42-43 ; Guido Alfani, Tommy E. Murphy, « Plague and Lethal Epidemics in the Pre-Industrial World », The Journal of Economic History, 77-1, 2017, p. 314-343, p. 327.
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[10]
Charles Carrière, Marcel Courdurié, Ferréol Rebuffat, Marseille ville morte. La peste de 1720, Marseille, Garçon, 1968 ; Fleur Beauvieux, « Épidémie, pouvoir municipal et transformation de l’espace urbain : la peste de 1720-1722 à Marseille », Rives méditerranéennes, 42, 2012, p. 29-50 ; P. Even, « Le mal… », art. cit.
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[11]
F. Hildesheimer, Le Bureau…, op. cit., p. 21-23.
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[12]
Un lazaret se définit comme un « édifice destiné à faire faire la quarantaine à des personnes qui viennent de lieux soupçonnés de la peste. C’est un vaste bâtiment assez éloigné de la ville à laquelle il appartient, dont les appartemens sont détachés les uns des autres, où on décharge les vaisseaux, & où l’on fait rester l’équipage pendant quarante jours, plus ou moins, selon le lieu d’où vient le vaisseau & le tems auquel il est parti. C’est ce qu’on appelle faire quarantaine » : Denis Diderot, Jean le Rond d’Alembert (éd.), Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, etc., Université de Chicago, ARTFL Encyclopédie Project, 2016, 9, p. 329 ( https://encyclopedie.uchicago.edu).
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[13]
Il est difficile voire impossible d’écrire l’histoire du service sanitaire marseillais avant 1640, date du document le plus ancien conservé.
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[14]
Mark Harrison, Contagion. How Commerce Has Spread Disease, New Haven, Yale University Press, 2012, p. 25. Le premier lazaret permanent en Europe du Nord est établi en 1655 à Amsterdam. S’il est construit à l’occasion funeste de la peste qui y éclate à cette époque, le développement d’infrastructures sanitaires pérennes favorise en réalité l’essor commercial de la cité néerlandaise.
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[15]
F. Hildesheimer, Le Bureau…, op. cit., p. 180-181.
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[16]
Jean-Baptiste Gastinne, Le Havre 1517-1789. Histoire d’une identité urbaine, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2016.
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[17]
André Corvisier (éd.), Histoire du Havre et de l’estuaire de la Seine, Toulouse, Privat, 1983, p. 58. Ce lien se traduit concrètement par la présence d’officiers en plus grand nombre que dans les autres villes.
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[18]
Pierre Dardel, Commerce, industrie et navigation à Rouen et au Havre au xviiie siècle, Rouen, Société d’émulation de la Seine-Maritime, 1966, p. 308 ; J-B. Gastinne, Le Havre…, op. cit.
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[19]
Gourdon de Léglisière est connu principalement pour son mémoire relatif à la défense des côtes de Normandie contre les attaques anglaises. Il relève ainsi qu’en 1777, 957 navires français naviguent entre Rouen, Harfleur, Caen et Le Havre, nombre auquel il faudrait ajouter le cabotage sur la Seine. Tout ceci dessine sans surprise un trafic très intense. Pour des chiffres plus exhaustifs relatifs à la navigation entre ports de la Manche et Marseille à la toute fi n de l’Ancien Régime : Christian Pfister-Langanay, « De la Manche à la Méditerranée : la navigation du royaume de France (1781-1791) », Revue d’histoire maritime, 13, 2011, p. 101-117.
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[20]
Jean-François Brière, La Pêche française en Amérique du Nord au xviiie siècle, Montréal, Fides, 1990. Une lettre du 6 novembre 1767 de Jean-Louis Roch Mistral, officier de la Marine au Havre décrit en ces termes ce commerce : « la France, qui par cette denrée, est pour ainsi dire la mère nourricière de toute l’Espagne et du Portugal ».
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[21]
Joachim Darsel, « L’amirauté en Normandie », Annales de Normandie, 4-1, 1971, p. 32. Bien qu’en déclin sur notre période, la dentelle du Havre se vend toujours très bien en Amérique espagnole et emploie encore un nombre conséquent d’ouvriers, majoritairement des femmes. On peut ajouter à cette production celle de la manufacture des tabacs qui embauche toujours de 800 à 900 personnes à cette époque. Au sujet des sphères d’influence portuaires : Bernard Michon, « Les “aires portuaires” françaises au xviiie siècle : approche comparative », Nuevo Mundo Mundos Nuevos. Colloques, 1, 2016 ( https://journals.openedition.org/nuevomundo/69935).
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[22]
J. Darsel, « L’amirauté… », art. cit.
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[23]
AMH, GG553, affaire du navire L’Endraght, copie de la lettre du négociant Fattoud au contrôleur général Terray, en date du 24 janvier 1771.
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[24]
Les ports de la côte atlantique, et a fortiori les ports et navires anglais, sont considérés alors comme relativement laxistes à l’égard de la législation sanitaire.
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[25]
En contradiction donc avec l’arrêt du Conseil d’État du 1er février 1751 et celui du 14 février 1762.
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[26]
AMH, GG551, affaire du navire hollandais Le Papillon, lettre du sieur Esnault, 23 août 1767.
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[27]
AMH, GG551.
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[28]
Les corsaires barbaresques étaient réputés pour s’aventurer couramment jusqu’à la pointe bretonne voire aux îles britanniques, ne se limitant pas au simple détroit de Gibraltar.
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[29]
D. Panzac, Les Corsaires barbaresques. La fin d’une épopée, 1800-1820, Paris, CNRS, 1999.
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[30]
AMH, GG552, lettre du bureau de santé de Marseille au bureau de santé du Havre relative à la peste d’Alger, en date du 4 juin 1787.
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[31]
Au sujet de Salé et de ses corsaires, se référer notamment aux travaux de Leïla Maziane, Salé et ses corsaires (1666-1727), un port de course marocain au xviie siècle, Caen, Presses universitaires de Caen, 2007.
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[32]
Pierre Grillon, « La correspondance du consul général Louis Chénier, chargé d’affaires de France au Maroc (1767-1782) », Revue d’histoire moderne & contemporaine, 10-1, 1963, p. 65-76.
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[33]
En principe, les gens de la chaloupe de santé du Havre ayant approché le navire suspect devaient eux aussi se rendre à Marseille.
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[34]
F. Hildesheimer, Le Bureau…, op. cit., p. 96-97.
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[35]
F. Hildesheimer, « La protection… », art. cit., p. 464.
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[36]
D. Panzac, Quarantaines et lazarets…, op. cit., p. 35.
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[37]
Georges Godefroy, « Les juges de santé de la ville du Havre au xviiie siècle », Recueils de l’Association des amis du Vieux Havre, 30, 1973, p. 43-55.
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[38]
AMH, GG550, lettre du comte de Pontchartrain aux officiers de l’amirauté du Havre relative à la peste à Alger, en date du 7 août 1700. Jérôme Phélypeaux (1674-1747), comte de Pontchartrain, est secrétaire d’État à la Marine de 1699 à 1715, date à laquelle il connaît une disgrâce. Il est issu d’une lignée de hauts dignitaires : son père, Louis II Phélypeaux de Pontchartrain est chancelier de France. Son fils, Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, est lui-même secrétaire d’État à la Marine de 1723 à 1749.
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[39]
Archives départementales de Seine-Maritime (désormais AD76), série C, C94, ordonnance de l’intendant Roujault en date du 23 janvier 1714.
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[40]
D. Panzac, Quarantaines et lazarets…, op. cit., p. 60.
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[41]
Archives municipales de Saint-Malo (désormais AMSM), GG295, délibération du 18 septembre 1720.
-
[42]
AMH, GG551, lettres d’Esnault à ces messieurs du conseil de santé du Havre, relatives au navire du capitaine Duval échoué entre le Hoc et Le Havre, en date du 2 et 6 octobre 1767.
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[43]
AMH, GG551, lettre du conseil de santé au duc de Praslin, en date du 25 octobre 1767.
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[44]
L’admission à libre pratique est l’autorisation donnée à un navire, aux biens et aux personnes qu’il transporte, d’accoster dans un port librement.
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[45]
AMH, GG551, affaire du navire L’Amitié, lettres du 25 et 30 octobre 1768.
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[46]
A. Corvisier (éd.), Histoire du Havre…, op. cit.
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[47]
Hervé Chabannes, « Jean-Louis Roch Mistral (1720-1792), commissaire de la Marine au Havre de 1762 à 1792 », Bulletin de liaison du Centre havrais de recherche historique, 90, 2013, p. 8-13. Jean-Louis Mistral occupe cette responsabilité de 1762 à 1772 ou 1773 puis à nouveau à partir de 1776. À sa mort en 1792, il est intendant de la Marine au Havre.
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[48]
AMH, GG551, lettre du commissaire-ordonnateur Mistral, en date du 15 avril 1768.
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[49]
AMH, GG551, affaire du navire Le Duc de Penthièvre, lettres du 15 avril au 2 mai 1768.
-
[50]
AMH, GG551, affaire des navires Le Duc de Choiseul et Le Victor, copie de la lettre du duc de Praslin du 10 avril 1769.
-
[51]
Alphonse Petit, « Étude sur l’histoire des quarantaines et des lazarets du Havre », Bulletin de l’Association des amis du Vieux Havre, 12, 1932, p. 34.
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[52]
AMH, GG551, affaire du navire L’Elisabeth ; AMH, GG551, affaire du navire Les Cinq Frères.
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[53]
AMH, GG551, affaire du navire Le Papillon.
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[54]
AMH, GG551, affaire des navires Le Duc de Choiseul et Le Victor, lettre du duc de Praslin en date du 10 avril 1769 ; AMH, GG551, affaire du navire Le Duc de Penthièvre.
-
[55]
Le Hoc est une petite langue de terre, aujourd’hui recouverte par les installations portuaires du Havre, qui accueillait les bâtiments du lazaret, le camp des Neiges, lieu où étaient éventées les marchandises, et abritait en son anse les navires mis à l’isolement. Cette pointe ne doit pas être confondue avec son homonyme située dans le département du Calvados.
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[56]
AMH, GG551, affaire du navire L’Elisabeth.
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[57]
AMH, GG551, lettre du duc de Praslin aux officiers municipaux de la ville du Havre sur l’affaire du navire Le Papillon. Cette désinfection s’effectue par fumigation, Le Havre utilise uniquement du genièvre dont les baies et les feuilles sont réputées efficaces contre la peste.
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[58]
La serenne, ou « sereine » selon les graphies, est la première étape de désinfection des marchandises et des personnes, elle vise particulièrement les tissus, textiles et vêtements. L’Encyclopédie indique qu’« on appelle communément serein, l’humidité dont l’air est chargé, principalement en été, […] le serein n’est autre chose que la rosée du soir, la rosée commençante » : D. Diderot, J. le Rond d’Alembert (éd.), Encyclopédie…, op. cit., 15, p. 81. Le Dictionnaire des sciences médicales explique quant à lui, dans son édition de 1818, les bénéfices prêtés à cette exposition : « Il est en effet connu […] que lorsque cette rosée commence à être abondante, la peste va en diminuant et les hardes perdent de jour en jour de leur qualité contagieuse », Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Paris, Pancoucke, 1818, 27, p. 377. Cette première étape est souvent suivie de l’utilisation de parfums par fumigation pour purifier les navires.
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[59]
AMH, GG553, lettres de Bertin relative au navire L’Anthropophage, en date du 15 août 1771.
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[60]
AMH, GG550, « Ordonnance royale relative au mal de Hambourg », 27 septembre 1713. Tout textile d’origine végétale ou animale est perçu comme « très susceptible de contagion ».
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[61]
AMH, GG554, lettre du maréchal de Castries relative à la peste du Maroc, en date du 1er août 1784.
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[62]
AMH, GG554, lettre du maréchal de Castries relative au navire Dame Ingeborg, 20 septembre 1782.
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[63]
AMH, GG554, lettre du ministre Vergennes relative au navire danois Dame Ingeborg, 27 septembre 1782.
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[64]
AMSM, GG290, lettre du maréchal de Castries, 1er août 1784.
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[65]
Peter Baldwin, Contagion and the State in Europe, 1830-1930, Cambridge, Cambridge University Press, 1999, p. 10.
-
[66]
D. Panzac, « Crime ou délit ? La législation sanitaire en Provence au xviiie siècle », Revue Historique, 175-557, 1986, p. 39-71, p. 60.
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[67]
Au sujet du lien entre « gouvernement éclairé » et usage de la quarantaine, il convient de se référer à l’incontournable ouvrage de M. Harrison, Contagion…, op. cit., p. 37 ; Patrice Bourdelais (éd.), Les Hygiénistes. Enjeux, modèles et pratiques, xviiie-xxe siècle, Paris, Belin, 2001 ; Calixte Hudemann-Simon, La Conquête de la santé en Europe : 1750-1900, Francfort-sur-le-Main, Fischer, 2000.
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[68]
F. Hildesheimer, Le Bureau…, op. cit., p. 179 sq.
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[69]
Dans ses travaux, Pascal Even insiste ainsi sur l’importance des correspondances et des réseaux locaux d’information sanitaire entre villes relativement proches, à l’exemple de La Rochelle et de Bordeaux pour le pays d’Aunis. Cet exemple peut être répliqué pour la côte basque ou le littoral breton, chaque grand port possédant une « aire portuaire » d’influence, pour reprendre le terme utilisé par Gérard Le Bouëdec. Voir à ce sujet B. Michon, « Les “aires portuaires” françaises… », art. cit.
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[70]
F. Hildesheimer, Le Bureau…, op. cit.
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[71]
Sévèrement critiqué pour sa gestion des années 1720-1722, il est réformé dans ses structures et son personnel et placé sous le contrôle du secrétariat d’État à la Marine.
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[72]
Dans son ouvrage majeur sur le bureau marseillais (F. Hildesheimer, Le Bureau…, op. cit.), F. Hildesheimer ne consacre que quelques lignes à la relation entre Marseille et les ports atlantiques.
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[73]
André Lespagnol, « Saint-Malo, les Malouins et Marseille, une relation particulière », in Xavier Daumalin, Daniel Faget, Olivier Raveux (éd.), La Mer en partage. Sociétés littorales et économies maritimes (xvie-xixe siècle). Études offertes à Gilbert Buti, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2016, p. 181-194 ; Jean Delumeau, « Le commerce malouin à la fi n du xviie siècle », Annales de Bretagne, 66-3, 1959, p. 277-278. Jean Delumeau avait déjà analysé comment, dès la fin du xviie siècle, une part importante du trafic de la cité corsaire est tenue par les ports de Basse-Seine à l’instar du Havre et de Rouen.
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[74]
Jacques Aman, Les Officiers bleus dans la Marine française, Genève, Droz, 1976, p. 191.
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[75]
H. Chabannes, « Jean-Louis Roch Mistral… », art. cit.
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[76]
Jean-Claude Waquet, « Compte rendu », Bibliothèque de l’École des chartes, 140, 1982, p. 103.
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[77]
AMH, GG554, lettres des intendants de santé de Marseille, 20 mai 1787.
-
[78]
AMH, GG554, lettre des officiers municipaux de Honfleur, 5 juin 1787.
-
[79]
Archives municipales de Lorient (désormais AML), BB6-011, extrait des registres des délibérations de l’assemblée municipale de Lorient, 14 juillet 1787.
-
[80]
AMSM, GG290, extrait des registres des délibérations du bureau de santé de Marseille du 18 décembre 1730.
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[81]
L’inflation de détails du règlement marseillais est visible dans la nouvelle version publiée en 1797 qui comporte 205 pages, et celle de 1836 qui en compte 323. D. Panzac, « Crime ou délit ?… », art. cit., p. 46.
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[82]
AMSM, GG290, mémoire du bureau de santé de Marseille et les règles qu’on y observe, 1771.
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[83]
AMH, GG553, lettres du 24 janvier au 15 février 1771.
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[84]
AMH, GG552, lettre du duc de Praslin, en date du 12 novembre 1770. Cette peste dite « de la Baltique » est causée par des troupes russes en retraite de leurs combats contre les forces ottomanes. L’épidémie frappe la Moldavie, la Valachie avant de ravager Moscou, la Pologne et de menacer la Baltique puis la Manche. On voit bien ici que les foyers méditerranéens peuvent atteindre l’Atlantique par la voie semi-terrestre du Nord.
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[85]
John Booker, Maritime Quarantine. The British Experience, c.1650-1900, Londres, Routledge, 2007, p. 143.
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[86]
Le commissaire de la santé du Havre, le sieur Esnault demande ainsi en 1770 l’envoi d’un ministre spirituel pour les 140 personnes isolées à la pointe du Hoc, un chiffre totalement inédit pour le vieux lazaret du Havre qui y est installé. Voir aussi G. Godefroy, « Les juges de santé… », art. cit., p. 53.
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[87]
Les nouveaux critères de conception et de construction des lazarets dérivent directement, à la fin du xviiie siècle, des travaux pionniers de réformateurs tels que John Howard et son ouvrage majeur : J. Howard, An Account of the Principal Lazarettos in Europe, Londres, J. Johnson, D. Dilly, and T. Cadell, 1791. Au sujet des lazarets à l’époque moderne : Jane Stevens Crawshaw, « The Places and Spaces of Early Modern Quarantine », in Alison Bashford (éd.), Quarantine. Local and Global Histories, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2016, p. 15-34.
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[88]
Ces menaces sont souvent liées à des navires mal identifiés dans la zone des îles anglo-normandes, haut lieu du trafic interlope. Au sujet de ce commerce illicite, voir François Crouzet, « La contrebande entre la France et les îles britanniques au xviiie siècle », in Gérard Béaur, Hubert Bonin, Claire Lemercier (éd.), Fraude, contrefaçon, contrebande de l’Antiquité à nos jours, Genève, Droz, 2007, p. 35-59.
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[89]
C’est le cas des officiers municipaux de Dieppe qui, en janvier 1771, demandent expressément à leurs homologues havrais les dispositions à observer pour contrer la peste de la Baltique : AMH, GG553.
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[90]
F. Hildesheimer, « La protection… », art. cit., p. 448.
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[91]
Olivier Chaline, Jean-Pierre Poussou, Gérard Le Bouëdec (éd.), « La Méditerranée dans les circulations atlantiques au xviiie siècle », dossier de la Revue d’histoire maritime, 13, 2011.
Le 14 octobre 1762, un arrêt du Conseil d’État entend définitivement clore une longue bataille sanitaire et économique opposant, depuis le xviie siècle, les ports provençaux et languedociens du royaume et rendue d’autant plus aiguë par le souvenir de la dernière grande peste de 1720 en Provence. Marseille apparaît alors renforcée par cette décision royale qui réitère l’obligation pour tout navire en provenance d’Orient ou d’Afrique du Nord de transiter par la cité phocéenne. Loin de marquer une étape finale, l’arrêt de 1762 constitue en réalité le point de départ d’une âpre contestation des élites normandes du port du Havre, qui se voient pénalisées par un monopole marseillais qui in fine les priverait de tout commerce méditerranéen. Cette contestation menée tant par les autorités municipales que provinciales auprès de Versailles n’obtient jamais entièrement gain de cause et se traduit donc par un échec théorique de ces revendications. Pourtant, en dépassant cette première apparence et en analysant les dynamiques qui ont en pratique permis au Havre d’activement contourner ce carcan juridique, la question quarantenaire dans la Manche dans la seconde moitié du xviiie siècle démontre avec acuité les relations d’opposition et de négociation entre échelons politiques du royaume, les éléments de concurrence et de hiérarchie portuaire entre Méditerranée et Ponant, et jette un nouveau regard sur un aspect méconnu de la construction d’une politique sanitaire d’État à la fin de l’époque moderne.
Mots-clés
- xviiie siècle
- Manche
- Le Havre
- Marseille
- quarantaine
- administration
Mots-clés éditeurs : administration ◼, e, Le Havre, Manche, Marseille, quarantaine, siècle, xviii
Le Havre, Maritime Health Control and the Mediterranean Issue, circa 1750-1780
On 14 October 1762, a decision taken by the State Council was expected to put an end to a decades-long sanitary and economic struggle between French Mediterranean ports while the memory of the last great plague outbreak of 1720 in Provence remained vivid. At the time, Marseille seemed considerably reinforced by the royal decision that obliged every person and good from the Levant and North Africa to stop for quarantine checks in the Phocaean city. In fact, the 1762 royal decision marked the beginning of a fierce dispute led by the Norman elites of Le Havre against a Marseille’s monopoly that could eventually deprive them of any trade with the Mediterranean in the context of renewed corsair activity around Gibraltar. Encouraged by local and provincial authorities alike, these protests never managed to win Versailles’ support and ultimately failed to overrule the decision acted in 1762. Beyond this initial assessment, the close analysis of the power dynamics at work reveals how the Norman seaports actively circumvented the legal constraints. The quarantine issue at Le Havre in the second half of the eighteenth century neatly demonstrates relationships made of negotiation and opposition between the multiple political and administrative powers in the kingdom and the strong competition between Mediterranean and Atlantic ports to establish a maritime hierarchy. Ultimately, the study of Le Havre’s “Marseille issue” sheds new light on a neglected aspect of the modern state’s construction in the last years of the Ancien Regime.
Keywords
- 18th century
- the Channel
- Le Havre
- Marseille
- Maritime quarantine
- Government
Mots-clés éditeurs : 18, century, Government, Le Havre, Maritime quarantine, Marseille, th, the Channel