Compte rendu

GILLES PHILIPPE, Le Français, dernière des langues. Histoire d’un procès littéraire. Paris, PUF, 2010. Un vol. de 309 p.

Pages 717o à 737o

Citer cet article


  • Reggiani, C.
(2011). GILLES PHILIPPE, Le Français, dernière des langues. Histoire d’un procès littéraire. Paris, PUF, 2010. Un vol. de 309 p. Revue d'histoire littéraire de la France, . 111(3), 717o-737o. https://doi.org/10.3917/rhlf.113.0717o.

  • Reggiani, Christelle.
« GILLES PHILIPPE, Le Français, dernière des langues. Histoire d’un procès littéraire. Paris, PUF, 2010. Un vol. de 309 p. ». Revue d'histoire littéraire de la France, 2011/3 Vol. 111, 2011. p.717o-737o. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2011-3-page-717o?lang=fr.

  • REGGIANI, Christelle,
2011. GILLES PHILIPPE, Le Français, dernière des langues. Histoire d’un procès littéraire. Paris, PUF, 2010. Un vol. de 309 p. Revue d'histoire littéraire de la France, 2011/3 Vol. 111, p.717o-737o. DOI : 10.3917/rhlf.113.0717o. URL : https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2011-3-page-717o?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhlf.113.0717o


Si la nature mythique de la « clarté française » ne fait plus aujourd’hui débat, l’avers négatif n’en avait guère été exploré : le contre-discours (non moins mythique, bien sûr) sur fond duquel cette représentation dominante s’était élaborée restait largement ignoré, l’histoire étant, comme on sait, toujours peu ou prou celle des vainqueurs. C’est justement cette tradition fantôme que prend pour objet le dernier livre de Gilles Philippe, la construisant ce faisant comme telle tout au long d’une enquête précise et richement documentée sur ce contre-imaginaire langagier, ainsi désigné par un titre volontairement paradoxal : Le Français, dernière des langues.
L’ouvrage se compose de deux parties, respectivement diachronique – une exploration conduite depuis la « Lettre à l’Académie » de Fénelon (1714) – et synchronique, pour envisager successivement les trois critiques principales formulées à l’encontre du français : « sa pauvreté lexicale, sa faiblesse rythmique et sonore, sa rigidité grammaticale » (p. 16). L’association de ces deux démarches permet de rendre justice à la complexité inhérente à toute histoire de la culture (en l’occurrence linguistique), qui ne saurait qu’échapper à une parfaite linéarité.
Si le livre élargit apparemment les perspectives proposées par La Langue littéraire (Fayard, 2009, en collaboration avec Julien Piat) pour considérer, au-delà des imaginaires de la phrase, celui de la langue elle-même, il en rejoint en fait très directement le propos, en montrant que cette « contre-culture » linguistique — avec toute la part de sociolinguistique populaire (comme on parle d’étymologies populaires) qu’elle engage — fut extrêmement féconde au plan littéraire, en constituant le fondement langagier sans doute le plus solide de la valorisation de la littérature française : « les grandes œuvres littéraires écrites en français, loin de prouver le génie poétique de l’idiome, montrent simplement que la résistance du matériau oblige l’écrivain à travailler tant et à pousser l’exigence si loin qu’il en produit des chefs-d’œuvre » (p…


Date de mise en ligne : 03/11/2011

https://doi.org/10.3917/rhlf.113.0717o