Compte rendu

STÉPHAN GEONGET, La Notion de perplexité à la Renaissance. Genève, Droz (Travaux d’Humanisme et Renaissance, CDXII), 2006. Un vol. de 484 p.

Pages 191d à 198d

Citer cet article


  • Méniel, B.
(2010). STÉPHAN GEONGET, La Notion de perplexité à la Renaissance. Genève, Droz (Travaux d’Humanisme et Renaissance, CDXII), 2006. Un vol. de 484 p. Revue d'histoire littéraire de la France, . 110(1), 191d-198d. https://doi.org/10.3917/rhlf.101.0191d.

  • Méniel, Bruno.
« STÉPHAN GEONGET, La Notion de perplexité à la Renaissance. Genève, Droz (Travaux d’Humanisme et Renaissance, CDXII), 2006. Un vol. de 484 p. ». Revue d'histoire littéraire de la France, 2010/1 Vol. 110, 2010. p.191d-198d. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2010-1-page-191d?lang=fr.

  • MÉNIEL, Bruno,
2010. STÉPHAN GEONGET, La Notion de perplexité à la Renaissance. Genève, Droz (Travaux d’Humanisme et Renaissance, CDXII), 2006. Un vol. de 484 p. Revue d'histoire littéraire de la France, 2010/1 Vol. 110, p.191d-198d. DOI : 10.3917/rhlf.101.0191d. URL : https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2010-1-page-191d?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhlf.101.0191d


En choisissant pour objet le thème de la perplexité, à laquelle aucun philosophe ne semble avoir donné de dignité particulière, Stéphan Geonget pourrait être taxé de modestie excessive. Que l’on ne s’y trompe pas : il a débusqué une notion vraiment essentielle, car elle éclaire certains des textes les plus ardus de la Renaissance, notamment ceux de Rabelais, auquel il consacre toute la dernière partie du livre. Pour conduire son lecteur à l’écrivain humaniste, il l’invite à parcourir les sciences, et à reconstituer la généalogie de la notion de perplexité. Et il nous initie, chemin faisant, aux usages herméneutiques du XVIe siècle, dont beaucoup trouvent leur origine dans la pensée scolastique. À l’origine, la notion relève de la théologie : elle est déjà définie par saint Augustin, mais Grégoire le Grand la caractérise comme une antinomie de la loi de l’Église et de la loi de la conscience. La notion est transposée par Raymond de Peñaforte dans le droit, où elle renvoie à un conflit d’autorités entre différents auteurs ou différentes interprétations d’un texte. Au-delà, la notion peut être appliquée à des problèmes moraux. Le cas « perplexe » naît toujours du conflit entre deux lois antinomiques et il oblige celui qui doit trouver une solution à manifester son audace et son ingéniosité. On appliquera arbitrairement l’une des deux règles, on renverra la décision à plus tard, voire aux calendes grecques, on laissera le sort trancher, ou on s’en remettra à Dieu.
La première partie de l’ouvrage présente une approche juridique de la notion de perplexité…


Date de mise en ligne : 01/06/2010

https://doi.org/10.3917/rhlf.101.0191d