JEAN-JACQUES RUTLIDGE, La Quinzaine anglaise à Paris, ou l’art de s’y ruiner en peu de temps. Édition critique par ROLAND MORTIER. Paris, Champion, coll. « L’âge des Lumières », 2007. Un vol. de 208 p.
Pages 955l à 1018l
Citer cet article
- LOUBÈRE, Stéphanie,
- Loubère, Stéphanie.
- Loubère, S.
https://doi.org/10.3917/rhlf.084.0955l
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- Loubère, S.
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https://doi.org/10.3917/rhlf.084.0955l
La Quinzaine anglaise est sans doute le plus grand succès du polygraphe Jean-Jacques Rutlidge. Oublié par la postérité, ce littérateur a pourtant participé à
quelques uns des grands débats de son siècle, tant dans le domaine littéraire (il
s’oppose à Voltaire dans la querelle shakespearienne) que philosophique (il s’attire
l’inimitié des Philosophes en faisant paraître Le Bureau d’esprit, pièce dans
laquelle il ridiculise Mme Geoffrin et les habitués de son salon) ou politique
(auteur d’Essais politiques, il intervient dans l’« affaire des Boulangers » au début
de la Révolution et joue ensuite un rôle actif au sein du club des Cordeliers). La
Quinzaine anglaise, roman publié en 1776, prend la forme des pseudo mémoires
d’un jeune lord anglais fraîchement débarqué à Paris et systématiquement entraîné
vers sa ruine par un malveillant docteur qui exploite son penchant pour le jeu et la
débauche. Les quinze journées que dure son séjour dans la capitale décrivent une
trajectoire implacable au cours de laquelle il est dupé par les courtisanes qui monnayent leurs charmes au prix fort et par les margoulins qui le font jouer, spéculer
et parier à leur profit. Sa crédulité et sa vanité font de lui une proie facile : sa
déchéance le conduit en prison pour dettes, et il n’en sort que pour fuir ce Paris
rongé par le cynisme et le vice.
Cette édition critique complète celle des pièces de théâtre de Rutlidge proposée par P. Peyronnet dans la même collection (Jean-Jacques Rutlidge…