JEAN-PIERRE CHAUSSERIE-LAPRÉE, L’Écriture gouvernée : l’organisation complète du poème chez Mallarmé et Valéry. Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 2003, coll. « Textuelles poésie ». Un vol. 13 × 21 de 348 p.
Pages 655zr à 764zr
Citer cet article
- MATTIUSSI, Laurent,
- Mattiussi, Laurent.
- Mattiussi, L.
https://doi.org/10.3917/rhlf.053.0655zr
Citer cet article
- Mattiussi, L.
- Mattiussi, Laurent.
- MATTIUSSI, Laurent,
https://doi.org/10.3917/rhlf.053.0655zr
Mallarmé conçoit l’œuvre comme le résultat de « puissants calculs et subtils »
(réponse à l’enquête sur Poe), Valéry s’accorde avec lui sur la nécessité d’une écriture très consciente de ses moyens et de ses effets, rude combat livré contre les
hasards du langage et de la pensée. Il serait surprenant que la production des deux
poètes ne porte pas les traces sensibles de cet idéal. Jean-Pierre Chausserie-Laprée
scrute six pièces de Mallarmé (Apparition, Brise marine, L’Azur, la « Scène » et l’«
Ouverture ancienne » d’Hérodiade, Toast funèbre) et quatre de Valéry (Le Rameur,
La Jeune Parque, Le Cimetière marin, Fragments du Narcisse) pour mettre en évidence la disposition concertée et l’interdépendance de leurs éléments sémantiques,
phoniques et syntaxiques. Le modèle musical invoqué par les deux poètes ne se
réduit pas à l’orchestration d’effets sonores. Il concerne les pouvoirs de l’expression
dans leur ensemble. Il implique leur « agencement » général, leur « composition »
totale. Ce livre le montre excellemment, qui trouve son origine dans une double
hypothèse : l’architecture du poème est préméditée; elle ne se livre qu’à une analyse
apte à dépasser la « structure manifeste » du texte pour atteindre son « organisation
cachée », dont l’« unité rythmique invariable » est le « module de 12,14 ou 16
vers » (p. 18), sous-jacent aux divisions strophiques du poème.
L’analyse met au jour des rappels, des reprises, des parallélismes pour faire
apparaître ces articulations invisibles du poème…