La place des femmes dans l'histoire littéraire : annexe, ou point de départ d'une relecture critique ?
- Par Christine Planté
Pages 655 à 668
Citer cet article
- PLANTÉ, Christine,
- Planté, Christine.
- Planté, C.
https://doi.org/10.3917/rhlf.033.0655
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- PLANTÉ, Christine,
https://doi.org/10.3917/rhlf.033.0655
Notes
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[*]
Université de Lyon 2 - LIRE, CNRS.
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[1]
De Bonald, « Sur la multiplicité des livres » (24 janvier 1811), Mélanges littéraires, politiques et philosophiques, 3e éd., Paris, Librairie d’Adrien Le Clere et Cie, 1852, p. 511-519.
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[2]
De Bonald, op. cit., p. 511 et 517.
-
[3]
En particulier dans La Petite Sœur de Balzac. Essai sur la femme auteur, Le Seuil, 1989 ; et dans les introductions de deux ouvrages collectifs : Femmes poètes du XIXe siècle Une anthologie, Presses universitaires de Lyon, 1998 ; et L’Épistolaire, un genre féminin ?, Champion « Varia », 1998.
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[4]
Plus développée dans mon article « Prose/Poésie, Masculin/féminin », Masculin/Féminin Le XIXe siècle à l’épreuve du genre, textes réunis et présentés par Chantal Bertrand-Jennings, Centre d’études du XIXe siècle, « À la recherche du XIXe siècle », Toronto, 1999, p. 7-22.
-
[5]
Alain Vaillant, Jean-Pierre Bertrand et Philippe Régnier, Histoire littéraire française du XIXe siècle, Nathan, 1998,640 p.
-
[6]
Programme formulé dans l’introduction, op. cit., p. 5.
-
[7]
Précis de littérature française du XIXe siècle, sous la direction de Madeleine Ambrière, PUF, 1990,640 p.
-
[8]
Manuel d’histoire littéraire de la France, par un collectif sous la direction de Pierre Abraham et Roland Desné, Les éditions sociales, 1980 pour le t. IV « De 1789 à 1848 », 2 vol. de 686 et 585 p.
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[9]
Voir les travaux de Bénédicte Monicat sur les ouvrages d’éducation pour filles et la littérature féminine, ouvrage à paraître.
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[10]
Cf. par exemple Luzila Gonçalves Ferreira, Voix et positions des femmes dans les feuilletons féminins au XIXe siècle, thèse de doctorat, Paris 7,1996.
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[11]
Joan DeJean, Sapho Fictions du désir 1546-1937, Hachette, 1994 (1989).
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[12]
Evelyne Ender, « Le Triomphe de l’éros dans François le Champi », George Sand Studies, vol. 21,2002, p. 84-101.
-
[13]
Michelle Perrot dir., Une histoire des femmes est-elle possible ? Marseille, Rivages, 1984, 228 p.
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[14]
Pour une présentation d’ensemble de cette évolution, voir la préface de Jacques Revel à Lynn Hunt, Le Roman familial de la Révolution française, Albin-Michel « Histoire », 1995 (1992) ; Françoise Thébaud, Écrire l’histoire des femmes, ENS éditions, 1998,228 p. ; Michèle Riot-Sarcey, « L’historiographie française et le genre », Revue d’Histoire moderne et contemporaine, n° 47-4, octobre-décembre 2000.
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[15]
Voir Michèle Riot-Sarcey, La Démocratie à l’épreuve des femmes, Albin Michel, 1994 ; Le Réel de l’utopie, Albin Michel, 1998 ; Joan Scott, La Citoyenne paradoxale, Albin Michel, 1998 (1996).
-
[16]
Dorothy Kelly, « Did Women had a Renaissance ? », Becoming visible. Women in European History, ed. Renate Bridenthal and Claudia Koonz, Boston, Houghton Mifflin, 1977.
-
[17]
Geneviève Fraisse et Michelle Perrot, « Ordres et libertés », Histoire des femmes en Occident, t. IV, Plon, 1991, p. 15.
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[18]
Voir note 3.
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[19]
George Sand, Histoire de ma vie, Œuvres autobiographiques, Gallimard, « Pléiade », t. II, p. 161.
-
[20]
Voir Florence Goulesque, Une femme poète symboliste : Marie Kryzinska, La Calliope du Chat noir, Champion, 2001 ; Laurence Brogniez, « Marie Krysinska et le vers-libre : l’outrage fait aux Muses », Masculin/Féminin dans la poésie et les poétiques du XIXe siècle, ouvr. cit. note 3, p. 421-436.
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[21]
Naomi Schor, George Sand & Idealism, N-Y, Columbia Univ. Press, 1993. Pour un point de vue contestant une définition simplificatrice de l’art romanesque de Sand par l’idéalisme, Béatrice Didier, « Les voies du réalisme », George Sand écrivain « Un grand fleuve d’Amérique », PUF, 1998, p. 601-700.
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[22]
Pour situer Dufrénoy : Opuscules poétiques, par Madame D., Arthus-Bertrand, 1806 ; La Femme-auteur, ou les inconvéniens de la célébrité, Béchet, 1812,2 vol. ; Élégies suivies de poésies diverses, Paris Alexis Eymery libr., 1821 ; Œuvres poétiques de Madame Dufrénoy, suivies d'observations sur sa vie et ses ouvrages, par M. Jay, Paris, 1826. Voir Sainte-Beuve, « Une ruelle poétique sous Louis XIV », Portraits de femmes, Garnier, 1845 ; Catriona Seth, « Adélaïde Dufrénoy », Femmes poètes du XIXe siècle. Une anthologie, p. 26-38.
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[23]
Signalons en ce sens un projet The International Reception of Women’s Writing (Database on Internet and Electronic Publishing Website), aux Pays-Bas, sous la direction de Suzan Van Dijk.
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[24]
Thomas Laqueur, La Fabrique du sexe. Essai sur le corps et le genre en Occident, Gallimard, 1992 (1990).
Le sentiment de nombreux écrivains et lecteurs du XIXe siècle a été
qu’au sein du phénomène plus général d’une multiplicité des livres que
dénonçait Bonald dès 1811, la littérature de leur temps était envahie par
un nombre croissant de bas-bleus. Or le lecteur — et peut-être davantage la
lectrice — qui consulte aujourd’hui une histoire littéraire de ce même
siècle est au contraire frappé-e par la rareté des noms de femmes qui s’y
rencontrent. Il semblerait que « l’action insensible du temps » qui « élague
[…] sans cesse le luxe inutile ou désordonné de l’esprit humain », et « la
sévère justice de la société qui retranche » — ces deux processus qui,
toujours selon Bonald, préservent la culture humaine d’une mort par
étouffement —, se soient exercés de façon privilégiée sur les femmes.
La réflexion sur cet écart entre la présence de femmes écrivains dans
la culture vécue et leur faible visibilité dans l’histoire littéraire que je voudrais développer ici demande quelques éclaircissements préalables. Tout
d’abord quant au sens du terme histoire, comme chacun sait ambigu en
français puisqu’il peut désigner à la fois la relation des événements du
passé, et ces événements eux-mêmes. Étudier la place des femmes dans
l’histoire littéraire appelle donc (au moins) deux types d’interrogations :
le premier porte sur le rôle qu’elles ont joué dans la production et l’institution littéraires dans une période donnée, le deuxième concerne l’importance que leur accordent, après coup, les études et les récits de cette même
période…