C. W. THOMPSON, Lamiel, Fille du Feu. Essai sur l’énergie. Paris, L’Harmattan, 1997. Un vol. 13,5 × 21,5 de 158 p.
- Par Martine Reid
Pages 191q à 192q
Citer cet article
- REID, Martine,
- Reid, Martine.
- Reid, M.
https://doi.org/10.3917/rhlf.011.0191q
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- Reid, Martine.
- REID, Martine,
https://doi.org/10.3917/rhlf.011.0191q
Fidèle, entre autres intérêts multiples, à celui qu’il a manifesté de longue date
pour Stendhal, C.W.Thompson propose cette fois un bref essai sur le dernier
roman de Stendhal, Lamiel. Le propos s’ouvre sur quelques considérations générales où sont donnés les principaux éléments de l’étude : Lamiel en « fille du
diable », munie d’une énergie singulière qui lui sert à confondre l’ordre établi, à
bafouer la loi jusqu’à songer à brûler le Palais de justice. Pouvoir de l’église,
devoir vis-à-vis des parents, décence des demoiselles, rien ne résiste à son envie
de conquête, à sa prodigieuse vitalité.Énergique, la jeune fille, en avatar ultime du personnage stendhalien, l’est
assurément et l’auteur consacre une bonne partie de son propos à décliner le fonctionnement singulier de cette « qualité ». Pour ce faire, il propose nombre de rapprochements ingénieux, rappelle les grandes figures du libertinage et leur ombre
portée dans le texte, pour terminer par des considérations sur le jeu, la danse, le
voyage. Lamiel renouvelle ainsi la lecture libertine de l’énergie féminine du
XVIIIe siècle et cette audace est réelle dans un siècle devenu singulièrement frileux
sur ce chapitre : le corps de l’héroïne est d’ailleurs constamment au centre des
regards (p. 110), regards dont elle apprend qu’ils sont eux aussi prisonniers d’une
stricte logique de « convenances » (p. 113).
Soucieux par ailleurs de replacer les figures du roman en contexte, l’auteur
propose de voir dans la création du personnage de Sanfin la réappropriation par
Stendhal d’une grande figure caricaturale de la Monarchie de Juillet, celle de
Mayeux, bossu grotesque, bouffon paillard et pitre politique…