La souveraineté de Witu au xixe siècle. De la refondation à la colonisation d’une cité-État sur la côte est-africaine
- Par Clélia Coret
Pages 49 à 69
Citer cet article
- CORET, Clélia,
- Coret, Clélia.
- Coret, C.
https://doi.org/10.4000/rh19.6573
Citer cet article
- Coret, C.
- Coret, Clélia.
- CORET, Clélia,
https://doi.org/10.4000/rh19.6573
Notes
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[1]
Je souhaite remercier Lancelot Arzel, Samuel F. Sanchez, Isabelle Surun et Martin Mourre pour leur soutien et leurs conseils au cours de la rédaction de cet article, ainsi que les deux relecteurs anonymes.
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[2]
Cité dans Arne Perras, Carl Peters and German Imperialism, 1856-1918: A Political Biography, Oxford/New York, Clarendon Press, 2004, p. 63.
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[3]
Antony Anghie, Imperialism, Sovereignty and the Making of International Law, Cambridge, Cambridge University Press, 2004.
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[4]
Saadia Touval, “Treaties, Borders and the Partition of Africa”, The Journal of African History, vol. 7, 1966/2, p. 279-293.
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[5]
Isabelle Surun, « Une souveraineté à l’encre sympathique ? Souveraineté autochtone et appropriations territoriales dans les traités franco-africains au xixe siècle », Annales. Histoire et Sciences sociales, 2014/2, p. 313-348.
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[6]
Les études les plus récentes ont montré que les Nabahani ont régné sur la cité de Pate à partir du milieu du xviie siècle ; Thomas Vernet, « Les cités-États swahili de l’archipel de Lamu, 1585-1810. Dynamiques endogènes, dynamiques exogènes », thèse de doctorat, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2005, p. 354-363.
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[7]
Randall Lee Pouwels, Horn and Crescent: Cultural Change and Traditional Islam on the East African Coast, 800-1900, Cambridge/New York, Cambridge University Press, 1987, p. 6-54 ; Mark Horton, John Middleton, The Swahili: The Social Landscape of a Mercantile Society, Oxford, Blackwell Publishers, 2000, p. 26-46.
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[8]
Mogens Herman Hansen (ed.), A Comparative Study of Thirty City-State Cultures: An Investigation, Copenhague, Reitzels, 2000, p. 15.
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[9]
Paul Sinclair et Thomas Håkansson, “The Swahili City-State Culture”, in Mogens Herman Hansen (ed.), A Comparative Study of Thirty City-State Culture: An Investigation, op. cit., p. 464-482 ; Thomas Vernet, « Le territoire hors les murs des cités-États swahili de l’archipel de Lamu, 1600-1800 », Journal des africanistes, vol. 74, 2004/1-2, p. 381-411, en ligne (https://journals.openedition.org/africanistes/470).
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[10]
Frederick Cooper, Plantation Slavery on the East Coast of Africa, New Haven, Yale University Press, 1977 ; Abdul Sheriff, Slaves, Spices and Ivory in Zanzibar. Integration of an East African Commercial Empire Into the World Economy, 1770-1873, Londres, James Currey, 1987 ; Randall Lee Pouwels, Horn and Crescent: Cultural Change and Traditional Islam on the East African Coast, 800-1900, op. cit. ; Stephen J. Rockel, Carriers of Culture: Labor on the Road in Nineteenth Century East Africa, Portsmouth N.H., Heinemann, 2006 ; Jeremy Prestholdt, Domesticating the World African Consumerism and the Genealogies of Globalization, Berkeley, University of California Press, 2008.
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[11]
Thomas Vernet, « Les cités-États swahili et la puissance omanaise, 1650-1720 », Journal des africanistes, vol. 72, 2002/2, p. 89-110.
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[12]
Randall Lee Pouwels, “The Battle of Shela: The Climax of an Era and a Point of Departure in the Modern History of the Kenya Coast”, Cahiers d’études africaines, 1991, p. 364.
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[13]
Thomas Vernet, « Les cités-États swahili de l’archipel de Lamu. Dynamiques endogènes, dynamiques exogènes », thèse citée, p. 293-295 et 343.
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[14]
Gustav Fischer « Über die jetzigen Verhältnisse im südlichen Galla-Lande und Wito », Mitteilungen der Geographischen in Hamburg, 1876-1877, p. 362.
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[15]
Thomas Vernet, « Le territoire hors les murs des cités-États swahili de l’archipel de Lamu, 1600-1800 », art. cit., § 29.
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[16]
Ibid., § 10.
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[17]
Gustav von Hörnecke, « Deutsch-Wituland 4 », Deutsche Kolonialzeitung, 1886, p. 484.
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[18]
Thomas Vernet, « Le territoire hors les murs des cités-États swahili de l’archipel de Lamu, 1600-1800 », art. cit., § 12 ; Jeffrey Fleisher, Adria LaViolette, “The Changing Power of Swahili Houses, Fourtheenth to Nineteenth Centuries A.D.”, in Robin Beck (ed.), The Durable House: House Society Models in Archaeology, Center for Archaeological Investigations, Southern Illinois University, 2007, p. 175-197.
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[19]
Adolf von Tiedemann, Tana, Baringo, Nil : Mit Karl Peters zu Emin Pascha, Walther & Apolant, Berlin, 1892, p. 50 ; Carl Peters, Au secours d’Emin Pacha, 1889-1890, Paris, Hachette et Cie, 1895, p. 42.
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[20]
Andreas Küntzel, « Die Expedition von S.M. Kreuzerfregatte “Gneisenau” zu Achmed, dem Sultan der Suaheli », Deutsche Kolonialzeitung 3, n° 16, 1886, p. 489.
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[21]
James de Vere Allen, “The Kiti Cha Enzi and Other Swahili Chairs”, African Arts, vol. 22, 1989/3, p. 54-63.
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[22]
Thomas Vernet, « Les cités-États swahili de l’archipel de Lamu. Dynamiques endogènes, dynamiques exogènes », thèse citée, p. 397.
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[23]
Rochus Schmidt, « Deutsch-Witu-Land », Globus, 1888, p. 131.
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[24]
Marguerite Ylvisaker, Lamu in the Nineteenth-Century, Boston: African Studies Center, Boston University, 1979, p. 66.
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[25]
Andreas Küntzel, « Die Expedition von S.M. Kreuzerfregatte “Gneisenau” zu Achmed, dem Sultan der Suaheli », art. cit., p. 488.
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[26]
Laura Fair, “Dressing up: Clothing, Class and Gender in Post-Abolition Zanzibar”, The Journal of African History, vol. 39, 1998/1, p. 63-94.
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[27]
Thomas Vernet, « Le territoire hors les murs des cités-États swahili de l’archipel de Lamu, 1600-1800 », art. cit., § 17.
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[28]
Rochus Schmidt, « Deutsch-Witu-Land », art.cit., p. 131.
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[29]
Ferdinand Würtz, « Die Liongo-Sage der Ost-Afrikaner. Kleine Mitheilungen », Zeitschrift für Afrikanische und ozeanischer Sprachen, 1895/2, p. 88-89.
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[30]
Thomas Vernet, « Le territoire hors les murs des cités-États swahili de l’archipel de Lamu, 1600-1800 », art. cit., § 34.
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[31]
Rochus Schmidt, « Deutsch-Witu-Land », art. cit., p. 133.
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[32]
Valérie Lecrivain (dir.), Clientèle guerrière, clientèle foncière et clientèle électorale. Histoire et anthropologie, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2007, p. 7.
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[33]
Rochus Schmidt, « Deutsch-Witu-Land », art. cit., p. 173.
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[34]
Henri Greffulhe, « Voyage à Lamoo », Bulletin de la Société de Géographie d’Études Coloniales de Marseille, 1878/2, p. 330.
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[35]
Saadia Touval, “Treaties, Borders and the Partition of Africa ”, art. cit. ; Isabelle Surun, « Une souveraineté à l’encre sympathique ? Souveraineté autochtone et appropriations territoriales dans les traités franco-africains au xixe siècle », art. cit. ; Camille Lefebvre, Frontières de sable, frontières de papier. Histoire de territoires et de frontières, du jihad de Sokoto à la colonisation française du Niger, xixe-xxe siècles, Paris, Publications de la Sorbonne, 2015.
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[36]
Je remercie Xavier Luffin (Université Libre de Bruxelles) pour l’aide qu’il a bien voulu m’apporter dans la traduction et l’analyse de certains passages en arabe et en kiswahili.
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[37]
Zanzibar National Archives (ZNA) AL/2/23. Les passages en italiques, qui sont de notre fait, concernent la description des territoires cédés.
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[38]
Arne Perras, Carl Peters and German Imperialism, 1856-1918: A Political Biography, op. cit., p. 57-58.
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[39]
Edward Hertslet, The Map of Africa by Treaty, vol. 2, Great Britain & France to Zanzibar, Londres, Harrison and sons, 1894, p. 620.
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[40]
Clélia Coret, “Where is the Border? Territorial Claims and Regional Cartographies on the East African Coast (1860-1890)”, in Didier Guignard et Iris Seri-Hersch (eds.), Appropriating Space: Relocating Histories of Empire, 19th-20th Centuries, Newcastle upon Tyne, Cambridge Scholars Publishing, 2019, p. 75-100.
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[41]
Archives fédérales allemandes (AFA) R1001/424, Eggert au ministère des Affaires étrangères allemandes, Berlin, 1er juillet 1886.
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[42]
Clélia Coret, « L’invention du “Sultanat Swahili”. Usages d’une identité swahili à Witu sur la côte est-africaine (xixe siècle) », in Elara Bertho, Jean-Luc Martineau et Céline Pauthier (dir.), Du héros à la communauté, le cheminement des identités en Afrique du xviie au xxie siècles, coll. Cahiers Afrique du CESSMA-Université Paris 7, Toulouse, Presses du Midi, sous presse.
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[43]
Thomas Vernet, communication personnelle.
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[44]
Serge Tornay, Estelle Sohier, Les Sceaux des dignitaires éthiopiens du règne de Téwodros à la régence de Täfäri Mäkonnen, Addis Abeba, Centre français des études éthiopiennes, 2007.
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[45]
AFA R1001/8867, Bendemann à l’escadrille-commando à Zanzibar, Baie de Manda, 19 janvier 1887.
Cet article analyse les manières dont s’exercent et s’affirment des souverainetés en tension sur la côte est-africaine (ou swahili) au xixe siècle. Quand l’hégémonique sultanat omanais de Zanzibar menace l’indépendance des cités-États côtières, l’une des réponses adoptées par ces dernières est la refondation d’une cité à Witu (dans l’actuel Kenya) en 1862. Dès lors, se pose la question de l’exercice de l’autorité de son souverain sur un territoire qu’il ne contrôlait pas auparavant. Comment s’est-elle manifestée? Quels attributs anciens de la souveraineté des cités swahili les autorités de Witu ont-elles cherché à réinvestir ? La construction d’une agglomération, entourée d’une enceinte, où vit une communauté urbaine et musulmane forme le territoire (mji) sur lequel la souveraineté de la cité s’exerce de façon complète. Au-delà de l’enceinte, celle-ci se révèle fluctuante, en constante négociation avec les populations qui habitent aux abords de la cité. De plus, à travers des alliances avec Witu et Zanzibar, les velléités coloniales allemandes et britanniques viennent complexifier les pratiques et les discours sur la souveraineté. Il s’agira ainsi de mesurer les écarts entre la souveraineté réelle et la souveraineté fantasmée chez les autorités africaines et les Européens, notamment à travers les traités signés à Witu en 1885. Le croisement entre des récits de voyageurs européens et des archives diplomatiques allemandes conservées à Zanzibar permet d’étudier l’entrelacement des prétentions souveraines et de repérer l’utilisation d’attributs de la souveraineté plus ou moins nouveaux sur la côte est-africaine.
This article analyses how contested sovereignties were practiced and asserted on the East African (or Swahili) coast in the 19th century. While the Omani sultanate of Zanzibar threatened the independence of coastal city-states, one of the responses adopted by the latter was the re-foundation of a city in Witu (present-day Kenya) in 1862. Therefore, it is necessary to consider how its ruler could exercise his authority over a territory that he did not previously control. How did it occur? What former characteristics of urban Swahili sovereignty did the Witu authorities attempt to restore? The development of an area, surrounded by an enclosure, where an urban and Muslim community lived, shaped the territory (mji) on which the city’s sovereignty was fully exercised. Beyond the walls, this very authority was challenged through constant negotiation with the populations living around the city. Moreover, through alliances with Witu and Zanzibar, the German and British colonial powers complexified practices and discourses on sovereignty. This article will examine the gaps between real and fantasized sovereignty among African and European powers, particularly through the treaties signed in Witu in 1885. By combining the accounts of European travellers with German diplomatic archives in Zanzibar, it is possible to study the intertwining of sovereign claims and to identify the uses of more or less new attributes of sovereignty on the East African coast.
Dieser Artikel analysiert, wie Souveränität auf der ostafrikanischen (oder Swahili) Küste ausgeübt und durchgesetzt wurde. Als das hegemoniale omanische Sultanat Zanzibars die Unabhängigkeit der Stadtstaate an der Küste bedroht, wehrten diese sich durch die Neugründung 1862 einer Stadt in Witu (im aktuellen Kenya). Seither stellte sich die Frage nach der Machtausübung eines Herrschers auf einem Gebiet, dass er zuvor nicht kontrollierte. Wie zeigte sie sich? Welche vorangegangenen Strukturen der Swahili Städte haben die Herrschenden von Witu übernommen? Die Entwicklung einer von einem Schutzwall umgebenen Ansiedlung, in der eine urbane und muslimische Gemeinschaft lebte, prägte das Territorium (mji), über das die Stadt volle Souveränität ausübte. Jenseits dieses Geländes offenbarte sich diese als instabil und musste permanent mit den Bewohnern des Stadtrandes ausgehandelt werden. Darüber hinaus machen sich deutsche und britische koloniale Intentionen durch Allianzen mit Witu und Zanzibar bemerkbar und komplizieren die Souveränitätspraktiken und -diskurse. Der Artikels zielt darauf, Unterschiede zwischen wahrer und phantasierter Souveränität bei afrikanischen und europäischen Mächten aufzuzeigen, insbesondere durch die 1885 in Witu unterschriebenen Verträge. Die Kombination verschiedener Quellen (europäische Reiseberichte und deutsche diplomatische Archive in Zanzibar) ermöglicht die Untersuchung der Machtprätentionen und die Verwendung alter oder neuer Souveränitätsattribute an der ostafrikanischen Küste.