Rohan DEB ROY, Malarial Subjects. Empire, Medicine and Nonhumans in British India, 1820-1909
Cambridge, Cambridge University Press, 2017, 332 p. Prix de l’édition papier : £ 75, disponible gratuitement en open access
- Par Marine Bellégo
Pages 234 à 235
Citer cet article
- BELLÉGO, Marine,
- Bellégo, Marine.
- Bellégo, M.
https://doi.org/10.4000/rh19.5702
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- Bellégo, M.
- Bellégo, Marine.
- BELLÉGO, Marine,
https://doi.org/10.4000/rh19.5702
Le terme de « malaria » désigne ce qu’on appelle aujourd’hui en français le « paludisme », une maladie transmise par les moustiques et qu’on tend à associer principalement aux climats tropicaux ou subtropicaux. Rohan Deb Roy ouvre son ouvrage sur un rappel de la dimension mondiale de cette maladie signifiant à l’origine « mauvais air », fondamentalement liée à la stagnation de l’eau et qui, avant les grandes opérations de drainage des sols, a notamment touché l’Europe méditerranéenne et les îles britanniques.
Refusant de se donner pour cadre unique le progrès de la médecine, l’ouvrage s’attache aux processus à travers lesquels une maladie appelée malaria a été définie, délimitée et représentée au cours du long XIXe siècle, principalement en Inde à l’époque où elle constituait une partie de l’empire britannique. Rohan Deb Roy se situe dans le courant d’une histoire des sciences qui, rejetant l’idée positiviste que la science serait une progression de plus en plus éclairée vers la vérité, souligne les multiples liens entre des phénomènes sociohistoriques et l’élaboration de connaissances dites scientifiques. Si cette perspective n’est pas nouvelle et poursuit une direction donnée notamment par les écrits de Thomas Kuhn à partir des années 1960, ce livre apporte un éclairage bienvenu sur un sujet à la fois central et transversal qui avait jusqu’à présent été abordé principalement du point de vue de la médecine à travers ses expériences, échecs et succès. Or, ici la science médicale n’est pas la solution, elle est précisément le problème…