Casey HARISON, The Stonemasons of Creuse in Nineteenth-Century Paris, Newark, University of Delaware Press, 2008, 331 p. ISBN : 978-0-87413-020-1. 65 dollars.
Pages 167 à 169
Citer cet article
- PROTHERO, Iorwerth,
- Prothero, Iorwerth.
- Prothero, I.
https://doi.org/10.4000/rh19.4184
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- Prothero, I.
- Prothero, Iorwerth.
- PROTHERO, Iorwerth,
https://doi.org/10.4000/rh19.4184
Pendant plusieurs siècles, on le sait, la région de moyenne montagne enclavée et pauvre qui devint le département de la Creuse, envoya ses hommes chercher du travail ailleurs. Bien avant la Révolution, un courant de migration saisonnière s’était établi? : du printemps à l’automne, les hommes partaient travailler, essentiellement comme maçons et surtout à Paris, et revenaient passer l’hiver chez eux. En 1830, ils furent ainsi 24 000 Creusois à gagner la capitale, et leur nombre continua d’augmenter jusqu’à atteindre un maximum de 42 000 en 1876. Année après année, de père en fils, ils venaient se loger dans les modestes garnis du centre-ville surpeuplé. De leur région d’origine, ils conservaient le parler, l’habit, le régime alimentaire, vivant de peu, à l’écart des autres ouvriers, épargnant l’essentiel de leurs salaires pour rembourser les emprunts et faire vivre leurs familles au village. Chaque jour, ceux qui cherchaient un emploi se rendaient sur la place de Grève pour s’offrir aux employeurs ou à leurs agents, sans garantie de trouver toujours à s’embaucher. L’âge venant, ils se retiraient dans leur village natal, pour vivre sur le lopin qu’ils avaient pu acquérir. La grande restructuration de Paris sous le Second Empire attira un nombre croissant de travailleurs du bâtiment, tout en modifiant la vie de ces immigrants, évincés du centre-ville, comme le marché de l’embauche quotidienne. À partir des années 1880, les familles de maçons commencèrent à suivre les hommes à Paris, où l’installation prit un tour définitif, entraînant l’intégration des Creusois dans la société urbaine…