Compte rendu

Egidio Festa, Galileo : La lotta per la scienza (Roma-Bari : GLF ed. Laterza, 2007), 14 x 21 cm, XI-344 p., bibliogr., index, coll. « Storia e società »

Pages 165a à 166a

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  • Clavelin, M.
(2014). Egidio Festa, Galileo : La lotta per la scienza (Roma-Bari : GLF ed. Laterza, 2007), 14 x 21 cm, XI-344 p., bibliogr., index, coll. « Storia e società » Revue d'histoire des sciences, Tome 67(1), 165a-166a. https://doi.org/10.3917/rhs.671.0165a.

  • Clavelin, Maurice.
« Egidio Festa, Galileo : La lotta per la scienza (Roma-Bari : GLF ed. Laterza, 2007), 14 x 21 cm, XI-344 p., bibliogr., index, coll. “Storia e società” ». Revue d'histoire des sciences, 2014/1 Tome 67, 2014. p.165a-166a. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2014-1-page-165a?lang=fr.

  • CLAVELIN, Maurice,
2014. Egidio Festa, Galileo : La lotta per la scienza (Roma-Bari : GLF ed. Laterza, 2007), 14 x 21 cm, XI-344 p., bibliogr., index, coll. « Storia e società » Revue d'histoire des sciences, 2014/1 Tome 67, p.165a-166a. DOI : 10.3917/rhs.671.0165a. URL : https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2014-1-page-165a?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhs.671.0165a


1 Comme le titre l’indique sans ambiguïté, ce livre vise d’abord à retracer le combat de Galilée en faveur du copernicianisme, et à travers le copernicianisme pour une science fondée sur l’observation, guidée par les mathématiques et dont la vérité se juge directement d’après sa capacité à intégrer de nouvelles données, voire à les anticiper.

2 Ce projet, Egidio Festa le mène à bien en restituant minutieusement le contexte intellectuel et social dans lequel se déroulèrent les grandes étapes de la carrière scientifique de Galilée. Ainsi sont tour à tour examinées les années de formation à Pise, les années padouanes où Galilée, rallié à l’héliocentrisme depuis 1595, raisonne déjà en copernicien (mais sans publier), les grandes découvertes de 1609-1610 suivies du retour à Florence dès l’automne 1610. La reconstruction de la lutte peut alors commencer.

3 Les années 1610-1616 en constituent une première phase où Galilée, argumentant à visage découvert, s’efforce de faire accepter les conséquences inéluctables de ses grandes découvertes : la fin de la cosmologie aristotélicienne, la disqualification physique (et non seulement géométrique) du géocentrisme au profit de l’héliocentrisme. Festa en restitue avec maîtrise les moments successifs où l’on voit les tentatives de plus en plus audacieuses de Galilée se heurter à une opposition elle-même de plus en plus forte. D’abord déconcertés par les découvertes de 1609-1610, les aristotéliciens se ressaisissent, les plus habiles s’efforçant de relever le défi sans sortir du cadre traditionnel : le meilleur exemple en est l’interprétation des taches solaires proposée par le père Scheiner et contre laquelle Galilée écrira ses célèbres Letres sur les taches solaires. Devant la pugnacité de Galilée, cependant, la majorité d’entre eux, épaulés par les autorités religieuses, ne vont trouver d’autre réponse que le recours aux textes bibliques. Dès lors, la lutte changeait radicalement de nature. Dans un long chapitre, intitulé « Entre astronomie et herméneutique sacrée », Festa fait revivre avec beaucoup de justesse le pari perdu d’avance de Galilée : neutraliser les passages de la Bible évoquant le mouvement du Soleil (notamment le livre de Josué) et donc écarter tout recours au principe d’autorité dans le domaine naturel. La censure du 24 février 1616 mettra un terme brutal à l’entreprise.

4 Le lecteur suivra avec non moins d’intérêt la reconstitution de la deuxième phase de la « lutte pour la science ». Bien connue dans son épisode terminal – la publication du Dialogue sur les deux plus grands systèmes du monde et le procès de 1633 –, elle l’est sans doute moins (sinon pour les spécialistes) s’agissant des années 1618-1630. Un des mérites de l’ouvrage est de suivre les efforts de Galilée durant ces douze années pour préciser le cadre physique et épistémologique dans lequel s’inscrit la nouvelle vision du monde. La querelle sur les comètes de 1618, le Saggiatore (1623) reçoivent toute l’attention qu’ils méritent. L’examen des événements de 1630-1633 peut ainsi être entrepris en toute connaissance de cause. On notera seulement ici le rôle décisif qu’attribue Festa à l’argument de la toute puissance divine dans la décision d’Urbain VIII de faire comparaître Galilée devant la commission du Saint-Office. La reconstruction est parfaitement cohérente.

5 Alliant à la rigueur du scientifique la méticulosité de l’historien, le livre d’Egidio Festa mérite largement de prendre place parmi les meilleurs textes consacrés au conflit qui opposa Galilée aux autorités religieuses de son temps.

6 Maurice Clavelin


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Date de mise en ligne : 18/07/2014

https://doi.org/10.3917/rhs.671.0165a