S.E.D.E.R. XV - Séminaire Européen des Doctorants en Économie Régionale
IERSO-IFREDE - Université Montesquieu - Bordeaux IV Bordeaux, 27-28-29 juin 2005
Pages 593 à 605
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/reru.054.0593
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/reru.054.0593
1Le Séminaire Européen des Doctorants en Économie Régionale (SEDER) organisé par l’IERSO-IFREDE a tenu à Bordeaux sa XVème session : cette année marquait une date importante puisque nous fêtions nos quinze ans de séminaire sans interruption, ce qui montre l’importance et la nécessité de cette manifestation, par ailleurs reproduite dans d’autres domaines, par exemple à Limoges en économie ou droit du sport ou à Montpellier sur l’économie et le droit de l’environnement. Dans le champ reconnu de l’économie régionale, ont été présentées des thèses qui cette année ont privilégié un retour de l’économie urbaine, la présence de l’économie industrielle, notamment par l’étude d’un certain nombre de filières, et des préoccupations de coût et d’efficacité des politiques agri-environnementales. Derrière l’intitulé général d’économie régionale, c’est bien le champ de l’économie spatiale et territoriale qui est abordé avec cette année la participation d’un certain nombre de thèses en géographie et en urbanisme.
2Cette opération a été soutenue financièrement par le Conseil Scientifique de l’Université Montesquieu Bordeaux IV, l’École Doctorale d’économie, de gestion et d’analyse démographique de l’université, ainsi que du soutien de l’ASRDLF.
3Le SEDER doit énormément à Clarisse CAZALS, Mathieu BECU, Mathieu MONTALBAN, Guillaume POUYANNE, Stéphane VIROL et Stéphanie PERES.
4Comme chaque année à l’occasion du SEDER, le jury du prix Philippe AYDALOT s’est réuni, sous la présidence de Guy JOIGNAUX, et a attribué le prix à Régina LEIGGENER de l’Université de Genève.
5Une trentaine de doctorants ont présenté leurs travaux et un document a été distribué reprenant par doctorant le titre de la thèse, l’idée dominante, les problématiques essentielles, la méthodologie utilisée, les mots clefs, ainsi qu’un calendrier prévisionnel. Lors de la dernière demi-journée, le mercredi 29 juin aprèsmidi, un séminaire méthodologique s’est tenu à partir notamment d’une enquête réalisée auprès des doctorants. À partir de cette enquête, ont été soulignés les points fondamentaux suivants illustrés et commentés par Frédéric GASCHET, Christophe CARRINCAZEAUX et Claude LACOUR.
6Un retour, comme il a été dit, de l’économie urbaine avec une attention particulière pour les problématiques de mobilité, de péri-urbanisation et de coopération inter communale. En matière d’économie industrielle, la thématique des clusters et des externalités technologiques a été soulignée, ainsi qu’une préoccupation forte en matière d’économie appliquée par l’étude d’un certain nombre de secteurs et de filières. En matière de développement environnemental, les questions liées à l’agriculture ont réapparu ainsi que les conflits d’usage sur différents espaces.
7Les auteurs de référence les plus évoqués dans les présentations orales des doctorants mettent l’accent sur un certain nombre de pères fondateurs comme MARSHALL, SCHUMPETER, PEROUX, PIGOU, et des auteurs de la « nouvelle économie urbaine » comme MILLS et ALONSO.
8Le séminaire méthodologique a cherché à expliciter les principales difficultés que rencontrent les doctorants dans la réalisation de leur thèse. Il est rappelé que les situations personnelles, financières, l’intégration totale ou partielle dans les laboratoires sont très différentes et que ces situations peuvent expliquer des trajectoires temporelles plus ou moins longues dans la mesure où certains doctorants sont totalement immergés dans des laboratoires, disposent de bureaux, d’accès informatique et de possibilités d’acquérir des données alors que d’autres doctorants restent, par nécessité, isolés et ont au départ des conditions de travail plus délicates.
9La principale difficulté relevée concerne la définition précise et appropriée d’un sujet. Dans beaucoup de cas, on part d’une thématique générale, par exemple « ville et espace », « industrie et proximité », pour situer la thèse dans un champ de questions. Cependant, ces problématiques larges doivent être peu à peu précisées, recentrées et c’est un travail délicat souvent très long, parfois désespérant et les doctorants ont ainsi le sentiment que souvent la première année de la thèse est peu productive.
10En prolongement de la remarque précédente, apparaît très fortement la question des méthodologies. Les doctorants en effet doivent « situer » leur travail dans une perspective théorique, sur un territoire ou encore sur une filière ou sur des instruments par exemple de politique économique. Ces choix, naturellement, prennent du temps et sont liés dans de nombreux cas à l’obtention, à la création de multiples données. Parmi les difficultés méthodologiques, ont été soulignées à de nombreuses reprises les questions liées à l’économétrie et plus généralement aux techniques quantitatives. L’ensemble des intervenants enseignants – chercheurs et des doctorants a convenu volontiers de ces nécessités et aussi des opportunités, ces dernières permises par l’évolution technique particulière des ordinateurs et de l’existence de nombreux logiciels. En particulier, les débats entre économistes et les spécialistes de l’aménagement urbanisme ont montré que de nombreuses techniques, logiciels, bases de données existent et qu’elles peuvent être davantage utilisées d’une problématique à une autre. Il reste que l’attention à l’économétrie est de plus en plus marquée, qu’elle devient une référence banalisée dans de très nombreuses thèses, même si les doctorants reconnaissent la difficulté de relier après les nombreux travaux techniques les questions théoriques et opérationnelles.
11De manière générale, une fois de plus, tout le monde a convenu en faisant part des expériences personnelles la sous-estimation chronique des temps nécessaires pour la réalisation de la thèse : un premier décalage existe quant à la constitution de la bibliographie, la construction et la collecte de la base de données, du temps nécessaire pour le traitement et enfin pour la rédaction. La sous-estimation du temps porte plus particulièrement sur la rédaction, les doctorants et les enseignants reconnaissant que celle-ci est trop souvent reportée à une date ultérieure …
12Un débat est apparu quant à la constitution du dossier pour des candidatures à des concours dont ceux de maître de conférences. Dans trop de cas, les doctorants totalement impliqués dans leur travail de thèse ne portent pas suffisamment attention à la constitution de ce dossier alors que, de plus en plus, les commissions de recrutement demandent non seulement la thèse mais des publications dans des revues à comité de lecture. Compte tenu des délais des revues, compte tenu du fait que la rédaction d’un article même à partir des éléments de la thèse, relève d’un exercice et d’un style particulier, les délais deviennent à la fois plus exigeants et plus difficiles à tenir.
13Le SEDER doit en partie son succès à l’esprit de travail et de convivialité qui permet aux doctorants et aux enseignants non seulement de discuter des thèses en séance mais de prolonger les débats en dehors des salles : des contacts, des rendez-vous sont pris, et tout particulièrement des doctorants travaillant sur des champs proches peuvent ainsi mieux avancer dans leurs travaux. Le quinzième anniversaire a été fêté à la sauvette Majeure dans l’Entre-deux-Mers : le lien entre qualité scientifique et terroir vinicole a été assuré.
14Claude LACOUR
15Liste des enseignants chercheurs présents :
16AGUILÉRA A. (INRETS de Paris)
17BERGOUIGNAN M.-Cl. (Université de Bordeaux 4)
18BOURDEAU-LEPAGE L. (Université de Dijon)
19CABANNES (Université de Bordeaux 4)
20CARRINCAZEAUX Ch. (Université de Bordeaux 4)
21CORIS (Université de Bordeaux 4)
22De COUPIGNY F. (Université de Nice)
23DUPUY Cl. (Université de Toulouse et Bordeaux 4)
24GASCHET Fr. (Université de Bordeaux 4)
25GAUSSIER N. (Université de Bordeaux 4)
26GOUGUET J.-J. (Université de Limoges)
27GOZE M. (Université de Bordeaux 3)
28GUERIN M. (CEMAGREF de Paris)
29HURIOT J.-M. (Université de Dijon)
30JOIGNAUX Guy (INRETS de Lille)
31LACOUR Cl. (Université de Bordeaux 4)
32MARTOUZET D. (Université de Tours)
33MASSOT M.-H. (INRETS de Paris)
34MATHIS P. (Université de Tours)
35MIGNOLET M. (Université de Namur)
36PATY S. (Université de Lille)
37PECQUEUR B. (Université de Grenoble)
38PERREUR J. (Université de Dijon)
39POUYANNE G. (Université de Bordeaux 4)
40RAMBONILAZA M. (CEMAGREF de Bordeaux)
41RAZE J.-F. (Université de Dijon)
42VOLLET D. (CEMAGREF de Clermont-Ferrand)
43WENGLENSKI S. (INRETS de Paris)
Séminaire territoires : qualité, industriespar Bernard PECQUEUR
44Dans le cadre du SEDER, il a été demandé à Bernard PECQUEUR de présenter à la fois son itinéraire de recherche et ses réflexions concernant le champ de l’économie régionale et du développement territorial. Bernard PECQUEUR souligne d’emblée les exigences d’un itinéraire de recherche, ses opportunités, mais aussi ses difficultés : « comment rester dans un champ scientifique considéré comme secondaire par rapport aux grands courants de la théorie économique comme l’économie monétaire, l’économie internationale … ». Il montre alors comment progressivement par temps de réflexion liée à l’agriculture et au développement, il est arrivé aux territoires et à la qualité.
45Il existe selon lui une rupture épistémologique forte entre les notions d’espace et de territoires et ce qu’elles véhiculent comme méthodologies et comme instruments. Il rappelle alors rapidement les grandes références liées à l’analyse spatiale : l’espace homogène, l’espace polarisé, l’espace centre périphérie et l’espace géographique.
46Il y a, nous dit PECQUEUR « une fonction dominante à un moment donné et un mode opératoire avec ses spécificités ». Le territoire, alors, peut être conçu comme un concours d’acteurs qui vise à identifier, mettre en commun, mettre en valeur, sur un espace géographique donné. Mais en même temps, des dotations existent sur cet espace. Dans cette perspective, la construction territoriale lui semble être « la clef de la globalisation » puisqu’on peut alors comprendre celle-ci, les résistances qu’elle entraîne mais aussi les adaptations nécessaires face aux disjonctions fonctionnelles entre l’espace et les territoires. De nombreuses stratégies peuvent être mises en œuvre, comme par exemple le développement industriel dont on doit mieux connaître la place de l’histoire et des paysages qui en déterminent des facteurs d’externalités ou aujourd’hui les pôles de compétitivité : « on puise dans les ressources des territoires et non plus seulement dans les capacités des entreprises ».
47Le territoire pour s’adapter doit alors revendiquer la qualité et de manière métaphorique on doit « vendre du bruit et créer et valoriser des ressources inédites ».
48Bernard PECQUEUR nous propose deux modèles de production territoriale, un modèle classique marqué par la productivité et un second fondé sur la qualité. Il reprend le schéma présenté au colloque ACFAS, Montréal 2004 (rapport joint).
49A la suite de cet exposé, un débat s’engage dans lequel interviennent notamment Jean-Jacques GOUGUET, Claude LACOUR, Jean-Marie HURIOT, Claude DUPUY et Christophe CARRINCAZEAUX. Plusieurs points sont soulignés. D’un côté il y a sans doute de plus en plus une disjonction entre le territoire et les firmes, entre la technologie et les villes, mais d’un autre côté, il est convenu que les enjeux profonds de la recherche doivent conduire à réarticuler ces oppositions. De la même manière, on convient que des approches dites orthodoxes et hétérodoxes sont de moins en moins pertinentes mais que la recherche notamment dans les champs du développement territorial, de la qualité et de l’industrie, impose de la rigueur dans les concepts et dans les méthodes (notes prises par Claude LACOUR).
Le modèle de qualité dans les processus de production territoriale de biens et services
Liste SEDER XV des Doctorants ayant présenté l’état de leurs recherches
50MILLION François
51Université Lumière Lyon 2 – École Nationale des Travaux Publics de l’État (ENTPE).
52L’impact des zones d’activités économiques sur la localisation des entreprises en milieu urbain : le cas de la périphérie lyonnaise.
53A l’échelle de l’espace urbain, les activités économiques se répartissent très inégalement. Cette situation soulève de nombreux enjeux économiques et urbains pour les collectivités locales. En outre, elles se retrouvent en compétition pour accueillir et retenir les entreprises sur leur territoire et souhaitent dès lors disposer de moyens susceptibles de maîtriser et d’influencer l’organisation spatiale des activités. Parmi les diverses interventions en direction des entreprises à leur disposition, la réalisation de zones d’activités est devenue l’une des actions les plus répandues et les plus importantes par les investissements qu’elles représentent. A la suite de ces constats, nous nous sommes alors interrogé sur l’efficacité et les effets d’un tel dispositif. L’objet de notre recherche sera de réaliser une évaluation de cette politique publique à travers l’étude de l’attractivité des zones d’activités. Tout en ayant conscience que les zones d’activités ne représentent que l’un des nombreux éléments du choix de localisation d’une entreprise, il nous semble utile d’approfondir la connaissance sur leur attrait. En effet, de nombreuses interrogations se trouvent être à l’heure actuelle sans réponses satisfaisantes. Quel est l’attrait effectif des zones d’activités en milieu urbain ? Auprès de quelles entreprises ? Quels sont les lieux et les sites d’implantation privilégiés ? Enfin, quelles sont les raisons de cet attrait ? L’analyse de l’attractivité concourt à expliquer les préférences de localisation des entreprises. Elle permettra ainsi de dresser un bilan de cette action mise en œuvre par les collectivités locales pour tenter d’organiser la localisation des entreprises dans l’espace urbain.
54BERGUA Fabien
55Université Montesquieu – Bordeaux IV
56Dynamique industrielle et réglementation des émissions dans l’industrie automobile
57Cette thèse se propose d’analyser les liens existants entre le changement technologique et les contraintes environnementales au sein de la dynamique industrielle. Elle s’inscrit dans un contexte récent de protection de l’environnement où le concept de développement durable est mis en avant. L’objectif n’est plus de mener une politique de l’après coup qui s’attache à réduire les impacts sur l’environnement mais plutôt d’intégrer la dimension écologique au développement économique. Ce changement de perspective a des répercussions importantes sur les stratégies des industries polluantes et sur celles des pouvoirs publics.
58PLACHOT Ludovic
59Université Montesquieu – Bordeaux IV
60« Couplage d’un modèle économique et d’un modèle physique pour une évaluation coûts/efficacité de politiques agri-environnementales à l’échelle d’un grand territoire »
61Dans les Modèles d’Equilibre Général Calculable (MEGC) les plus récents, les phénomènes physiques sont peu ou pas modélisés, et quand ils le sont, l’environnement est souvent intégré de façon exogène : la mesure d’une amélioration de l’état de l’environnement ne peut dès lors être véritablement réalisée. A contrario, pour l’étude des Pollutions Diffuses d’Origine Agricole (PDOA), il existe des modèles physiques – combinant approches agronomique et hydrologique – qui permettent cette évaluation. C’est pourquoi nous pensons qu’un couplage entre ces deux types de modèles pourrait conduire à un meilleur chiffrage des bénéfices engendrés par la mise en place de politiques agri-environnementales.
62CAZALS Clarisse
63Université Montesquieu – Bordeaux IV
64Analyse conventionnaliste des démarches environnementales volontaires : le cas de deux filières de la viticulture et l’arboriculture
65Le modèle de développement qui a contribué à la modernisation de l’agriculture est en crise ; celle-ci provient partiellement de la modification de la demande que ce soit en matière de qualité, de sécurité sanitaire ou de protection de l’environnement.
66Ma recherche peut se résumer par ces questions principales :
- Dans quelles conditions, les arboriculteurs et viticulteurs intègrent-ils volontairement, cette dimension environnementale dans leur système productif ?
- Quels sont les rôles joués par les réseaux institués ou en construction soit nationaux, de type agriculture biologique, agriculture raisonnée, soit locaux ?
67Université François Rabelais – Tours
68De la construction d’une représentation affective de l’espace urbain à sa conception : prise en compte de l’affectivité envers la ville dans les projets urbains
69L’existence d’un rapport affectif à la ville a des conséquences sur l’espace urbain, sa pratique et sa conception ; conséquences qu’il est nécessaire de prendre en compte dans les projets d’urbanisme. Le but final de mon travail étant de donner une modélisation (représentation simplifiée du réel) du rapport affectif entre l’individu et la ville, et d’envisager l’application de cet outil dans le but d’une meilleure action sur l’espace.
70BOUFADEN Najoua
71Université Paris XI – Faculté Jean Monnet
72Analyse de la Dynamique d’innovation des entreprises au sein des clusters de hautes technologies : cas du bio-cluster de la région Ile-de-France
73Tester l’impact des proximités géographique, technologique et relationnelle sur la capacité à innover des entreprises de biotechnologies.
74MOURA Sylvain
75Université Montesquieu – Bordeaux IV
76Une compréhension institutionnaliste de la dynamique des organisations : le cas des firmes productrices d’armement
77Mettre en œuvre un cadre d’analyse pour étudier la dynamique des firmes ayant à évoluer dans un univers incertain. L’approche relève de l’institutionnalisme.
78LOURIMI Sofiène
79Université Paris XI
80Rôle des proximités dans le développement d’interactions technologiques : cas de l’industrie de l’optique en Ile-de-France
81Le travail empirique et les outils offerts par les champs théoriques indiqués cidessus devraient nous permettre d’avancer sur les questions suivantes :
- Rôle de la proximité géographique dans la diffusion des connaissances (vs d’autres types de proximités)
- Rôle de la proximité géographique dans la construction de relations productives (sous-traitant-client notamment), techniques et technologiques)
- Pourquoi existe-t-il une agglomération d’entreprises en optique ? Existe-t-il un cluster de l’optique en Ile-de-France ou est-ce juste une concentration d’entreprises ?
82Université des Sciences et Technologies de Lille (USTL)
83Concurrence fiscale, fourniture de biens et services publics et intégration économique
84La plupart des recherches faites actuellement se situent, explicitement ou implicitement, dans le cadre d’une économie nationale avec des collectivités décentralisées. Or, analyser les interactions fiscales au sein d’un espace tel que l’Union Européenne suppose de se placer dans un cadre international de concurrence, caractérisé par la diversité des systèmes institutionnels et fiscaux des Etats membres. Comment peut fonctionner la concurrence fiscale dans un espace économique hétérogène où, comme c’est le cas en Union Européenne, l’intégration se renforce régulièrement ?
85Un deuxième axe de recherche s’attache aux problèmes d’efficacité : les interactions fiscales sont-elle une source d’inefficacité ou au contraire, peuvent-elles être un facteur de discipline pour des collectivités qui, quand elles sont laissées à ellesmêmes, sont tentées d’utiliser leur pourvoir pour extraire des rentes ?
86MONTALBAN Matthieu
87Université Montesquieu – Bordeaux IV
88Financiarisation, modèles productifs et dynamique des industries. Le cas de l’industrie pharmaceutique
89La présence des investisseurs institutionnels conduit-elle à une évolution des stratégies des groupes industriels ? Conduit-elle à une reconfiguration des modèles productifs et de la dynamique sectorielle ? Diversité ou unicité des modèles productifs compatibles avec le mouvement de financiarisation ?
90HALLEUX Jean-Marie
91Université de Liège
92Structuration spatiale des marchés fonciers et production de l’urbanisation morphologique. Application à la Belgique et à ses nouveaux espaces résidentiels
93Quelle est l’influence des marchés fonciers sur la production des nouvelles formes d’urbanisation ? Comment les marchés fonciers périphériques fonctionnent-ils ? Leur fonctionnement explique-t-il pourquoi la Belgique se caractérise par une périurbanisation particulièrement extensive (étalée et desserrée) ?
94Comment les marchés fonciers résidentiels se structurent-ils dans l’espace ? Quels sont les mécanismes qui concourent à la structuration spatiale des marchés fonciers ? Quels sont les facteurs qui déterminent leur extension territoriale ?
95BOURNOT Anne
96Université Montesquieu – Bordeaux IV
97Approche économique des fonctionnalités et usages d’un actif multifonctions : l’exemple de la Gironde
98L’objectif de la thèse est d’estimer l’impact des activités humaines sur le système fluvio estuarien. La faune piscicole étant en bout de chaîne trophique, va représenter la composante liée à la qualité du milieu. L’attention va se porter sur les dommages subis par les pêcheurs professionnels. L’évaluation sera basée sur une mesure de variation du surplus des producteurs.
99RULLEAU Bénédicte
100GRAPE-CEEP / CEMAGREF de Bordeaux
101La valeur économique des services récréatifs en forêts publiques. Application aux forêts domaniales de Gironde
102Figure de proue de la Loi d’Orientation Forestière de 2001, la multifonctionnalité a mis en évidente l’intérêt de la forêt dans de « nouvelles » fonctions. Alors que, parmi ces dernières, l’accueil du public est particulièrement important, il n’existe que très peu d’informations sur la fonction sociale des forêts et on mesure mal l’ampleur. L’estimation du nombre annuel de visites par exemple varie de 200 à 600 millions selon les sources. Plus de 50 % de ces visites concerneraient les forêts publiques. La Gironde n’échappe pas à cette ouverture des forêts au public. Les forêts domaniales y sont fréquentées par les promeneurs, les cyclistes…, mais, situées en bordure littorale, elles constituent aussi un itinéraire obligé pour se rendre sur les plages. L’accueil des visiteurs doit donc être organisé au travers de programmes tels que les « Plans-Plage » qui permettent de concilier au mieux l’activité récréative sur les plages et dans les forêts avec les objectifs de protection du littoral.
103Mais l’efficacité de ces opérations, qui rejoignent généralement des politiques publiques plus larges de développement local ou d’aménagement du territoire, ne peut être évaluée que si on est en mesure de comparer les coûts engagés aux bénéfices retirés. Or, la récréation en forêts publiques est non-marchande : il n’existe pas de marché permettant de lui attribuer une valeur économique (i.e. un prix). Dans de telles situations, on se tourne vers l’évaluation économique qui repose sur des méthodes d’approximation de cette valeur par la mesure du surplus des consommateurs. Elle peut dès lors servir de guide à la répartition des moyens entre les usages. Pourtant, en France, son application aux services forestiers non-marchands reste très rare et presque exclusivement cantonnée aux forêts lorraines.
104TIVADAR Mihai
105Université de Lille
106Structures sociales urbaines et ville écologique
107Nous nous intéressons particulièrement aux points suivants : les variations des structures urbaines d’équilibre induites par les politiques urbaines, en particulier dans les domaines de la localisation des activités du niveau et des formes de polarisation, de la place respective des différents groupes sociaux ; les différences entre niveaux et structures des déplacements : volumes des déplacements, organisation plus ou moins polarisée ; les différences qui en résultent entre niveaux de consommation énergétique et impacts écologiques ; une analyse des problèmes d’équité que soulèvent ces politiques, à travers les conséquences différentielles sur chacun des groupes sociaux.
108RICHER Cyprien
109Université de Lille 1 – UFR de Géographie-Aménagement
110Multipolarités Urbaines et Intermodalités : les Pôles d’Échanges, un enjeu pour la coopération intercommunale ?
111Cette thèse s’interroge sur les enjeux qui représentent les pôles d’échanges pour les nouvelles structures intercommunales. Outre la compréhension de la nature et de la diversité des pôles d’échanges, le premier temps de cette thèse explore et questionne les éléments qui contribuent à faire de ce dispositif un enjeu stratégique pour l’organisation des territoires urbains.
112D’une part, à partir de l’opposition entre un contexte urbain bien réel (étalement urbain et utilisation croissante de l’automobile) et des préoccupations encore virtuel de « ville durable », nous nous demanderons si les pôles d’échanges peuvent jouer un rôle d’interface entre les nouvelles échelles de l’urbain et les ambitions de développement durable ?
113D’autre part, la recherche prend appui sur le renouvellement du contexte législatif sur la coopération intercommunale (loi Chevènement, Voynet ou SRU en 1999 et 2000) qui provoque, dans le domaine des transports, des logiques intensives (renforcement des compétences des autorités organisatrices intercommunales de transport urbain) et extensives (dynamique d’extension géographique des périmètres des transports). Ces évolutions posent directement la question du mode de développement des réseaux de transport urbain et interurbain : une remise en cause du modèle d’extension des lignes au profit de l’articulation des réseaux autour des pôles d’échanges semble se dessiner, mais selon quelles modalités ? La tectonique des périmètres de transports urbains, marquée par une dynamique d’extension géographique, va-t-elle contribuer à modifier la représentation des réseaux et mettre davantage en valeur l’articulation des différents modes de transports urbains (notamment l’intermodalité fertransports collectifs urbains) ?
114ROCCI Anaïs
115Université Paris V – René Descartes
116Vers des déplacements durables en IDF ? Freins aux changements de comportements au cœur du système d’acteurs de la mobilité
117Les nuisances de l’automobile en milieu urbain posent de plus en plus de problèmes, et pourtant il semble toujours aussi difficile de limiter son usage.
118Il s’agit dans cette thèse de comprendre sous quelles conditions un changement de comportement de mobilité vers des déplacements durables serait possible. Le questionnement principal est donc de saisir les freins au changement dans les pratiques individuelles des usagers d’une part, et dans les jeux de pouvoir et de décision du système d’acteurs (élus, professionnels du transport, groupes de pression et associations) d’autre part ; L’objectif étant d’examiner l’acceptabilité et l’intégration dans les pratiques d’un tel changement.
119Les questions qui en découlent sont de deux ordres. L’un concerne les usagers au travers de leurs pratiques de déplacement, de leur rapport à l’environnement et aux politiques publiques. Quelles sont les raisons d’acquisition et d’usage de la voiture ? Quelles sont les logiques d’action et stratégies mises en œuvre dans les pratiques de déplacement ? Quel est le rapport à l’automobile ? De quelle dépendance est-il question ? Quel est l’impact des rythmes et étapes des cycles de vie sur la mobilité ? Y a-t-il une conscience environnementale ? D’où vient l’écart entre les bonnes intentions et les pratiques ? Quel est le rôle et le poids des politiques publiques dans les comportements de mobilité ? Quelles seraient les conditions favorables à un changement de comportement ?
120Le deuxième type de questionnement concerne les politiques publiques et les jeux d’acteurs : quelles politiques devraient être envisagées ? Devraient-elles être plutôt coercitives ou incitatives ? Devrait-il y avoir des mesures anti-voiture ou « pro-Transports Publics » ? Quelle est la place des modes alternatifs à la voiture dans le système de mobilité urbain ? Peut-on envisager un partage de l’espace urbain entre les modes ? Où se situent les freins au changement dans les jeux de pouvoir et interactions entre acteurs ?
121COQUIO Julien
122Université François Rabelais de Tours
123La vulnérabilité des transports en commun. Dans quelle mesure l’information diffusée aux voyageurs participe-t-elle à la régulation de situations perturbées ?
124L’importance de l’information diffusée aux voyageurs lors de situations perturbées est très souvent soulignée mais peu d’études traitent de ses impacts potentiels, notamment recherche dont le but est d’apporter des éléments quantitatifs, grâce à un travail de modélisation informatique.
125Sont notamment étudiés les itinéraires de substitution, lesquels permettent, lors de dysfonctionnements du réseau, aux voyageurs de modifier leur trajet, permettant ainsi potentiellement une meilleure circulation des flux sur l’ensemble du réseau.
126VERRY Damien
127Université de Lyon II
128Indicateurs de mobilité durable : quelle durabilité pour les systèmes de transports urbains français ? Le cas des agglomérations de Bordeaux, Grenoble, Lyon et Paris
129L’accroissement continu de la mobilité motorisée peut être défini comme un « piège collectif ». L’évolution de la société, l’organisation des activités économiques, la structure des villes poussent à une augmentation de la mobilité individuelle motorisée, or cette augmentation provoque des coûts collectifs de moins en moins supportables. La question principale posée ici est de savoir si la mobilité durable, présentée comme objectif de nombreuses politiques publiques, peut permettre de sortir du dilemme actuel.
130Le concept protéiforme de mobilité durable fournit à la fois un cadre normatif à l’étude de la mobilité urbaine, la durabilité implique la conservation d’un « capital » pour les générations futures, mais aussi un cadre stratégique, il ne saurait y avoir de durabilité sans participation publique ni concertation et enfin un cadre analytique, l’exigence de durabilité renvoie à la complexité du phénomène de mobilité dont la mesure ne saurait être autre que multidimensionnelle. Comment les systèmes de déplacements urbains de voyageurs et les dynamiques qui les caractérisent s’évaluent au regard d’un tel concept ?
131BAILLEUL Hélène
132Université François Rabelais de Tours
133Mesure de l’influence de l’utilisation de nouveaux médias sur le processus d’identification des habitants aux projets d’urbanisme
134L’utilisation croissante des sites internet comme outil de communication autour des projets urbains et les différentes expérimentations qui sont réalisées par les collectivités locales (ex. le projet des Halles à Paris et le vote des habitants pour l’un des scénarii proposés) nous pousse à nous interroger sur l’influence que peut avoir cet outil de communication mais également les différentes techniques de représentation du projet (photo-montage, SIG, simulation, 3D) que l’on peut observer sur ces sites, sur sa réception par les habitants. Nous nous inscrirons évidemment dans les processus de participation et de concertation qui sont aujourd’hui développés lors des projets. Notre hypothèse sera que le média influence la perception que peut avoir l’habitant-internaute, perception qui entre dans un processus cognitif plus large au cours duquel il mobilise ses représentations personnelles de l’espace, de l’outil internet, mais aussi de l’aménagement, ses valeurs et ses croyances. Nous souhaitons déterminer si l’appréciation (positive ou négative) que l’individu a du projet peut être dépendante, reliée au média.
135VIROL Stéphane
136Université Montesquieu – Bordeaux IV
137Espace communautaire européen : unité ou morcellement ?
138Le thème fort sur lequel repose cette thèse est la spatialisation des politiques régionales européennes, c’est-à-dire « la place de l’espace dans ces politiques communautaires ». Ce sujet peut paraître paradoxal dans la mesure où jusqu’alors, ces politiques régionales n’ont pas été établies dans une perspective d’aménagement de l’espace, mais plutôt autour du thème de la cohésion sociale. Néanmoins, si l’approche en termes de cohésion économique et sociale est cohérente, la dimension spatiale est tout aussi importante. Ainsi, existe-t-il de plus en plus un besoin de spatialisation de la politique régionale européenne (SDEC, Interreg…). En effet, la théorie spatiale et les enjeux tirés des analyses du développement régional aident à mieux comprendre les enjeux des facteurs économiques et géographiques régissant le fonctionnement de tout système d’échanges, et conditionnant le développement économique et les dynamiques de concentration et de dispersion. La prise en compte des dimensions spatiales par la politique régionale européenne peut permettre un changement d’échelle. En effet, l’attention portée à des facteurs géographiques, comme les économies d’agglomération ou les coûts de transport, donne une dimension, à la fois, davantage orientée par la mondialisation et la rentabilité, et plus locale pour la quête d’identité et de solidarité. Cette recherche en même temps qu’elle est théorique, tient aussi à expliquer les mécanismes politiques de négociation et de marchandage qui à la fois respectent les cadrages institutionnels et tiennent compte des impératifs fonctionnels.
139VIROL Eric
140Université Montesquieu – Bordeaux IV
141Réglementation environnementale et stratégies des acteurs, une analyse comparative : modélisation de l’influence de la Responsabilité Elargie du Producteur sur les stratégies d’innovation des acteurs au sein de la chaîne d’approvisionnement
142La production de déchets est une menace environnementale sérieuse à laquelle est confronté l’ensemble des pays industrialisés. Afin de tenter de remédier durablement à une situation de plus en plus problématique, de nombreux gouvernements ont réévalué leurs politiques de gestion des déchets : pour limiter les incidences environnementales engendrées par les quantités croissantes de déchets, il faut placer la responsabilité sur les producteurs de produits neufs (c’est-à-dire les fabricants et importateurs) pour la fin de vie de certains produits. Il s’agit du concept de Responsabilité Elargie du Producteur (REP). La REP est un principe politique visant à promouvoir des avancées significatives dans le cycle de vie total du produit en étendant les responsabilités des fabricants ou importateurs du produit à l’ensemble des stades du cycle de vie du produit, notamment la reprise, le recyclage et l’élimination finale du produit. Dans une optique de changement technologique, la question est de comprendre comment se diffuse la contrainte environnementale imposée par ce principe politique au sein du réseau d’acteurs. Comment la REP est intégrée dans les stratégies d’innovation des acteurs impliqués ? Quel est le fonctionnement des mécanismes de rétroaction entre les acteurs en amont et ceux situés en aval ? Quelles sont les conséquences du développement d’un nouveau design du produit « axé recyclage » (design for recycling) sur les stratégies des acteurs ?