« Faire businesswoman asiatique. » Le travail émotionnel et esthétique racialisé des femmes asiatiques dans le monde des affaires en France
Pages 31 à 54
Citer cet article
- ZHOU-THALAMY, Anne,
- Zhou-Thalamy, Anne.
- Zhou-Thalamy, A.
https://doi.org/10.3917/crii.105.0031
Citer cet article
- Zhou-Thalamy, A.
- Zhou-Thalamy, Anne.
- ZHOU-THALAMY, Anne,
https://doi.org/10.3917/crii.105.0031
Notes
-
[1]
Je reviens sur l’auto-identification des enquêté·es dans l’encadré méthodologique de cet article.
-
[2]
Isabel Boni-Le Goff, « Des expert·e·s respectables ? Esthétique vestimentaire et production de la confiance », Travail, genre et sociétés, 41, 2019, p. 67-86.
-
[3]
Charles Gadéa, « L’idiome figuratif des groupes professionnels », Images du travail, travail des images, 1, 2016.
-
[4]
Arlie Russell Hochschild, The Managed Heart: Commercialization of Human Feeling, Berkeley, University of California Press, 2012 ; Eva Illouz, Les sentiments du capitalisme, Paris, Seuil, 2006 ; Gabrielle Schütz, Jeunes, jolies et sous-traitées : les hôtesses d’accueil, Paris, La Dispute, 2018.
-
[5]
A. R. Hochschild, The Managed Heart, op. cit.
-
[6]
Julien Bernard, « La mobilisation du corps dans le travail des pompes funèbres. Technique, relation et travail émotionnel », Champ psy, 65, 2014, p. 163-174.
-
[7]
E. Illouz, Les marchandises émotionnelles, Paris, Premier Parallèle, 2019.
-
[8]
Ashley Mears et William Finlay, « Not Just a Paper Doll: How Models Manage Bodily Capital and Why They Perform Emotional Labour », Journal of Contemporary Ethnography, 34 (3), 2005, p. 317-343.
-
[9]
Linda McDowell, Working Bodies: Interactive Service Employment and Workplace Identities, Hoboken, John Wiley & Sons, 2011.
-
[10]
Patti A. Giuffre et Christine L. Williams, « Où placer la ligne rouge ? La qualification du harcèlement sexuel dans les restaurants », trad. par Carole Boidin et Hélène Boisson, Sociologie du travail, 61 (3), 2019.
-
[11]
A. Mears, « Des fêtes très exclusives. Les promoteurs de soirées VIP, des intermédiaires aux ambitions contrariées », trad. par Catherine Guesde, Actes de la recherche en sciences sociales, 230, 2019.
-
[12]
I. Boni-Le Goff, « Des expert·e·s respectables ? », art. cité.
-
[13]
Beverley Skeggs, « 4 – (Dés)identifications de classe. Le refus du populaire », dans Des femmes respectables, trad. par Marie-Pierre Pouly, Marseille, Agone, 2015, p. 145-196.
-
[14]
Hanane Karimi, Les femmes musulmanes ne sont-elles pas des femmes ?, Paris, Hors d’atteinte, 2023.
-
[15]
Valérie Boussard et Camille Noûs, « Introduction. La profession faite corps. Enjeux de la corporéité au travail », Sociétés contemporaines, 117, 2020, p. 5-22.
-
[16]
Ibid.
-
[17]
A. R. Hochschild, The Managed Heart, op. cit. ; E. Illouz, Les marchandises émotionnelles, op. cit. ; G. Schütz, Jeunes, jolies et sous-traitées, op. cit.
-
[18]
B. Skeggs, Formations of Class & Gender: Becoming Respectable, Thousand Oaks, SAGE Publications, 1997 ; Richard Hoggart, La culture du pauvre, trad. par Françoise et Jean-Claude Garcias et par Jean-Claude Passeron, Paris, Éditions de Minuit, 1970.
-
[19]
Margot Dazey, « Rethinking Respectability Politics », The British Journal of Sociology, 72 (3), 2021, p. 580-593.
-
[20]
Simeng Wang et Hélène Le Bail, « Migrations chinoises, de génération en génération », Hommes & Migrations, 1314, 2016 ; Ya-Han Chuang, « Le racisme anti-Asiatiques, entre oubli et mépris », dans Omar Slaouti et Olivier Le Cour Grandmaison (dir.), Racismes de France, Paris, La Découverte, 2020.
-
[21]
S. Wang : Illusions et souffrances : les migrants chinois à Paris, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2017 et « “Aidez-nous à comprendre vos Chinois !” Conditions de possibilités de la légitimation du sociologue en milieu psychiatrique », Genèses, 105, 2016, p. 141-156.
-
[22]
Florence Lévy et Marylène Lieber, « La sexualité comme ressource migratoire. Les Chinoises du Nord à Paris », Revue française de sociologie, 50 (4), 2009, p. 719-746 ; Gao Yun, Florence Lévy et Véronique Poisson, « De la migration au travail. L’exploitation extrême des Chinois-e-s à Paris », Travail, genre et sociétés, 16, 2006, p. 53-74.
-
[23]
Cai Chen, « Migration et (re)socialisation sexuelle. Le cas des jeunes migrants homosexuels chinois en France », Migrations Société, 192, 2023, p. 131-145.
-
[24]
Sophie Pochic, « Faire carrière : l’apport d’une approche en termes de genre », Formation emploi, 91, 2005, p. 75-93.
-
[25]
Pour situer racialement les enquêté·es de cette enquête, j’utilise « perçu·e comme » et « racialisé·e comme » comme équivalent.
-
[26]
Sarah Mazouz, « Les mots pour le dire », dans Didier Fassin et Alban Bensa (dir.), Les politiques de l’enquête, Paris, La Découverte, 2008, p. 81-98 ; Solène Brun, « Rechercher la race : les défis d’une enquête à mots couverts », Genèses, 125, 2021, p. 77-94 ; Iman El Feki, « “Vous êtes musulmane et vous travaillez sur la radicalisation ? Il n’y a pas un problème ?” Quand la religiosité visible interroge la radicalisation », Marronnages. Les questions raciales au crible des sciences sociales, 2 (1), 2023, p. 53-72.
-
[27]
I. Boni-Le Goff, Le sexe de l’expert. Régimes de genre et dynamique des inégalités dans l’espace du conseil en management, thèse de sociologie, Paris, École des hautes études en sciences sociales (EHESS), 2013.
-
[28]
Valérie Amiraux et Daniel Cefaï, « Les risques du métier. Engagements problématiques en sciences sociales », Cultures et Conflits, 47, 2002, p. 15-48.
-
[29]
Julie Landour, « Le chercheur funambule », Genèses, 90, 2013, p. 25-41.
-
[30]
Marque particulièrement représentative du « luxe discret », au sujet duquel je reviens plus bas dans l’article.
-
[31]
Joan Acker, « Inequality Regimes: Gender, Class, and Race in Organizations », Gender & Society, 20 (4), 2006.
-
[32]
Victor Ray, « A Theory of Racialised Organizations », American Sociological Review, 84 (1), 2019, p. 26-53.
-
[33]
Ella Louise Bell, « The Bicultural Life Experience of Career-Oriented Black Women », Journal of Organizational Behavior, 11 (6), 1990, p. 459-77.
-
[34]
Elijah Anderson, « The Social Situation of The Black Executive: Black and White Identities in the Corporate World », dans Rodney D. Coates (ed.), Covert Racism. Theories, Institutions, and Experiences, Leiden, Brill, 2011, p. 291-319.
-
[35]
Philomena Essed, Understanding Everyday Racism: An Interdisciplinary Theory, Thousand Oaks, SAGE Publications, 1991.
-
[36]
Angie Y. Chung, Saving Face: The Emotional Costs of the Asian Immigrant Family Myth, New Brunswick, Rutgers University Press, 2016 ; Jane Hyun, Breaking the Bamboo Ceiling: Career Strategies for Asians, New York, Harper Collins, 2006 ; Deborah Woo, Glass Ceilings and Asian Americans: The New Face of Workplace Barriers, Lanham, Rowman & Littlefield, 2000 ; Helen H. Yu, « Revisiting the Bamboo Ceiling: Perceptions From Asian Americans on Experiencing Workplace Discrimination », Asian American Journal of Psychology, 11 (3), 2020, p. 158-167.
-
[37]
Ya-Han Chuang, « Introduction », dans Une minorité modèle ? Chinois de France et racisme anti-Asiatiques, Paris, La Découverte, 2021, p. 5-16 ; A. Chung, Saving Face, op. cit.
-
[38]
Cécile Guillaume et Sophie Pochic, « La fabrication organisationnelle des dirigeants », Travail, genre et sociétés, 17, 2007 p. 79-103.
-
[39]
Isabel Boni-Le Goff et Marion Rabier, « Jupe et talons hauts : la métonymie visuelle de la dirigeante », Entreprises et histoire, 107, 2022, p. 145-148.
-
[40]
Celine Parreñas Shimizu, The Hypersexuality of Race: Performing Asian/American Women on Screen and Scene, Durham, Duke University Press, 2007.
-
[41]
Nicole Constable, Romance on a Global Stage: Pen Pals, Virtual Ethnography, and “Mail Order” Marriages, Berkeley, University of California Press, 2003 ; Joey Lee, « East Asian “China Doll” or “Dragon Lady”? », Bridges: An Undergraduate Journal of Contemporary Connections, 3, 2018 ; Jean-François Staszak, « La fabrique cinématographique de l’altérité. Les personnages de “Chinoises” dans le cinéma occidental », Annales de géographie, 682, 2011, p. 577-603.
-
[42]
Valérie Boussard, « Celles qui survivent : dispositions improbables des dirigeantes dans la finance », Travail, genre et sociétés, 35, 2016, p. 47-65.
-
[43]
Ibid.
-
[44]
Karen D. Pyke et Denise L. Johnson, « Asian American Women and Racialised Femininities: “Doing” Gender across Cultural Worlds », Gender & Society, 17 (1), 2003, p. 33-53.
-
[45]
Les travaux de Karen D. Pyke et Denise L. Johnson démontrent que dans le contexte étasunien, cette figure se construit en opposition à la représentation racialisée des femmes noires comme étant masculines, agressives et écrasantes.
-
[46]
Yen Le Espiritu, Asian American Women and Men: Labor, Laws, and Love, Thousand Oaks, SAGE Publications, 1997.
-
[47]
J.-F. Staszak, « La fabrique cinématographique de l’altérité. Les personnages de “Chinoises” dans le cinéma occidental », art. cité.
-
[48]
Claire Cosquer, « “Expat” blancs, nouveaux riches arabes. Anxiétés “expatriées”, distinction blanche et fractions racialisées des classes dominantes à Abu Dhabi », Sociétés contemporaines, 126, 2022, p. 121-149.
-
[49]
Ibid.
-
[50]
Pascal Barbier et al., « Vêtement », dans Juliette Rennes (dir.), Encyclopédie critique du genre, Paris, La Découverte, 2021, p. 806-817.
-
[51]
I. Boni-Le Goff et M. Rabier, « Jupe et talons hauts : la métonymie visuelle de la dirigeante », art. cité.
-
[52]
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Dans les beaux quartiers, Paris, Seuil, 1989.
-
[53]
Parul Bhandari, Money, Culture, Class: Elite Women as Modern Subjects, Londres, Routledge, 2019.
-
[54]
A. Mears, Pricing Beauty: The Making of a Fashion Model, Berkeley, University of California Press, 2011.
-
[55]
Isabelle Hanifi, La transmission d’un modèle de réussite féminin à travers le vêtement. « Dress for success » : normalisation de la race, de la classe et du genre par l’apparence professionnelle, thèse d’ethnologie et sociologie, Paris, université Paris Descartes, 2006.
-
[56]
I. Boni-Le Goff, Le sexe de l’expert. Régimes de genre et dynamique des inégalités dans l’espace du conseil en management, op. cit.
-
[57]
La « veste col Mao » est une traduction occidentale d’un style de veste que l’on trouve en Chine sous Mao Zedong mais aussi chez les soldats indiens. Le couturier Pierre Cardin est le premier à intégrer ce type de col dans ses défilés en 1968. S’il devient un symbole de contestation chez les étudiant·es et intellectuel·les de gauche à partir de 1968, ce vêtement tend progressivement à se « dépolitiser », pour devenir un objet de haute couture puis du prêt-à-porter, explique l’historien François Hourmant. Son ancrage idéologique dans le maoïsme disparaît peu à peu et s’autonomise du modèle chinois. Toutefois, en 1985, Jack Lang provoque un scandale dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale en portant une veste col Mao qu’il a commandée au couturier Thierry Mugler à son retour d’un voyage en Inde avec François Mitterrand. François Hourmant, Les Années Mao en France. Avant, pendant et après Mai 68, Paris, Odile Jacob, 2018.
-
[58]
Liêm-Khê Luguern, « La représentation des immigrants », Hommes & migrations. Revue française de référence sur les dynamiques migratoires, 1314, 2016, p. 141-145.
-
[59]
S Brun, « “Passer” pour blanc. L’exemple des personnes non blanches élevées par un ou des parent(s) blanc(s) », Monde commun, 7, 2021, p. 70-91 ; Juliette Galonnier, Choosing Faith and Facing Race: Converting to Islam in France and the United States, thèse de sociologie, Paris et Evanston, Sciences Po et Northwestern University, 2017 ; S Brun et J. Galonnier, « Devenir(s) minoritaire(s). La conversion des Blanc-he-s à l’islam en France et aux États-Unis comme expérience de la minoration », Tracés. Revue de sciences humaines, 30, 2016, p. 29-54.
-
[60]
Laure Bereni, « Les stigmates de la vertu. Légitimer la diversité en entreprise, à New York et à Paris », Actes de la recherche en sciences sociales, 241, 2022, p. 36-55.
-
[61]
Solenne Carof, « Être grosse. Du corps discréditable au corps discrédité », Sociologie, 10 (3), 2019, p. 285-302.
-
[62]
Luc Boltanski et Ève Chiapello, « The New Spirit of Capitalism », International Journal of Politics, Culture, and Society, 18 (3), 2005, p. 161-188.
-
[63]
R. W. Connell et Julian Wood, « Globalization and Business Masculinities », Men and Masculinities, 7 (4), 2005.
-
[64]
C. Cosquer, « “Expat” blancs, nouveaux riches arabes », art. cité.
-
[65]
Adia Harvey Wingfield, « The (Un)Managed Heart: Racial Contours of Emotion Work in Gendered Occupations », Annual Review of Sociology, 47, 2021, p. 197-212.
-
[66]
Jennifer Pierce, Racing for Innocence: Whiteness, Gender, and the Backlash Against Affirmative Action, Palo Alto, Stanford University Press, 2012.
-
[67]
Martin Fougère et Agneta Moulettes, « On ‘Cultural’ Knowledge in International Management Textbooks: A Postcolonial Reading », dans Subhabrata Bobby Banerjee, Vanessa C. M. Chio et Raza Mir (eds), Organizations, Markets and Imperial Formations, Cheltenham, Edward Elgar Publishing, 2009 ; Anne Zhou-Thalamy, « Le management des “différences culturelles”. Circulation de l’essentialisme racial dans les multinationales en France », La nouvelle revue du travail, 24, 2024.
-
[68]
Christine L. Williams et Catherine Connell, « “Looking Good and Sounding Right”: Aesthetic labour and Social Inequality in the Retail Industry », Work and Occupations, 37 (3), 2010, p. 349-377.
-
[69]
Anne Zhou-Thalamy, « Le management des “différences culturelles”. Circulation de l’essentialisme racial dans les multinationales en France », art. cité.
-
[70]
Pascale Molinier, L’énigme de la femme active. Égoïsme, sexe et compassion, Lausanne, Éditions Payot, 2023.
-
[71]
Joan Cassel, « Différence par corps : les chirurgiennes », Les Cahiers du Genre, 29, 2000, p. 53-81.
-
[72]
Grégory Giraudo Baujeu, « Discriminations “acceptables” et racisme “inavouable” dans le travail intérimaire », Les cahiers de la LCD, 10, 2019, p. 59-71 ; Véronique de Rudder et François Vourc’h, « 9. Les discriminations racistes dans le monde du travail », dans Didier Fassin et Éric Fassin (dir.), De la question sociale à la question raciale ?, Paris, La Découverte, 2006, p. 175-194.
-
[73]
Louwanda Evans, Cabin Pressure: African American Pilots, Flight Attendants, and Emotional Labor, Lanham, Rowman & Littlefield, 2013.
-
[74]
Ibid.
-
[75]
Marci D. Cottingham, Austin H. Johnson et Rebecca J. Erickson, « “I Can Never Be Too Comfortable”: Race, Gender, and Emotion at the Hospital Bedside », Qualitative Health Research, 28 (1), 2018, p. 145-158.
-
[76]
M. Dazey, « Polite Responses to Stigmatization: Ethics of Exemplarity Among French Muslim Elites », Ethnic and Racial Studies, 46 (4), 2023, p. 686-706.
-
[77]
Marguerite Cognet et Mireille Eberhard, « Composer avec le racisme : Postures stratégiques de jeunes adultes descendants de migrants », Migrations Société, 147-148, 2013, p. 221-234.
-
[78]
Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État gérée par l’Agence nationale de la recherche au titre du programme Investissement d’avenir – EUR Sciences sociales du genre et de la sexualité portant la référence ANR-18-EURE-0008.
Cet article interroge les logiques racialisées qui sous-tendent le travail émotionnel et esthétique en haut de l’espace social en se focalisant sur les cadres et dirigeantes du privé perçues comme asiatiques en France. D’abord, s’il existe une exigence sociale et légale de cécité à la race en France, l’ethnographie au sein de trois différentes multinationales révèlent que les gestionnaires utilisent malgré tout des catégories raciales au quotidien. Dans un second temps, l’article explicite les produits du travail esthétique racialisé des cadres et dirigeantes asiatiques et les manières légitimes d’incarner l’appartenance aux classes supérieures. Finalement, cet article éclaire les logiques racialisées qui sous-tendent le travail émotionnel dans l’espace professionnel. Ce travail émotionnel se déploie sur plusieurs terrains : rassurer les cadres blanc·hes au sujet des effets de l’internationalisation des marchés économiques, justifier sa présence dans un milieu professionnel majoritairement blanc et passer sous silence les expériences de racisme.
“Becoming an Asian Businesswoman”: The Racialised Aesthetic and Emotional Labour of Asian Women in the French Business World
The concepts of aesthetic and emotional labour have been central to analysing the ways in which the service industry reinforces and reproduces gender inequalities and more generally commodifies emotions and aesthetic norms. By focusing on the experience of Asian “businesswomen” in multinational corporations based in France, this article explores the racialised logics that underlie these two notions. First, I highlight the everyday racism experienced by Asian women in the workplace, despite a specific French legal and social norm of colourblindness. In the second part of this article, I explore the aesthetic prescriptions present in the workplace and how Asian women navigate them. Finally, this article demonstrates that if conforming to implicit professional norms implies racialised aesthetic labour, it simultaneously involves racialised emotional labour, unfolding in three distinct patterns: reassuring white executives about the globalised economic markets, justifying non-white presence in a white professional space, and silently enduring experiences of racism.