Concordia discors : Breton et Gracq
Pages 217 à 223
Citer cet article
- BERTHIER, Philippe,
- Berthier, Philippe.
- Berthier, P.
https://doi.org/10.3917/criti.945.0097
Citer cet article
- Berthier, P.
- Berthier, Philippe.
- BERTHIER, Philippe,
https://doi.org/10.3917/criti.945.0097
André Breton et Julien Gracq
Correspondance
1939-1966
Édité par Bernard Vouilloux,
avec la collaboration d’Henri Béhar,
Paris, Gallimard, 2025, 240 p.
Si Breton épistolier est bien documenté (on a publié ses lettres
à sa fille, à Simone Kahn, à Jacques Doucet, à Tzara, à Picabia, à
Péret, à Eluard, à Paulhan), tel n’est assurément pas le cas de
Gracq : c’est la première fois qu’on met à la disposition du public
un volume de sa correspondance. Que ce soit celle qu’il a échangée avec Breton apparaît paradoxalement comme une évidence,
tant ils ont compté l’un pour l’autre, et pourtant quelque chose
qui ne va pas de soi, tant ils étaient différents. Un lien à la fois
puissant et néanmoins problématique voire instable, car ce qui
les unit ne vient jamais complètement à bout de ce qui les divise
– en somme un lien malgré tout, comme le dit très justement l’excellent éditeur, en italiques bien entendu. Mandiargues était tout
à fait pertinent en rappelant l’allergie de Breton au roman en
particulier et à la fiction en général, réputés frivoles, et en observant que le seul de ses amis dans l’œuvre duquel il en ait admis et
même approuvé la présence était justement Gracq, qui sut
apprécier en sa faveur une remarquable exception : « Chose
curieuse, de son côté – lui qui se plaisait, parfois un peu sadiquement, à mettre ses partisans à l’épreuve, à les pousser, s’il percevait une dissonance, jusque dans leurs derniers retranchements
– Breton ne me provoqua jamais, et toujours s’employa avec moi,
par un accord tacite, à écarter entre nous les sujets scabreux »
…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter cet article
3,00 €