Article de revue

Pierre Bayard « Le cinéma dévoile notre paranoïa »

Pages 514 à 524

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  • Bayard, P.
(2025). Pierre Bayard « Le cinéma dévoile notre paranoïa » Critique, 937-938(6), 514-524. https://doi.org/10.3917/criti.937.0514.

  • Bayard, Pierre.
« Pierre Bayard “Le cinéma dévoile notre paranoïa” ». Critique, 2025/6-7 n° 937-938, 2025. p.514-524. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-critique-2025-6-page-514?lang=fr.

  • BAYARD, Pierre,
2025. Pierre Bayard « Le cinéma dévoile notre paranoïa » Critique, 2025/6-7 n° 937-938, p.514-524. DOI : 10.3917/criti.937.0514. URL : https://shs.cairn.info/revue-critique-2025-6-page-514?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/criti.937.0514


Notes

  • [1]
    Paris, PUF, 2001.
  • [2]
    P. Bayard, Je sommes plusieurs. Sur les personnalités multiples, Minuit, 2025 (à paraître en octobre).
  • [3]
    J. M. Cain, Le facteur sonne toujours deux fois [1936], Paris, Folio, coll. « Policier », 2021, p. 151.
  • [4]
    F. Roustang, …Elle ne le lâche plus, Minuit, 1980, p. 213.

Critique. – Vos différents essais de « critique policière » ont permis de reprendre l’enquête sur des cas aussi différents que Le Meurtre de Roger Ackroyd, Hamlet, Le Chien des Baskerville, Œdipe roi ou Ils étaient dix. Outre l’énigme à résoudre, ces différents textes offrent la particularité d’appartenir à une culture générale ou populaire sur laquelle le critique détective peut se fonder. Son lecteur connaît – ou croit connaître – les œuvres en question, ce qui permet à l’interprète de déjouer les pièges de la croyance et de produire d’incontestables nouvelles résolutions. Qu’en est-il cependant de votre relation au roman criminel américain de la tradition hardboiled que vous n’abordez jamais dans vos écrits ? Un tel silence est-il fondé sur une réticence à son endroit, voire sur une critique implicite du genre ? Les enquêtes d’un Raymond Chandler ou d’un Dashiell Hammett (d’un Philip Marlowe ou d’un Sam Spade) vous semblent-elles moins intéressantes ou moins productives de votre point de vue ?
Pierre Bayard. – Non bien sûr, et vous avez raison d’évoquer cette période importante de l’histoire du roman policier, d’autant que les ouvrages qui en relèvent mériteraient également des contre-enquêtes approfondies. Le cas le plus célèbre est celui du Grand Sommeil (The Big Sleep) où personne n’a jamais pu identifier avec certitude l’assassin d’Owen Taylor, le chauffeur des Sternwood. Interrogé sur ce point par Howard Hawks, Chandler lui-même déclarait l’ignorer, ce qui, vous l’admettrez, est tout de même problématique…


Date de mise en ligne : 12/06/2025

https://doi.org/10.3917/criti.937.0514

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