Pierre Bayard « Le cinéma dévoile notre paranoïa »
- Par Pierre Bayard
Pages 514 à 524
Citer cet article
- BAYARD, Pierre,
- Bayard, Pierre.
- Bayard, P.
https://doi.org/10.3917/criti.937.0514
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- Bayard, Pierre.
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https://doi.org/10.3917/criti.937.0514
Notes
Critique. – Vos différents essais de « critique policière » ont
permis de reprendre l’enquête sur des cas aussi différents
que Le Meurtre de Roger Ackroyd, Hamlet, Le Chien des
Baskerville, Œdipe roi ou Ils étaient dix. Outre l’énigme à
résoudre, ces différents textes offrent la particularité d’appartenir à une culture générale ou populaire sur laquelle
le critique détective peut se fonder. Son lecteur connaît –
ou croit connaître – les œuvres en question, ce qui permet
à l’interprète de déjouer les pièges de la croyance et de
produire d’incontestables nouvelles résolutions. Qu’en est-il cependant de votre relation au roman criminel américain de la tradition hardboiled que vous n’abordez jamais
dans vos écrits ? Un tel silence est-il fondé sur une réticence
à son endroit, voire sur une critique implicite du genre ?
Les enquêtes d’un Raymond Chandler ou d’un Dashiell
Hammett (d’un Philip Marlowe ou d’un Sam Spade) vous
semblent-elles moins intéressantes ou moins productives
de votre point de vue ?
Pierre Bayard. – Non bien sûr, et vous avez raison d’évoquer cette période importante de l’histoire du roman policier, d’autant que les ouvrages qui en relèvent mériteraient
également des contre-enquêtes approfondies. Le cas le plus
célèbre est celui du Grand Sommeil (The Big Sleep) où personne n’a jamais pu identifier avec certitude l’assassin d’Owen
Taylor, le chauffeur des Sternwood. Interrogé sur ce point
par Howard Hawks, Chandler lui-même déclarait l’ignorer, ce
qui, vous l’admettrez, est tout de même problématique…
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