Jean-Fabien Spitz « On peut rêver d’une société dans laquelle ce que l’humanité a produit de meilleur soit approprié par le plus grand nombre »
- Entretien réalisé pour Critique en mars 2024 par Martin Rueff
Pages 5 à 13
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- Entretien réalisé pour Critique en mars 2024 par RUEFF, Martin,
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- Entretien réalisé pour Critique en mars 2024 par Rueff, M.
https://doi.org/10.3917/criti.924.0005
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Notes
-
[1]
Aux origines de la théorie politique libérale. Droit de propriété et droit de nécessité chez Grotius (Vrin, 2023).
-
[2]
John Locke et les fondements de la liberté moderne (PUF, coll. « Fondements de la politique », 2001) ; mais voir aussi, traduits par J.-F. Spitz : J. Locke, Morale et loi naturelle. Textes sur la morale, la loi de nature et la religion (Vrin, 1990) ; J. Locke, Lettre sur la tolérance et autres textes (Garnier-Flammarion, 1992) ; J. Locke, Le Second Traité du gouvernement (PUF, coll. « Épiméthée », 1994).
-
[3]
E. Rothschild, Economic Sentiments. Adam Smith, Condorcet and the Enlightenment (Harvard University Press, 2001) ; S. Fleischacker, On Adam Smith’s Wealth of Nations. A philosophical companion (Princeton University Press, 2004).
-
[4]
L’Œuvre de Jean-Jacques Rousseau. Les fondements du système (Éditions ellipses, coll. « Les Grands Cours », 2015).
-
[5]
La République ? Quelles valeurs ? Essai sur un nouvel intégrisme politique (Gallimard, coll. « Les Essais », 2022) ; La Laïcité dévoyée (AOC éditions, 2023).
Critique. – Né dans les années 1950, vous êtes philosophe de
formation. Depuis La Liberté politique. Essai de généalogie
conceptuelle qui date de 1995, votre œuvre s’est imposée
comme une tentative majeure dans le champ mal défini de
la philosophie politique pour une triple raison : vous offrez
une généalogie des principales notions politiques de la
modernité (« liberté » – votre maître mot –, « égalité », « propriété », « impartialité », « laïcité ») ; vous confrontez la philosophie politique de la tradition à la philosophie politique
anglo-saxonne que vous traduisez, éditez et commentez ;
vous défendez une série de thèses que vous articulez dans
une position philosophique rénovée : le républicanisme.
Pouvez-vous nous expliquer les principales étapes de votre
parcours ?
Jean-Fabien Spitz. – Dans les années 1970, le marxisme
demeurait la référence principale pour réfléchir à des questions politiques et j’en ai moi-même été imprégné pendant
ma formation. Je ne crois pas avoir à le regretter parce que
cela m’a permis d’acquérir la ferme conviction que les sociétés occidentales de la fin du xxe siècle n’étaient pas le terminus ad quem de l’histoire et qu’elles étaient marquées par
une injustice évidente et, en tout cas, par une rupture entre
les principes qu’elles proclamaient et la réalité à laquelle elles
donnaient lieu. J’ai toujours été frappé, en particulier, par
l’immense gouffre éducationnel et culturel qui – en plus des
inégalités matérielles – sépare les classes sociales dans les
sociétés dites avancées…
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