Pour un interventionnisme créatif
- Par Pierre Bayard
Pages 1068 à 1077
Citer cet article
- BAYARD, Pierre,
- Bayard, Pierre.
- Bayard, P.
https://doi.org/10.3917/criti.919.1068
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https://doi.org/10.3917/criti.919.1068
Notes
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[1]
R. Bonnichsen, « Millie’s Camp : An Experiment in Archaeology », World Archaeology, 1973, vol. 4, n° 3.
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[2]
L’exposition « Futur antérieur. Trésors archéologiques du xxe siècle après J.-C. », qui s’est tenue à Lausanne en 2002 (reprise en 2023), se proposait d’imaginer comment pourraient être interprétés dans 2 000 ans les objets contemporains (par exemple, un nain de jardin tenant un pot de fleurs est perçu comme un grand-prêtre avec un gobelet à libation). Voir L. Flutsch, L’Archéologie à l’imparfait du subjectif, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2022, p. 94 sq. Dans La Civilisation perdue. Naissance d’une archéologie (L’École des loisirs, 1982), David Macaulay imaginait déjà comment pourrait être interprété en 4022, après un cataclysme survenu au xxe siècle, le site d’un motel, conçu comme un centre religieux.
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[3]
Laurent Olivier évoque les recherches menées par William Rathje et Cullen Murphy sur les déchets (Rubbish ! The Archaeology of Garbage, New York, Harper Collins, 1992), qui ont montré comment ceux qui les produisent en donnent après coup une interprétation fictionnelle.
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[4]
« Constructions dans l’analyse », 1937.
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[5]
F. Roustang, …Elle ne le lâche plus, Paris, Minuit, 1981, p. 213.
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[6]
Voir M. Charles, Introduction à l’étude des textes, Paris, Éd. du Seuil, 1995.
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[7]
Fossile découvert en 1908 et supposé avoir été le chaînon manquant entre le singe et l’être humain. Il s’agissait d’une mystification.
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[8]
Urne funéraire découverte en Israël en 2002 et qui aurait comporté les cendres d’un frère de Jésus. Son authenticité est contestée.
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[9]
Les truquages de sites peuvent aussi obéir à des motifs politiques. Sur l’accusation que des armes aient pu être apportées à Alise pour renforcer l’hypothèse, défendue par Napoléon III, selon laquelle s’y serait déroulée la bataille d’Alésia, voir L. Olivier, César contre Vercingétorix, Paris, Belin, 2019, p. 425 sq.
Que pouvons-nous au juste retrouver du passé ? À cette question, sans doute aussi ancienne que l’Histoire elle-même, un archéologue spécialiste des Celtes et des Gaulois, Laurent Olivier, et une spécialiste du Moyen Âge, Mireille Séguy, ont consacré un passionnant livre de dialogue.
Les conclusions relativistes que formulent les deux auteurs en confrontant leurs disciplines réciproques et les écueils auxquels elles se heurtent pourraient décourager les jeunes chercheurs, si l’ouvrage n’offrait dans le même temps des éléments de réflexion stimulants pour penser de manière créative notre relation au passé.
Une expérience archéologique réalisée il y a une cinquantaine d’années et racontée par Laurent Olivier, celle du campement de Millie, illustre bien les thèses défendues dans ce livre.
Millie est une vieille Indienne Cree que croise un jour dans les Montagnes Rocheuses canadiennes un anthropologue de l’université de l’Alberta, Robert Bonnichsen. La conversation s’engage et Millie raconte à Bonnichsen qu’elle a vécu avec sa famille dans un campement désormais abandonné, non loin des mines de la Grande Cache, une ville située au nord de la province.
L’idée vient alors à Bonnichsen de profiter de cette information pour tester la méthode d’inférence sur laquelle repose sa discipline. Il décide d’analyser le campement à l’instar d’un champ de fouilles traditionnel, et, à partir des indices prélevés, d’en tirer le plus grand nombre possible de déductions scientifiques, dont Millie pourra ou non ensuite confirmer la justesse…
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