La valeur absolue. Chevillard et la mauvaise littérature
- Par Gaspard Turin
Pages 716 à 731
Citer cet article
- TURIN, Gaspard,
- Turin, Gaspard.
- Turin, G.
https://doi.org/10.3917/criti.855.0716
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- Turin, G.
- Turin, Gaspard.
- TURIN, Gaspard,
https://doi.org/10.3917/criti.855.0716
Notes
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[1]
B. Blanckeman : « C’est donc soi-même comme fiction d’auteur que le dispositif romanesque d’ensemble agence » (« L’herméneutique du fou », dans P. Bayard (éd.), Pour Éric Chevillard, Paris, Minuit, 2014, p. 32).
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[2]
P. Jourde : « L’être, chez Chevillard, n’est jamais qu’une position particulière, toujours instable et paradoxale » (« L’œuvre anthume d’Éric Chevillard », La Littérature sans estomac, Paris, L’Esprit des péninsules, « Pocket », 2002, p. 363).
-
[3]
M.-O. André, « Palafox au pays des moralistes », dans O. Bessard-Banquy et P. Jourde (éd.), Éric Chevillard dans tous ses états, Paris, Classiques Garnier, 2015, p. 110-111.
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[4]
Entretien radiophonique conduit par David Collin (« Caractères », RTS, Espace 2, 25 février 2018, en ligne : https://www.rts.ch/play/radio/caracteres/audio/eric-chevillard-defense-de-prosper-brouillon?id=9324678, consulté le 22.03.2018).
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[5]
L. Zimmermann, « La préférence négative », Fabula-LhT, n° 4, L’écrivain préféré, 2008, en ligne : http://www.fabula.org/lht/4/zimmermann.html, consulté le 22 mars 2018.
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[6]
A. Compagnon, Le Démon de la théorie, Paris, Éd. du Seuil, coll. « Essais », 1998, p. 267-304.
-
[7]
M. Murat et al., « Présentation », Revue critique de fixxion française contemporaine, n° 15, décembre 2017, en ligne : http://www.revue-critique-de-fixxion-francaise-contemporaine.org/rcffc/article/view/fx15.01/1200, consulté le 22 mars 2018.
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[8]
J.-P. Martin, « Notre idée de la littérature », dans D. Viart et L. Demanze (éd.), Fins de la littérature. Esthétique et discours de la fin, Paris, Armand Colin, 2011, t. I, p. 71.
-
[9]
O. Bessard-Banquy, L’Industrie des lettres, Paris, Pocket, 2012.
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[10]
Voir note 3.
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[11]
D. Saint-Amand et L. Tilkens, « Ce qu’Éric Chevillard fait à la critique académique », COnTEXTES, Varia, 2017, en ligne : http://journals.openedition.org/contextes/6283, consulté le 22 mars 2018.
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[12]
N. Heinich, Des valeurs. Une approche sociologique, Paris, Gallimard, 2017, p. 102.
-
[13]
Ces sept prix sont : Goncourt, Renaudot, Décembre, Médicis, Femina, Académie, Interallié. Je compte aussi dans la liste des lauréats les prix Goncourt de la nouvelle, du premier roman et des lycéens.
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[14]
Voir la fine analyse faite de cet épisode par Claro, « De l’art du poche de décorer les nains », Le Clavier cannibale, en ligne : http://towardgrace.blogspot.ch/2013/11/de-lart-du-poche-de-decorer-les-nains.html, novembre 2013, consulté le 22 mars 2018 ; et, ici même, les remarques de Denis Saint-Amand.
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[15]
É. Chevillard, L’Autofictif ultraconfidentiel, Talence, L’Arbre vengeur, 2018, p. 452.
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[16]
P. Bourdieu, Les Règles de l’art, Paris, Éd. du Seuil/Points, coll. « Essais », 1992, p. 356.
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[17]
Ibid., p. 356-357.
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[18]
É. Chevillard, L’Autofictif ultraconfidentiel, op. cit., p. 709.
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[19]
Voir G. Lipovetsky et J. Serroy, L’Esthétisation du monde. Vivre à l’âge du capitalisme artiste, Paris, Gallimard, 2013.
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[20]
Ainsi du personnage de J. K. Rowling, qui s’invite le temps de quelques incipits célèbres réécrits dans L’Autofictif afin de « dote[r s]a nièce de onze ans d’une solide culture littéraire » (É. Chevillard, L’Autofictif ultraconfidentiel, op. cit., p. 87).
-
[21]
Entretien cité avec David Collin.
-
[22]
G. Sapiro, La Responsabilité de l’écrivain. Littérature, droit et morale en France (xixe-xxie siècle), Paris, Éd. du Seuil, 2011, p. 705.
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[23]
Ibid., p. 706.
-
[24]
J. Meizoz, La Littérature « en personne ». Scène médiatique et formes d’incarnation, Genève, Slatkine, 2016, p. 38.
-
[25]
R.-M. Allemand, « Éric Chevillard : Choir “sans intention” – mais vers le haut », @nalyses, vol. V, n° 1, 2010.
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[26]
F. Beigbeder, « Démollir [sic] Chevillard », Le Figaro magazine, 26 février 2011.
-
[27]
F. Beigbeder, « Halte au chou-fleur ! », Le Figaro magazine, 27 novembre 2012.
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[28]
F. Beigbeder, « Juste ciel : Éric Moindre », Le Figaro magazine, 13 mars 2015.
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[29]
O. Bessard-Banquy, « Moi, je, pas tellement. L’autobiographie selon Chevillard », Roman 20-50, février 2008, n° 46, p. 40.
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[30]
A. Roche, « Chevillard lecteur », dans O. Bessard-Banquy et P. Jourde (éd.), Éric Chevillard dans tous ses états, op. cit., p. 225.
-
[31]
L. Zimmermann, « La préférence négative », art. cit.
-
[32]
É. Chevillard, L’Autofictif ultraconfidentiel, op. cit., p. 305, p. 271, p. 136.
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[33]
F. Beigbeder, « Démollir Chevillard », art. cit.
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[34]
L. Zimmermann, « La préférence négative », art. cit.
Éric Chevillard est un auteur dont l’ethos discursif est toujours apparu comme complexe. Entre fiction et autofiction, son œuvre fait la part belle à l’indétermination énonciative, et la critique a souvent signalé la constance avec laquelle la figure auctoriale y est mobilisée ; mais celle-ci demeure toujours fuyante et instable, à la fois inassignable et ontologiquement fragile. Dans un article récent, Marie-Odile André voyait en Chevillard un « moraliste » au discours mobile, voire insaisissable, « l’énonciateur s’échappant sans cesse de son propre énoncé ». Pourtant le propos du moraliste semble s’affermir et se radicaliser lorsqu’il porte sur la littérature elle-même et sur la valeur des œuvres qu’il lui arrive de commenter. Est-ce une faute morale que de mal écrire ? La question se pose, et il s’agira ici d’en cerner les enjeux en considérant les diverses prises de position critiques de Chevillard, qui finissent par définir une véritable axiologie littéraire. Alors se profile la silhouette d’un écrivain qui est aussi un juge, à la fois cruel et désopilant, identifiable comme Éric Chevillard, en chair et en os, installé dans le champ de la littérature contemporaine tel un boxeur sur son ring.
La parution du tout récent Défense de Prosper Brouillon a sonné le début d’un nouveau round, puisque cet ouvrage cristallise les préoccupations axiologiques de Chevillard, telles qu’elles ont émergé au fil de son travail de chroniqueur au Monde des livres entre 2011 et 2017 ; et telles qu’elles se manifestent aujourd’hui le plus clairement : sans réserves et ancrées dans un discours univoque…
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