Article de revue

Cohabiter à travers les différences : politique de la rue, alliances, rassemblements

Pages 513 à 524

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  • Gérard, V.
(2017). Cohabiter à travers les différences : politique de la rue, alliances, rassemblements. Critique, 841-842(6), 513-524. https://doi.org/10.3917/criti.841.0513.

  • Gérard, Valérie.
« Cohabiter à travers les différences : politique de la rue, alliances, rassemblements ». Critique, 2017/6 n° 841-842, 2017. p.513-524. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-critique-2017-6-page-513?lang=fr.

  • GÉRARD, Valérie,
2017. Cohabiter à travers les différences : politique de la rue, alliances, rassemblements. Critique, 2017/6 n° 841-842, p.513-524. DOI : 10.3917/criti.841.0513. URL : https://shs.cairn.info/revue-critique-2017-6-page-513?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/criti.841.0513


Notes

  • [1]
    Voir p. 155.
  • [2]
    P. 162.
  • [3]
    H. Arendt, « Vérité et politique », La Crise de la culture, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1972, p. 314.

Prendre en charge théoriquement les mouvements des places (Occupy Wall Street, Tahrir, Taksim, Puerta del Sol…), s’inscrire pour cela dans une recherche sur les formes et les effets des rassemblements publics, donner un versant politique à ses réflexions éthiques sur la précarité et la vulnérabilité, et ressaisir, du point de vue des soulèvements populaires, ses différentes orientations théoriques (recherches sur le genre, sur la vie précaire, sur les corps), telles sont les différentes lignes que tient Judith Butler dans les articles qui composent le recueil Rassemblement.
Elle présente ainsi sa thèse : « Agir de concert peut être une forme incarnée de contestation des puissants présupposés qui sont à la base des conceptions dominantes de la politique » (p. 17). Ainsi, lorsque des gens se réunissent, lorsque des corps occupent des rues et des places, ce qui apparaît n’est pas seulement la remise en cause de telle ou telle politique, de telle ou telle forme d’État : c’est aussi une contestation des cadres dominants d’après lesquels on pense (on oublie) la politique lorsqu’on la situe dans les dispositifs institutionnels de représentation ou dans les discours normatifs et/ou revendicatifs (dans la tradition philosophique : les théories des régimes, les théories de la justice). Les rassemblements rappellent, au contraire, que la politique est d’abord une affaire de corps, de corps vivants, reliés, interdépendants (j’ajouterais : en lutte). Ils mettent en crise la pensée politique et la vie politique – et d’abord l’idée qu’une communauté politique se fait d’elle-même, que l’État a pu rendre consensuelle : ils posent ainsi la question de la démocratie, car, finalement, c’est le caractère démocratique de l’État qu’ils conduisent à interroger…


Date de mise en ligne : 21/06/2017

https://doi.org/10.3917/criti.841.0513

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