Complexes sportifs
- Par Elsa Boyer
Pages 1017 à 1029
Citer cet article
- BOYER, Elsa,
- Boyer, Elsa.
- Boyer, E.
https://doi.org/10.3917/criti.799.1017
Citer cet article
- Boyer, E.
- Boyer, Elsa.
- BOYER, Elsa,
https://doi.org/10.3917/criti.799.1017
Notes
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[1]
D. Moreau et P. Taranto (éd.), Activité physique et exercices spirituels. Essais de philosophie du sport, Paris, Vrin, coll. « Pour demain », 2008, p. 8.
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[2]
À ces ouvrages il faut aussi ajouter un article sur le tennisman Roger Federer. P. Blouin, Faire le tour. Voir les jeux, Paris, Lanceur, 2010 ; Une coupe du monde. Télégénie du football, Arles et Nice, Actes Sud / Villa Arson, 2011 ; « Roger Federer, soleil couchant », dans M. Alizart et Ch. Kihm (éd.), Fresh Théorie III, Paris, Léo Scheer, 2007.
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[3]
Il semble que, dans le domaine sportif également, l’idée que Deleuze développe à propos du temps cinématographique dans sa « Lettre à Serge Daney » gagne à être prolongée : « […] le temps cinématographique n’est pas ce qui coule, mais ce qui dure et coexiste », Pourparlers, Paris, Éd. de Minuit, 1990, p. 105. Les structures de la durée et de la coexistence ne sont plus celles d’un temps chronologique construit autour de pointes d’actualité et de degrés d’éloignement : c’est sur ce point et non sur la séparation entre fiction et théorie que deux ouvrages comme ceux de Tristan Garcia (En l’absence de classement final, Paris, Gallimard, 2012) et de Patrice Blouin se distinguent. Par ailleurs, l’auteur d’Images du sport revient dans la dernière partie de l’ouvrage sur son approche qui refuse de séparer le sport de ses images – quel que soit le mode de reproduction –, et sur ce point il reproche à Tristan Garcia de reconduire des oppositions stériles entre le football sur le terrain et sa retransmission télévisée, ou encore entre l’œil de l’arbitre et l’arbitrage par vidéo en cas de but litigieux (Images du sport [désormais abrégé IS], p. 157).
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[4]
S. Daney, « Vilas-Higueras, ils ont même déprimé le temps », L’Amateur de tennis, Paris, P.O.L, 1994, p. 101.
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[5]
Ibid., « Vilas en finale, sans perdre un set », p. 62.
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[6]
Ibid., « La virtuosité a payé », p. 30.
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[7]
Ibid., « Borg-McEnroe ou les beautés de la raison pure », p. 40.
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[8]
Silences de Federer sera désormais abrégé SF.
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[9]
C’est cette idée que l’on retrouve par exemple dans la nouvelle de Tristan Garcia « En transit pour l’exode » (En l’absence de classement final, op. cit., p. 121) et de manière beaucoup plus explicite dans l’entretien que l’auteur a accordé aux Inrockuptibles, n° 853 du 4 au 10 avril 2012 : « Le modèle du sport d’équipe a changé : jusqu’aux années 80, c’est un sport collectif, le modèle c’est l’armée ; puis celui des années 90 rompt avec ça en devenant le lieu de l’individu ultralibéral. Quelle meilleure représentation d’un individu ultralibéral qu’un footballeur aujourd’hui ? »
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[10]
S. Daney, « Les scénarios français », L’Amateur de tennis, op. cit., p. 97.
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[11]
Ibid., « Connors sauve deux balles de match et sort Caujolle », p. 15.
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[12]
Ibid., « Le facteur temps », p. 19-20.
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[13]
Ibid., « Pas de pathos à Roland Garros », p. 33.
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[14]
www.youtube.com/watch?v=spSg82B6-Xo, consulté le 23 août 2012.
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[15]
J. Rancière, La Méthode de l’égalité, entretien avec L. Jeanpierre et D. Zabunyan, Montrouge, Bayard, 2012, p. 122.
Jeu et technique corporelle, métier, performance, amateurisme, geste individuel ou geste collectif : le sport pose d’emblée des problèmes de définition. Comment celle-ci peut-elle être suffisamment consistante et élastique pour couvrir la multiplicité des pratiques et l’extension continue du domaine de la compétition sportive ? Comment, par exemple, rendre compte de la part respective de la performance humaine et animale dans un sport comme l’équitation, ou bien, dans un autre registre, la part de l’homme face à l’importance grandissante des simulations informatiques, dans les courses automobiles de Formule 1 ? L’introduction à un ouvrage collectif récent de philosophie du sport souligne qu’en France, la littérature et surtout la philosophie se sont moins souvent emparées de cet objet que la psychologie, la sociologie, l’anthropologie ou les sciences de l’éducation. Que le sport se diffracte à travers ces différentes approches, cela renvoie sans doute à sa complexité singulière. Une des difficultés de son étude tient à ce qu’il se présente d’emblée sous les traits d’un hybride, ce qui ne permet pas, comme il serait pourtant tentant de le faire, de reconduire certaines distinctions classiques de la philosophie : entre théorie et pratique, entre expériences vécues et rapportées, entre le réel et sa représentation. Tous ces dualismes tendent à nous détourner de sa caractéristique principale, à savoir que le sport nous apparaît à travers des médiations, qu’il s’agisse de la structure même du stade, des images télévisuelles de retransmissions sportives et de leurs cadrages, des commentaires sportifs ou encore des extraits de matchs ou des compilations de gestes postés sur le site internet YouTube, des descriptions et récits journalistiques ou bien des statistiques amplifiées par les outils numériques…
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